Lionel Obadia, L'anthropologie des religions

JUILLET 2007

 

 

 

 

 
 
La Découverte / "Repères"
 
2007
 
128 pages, 8,50 €


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

L’anthropologie a toujours porté un intérêt particulier à la religion, à ses origines, ses formes et ses variations. L’anthropologie des religions est cette branche de l’anthropologie générale qui s’est constituée à partir de l’étude de religions (magie, sorcellerie, animisme, totémisme, chamanisme…) et d’objets empiriques (mythes, rites, croyances, représentations, organisations sociales) en mobilisant des théories et en employant des méthodes qui lui confèrent une identité singulière dans la constellation des sciences religieuses. À l’ère de la mondialisation, cette anthropologie, qui fut longtemps une « science des religions primitives », a su se renouveler sans renier ses origines. Elle conserve aujourd’hui toute sa pertinence pour saisir des religions en mutation et en mouvement.
 
 
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L'auteur

 

Lionel Obadia est professeur en anthropologie à l’université Lyon-II-Lumière, directeur du Centre d’études et de recherches anthropologiques (CREA). Il est l’auteur de plusieurs livres, dont Bouddhisme et Occident. La diffusion du bouddhisme tibétain en France (L’Harmattan, 1999), La Religion (Le Cavalier bleu, 2004), La Sorcellerie (Le Cavalier bleu, 2004), Le Bouddhisme en Occident, (La Découverte, 2007).

 

 

 

Table des matières

 

 

Introduction - I / L’anthropologie des religions - Quelle « anthropologie » des religions ? - « Une » anthropologie des religions ? -Vicissitudes - Constitution du champ - Racines - La religion à la naissance de l’anthropologie : découverte du monde et humanité des « sauvages » - Débats fondateurs - La religion/les religions : origines, nature, évolution - La religion selon l’anthropologie : débats, définitions et termes - II / Questions de méthode - La singularité de la méthode anthropologique - L’expérience ethnographique - Expérience ethnographique, expérience religieuse - Immersion : entre proximité et distance  - Traduction - Le sens des croyances indigènes - Herméneutique et signification - Concepts indigènes, concepts scientifiques - Contextualisation - De l’empirique au système - Comparatisme - Portée et limites - Problématique universalité - III / Les modèles de l’anthropologie des religions - La religion « primitive » : modèles et débats - Primitivisme et Homo religiosus - La « mentalité primitive » - La magie, la science, la religion - Magie et religion - Unité du « magico-religieux » - Préscience, pseudoscience ? - Réhabilitations - Sens et sorcellerie : signification, causalité et rationalité - L’animisme et les « formes élémentaires » de la religion - Totémisme, classifications et clans : l’universalité des modèles en question - Chamanisme et possession : occidentalocentrisme et comparatisme - L’anthropologie, indifférente aux monothéismes ? - Fugitives ethnographies ? - Monothéisme « archétypal » : évolution et comparatisme - IV / Objets de l’anthropologie religieuse - Croyance, croyances - Limites du concept -  Attitudes d’indigènes - Symboles et fonction symbolique - La fonction symbolique - Essence versus politique des symboles - Rites, actes, pratiques - Place du rite dans l’anthropologie des religions - Les rites comme actes « efficaces » et « traditionnels » - Mythes, représentations, visions du monde - Pouvoir et ordre social - Religion et société - Royautés divines, structures sociales « sacrées » - La religion, mise en ordre du social et du symbolique ? - Résistances et dynamiques - Nouvelles approches : historiciser les concepts - V / Questions actuelles : l’anthropologie des religions et le monde moderne - Ethnologie : « nouvelles religions », « nouveaux terrains » - Tradition, modernité, religion - L’anthropologie et le tournant moderniste dans les sciences religieuses -  Dialectique de l’ancien et du moderne - De l’ancien dans le moderne : réinventions et résurgences « archaïques » - Pluralisme et autres hybrides - Réinvention et exportation des « religions traditionnelles », ou la mondialisation à l’oeuvre - Approches récentes de la religion : de nouveaux débats pour d’anciennes questions - Renouveaux conceptuels : cognitivisme et psychologie évolutionniste - Dresser un bilan ? - Conclusion -  Repères bibliographiques.   

 

 

 

 

Citations

 


Début de l'Introduction (p. 4)

"Né d’une même souche de questionnements philosophiques, ce qu’il est convenu de regrouper sous la catégorie générale de « sciences des religions » représente des disciplines diverses qui se sont autonomisées au XIXe siècle. C’est moins une improbable convergence de vues sur la méthode et les concepts qu’un accord explicite sur leur objet commun qui fonde l’unité de ces sciences. Elles offrent un panorama assez disparate d’approches et de théories, qui s’étendent de la théologie, la philologie et l’exégèse, la philosophie religieuse, jusqu’à l’histoire, la sociologie, la psychologie et l’anthropologie — sans oublier la contribution récente de disciplines comme la géographie, l’économie ou les sciences politiques.

L’histoire examine ainsi les variations et récurrences des expressions religieuses sur une échelle diachronique plus ou moins étendue (dans des segments particuliers de la temporalité ou depuis les temps préhistoriques) et reconstitue des systèmes religieux, rapportés aux contextes historiques dans lesquels ils sont apparus ou se sont développés. La sociologie s’assigne quant à elle comme objet la dimension et les conditions sociales de la religion : les rapports de la religion à la vie sociale, ses formes collectives, ses effets ou fonctions sociales, ses dynamiques de transformation impulsées par les changements sociaux, les processus d’identification collective liés aux appartenances confessionnelles… L’objet d’une psychologie de la religion apparaît également très lisible : les rapports entre la psyché humaine et la religion, à travers l’étude des mécanismes mentaux, les affects et émotions mobilisés dans la vie religieuse (les sentiments et les désirs), la nature et les formes de l’expérience religieuse, les interactions entre comportements religieux et troubles psychologiques, le symbolisme inconscient de la vie psychique, la construction de l’identité personnelle à travers la pratique ou l’adhésion religieuses. Quelle place peut bien occuper l’anthropologie dans cet espace déjà largement circonscrit par des disciplines aux objets proches des siens ? "


 

 

 

 

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