François Dubet, L'expérience sociologique 

NOVEMBRE 2007

 


 

 

 

 
 
La Découverte / "Repères / Sociologie" n° 500
 
2007
 
128 pages, 8,50 €
 
 
 

 

 

Présentation par l'Editeur

 

La sociologie ne se fabrique pas seulement dans le secret des laboratoires et le dialogue avec les grands auteurs. Qu’elle le veuille ou non, elle est une activité intellectuelle autant que scientifique engagée dans le monde social et ses problèmes.
Dans ce livre, François Dubet retrace le parcours au long duquel il s’est efforcé de construire un point de vue sur la vie sociale. Ce parcours est ponctué par des recherches qui composent les chapitres de ce livre : les mouvements sociaux, la banlieue, l’éducation, la justice sociale, la sociologie de l’expérience. L’auteur s’efforce de montrer comment la sociologie, qui se pose sans cesse les mêmes questions, construit des réponses qui relèvent autant des choix théoriques que de la nature des conflits, des débats et des expériences que la sociologie doit dégager des routines sociales de la vie.
Ce retour sur expérience résume une trentaine d’années de recherche ; il se présente aussi comme une réflexion sur l’activité de sociologue et les mutations de notre société. La sociologie y apparaît moins comme une doctrine que comme une « aventure » intellectuelle et une manière de définir l’action sociale par des choix de méthode. 

 

 

 

 

L'auteur

 

François Dubet est professeur de sociologie à l’université Bordeaux-II, directeur d’études à l’EHESS et membre du CADIS. Il a écrit de nombreux ouvrages sur les mouvements sociaux, la marginalité juvénile, l’éducation, le travail et la théorie sociologique. Ses derniers ouvrages publiés sont : Le Déclin de l’institution (2002), L’École des chances, (2004), Injustices (2006) aux Éditions du Seuil. Il est également le coauteur, dans la collection « Repères », de Sociologie de Bordeaux (2007).

 

 

 

Table des matières

 

Introduction - I / Les mouvements sociaux - La sociologie post-68 - Les nouveaux mouvements sociaux - L’intervention sociologique - Une série de recherches - Les luttes étudiantes - Les luttes antinucléaires - Lutte occitane - Retour vers les ouvriers -Le syndicalisme ouvrier - Solidarité - II / La banlieue - Juillet 1981 - Une recherche - La galère - Désorganisation sociale - Exclusion - La rage - Émeutes et protestations - Vingt ans après - III / Les élèves, l’école et l’institution - Partir des élèves - Pourquoi travailler à l’école ? - Les tensions de l’expérience scolaire - Homologies - Le déclin de l’institution - IV / Justice sociale - Critique de l’égalité des chances - L’injustice au travail - Critiques des injustices - Injustices et mouvements sociaux - L’économie morale des injustices - Qui est responsable ? - V / L’expérience sociale - La société et l’action - La société - L’action sociale - Les correspondances affaiblies - Inégalités multiples - La socialisation troublée - Les paradigmes de l’action - L’expérience sociale - L’intégration sociale - La stratégie - Subjectivation - Que font les acteurs ? - Des formations sociales - Épilogue - Repères bibliographiques.

 

 

 

 

Citations

 

Débat de l'Introduction (p. 3)


" Les étudiants nés dans les années qui suivirent la Libération ont généralement découvert l'existence de la sociologie au moment où elle se dégageait de l'emprise des enseignements de philosophie 1. Pour autant, la sociologie n'était pas une discipline naissante, quelques noms de sociologues étaient connus d'un grand public cultivé parce que la sociologie parlait du basculement de la France vers une modernité vécue de manière relativement optimiste, une fois le chapitre de la guerre d'Algérie refermé en 1962, et dans une période où la confiance dans la technique, la science et le développement était d'autant plus forte que les niveaux de vie augmentaient régulièrement. Au même moment, l'ouverture des études secondaires et supérieures à de nouveaux venus n'affectait pas sensiblement la valeur sociale des diplômes. Bien sûr, les inégalités sociales apparaissaient scandaleuses, le poids du gaullisme semblait de plus en plus lourd à une partie de la jeunesse et les étudiants en sociologie étaient presque naturellement de gauche. La sociologie se définissant à la fois comme une pensée spéculative de type « philosophique Il et comme une discipline positive enracinée dans des faits, elle pouvait attirer ceux qui ne se sentaient ni assez philosophes pour préparer l'agrégation ni assez scientifiques pour faire des sciences « dures ». "
 

 

 

 

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