Revue ContreTemps n°20 - septembre 2007

Marx hors limites : une pensée devenue monde
Sarkozy et le mythe méritocratique

SEPTEMBRE 2007

 

 

 

 

 

 
 
Textuel
 
2007
 
192 pages, 19 €


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

Il y a un quart de siècle, la revue Newsweek annonçait tapageusement : "Marx est mort". Depuis, les défis de la mondialisation ont donné à sa pensée un regain d'actualité. Elle alimente dans le monde entier des recherches novatrices sur les questions de l'écologie, de la production de l'espace, les études de genre ou les études postcoloniales. A l'occasion du 150ème anniversaire de la première édition du Capital, Contretemps présente un aperçu de cette "pensée devenue monde". Ce dossier "Marx hors limite" est constitué dans cette perspective de contributions internationales (Etats-Unis, Inde, Italie, Espagne, Allemagne, Chypre) illustrant sa diversité et sa fécondité.
 

 


 

 

 

L'auteur

 

Revue dirigée par Daniel Bensaïd.

 


 

 

 

Table des matières

 

 

    

 

 

 

 

Citations

 


Extrait du texte de Stathis Kouvélakis : Marx  hors limites, ou le devenir monde d'une pensée. (p. 10)


 

De Marx, on a pu dire, au temps où des courants politiques de masse et un système d'États couvrant un tiers du globe s'en réclamaient, que sa pensée était « devenue monde », selon l'expression d'Henri Lefebvre. Qu'en est-il aujour­d'hui, près de deux décennies après la fin de l'URSS et alors que la Chine, tou­jours dirigée par un parti communiste, s'affirme comme une puissance capitaliste de premier plan? Le lien entre Marx et le monde s'est-il défait, ne laissant à l'auteur du Capital d'autre place que celle, dans le meilleur des cas, d'un « classique du XIXe siècle» ou, dans le pire, d'inspirateur du « totalita­risme » du siècle qui a suivi le sien?

Du point de vue du diagnostic historique, la meilleure réponse consisterait sans doute à reprendre l'adage de Chou En-Lai sur la Révolution française, selon lequel il est encore « trop tôt pour le dire ». En d'autres termes, que la question demeure ouverte, et que l'ouverture en question, si elle ne garantit en rien le happy end, suffit néanmoins à démentir les prédictions visée d'exor­cisme) maintes fois répétées sur la « mort du marxisme ». Plusieurs indices plaident en effet en ce sens: si les révolutions du XXe siècle se sont bien soldées par un échec, des courants politiques, parfois affaiblis mais significatifs, conti­nuent à s'inspirer de Marx et à jouer un rôle important dans les luttes sociales et la vie publique de leurs pays, y compris en Europe. Quels que soient les juge­ments que l'on porte sur le cours actuel suivi par leurs directions, pensons par exemple à la force des organisations marxistes et communistes en Inde ou en Afrique du Sud. Impossible également de ne pas mentionner sur ce point l'Amérique latine: car, outre Cuba, sans doute le seul cas de résistance main­tenue d'une expérience de révolution du siècle dernier, le Venezuela, où se déroule un processus qui s'autodésigne de révolutionnaire, est venu rappeler que l'objectif socialiste - ouvertement assumé pour la première fois depuis l'ef­fondrement des régimes est-européens - demeure la seule référence possible de tout projet qui entend dépasser en pratique l'ordre existant.


 

 

 

 

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