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Lelita Oliveira Benoit, Sociologie comtienne. Genèse et Devenir |
DECEMBRE 2007
Traduit du portugais
(Brésil) par Lygia Araujo-Watanabe / Préface de Marilena Chaui

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Présentation par l'Editeur |
Voici un ouvrage qui servira de référence, et pas seulement au Brésil, car il
devrait atteindre une audience internationale et marquer désormais les études
comtiennes. La méthode d'analyse adoptée par Lelita Benoit lui permet en
particulier de donner un éclairage inédit sur la première genèse de la pensée de
Comte, en examinant les textes de ses débuts (ceux de la première période, de
1817 à 1826) avec autant de rigueur que ceux de la maturité. Parmi ces textes
figurent notamment les articles, souvent négligés par des commentateurs aussi
prestigieux que Henri Gouhier et R. Mauduit, et publiés sous la signature de
Henri de Saint-Simon, dont il était le secrétaire particulier, dans le troisième
volume de l'éphémère revue de ce dernier, l'Industrie. (Michel Paty, CNRS et
Université Paris 7 - Denis Diderot).
Il n'est pas excessif de dire que le livre de
Lelita Benoit constitue une lecture obligatoire pour tous ceux qui travaillent
sur le terrain des sciences humaines, ou qui s'y intéressent. En effet, bien que
ce livre étudie la genèse et le devenir de la sociologie comtienne, c'est bien
de la genèse des sciences sociales dans leur ensemble qu'il traite. (Marilena
Chauí, Université de São Paulo, Brésil).
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L'auteur |
Lelita Oliveira Benoit : Docteur en Philosophie au Département de Philosophie de la Faculté de Philosophie, Lettres et Sciences Humaines (FFLCH) de l’Université de São Paulo (USP), Brésil. Elle a collaboré, en France, aux REHEIS et au CNRS, effectué des recherches dans divers fonds, en particulier à la BN ainsi qu'à la Maison d'Auguste Comte. Postérieurement, elle s'est consacrée à l'étude de l'oeuvre de Saint-Simon, maître et collaborateur du jeune Auguste Comte.
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Table des matières |
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Citations |
Début de l'Introduction (p. 23)
" Les textes les plus importants d'Auguste
Comte, ayant pour but la fondation théorique de la sociologie, ont été écrits à
partir de 1822. Cependant, j'ouvrirai cette étude par l'analyse de la production
comtienne qui les a précédés, et qui est généralement méconnue. Dans la Partie 1
(De l'Économie politique à l'histoire), je devrai parcourir des textes qui ont
été écrits encore sous une influence supposée de Henri de Saint-Simon, avec
lequel Comte a maintenu une étroite collaboration intellectuelle et politique.
Le projet d'une « science sociale positive », c'est-à-dire d'une théorie sociale
capable de dépasser les « métaphysiques révolutionnaires » qui depuis Platon
jusqu'au communisme moderne ont déstabilisé la société occidentale, appartient à
cette période.
Mais l'essentiel de cette période, qui va de 1817 à 1819, réside dans le fait
qu'une tentative de fonder la théorie sociale sous le paradigme de l'économie
politique classique, principalement celle d'orientation smithienne, atteint sa
pleine expression et se développe. Comme j'aurai l'occasion de le montrer,
plusieurs problèmes et contradictions ont marqué les textes de cette période,
par lesquels nous pouvons suivre le développement de la réflexion comtienne.
Dans le texte écrit avec Saint-Simon (ou sous son influence), L'Industrie,
l'économie politique surgit comme modèle théorique d'une étude de la « société
industrielle », mais avec de sévères critiques de ses limitations théoriques
supposées. Bientôt, cependant, Comte abandonnera non seulement son maître
Saint-Simon, mais aussi l'attitude critique par rapport aux économistes. Je
parcourrai donc une série de textes où l'économie politique surgit, de manière
significative, comme le paradigme théorique dominant.
Ce « choix épistémologique » sera cependant, comme je l'ai dit, aussitôt renié
et cela pour des raisons bien précises. L'économie politique, comme Comte
l'écrira quelques années plus tard, en 1826, témoignait d'une totale incapacité
de réflexion sur « le grave problème social du XIXe siècle ». En 1826, contre le
libéralisme économique, Comte défendra la thèse selon laquelle les relations
sociales modernes devraient être réglementées ; mais, d'un autre côté, il
refusera aussi tout modèle de plan économique de type « métaphysique-socialiste
» (Rousseau, Saint-Simon ou Marx). "
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La souveraineté politique de la volonté générale comme « illusion métaphysique » (Comte, lecteur de Rousseau)
Résumé
L’essai suivant constitue une présentation et analyse, d’un point de vue
encore jamais choisi, du concept de souveraineté politique développé par
Jean-Jacques Rousseau dans Du Contrat Social en 1757. Pour cela nous
entendons nous intéresser ici aux implications idéologiques essentielles de la
reprise par Auguste Comte de la question théorique de la volonté générale,
travail critique qu’il a lui-même réalisé dans le cadre de la construction de la
doctrine positiviste du pacte social.