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Intériorité

 

 

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Action - Affectivité - Bible - Communication - Désert - Existence - Identité - Littérature - Méditation - Religion - Temporalité

 

Action

Titre : L'esprit, l'action et l'interprétation
Auteur : Jean-Michel Salanskis
Auteur(s) cité(s) : divers

Le but de cet article est d'étudier en parallèle diverses conceptions à prétention fondatrice de l'action - objectivations, naturalisations, interprétations philosophiques - proposées dans un passé intellectuel relativement proche et leur compatibilité avec l'idée d'intériorité subjective. L'ambivalence de l'étude poursuivie se confirme au niveau de ce qui en constitue le résultat : d'une part une détermination "ontologique" de l'action, d'autre part un plaidoyer en faveur de la reformulation subjectiviste de certaines notions herméneutisantes. > suite

 

Affectivité

Titre : Intériorité et affectivité (texte intégral)
Auteur : Didier Moulinier
Source : -
Auteur(s) cité(s) : Michel Henry, Serge Valdinoci

Le problème de l'intériorité a longtemps été confondu avec celui de la connaissance du soi intérieur, par exemple sur le mode de l'introspection. D'après la doctrine classique, ce qu'on peut dire de l'intériorité suppose : 1° le caractère essentiellement conscient des phénomènes psychologiques et la transparence de la conscience au regard d'elle-même ; 2° l'indépendance de ces phénomènes vécus au regard du physiologique et du corporel, ce qui les caractérise en général comme "spirituels" ; 3° la nature individuelle et non partageable de ces vécus : raison pour laquelle l'introspection prévaut sur toute objectivation scientifique. Il faut donc concilier à la fois le caractère humainement universel de ce mode de connaissance, et le fait qu'il ne saurait produire de lois générales au sens du déterminisme. Ici la méthode se réduit au médium lui-même, en l'occurrence le discours "de l'intériorité" qui ne manque pas d'interférer avec ce qu'il est censé décrire. Ce qu'il faut remettre en cause, ce n'est donc pas le concept d'intériorité, ni la possibilité d'un discours afférant, mais plutôt la substitution systématique de celui-ci comme "introspection" (et subjectivité au sens large) à la phénoménalité de l'intériorité elle-même. "Le concept d'intériorité n'est susceptible de recevoir une légitimation ultime qu'au sein d'une phénoménologie matérielle précisément, ce qui signifie qu'une telle légitimation se réfère inévitablement à une apparition effective - plus précisément à la substantialité et à la matérialité phénoménologique pure de cette apparition" (Michel Henry, Généalogie de la psychanalyse p. 37). Apparition ou présentation qui, d'après cet auteur et suivant sa lecture des Passions de l'âme de Descartes (notamment l'article 26), se confond avec une auto-affection immédiate antérieure à toute réduction et possédant les caractères d'une certitude absolue. Il s'agit bien de la "pensée", au sens que Descartes donne à ce mot, et aussi de l'affectivité véritable, soit proprement "l'affectivité de la pensée, pour autant que celle-ci est seule au monde", laquelle "ne peut donc s'expliquer qu'à partir d'elle et de son essence propre" (p. 39). Dans ce propos, le caractère idéaliste de la thèse de l'auteur apparaît clairement, et doublement : d'abord parce qu'elle affirme bien l'affectivité de la pensée (et non l'affectivité de l'" affect " seul), ensuite par son présupposé et son impératif phénoménologique même qui substitue au phénomène "seul" sa phénoménalité, soit son auto-description originelle et nécessaire. - Comme dans le cas de l'introspection, on cherche à confondre le phénomène et le principe de sa description. Et ce qu'on nomme alors intériorité n'est que le résultat d'une intériorisation réciproque du discours et du psychique réel. - Pour définir une intériorité réelle, il faut rompre avec toutes les perspectives et même avec le perspectivisme en général qui confond l'intérieur avec un fond d'horizon seulement "approchable" transitivement (par l'imagination, l'intuition, l'interprétation, etc.) mais inaccessible à toute expérience réelle, c'est-à-dire qui ne se réduise pas, justement, à cette expérience d'approche. Or comme l'écrit Serge Valdinoci, "en l'homme, l'expérience suit des lignes d'effondrement et non de placement externe en relation avec un point de vue" (Introduction dans l'europanalyse p.43). "L'expérience humaine livre l'essence humaine en tant qu'infiltration pure" (p. 44), sans passage de l'extérieur vers l'intérieur, et sans point de vue dimensionnel. Plutôt un dimensionnal ou un géométral interne sans horizon, où les lignes de fuite se transforment en lignes de pertes faisant sens intrinsèquement puisqu'elles s'effondrent uniquement sur elles-mêmes (ne faisant signe vers aucune "intériorité extérieure"). Donc au lieu de faire de l'intériorité cette croix dimensionnelle et existentielle, cette terre toujours promise et sans cesse remise en jeu par la philosophie, Valdinoci décrit dans ces pages le géométral interne comme "ambiance humaine" pure animée par le "pathos de la disparition", mais une disparition vive et positive tout à l'opposé de l'"apparition" phénoménologique qui, elle, est déceptive et négative.

 

Bible

Titre : Intériorité. Le thème dans la Bible
Auteur : Jean Lévêque
Auteur(s) cité(s) :

Le thème de l'intériorité recouvre toute l'anthropologie et toute la spiritualité bibliques. Nous l'aborderons ici sous un seul angle, en essayant de répondre à la question suivante: quel est, en l'homme, le "lieu" de la rencontre spirituelle avec Dieu.

Pour les auteurs de l'Ancien Testament, le sujet de la rencontre avec Dieu n'est pas l'âme, mais l'homme, l'homme tout entier, avec son corps, son intelligence et son affectivité, et tout ce qui fait de lui un vivant libre et volontaire. L'anthropologie d'Israël, résolument unifiante et réaliste, ignore le dualisme grec et cartésien, qui tend à opposer et à isoler en l'homme les principes matériel et immatériel, la chair et l'esprit, le corps et l'âme. Le corps, pour un israélite, n'est pas un objet qu'il possède ni un instrument étranger à son vrai moi, mais l'expression nécessaire de son être-au-monde et de sa vie personnelle. L'homme est perçu beaucoup plus comme un corps animé que comme une âme incarnée. Toutefois cette perception très vive de l'homme comme unité indissoluble n'empêche nullement les israélites d'explorer le domaine de l'activité et de la passivité spirituelles. Les nuances qu'ils décrivent s'articulent pour la plupart autour de quatre notions-clés de l'anthropologie biblique : la nefeš, la rùah, le lēb et le bāśār. > suite

 

Communication

Titre : La communication chez Kierkegaard
Auteur : Natacha Vessière
Auteur(s) cité(s) : Kierkegaard

Dans Le Post-Scriptum aux miettes philosophiques Kierkegaard note cet étrange désir de l’individu de se communiquer alors qu’il est parfaitement conscient de l’incommensurabilité de son intériorité : « La double réflexion se trouve déjà dans l’idée même de communication ; le sujet qui existe dans l’intériorité de son isolement veut se communiquer ; c’est-à-dire qu’il veut garder sa pensée dans l’intériorité de son existence subjective tout en se donnant lui-même à connaître. Il est impossible à cette contradiction de s’exprimer sous forme directe (sauf aux gens dénués de réflexion à qui tout est possible). » Tout comme la raison, l’intériorité est rongée par un désir qui la pousse hors d’elle-même. L’intériorité sait que ce qui fait sa force, sa vérité, ne peut être dit. Pourtant, elle veut se communiquer. Il y aurait donc en elle, une volonté de se détruire, de se perdre dans le public ; car, dès qu’elle s’exprime, l’intériorité devient extériorité et meurt en tant qu’intériorité. Kierkegaard résout cette contradiction par la communication indirecte. En effet, la communication directe, celle qui communique un message clair, explicite et qui prétend contenir la vérité, est du côté de la preuve, du concept, de l’objectif, alors que la communication indirecte est du côté de la conviction, de la pensée, du subjectif. > suite

 

Désert

Titre : L’intériorité désertée et le fond du cœur
Auteur : Eric Dubreucq
Auteur(s) cité(s) : Blaise Pascal

Cette étude cherchera à montrer qu’une lecture des textes autographes de la liasse 8 des Pensées de Pascal titrée "Divertissement" permet de remonter à une figure du rapport à soi originale et distincte de la forme ultérieure de la subjectivité. Il est nécessaire pour cela de partir de l’étude des fragments manuscrits et d’une réflexion sur la méthode permettant d’en obtenir une lecture, et d’en produire des copies figurées. Sur cette base, il est possible de montrer que l’intériorité pascalienne se définit comme désertée par la présence divine : le fond du coeur est dans "l’homme sans Dieu" un gouffre infini et la connaissance de soi une saisie de son néant propre. > suite

 

Existence

Titre : L'intériorité : espace imaginaire ou duperie ?
Auteur : Jean Paul Chartier
Auteur(s) cité(s) : Sartre, Lacan

La conséquence immédiate de la célèbre affirmation « l’existence précède l’essence » fait de Sartre l’homme de la négation de l’intériorité psychique. Cette position développée par Gérard Wormser dans son livre sur « Sartre » (synthèse, Armand Colin) a pour le moins le mérite de soulever la question de cette intériorité qui paraît aller de soi alors que rien n’est moins sûr.

Avec Sartre, nous devenons un champ de bataille où s’affrontent un certain nombre de forces qui, selon lui, restent extérieures à nous, même nos pulsions. Si elles se heurtent au monde, elles ne représentent en quelque sorte que le courant de la vie qui nous traverse mais qui nous resterait à jamais étranger. Quel rôle resterait-il à cette « conscience transcendante », à cette « praxis existentielle » qu’il appelle de ses vœux, si ce n’est, dès lors, d’échapper aux essences traditionnelles d’une nature humaine intangible ? Rien moins que la remise en cause de mythes qui tentent de résoudre à notre place nos contradictions, aliénation essentielle dont il est possible pour Sartre de se débarrasser, l’intériorité faisant partie intégrante de ces mythes dont il faut se défaire…  > suite

 

Identité

Titre : L’intériorité augustinienne entre la contemplation platonicienne et la réflexivité cartésienne
Auteur : Cécile Renouard
Auteur(s) cité(s) : Saint Augustin, Charles Taylor

La conception moderne du sujet doit beaucoup à Augustin. Dans Les sources du moi, Taylor montre qu’elle a souvent été reprise, sans sa référence chrétienne, mais comme tremplin pour « une mutation qui se réalisera en dehors de la foi chrétienne. »
Dans un ouvrage dense et foisonnant, Les Sources du moi, Charles Taylor[1], professeur de philosophie et de sciences politiques à l’université Mc Gill, au Canada, se livre à une exploration de la formation de l’identité moderne. Il vise à mettre au jour la multiplicité des sources morales qui ont conduit à la perception contemporaine que l’homme a de lui-même et de ses relations au monde qui l’entoure. Comment en est-on arrivé, se demande Taylor, à une perception de l’être humain comme porteur d’aspirations apparemment difficilement conciliables : à la fois sujet indépendant et chantre de l’égalité de tous dans la cité ; à la recherche de l’expression et de la réalisation de lui-même, soucieux de son propre intérêt, au prix possible d’une atomisation de la société, mais aussi défenseur du bien-être et des droits de tous ?
L’approche de Taylor est historique mais se veut, par là-même, une interprétation des facteurs qui ont motivé l’accès à une telle identité. Il se base sur le constat qu’il existe aujourd’hui, dans le monde occidental au moins, un accord sur les normes fondamentales qui devraient réguler les rapports humains : le souci de justice et de bienveillance universelle, la dignité et le respect de tout être humain. En revanche, il y a désaccord sur leurs sources morales, qui peuvent être placées soit en Dieu, soit dans le sujet humain, dans sa capacité rationnelle ou dans ses sentiments profonds. > suite

 

Littérature

Titre : La fin de l'intériorité
Auteur : Laurent jenny
Auteur(s) cité(s) : Bourdieu, Rancière

Durant environ un demi-siècle, de 1885 à 1935, l'avant-gardisme français a assigné à la poésie et aux art une tâche qui auraît dû, semble-t-il, être plutôt celle d'une métaphysique ou d'une psychologie: la figuration de la pensée. Animés par une idée romantique de l'« expression », poètes et artistes ont poussé toujours plus loin l'ambition d'un dévoilement au grand jour du plus réel de l'âme ou de l'esprit. Ils en ont fait un projet esthétique fondamental qui a engagé l'art dans la voie d'un dépassement de ses fonctions traditionnelles. Certes, d'innombrables équivoques n'ont cessé de peser sur les notions d'« expression » ou de « pensée », menaçant l'unité et la cohérence de ce projet au fil des générations et des mouvements. Ces notions ont pour partie été empruntées à des systèmes philosophiques, connus le plus souvent vaguement ou de seconde main. Pour une autre part, elles ont été modelées à l'aide de métaphores qui se substituaient à leur abstraction et s'efforçaient d'en donner une appréhension imaginaire plus concrète. Elles ont aussi été parfois infléchies par des inventions esthétiques qui répondaient à leur logique propre mais qu'on s'efforçait d'interpréter à partir d'elles. Ces théories se sont donc forgées dans une configuration confuse de concepts, d'images et de dispositifs, entre lesquels se sont nouées toutes sortes de correspondances et de contradictions. Là où l'on pourrait voir un projet philosophique manqué, et peut-être absurde, il faut aussi reconnaître le succès d'une prodigieuse inventivité de théories, de formes et d'oeuvres. Sans doute ces mouvements esthétiques n'ont-ils pas toujours accompli ce qu'ils prétendaient faire ou viser. Et ils ont souvent évolué de façon imprévue et contradictoire. Mais c'est précisément ce qui fait l'intérêt d'en retracer l'histoire. On s'efforcera ainsi de comprendre comment le grand mythe de l'intériorité revendiqué par le symbolisme a évolué avec le modernisme dans un sens qui semblait a priori très éloigné de lui: celui d'une extériorisation de la « pensée » en une forme de « lieu pensant ». Et on s'attachera à montrer comment, avec le surréalisme, ce « lieu pensant » du modernisme s'est évadé du strict plan esthétique pour gagner l'ensemble des apparences et les métamorphoser en un vaste écran psychique. Au total ce demi-siècle d'avant-gardisme aura été l'histoire d'une extériorisation progressive de l'intériorité romantique. > suite

 

Méditation

Titre : De l’abandon à la méditation : représentations de l’espace intérieur à Port-Royal
Auteur : Béatrice Guion
Auteur(s) cité(s) : Saint Augustin, Pascal, Nicole, Jansénius
 
Le XVIIe siècle apparaît comme une culture de l’intériorité [1] : en témoignent l’orientation de la littérature dans les années 1660-1680, qui prend pour objet quasi exclusif l’homme et le coeur humain, mais aussi le prodigieux essor, tout au long du siècle, des écrits moraux et spirituels [2]. De cette valorisation de l’intériorité, on trouve encore un indice dans l’écho rencontré par l’augustinisme, qui contribue à orienter la réflexion, spirituelle aussi bien que psychologique, sur l’âme humaine. Jansénius tenait saint Augustin pour « celui qui a pénétré davantage dans les replis les plus cachés du coeur de l’homme, et dans les mouvements les plus secrets et les plus imperceptibles des passions [3] » — « replis », « caché », « secret », « imperceptible », ce sont là des termes que l’on retrouve constamment chez les spirituels et les moralistes augustiniens du Grand Siècle pour décrire l’espace intérieur. Les disciples d’Augustin se verront reconnaître la même perspicacité par les lecteurs de l’âge classique. > suite

 

Religion

Titre : Pascal et Kierkegaard
Auteur : Harald Höffding
Auteur(s) cité(s) : Pascal, Kierkegaard

À deux siècles de distance, deux penseurs, également attachés pourtant au christianisme jusqu'au tréfonds de leurs âmes ferventes, se sont rencontrés dans le procès de leur religion telle que les temps l'ont déformée. L'un et l'autre dénoncent l'incompatibilité qui oppose l'esprit qui animait le christianisme à ses débuts et son état des temps modernes. Cet antagonisme date du jour où l'Église a tenté d'entrer en relations intimes avec le «monde», le «siècle», autrement dit avec la culture développée sur des bases purement humaines. Le bilan de l'Église fut entrepris, dans les deux cas, avec tant de passion, et poussé avec tant de logique qu'il y aurait eu matière à une grande révolution intellectuelle et morale, mais — et c'est bien là le point tragique des destinées en cause — à peine les deux penseurs eurent-ils énoncé leur dernière parole, qu'ils succombèrent, consumés l'un et l'autre par la lutte spirituelle qu'ils avaient eue à soutenir avec eux-mêmes et avec leurs contemporains. Ils moururent jeunes, Pascal à 39 ans (1662) et Kierkegaard à 42 (1855), laissant entier le grand problème formulé à nouveau par eux avec une acuité sans précédent. Mais, dans le monde de l'esprit, jamais l'énergie héroïque ne se dépense en vain et, reprise avec cette instance et cette fougue, la question s'est posée de savoir si, oui ou non, les traditions religieuses des Églises chrétiennes pouvaient continuer d'appuyer l'inquiétude loyale et la recherche sincère des amis de la vérité. > suite

 

Temporalité

Titre : Muriel ou les glissements temporels comme émergence de l’intériorité
Auteur : Gilles Visy
Auteur(s) cité(s) : Alain Resnais (cinéaste)

Muriel ou le temps d’un retour, réalisé en 1963 et qui obtînt le prix de la critique à la 24ème Mostra de Venise, est l’un des films d’Alain Resnais les plus accomplis sur le plan littéraire et cinématographique. Les trames narratives s’entrecroisent avec harmonie afin de créer une synesthésie fondée sur l’interaction, les correspondances secrètes et affectives qui conditionnent le temps d’un retour. Il s’agit d’un portrait à l’apparence décousue de la recherche d’un « temps perdu » dont les protagonistes sont les faire-valoir. > suite

 

 

 

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