Georges Corm, La question religieuse au XXIe siècle

Géopolitique et crise de la postmodernité

AOUT 2007

 

 

Nouvelle édition

 

 

 
 
La Découverte / Poche
 
2007
 
224 page / 9 €


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

Depuis la fin du XXe siècle, la géopolitique mondiale, nous répète-t-on, serait traversée par le « retour du religieux », devenu la principale clé de compréhension des bouleversements du monde postmoderne. C’est à ce credo que s’attaque Georges Corm dans ce livre stimulant. Il y analyse les ressorts philosophiques et politiques de cette représentation du monde, issue de la pensée antirévolutionnaire postmoderne, qui nourrit notamment l’action des néoconservateurs américains.
L'irruption du religieux dans le champ politique ne s’explique pas par une résurrection des identités religieuses que les Lumières auraient gommées. Prolongeant les analyses de Hannah Arendt, il décrit la crise de légitimité des vieilles démocraties, minées par les effets de la globalisation économique et financière. Une crise qui affecte aussi les trois monothéismes, juif, chrétien et musulman, et contribue à produire les extrémismes religieux.
Pour Georges Corm, enfin, l’archéologie des violences modernes n’est pas à rechercher dans la Révolution française et la « Terreur », mais bien plutôt dans l’Inquisition et le long siècle des guerres de religion en Europe. C’est donc moins à un « retour du religieux » que l’on assiste qu’à un recours au religieux au service d’intérêts économiques et politiques fort profanes.


 

 

 

 

 

L'auteur

 

Georges Corm, économiste, ancien ministre des finances du Liban, est consultant auprès d'organismes internationaux et de banques centrales. Auteur de nombreux ouvrages consacrés aux problèmes du développement et du monde arabe, il a notamment publié, aux Éditions La Découverte, Le Proche-Orient éclaté (1983), Géopolitique du conflit libanais (1986) et L'Europe et l'Orient (1989 ; 2002 ; 2005) et Le nouveau désordre économique mondial (1993), Orient-Occident, la fracture imaginaire (2002 ; 2005), Le Liban contemporain (2003 ; 2005).


 


 

 

 

Table des matières

 

Introduction. Comment le « phénomène religieux » s'est emparé des préoccupations du monde - Il y a trente ans seulement, un monde sans Dieu - Identités, racines, mémoires : les nouveaux décors du monde - Fin du politique ou mainmise du politique sur le religieux ? - Néoconservatisme et retour du religieux - 1 - Genèse du malaise identitaire - Remise en cause de la Révolution française - Retour ou recours à la religion dans le monde de la globalisation ? - Racisme, essentialisme et colonialisme : une trilogie perverse - Le déclin des nationalismes européens et la naissance du besoin de « racines » - 2 - L'avènement de la nation et les mutations des systèmes de formation de l'identité - De la nation « provinciale » à la nation souveraine et mystique - L'organisation de l'identité : du culte des ancêtres au nationalisme moderne - L'importance des lieux de la mémoire religieuse - Le rôle ambivalent du monothéisme dans la formation de l'Occident - Colonialisme et instrumentalisation des « minorités nationales » au Proche-Orient - La circulation du nationalisme européen hors d'Europe - Du colonialisme à la guerre froide : l'instrumentalisation de la religion - La mémoire de l'Holocauste, acte fondateur du retour du religieux ? - 3 - Archéologie des violences modernes : les guerres de religion en Europe - Besoin du religieux, religions instituées et systèmes de pouvoir - Les déchirements de la chrétienté européenne - L'oubli des violences anglaises (1534-1668) - Le long siècle des guerres de religion (XIIe siècle au XVIIIe siècle) : l'institutionnalisation du délit d'opinion - La fermeture du temps eschatologique religieux et l'ouverture du temps révolutionnaire - 4 - La modernité comme crise de la culture et de l'autorité - La crise inachevée de la refondation de l'Occident - La crise des philosophies de l'Histoire - La « guerre civile » européenne et ses retombées universelles - La guerre des mythologies et des contre-mythologies - La place du nazisme et de l'Holocauste dans la vision occidentale du monde - 5 - La double crise religieuse et politique dans les sociétés monothéistes contemporaines - L'usage politique du religieux, traduction de la crise d'autorité dans les sociétés monothéistes - La dynamique historique complexe des affrontements entre les trois monothéismes et au sein de chacun d'eux - Le protestantisme, ou le religieux dans la société et non au-dessus - La crise fondamentaliste de l'islam est celle de sa faible institutionnalisation - L'expression fondamentaliste islamique, miroir de la géopolitique et des échecs du développement - Instrumentalisations et manipulations de l'islamisme - La spécificité du monothéisme juif - Un bilan des convulsions monothéistes - 6 - De la guerre et de la paix au XXIe siècle - Civilisation et culture dans l'ordre international - Le modèle civilisationnel du XXIe siècle - Fonctions du discours américain sur le terrorisme -  Alliance ou guerre des civilisations - Conclusion - Vers un pacte laïque international ? - Résister à l'instrumentalisation de la religion et à la fabrication de nationalismes civilisationnels - Droit international, cosmopolitisme et multiculturalisme - Pour un espace de respiration républicaine - Réhabiliter l'État, source de citoyenneté - Une « refondation » du monde ? - Bibliographie


 

 

 

 

 

Citations


 

Extrait du chapitre : 2 - L’avènement de la nation et les mutations des systèmes de formation de l’identité. - page : 62

" La peur des barbares fut longtemps celle de la race jaune - le «péril jaune », disait-on alors. Elle sera plus tard celle du bolchevisme russe, qui servit si bien de prétexte au nazisme et que le président américain Ronald Reagan désignera comme l''empire du mal ». La «subversion communiste », après la chute de l'Union soviétique, ayant cessé d'être une menace et un épouvantail qui maintiennent la solidarité atlantique, c'est l''islam» qui est ensuite devenu le barbare menaçant pour l'Amérique de Georges W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis - nous y reviendrons.
Le concept de méga-identité «Occident », avec ses valeurs dites démocratiques et individualistes, le sentiment profond d'une supériorité absolue sur le reste de l'humanité, est bien l'héritier de diverses traditions, mais plus spécifiquement celle, peut-être inconsciente, de la supériorité de la chrétienté et des traditions dites «judéo-chrétiennes» - mises aujourd' hui à toutes les sauces historiques, philosophiques et politiques -, sans oublier les anciens délires sur la supériorité de la race aryenne, qui ne sont pas si loin de nous dans le temps. "


 

 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Etudes

 

 

« [...] Une analyse passionnante et fouillée de la géopolitique religieuse contemporaine. »
LE FIGARO

« Si l'on veut comprendre le "retour du religieux", il n'est pas sûr qu'il faille interroger quelque embrasement de la foi. Il faudrait plutôt regarder vers la philosophie, la politique ou l'économie, à qui ce retour/recours sert à justifier une "vision du monde intolérante et autoritaire". Thèse que défend Geaorges Corm, qui réhabilite l'idéal des Lumières. »
LIBÉRATION

« Depuis la fin du XXe siècle, la géopolitique serait traversée par un "retour du religieux". C'est à ce credo que s'attaque Georges Corm dans ce livre décapant. »
REGARDS

« L'auteur nous propose, dans un nouveau livre excellent, la thèse non d'un "retour du religieux", mais d'un "recours au religieux" [...]. »
L'HUMANITÉ

« L'historien Georges Corm nous offre une magistrale réflexion sur la question religieuse. [...] C'est le propre des bons livres que de donner l'impression au lecteur de traiter l'actualité la plus brûlante. Mais c'est la qualité des livres importants que de cumuler cet avantage avec celui d'échapper aux mouvements illusoirs du quotidien pour nous parler de toute une époque. Le dernier essai de Georges Corm entre dans cette catégorie des ouvrages qui tombent à point nommé sans être jamais menacé de péremption. »
POLITIS

« Un regard neuf et original sur la laïcité et les paradoxes de notre société prise entre deux feux. »
PAYOT/L'HEBDO

« La compétence de Georges Corm comme politologue et analyste du monde contemporain n'est pas discutée. [...] Ce livre [est] très riche et clair, et dominé par la densité de la réflexion. »
PARUTION.COM

« S'appuyant sur ses connaissances et une riche documentation, Georges Corm propose une approche originale de l'irruption du religieux dans le champ politique. Prolongeant les analyses de Hanna Arendt sur les ressorts de la violence politique, il décrit l'aggravation de la crise de légitimité des vieilles démocraties, une crise qui affecte les trois religions monothéistes et qui produit les extrémismes religieux. Plus loin, son analyse décrypte non pas un "retour du religieux" mais plutôt un "recours du religieux au service d'intérêts économiques et politiques"... »
FUTURIBLES

« Avec le sens historique et philosophique qu'on lui connaît, l'auteur sait éclairer ce thème si complexe des relations entre religion et politique. »
ÉTUDES

« Un livre à recommander à tout un chacun ? Sans aucun doute, et ce en dépit de la mise en garde de l'auteur, pour qui " tout ceux qui portent des opinions tranchées et définitives, c'est à dire passionnelles, sur l'évolution du monde " risqueraient de n'y trouver " qu'une démarche qu'ils jugeront réflexive, interrogative et donc subversive à leurs yeux. "(p.22) Ces personnes sont pourtant les plus susceptiblesde voir lee monde à travers une seule et même logique simpliste, binaire, et c'est pourquoi ce sont les premières à qui l'on aimerait recommander la lecture de La question religieuse au XXIe siècle.
LA REVUE INTERNATIONALE ET STRATÉGIQUE

« Clair et précis, ce livre ouvre de nombreuses pistes de réflexion sur ce sujet brûlant. »
ENJEUX MÉDITERRANNÉE

 


 

 

 

 

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