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Laurent Déchery, Le premier regard Essai d'anatomie métaphysique |
OCTOBRE 2007

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Présentation par l'Editeur |
La vision comme modèle du vrai et du beau est l'objet de ce
livre d'histoire des idées. Cette réflexion, nourrie des grands auteurs des
XVIIe et XVIIIe siècles, a pour objet la vision, appréhendée comme modèle du
vrai et du beau. Sont ainsi analysés la manière dont, à la Renaissance, la
vision se sépare des autres sens, et les rapports qu'elle entretient dès lors
avec eux, en particulier l'ouïe et le toucher. L'ouvrage se veut une sémantique,
une esthétique et une éthique du corps qui voit.
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L'auteur |
Laurent DÉCHERY enseigne le français et l'esthétique dans le département des langues étrangères de Gustavus Adolphus CoUege au Minnesota. Il a écrit sa thèse de doctorat sur la théorie de la vision de George Berkeley dont il a traduit et publié les textes sur la vision en français. Il a écrit une introduction à la philosophie pour les adolescents. Il prépare un essai sur les contes de Diderot.
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Table des matières |
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Citations |
Débat de l'Introduction : Histoire d'une recherche (p. 9)
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Il est difficile de faire la genèse d'un livre et d'établir la manière dont il s'est développé. Il se nourrit d'un peu de tout et les lectures qui l'accompagnent se sont plus ou moins bien intégrées à sa substance. Celui-ci a commencé il y a bien des années autour de la vision. Depuis, comme la statue de Condillac, il s'est aventuré dans d'autres sens, en particulier l'ouïe et le toucher. Un sens ne peut se comprendre sans les autres, mais la vision reste le sens majeur de cette entreprise. Est-il possible de savoir pourquoi on choisit tel auteur plutôt que tel autre? J'ai écrit ma thèse de doctorat sur George Berkeley. Rien ne m'y destinait, si ce n'est une piètre opinion de la philosophie empiriste anglaise. En France, encore, on appartient à l'idéalisme. C'est dire que l'on commence toujours par le concept. Je ne faisais pas exception. Et de se demander avec quoi d'autre la philosophie pourrait bien commencer et. .. se terminer. La philosophie se paye d'idées et de mots ; ne nous le cachons pas. L'empirisme commence avec des sensations. Brutes. Et aimerait bien en rester là. Malheureusement il faut parler. C'est pourquoi l'empirisme doit toujours penser le rapport du langage à la perception. Quelques extraits d'Un essai sur la nouvelle théorie de la vision avaient attiré mon attention. Je ne m'imaginais pas que j'en avais lu le meilleur. Les anthologies ne sont pas essentiellement mauvaises, elle sont plus partiales que partielles; comme une lecture. Malgré les fondements empiristes de Berkeley, c'est son idéalisme qui me plaisait. Et sa folie aussi. On le disait, au dixhuitième siècle, extravagant. Extra-vaguer c'est étymologiquement « errer audehors ». Ce qui ne manque pas d'ironie quand on sait qu'il n'y a pas, à proprement parler, de dehors pour Berkeley, à part Dieu. La philosophie de Berkeley erre en Dieu. Elle est, littéralement, l'errance en Dieu. Peut-être la plus belle définition de la philosophie si l'on ne comprend pas par erreur le contraire de la vérité: la philosophie est l'erreur dans l'omniscience. Toujours reprendre le logos au mètre de la sensation et de son immédiateté, voilà le travail, peut-être impossible en droit, de la philosophie berkeleyenne. Le problème fondamental de l'empirisme, c'est de tenir cette position le plus longtemps possible; Descartes avait le même problème avec le cogito. Pour faire de l'intuition l'éternité, il faut en rester au niveau de la perception intuiti ve. Il faut faire en sorte que la perception ne se dialectise pas en entendement, comme chez Hegel. L'irruption de l'intuition perceptive dans le temps, voilà le problème empirique par excellence. |
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Dossier de presse / Etudes / Critiques |
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