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Pierre Tevanian, La République du mépris Les métamorphoses du racisme dans la France des années Sarkozy |
SEPTEMBRE 2007

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Présentation par l'Editeur |
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L'auteur |
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Table des matières |
Introduction. Un racisme métaphonique -
Quelques contresens - Euphémismes, allusions et métaphores - La
métaphore sécuritaire et féministe - La métaphore laïque - La métaphore
mémorielle - La métaphore libertaire - 1. La métaphore féministe - « Le
sexisme, c'est les autres » - Sexisme d'en haut et sexisme d'en bas - Haro sur
les « voilées » ! - 2. La métaphore laïque - Une laïcité religieuse - Une
laïcité sécuritaire - Une logique liberticide - Une laïcité identitaire - Un
racisme respectable - 3. La métaphore mémorielle - « Le passé, c'est le
passé ! » - « La culpabilité n'est pas héréditaire ! » - « Laissez l'histoire
aux historiens ! » - « L'analogie est trompeuse ! » - Un imaginaire colonial -
Une taximonie coloniale - L'enjeu de la nomination - 4. La métaphore
libertaire - Le cas Redeker - Anatonomie d'un consensus - La faute à
Voltaire ? - Une indignation sélective - Conclusion - La double peine comme
structure mentale - La racaille, l'islamiste, le revanchard et le censeur -
Retour au réel - Annexe - Les différentes « tendances » du racisme
républicain.
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Citations |
Extrait de la Conclusion : la double peine comme structure mentale (p. 97)
" Les exemples pourraient être multipliés à l’infini. Mais ce qui importe, c’est plutôt d’en reconnaître, pour la combattre, la structure générale, qui est celle de la double peine. En effet, de même qu’il est légitime de punir un vol, une agression, un viol ou un homicide, mais qu’il n’est pas légitime de punir plus un étranger et moins un Français, il est aussi légitime de combattre le sexisme, de défendre la laïcité, de se prémunir contre les « excès de la mémoire » dont parlait Nietzsche et de maximiser l’effectivité de la liberté d’expression, mais il n’est pas légitime de réprouver et sanctionner le sexisme, le fanatisme religieux et les propos rancuniers ou intolérants des étrangers davantage que ceux des Français, et ceux des Français « issus de l’immigration » davantage que ceux des Français dits « de souche ».
Cette inégalité face au droit à l’erreur, dont l’emblème est la double peine, est sans doute la forme la plus répandue, la plus banale et la plus quotidienne du racisme – plus encore que l’inégalité de traitement de l’excellence, dont l’emblème est le refus d’embauche du Noir ou du Maghrébin qui présente un CV parfait. Elle est plus répandue, tout d’abord, parce que l’imperfection et l’erreur sont plus fréquentes que la perfection et le « parcours sans faute », chez les Arabes et les Noirs aussi bien que chez les Blancs ou que chez n’importe quel être humain. Elle est aussi plus répandue parce qu’elle opère y compris chez ceux qui reconnaissent l’excellence et acceptent d’embaucher un Noir ou un Arabe « irréprochables ». Y compris chez eux, ou chez beaucoup d’entre eux, le moindre retard, la moindre faute professionnelle ou le moindre « accrochage » rompt le charme et prend des proportions qu’il ne prendrait pas avec un Blanc.
En d’autres termes, la double peine est, dans notre société, beaucoup plus qu’une loi injuste parmi d’autres : c’est une structure mentale. Comme l’a souligné Abdelmalek Sayad, le principe légal de la « double peine » incarne – et de ce fait transmet – l’idée d’une légitime dérogation au principe d’égalité dès lors qu’on a affaire à des étrangers – ou, par extension, à des Français « venus d’ailleurs ». La symbolique est suffisamment claire et implacable pour que tout le racisme républicain s’y adosse : un même délit, une peine pour le Français, deux peines pour l’étranger, à qui l’on rappelle par la même occasion qu’il n’est « pas chez lui ».
C’est d’ailleurs ce caractère structurant de la double peine qui explique pourquoi ni la gauche ni la droite (malgré les « amendements Sarkozy ») n’osent l’abroger purement et simplement, comme il conviendrait pourtant de le faire si l’on prenait vraiment au sérieux le principe d’égalité (à travail égal, salaire égal, et à faute égale, peine égale). Le consensus pro-double peine révèle, mieux sans doute qu’aucun autre, la profonde contradiction d’une république qui professe l’égalité, se proclame aveugle aux identités et prétend n’évaluer et rétribuer les individus qu’en fonction de leurs actes, mais qui dans le même temps construit des identités (Français et Étranger) et institue entre elles une irréductible inégalité de traitement. "
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Dossier de presse / Critiques / Etudes |
Discussion sur le livre :
http://www.indigenes-republique.org
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Le collectif Île-de France du MIR
et La Maison Verte vous invite à une Rencontre-débat
Rencontre autour du nouveau livre de PIERRE TEVANIAN : "LA REPUBLIQUE DU MEPRIS"
http://www.demosphere.eu/node/3516