Michel Plon et Henri Rey-Flaud, LA VéRITE
Entre psychanalyse et philosophie

AVRIL 2007

 

 

 

 

 
 
Erès / "Psychanalyse (Hors collection)"
 
2007
 
192 pages, 23 €


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

À l'orée de leur histoire, la philosophie et la psychanalyse ont rencontré toutes les deux la question de la vérité. La République de Platon présente le monde où s'agitent les hommes comme un théâtre d'ombres, offert en spectacle à des prisonniers enchaînés dans une caverne, coupés à jamais de la lumière de la vérité, conception que Nietzsche reprend, vingt-cinq siècles plus tard, en avançant que ce n'est que pour « vivre avec quelque repos » que l'homme maintient « la croyance invincible que ce soleil, cette fenêtre, cette table, est une vérité en soi ». Après avoir cru un moment que l'analyse des symptômes et des rêves était susceptible de restituer au sujet la vérité de son histoire durant la cure, Freud dut reconnaître la vanité de cet espoir en constatant « [qu'il] n'existe dans l'inconscient aucun indice de réalité de telle sorte qu'il est impossible de distinguer l'une de l'autre la vérité et la fiction investie d'affect ». Conclusion qui fit dire à Lacan, tirant son ultime conséquence, « [que] nous ne rêvons pas seulement quand nous dormons ».

Sur le principe que la passion de la vérité a toujours rendu fous ceux qui prétendaient détenir le sens du monde (Hitler comme Schreber nous apportent ici leur témoignage), la philosophie et la psychanalyse ont, chacune dans leur champ, subverti le statut de la vérité en découvrant d'elle un nouveau visage : celui d'une vérité pure et sans contenu, solidaire d'un homme sans qualité référé au « signe privé de sens », évoqué par Hölderlin, en écho anticipé au signifiant primordial, identifié par Lacan, auquel l'analysant à la fin de sa cure est appelé à s'assujettir.

Dans un monde fragmenté en convictions et en certitudes par les intégrismes politiques et religieux, il devient urgent de rétablir les droits d'une vérité vide soumise au primat de la pensée. À la croisée des chemins de la philosophie et de la psychanalyse, c'est ce chantier qu'ont ouvert dans un débat sans concessions les contributeurs de ce livre.
 
 
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Les auteurs

 

Michel Plon, psychanalyste (Paris), rédacteur à la Quinzaine littéraire, membre du comité de rédaction d'Essaim.

Henri Rey-Flaud, Michel Plon, psychanalyste (Paris), rédacteur à La Quinzaine littéraire, membre du comité de rédaction d’Essaim. Henri Rey-Flaud, psychanalyste (Montpellier) auteur de plusieurs ouvrages dont « Et Moïse créa les Juifs… ». Le testament de Freud (Aubier, 2006).


 

Avec la participation de :

Françoise Balibar, Jean-Daniel Causse, Yves Duroux, Marie Gaillé-Nikodimov, Olivier Grignon, Jacques Le Brun, Guy Le Gaufey, René Major, Jean-François Mattéi, Catherine Millot, Bertrand Ogilvie, Erik Porge, Jacques Rancière, Annie Tardits, Françoise Wilder.

 

 

 

Table des matières

 

 

Michel Plon : Le premier minois croisé
Henri Rey-Flaud : La question de la vérité selon la psychanalyse
Jean-François Mattéi : L'Etre de vérité
Annie Tradits : Comment j'ai cheminé d'une surprise à l'autre
Françoise Wilder : L'Etre de la vérité de Jean-François Mattéi
Jzcques Le Brun : Vérité scientifique et vérité historique à l'âge classique
Yves Duroux : La traversée de la Manche, ou pourquoi il faut mettre la vérité au carré
René Major : Les quatre vérités
Françoise Balibar : La vérité, toute la vérité, rien que la vérité
Jean-Daniel Causse : Vérité, savoir et croyance : Vérité, savoir et croyance
Guy Le Gaufey : Je/te/le demande
Erik  Porge : La ronde des mi-dits nets
Olivier Grignon : Le vertige de la vérité, réflexions autour du texte d'Erik Porge " La ronde des mi-dits nets "
Bertrand Ogilvie : La production du vrai
Jacques Rancière : La vérité par la fenêtre (Vérité littéraire, vérité freudienne)
Catherine Millot : Les embrouilles du vrai
Marie Gaille-Nikodimov :
La vérité de Jacques Rancière ou l'irruption de l'indéchiffrable.

 

 

 

 

Citations

 



Début du texte de Michel Plon, "Le premier minois croisé" (p. 7)

 

Pierre d'achoppement des rapports tourmentés qu'entretien­nent depuis plus d'un siècle la philosophie - peut-être convien­drait-il de dire certaines philosophies - et la psychanalyse, la vérité fut donc l'argument, brutal en sa concision, proposé aux participants de cette Rencontre de Castries, troisième du nom mais aussi dernière par la grâce d'un prince qui n'en goûtait pas la tonalité.

On ne saurait ici résumer, ni même introduire ces interven­tions qui, pour tour à tour se heurter et se rencontrer, visaient moins, voire pas du tout, à un quelconque consensus qu'à dissi­per quelques malentendus stériles qu'une toile de fond politique, marquée par les turbulences d'une guerre qui continue aujour­d'hui, plus de trois ans après, de ne pas dire son nom, pouvait Contribuer à entretenir.

Pour être une, la vérité en psychanalyse - Lacan n'a pas manqué de le souligner - a plus d'un visage.

 

 

 

 

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