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Jean-Lous Prat, Introduction à Castoriadis |
JANVIER 2007

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Présentation par l'Editeur |
Philosophe, économiste et psychanalyste, Cornelius Castoriadis (1922-1997), co-fondateur de la revue Socialisme ou Barbarie, fut l’un des auteurs de référence pour la génération 1968. Sa critique interne du marxisme l’a conduit à remettre en cause les conceptions déterministes de l’histoire. Il leur oppose l’idée d’une institution de la société par des configurations imaginaires qui se succèdent sans se déduire de façon prévisible les unes des autres. De l’héritage marxiste, Castoriadis retient toutefois le projet révolutionnaire, celui d’une communauté où le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous. Une utopie que l’échec du socialisme réel semble avoir définitivement condamnée. Mais c’est justement ce qui fait l’actualité de la pensée de Castoriadis : il montre que cet horizon est toujours le nôtre si le projet d’autonomie ne vise pas la perfection rêvée d’un état à venir, ni une société transparente, mais une démocratie radicale, dans laquelle les citoyens ne croient plus que les institutions sont imposées par la nécessité historique, comme autrefois par des dieux, mais savent que leur responsabilité est de les conserver ou de les transformer.
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L'auteur |
Jean-Louis Prat, né en 1944, est agrégé de philosophie. Membre du MAUSS, il a collaboré à plusieurs numéros de la Revue du MAUSS semestrielle.
> le site de La Revue du
M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
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Table des matières |
Introduction - Contre le courant - Deux points de repère : Sartre et Merleau-Ponty - I / Un Grec moderne - « Socialisme ou Barbarie » - « Un petit machin de rien du tout » - La sortie du tunnel - Querelles et scissions - Mai 68 - Une interruption de l'apathie politique - Kriegspiel ou psychodrame ? - Questions rétrospectives - II / L'héritage marxiste - Le projet d'autonomie - L'autonomie comme processus historique - Entre marxisme et léninisme - La question russe - Le concept d'exploitation - Qu'est-ce que la bureaucratie ? - La société bureaucratique - Devant la guerre - Ordre totalitaire ou société cynique ? - III / La rupture avec le marxisme - L'économie marxiste - Lutte des classes ou déterminisme historique - Valeur des marchandises et luttes pour fixer la valeur du travail - Le capitalisme moderne : une critique artistique ? - Y a-t-il une contracdiction fondamentale ? - L'esprit du capitalisme et sa « contradiction fondatrice » - Les avatars du discours autogestionnaire - IV / Politique et philosophie : société autonome et pensée autonome - Penser avec les autres, dans la cité démocratique - « Le projet d'autonomie n'est pas une utopie » - La société autonome et l'autonomie du sujet - L'autonomie comme situation active - V / L'imaginaire social - Le social-historique - La logique héritée, « ensembliste-identitaire » - La création humaine - L'imaginaire de l'expansion illimitée - La monade psychique - « Ich bin die Brust » - L'homme prométhéen - Les passions instituantes - L'imaginaire politique : la création démocratique - Décider par nous-mêmes et en connaissance de cause - En attendant les Barbares - Repères bibliographiques.
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Citations |
Début de l'introduction (p. 3) : Contre le courant
Penseur intempestif, Castoriadis échappe aux classements qui voudraient le situer dans tel ou tel courant de la pensée contemporaine. Car il s’est toujours situé à contre-courant — lui qui rejetait le marxisme au moment même où Sartre voulait y voir la « philosophie indépassable de notre temps », afin de rester révolutionnaire et de maintenir un projet qui encombrait déjà ceux qu’il qualifiait de « marxistes réformés », lesquels allaient, tour à tour, annoncer la fin de l’histoire, la mort de l’homme, l’épuisement des grands récits d’émancipation, avant de s’installer dans la condition postmoderne, celle d’un monde fini auquel pourraient suffire les acquis d’une histoire désormais révolue, où aucun nouveau projet ne pourrait faire sens. Ce qui conduit à « constater une fois de plus que les prétendus dépassements du marxisme sont dans l’écrasante majorité des cas de pures et simples régressions fondées non pas sur un nouveau savoir mais sur l’oubli de ce qui était auparavant appris — mal appris, il faut croire » [IIS, p. 122].
Cette phrase est tirée d’un texte où Castoriadis ne cherche pas, comme Marx avait pu le faire pour Hegel, à sauver la méthode en abandonnant le système — car il n’est pas question de revenir à Marx, comme on revient à Kant, à Descartes ou à Spinoza, retour qui « a forcément un caractère académique — puisqu’il ne pourrait aboutir, au mieux, qu’à rétablir correctement le contenu théorique d’une doctrine du passé […] et laisserait entièrement dans l’ombre le problème qui compte avant tout, à savoir l’importance et la signification du marxisme pour nous et l’histoire contemporaine » [IIS, p. 14].
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Dossier de presse |
"Dix ans après sa mort, la pensée de Cornelius Castoriadis reste encore largement méconnue. Le livre de Jean-Louis Prat entend bien réparer cette injustice. Tout à la fois philosophe, économiste et psychanalyste, l'homme apparaît de prime abord difficile à cerner. Né à Constantinople en 1922, Castoriadis adhère très tôt au communisme et rejoint le mouvement trotskiste avant de gagner la France en 1945. Il fonde avec Claude Lefort le courant Socialisme ou barbarie, dissous en 1965, dont la réflexion marquera les débats avant, pendant et après 1968. C'est en particulier ce contexte politique et théorique complexe qu'éclaire avec soin Jean-Louis Prat afin de comprendre sa rupture progressive avec le marxisme. A la croisée de la psychanalyse et de la pensée politique, Castoriadis s'appuie sur le concept d'imaginaire social pour comprendre le rôle des significations partagées, les institutions et leur évolution. L'autonomie, tant du sujet que de la société, apparaît comme le leitmotiv indépassable de ce penseur intempestif et original, libre de toute école et de toute chapelle."
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Lecture critique |
(à venir)