Véronique Fabbri, Danse et Philosophie

Une pensée en construction

NOVEMBRE 2007

 

 




 

 
 
L'Harmattan / Esthétiques
 
2007
 
244 pages, 23 €

 
 
 

 

 

Présentation par l'Editeur

 


On parle volontiers en danse et en philosophie de construction et de déconstruction : écrire et chorégraphier, c'est en un sens construire. Ce livre a pour ambition de préciser l'idée de construction et de la confronter à l'élaboration concrète de la pensée et de la danse, à travers l'analyse d'expériences singulières, notamment de chorégraphes contemporains.
Cette analyse passe par une réflexion sur le rôle de la construction dans l'architecture moderne: il s'agit de penser en quoi une construction ne relève pas nécessairement d'une démarche constructiviste et systématique, mais accorde plutôt au détail toute son importance. C'est il partir de l'œuvre de Benjamin que l'on peut le mieux comprendre comment l'écriture philosophique peut être construite sans être systématique, et comment la construction en architecture, en danse, en poésie, peut être rigoureuse, précise, et prendre en compte les rythmes et les inflexions de la sensibilité et du corps.
Une philosophie en acte est une philosophie qui, il l'instar de la construction en architecture, s'élabore en relation à l'expérience sensible, s'y confronte, y ajuste les idées, l'écriture, en vue de transformer l'expérience. Le philosophe trouve alors dans la danse "matière il penser", une expérience de la pensée aussi bien familière qu'étrangère, étrangement familière.
 

 

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L'auteur

 

Véronique Fabbri est professeur de philosophie et membre du laboratoire de recherches en philosophie contemporaine à Paris VIII (LLCP). Ses recherches portent sur la danse contemporaine et l'écriture philosophique.


 

 

 

 

Table des matières

 

 

  

 

 

 

 

 

Citations

 

Début de l'Avant-Propos (p. 9)

On parle volontiers en danse de construction et de déconstruction, qu'il s'agisse de la scène ou du mouvement. Je m'attache dans les pages qui suivent à mettre en évidence la pertinence du concept de construction pour la danse et pour la philosophie, principalement pour une philosophie qui s'efforcerait de penser, avec les danseurs et les chorégraphes, en quoi la danse donne à penser, ce qu'une expérience de la danse transforme de notre rapport au corps, au temps et à l'espace. Cela pourrait passer pour une critique de la déconstruction; il s'agit plutôt d'un choix sur lequel je m'explique plus longuement en conclusion. Une critique de « la» déconstruction n'aurait au fond pas de sens: le terme est passé dans le langage courant, il fonctionne plutôt comme une catégorie dans laquelle on classe des démarches très différentes.
En revanche, il me paraissait urgent, après des années de recherches consacrées à la danse et à la philosophie du langage, de clarifier l'idée de construction: construction et écriture semblent étroitement liées en danse, mais aussi en philosophie. La difficulté vient de ce que l'idée de construction voisine avec celles de constructivisme, de système et de logique: elle semble liée à une volonté de rationalité que beaucoup pourraient juger étroite et, dans certains cas, inadéquate aux pratiques qu'il s'agit ici de penser.
Le principal enjeu de ce travail est donc de défendre l'idée d'une construction qui ne fasse pas système: je m'appuie pour cela sur la différence entre la construction et l'architecture.

 

 

 

 

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