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Véronique Fabbri, Danse et Philosophie Une pensée en construction |
NOVEMBRE 2007

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Présentation par l'Editeur |
On parle volontiers en danse et en philosophie de construction et de
déconstruction : écrire et chorégraphier, c'est en un sens construire. Ce livre
a pour ambition de préciser l'idée de construction et de la confronter à
l'élaboration concrète de la pensée et de la danse, à travers l'analyse
d'expériences singulières, notamment de chorégraphes contemporains.
Cette analyse passe par une réflexion sur le rôle de la construction dans
l'architecture moderne: il s'agit de penser en quoi une construction ne relève
pas nécessairement d'une démarche constructiviste et systématique, mais accorde
plutôt au détail toute son importance. C'est il partir de l'œuvre de Benjamin
que l'on peut le mieux comprendre comment l'écriture philosophique peut être
construite sans être systématique, et comment la construction en architecture,
en danse, en poésie, peut être rigoureuse, précise, et prendre en compte les
rythmes et les inflexions de la sensibilité et du corps.
Une philosophie en acte est une philosophie qui, il l'instar de la construction
en architecture, s'élabore en relation à l'expérience sensible, s'y confronte, y
ajuste les idées, l'écriture, en vue de transformer l'expérience. Le philosophe
trouve alors dans la danse "matière il penser", une expérience de la pensée
aussi bien familière qu'étrangère, étrangement familière.
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L'auteur |
Véronique Fabbri est professeur de
philosophie et membre du laboratoire de recherches en philosophie contemporaine
à Paris VIII (LLCP). Ses recherches portent sur la danse contemporaine et
l'écriture philosophique.
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Table des matières |
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Citations |
Début de l'Avant-Propos (p. 9)
On parle
volontiers en danse de construction et de déconstruction, qu'il s'agisse de la
scène ou du mouvement. Je m'attache dans les pages qui suivent à mettre en
évidence la pertinence du concept de construction pour la danse et pour la
philosophie, principalement pour une philosophie qui s'efforcerait de penser,
avec les danseurs et les chorégraphes, en quoi la danse donne à penser, ce
qu'une expérience de la danse transforme de notre rapport au corps, au temps et
à l'espace. Cela pourrait passer pour une critique de la déconstruction; il
s'agit plutôt d'un choix sur lequel je m'explique plus longuement en conclusion.
Une critique de « la» déconstruction n'aurait au fond pas de sens: le terme est
passé dans le langage courant, il fonctionne plutôt comme une catégorie dans
laquelle on classe des démarches très différentes.
En revanche, il me paraissait urgent, après des années de recherches consacrées
à la danse et à la philosophie du langage, de clarifier l'idée de construction:
construction et écriture semblent étroitement liées en danse, mais aussi en
philosophie. La difficulté vient de ce que l'idée de construction voisine avec
celles de constructivisme, de système et de logique: elle semble liée à une
volonté de rationalité que beaucoup pourraient juger étroite et, dans certains
cas, inadéquate aux pratiques qu'il s'agit ici de penser.
Le principal enjeu de ce travail est donc de défendre l'idée d'une construction
qui ne fasse pas système: je m'appuie pour cela sur la différence entre la
construction et l'architecture.
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