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Slavoj Zizek, Le sujet qui fâche |
FEVRIER 2007

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Présentation par l'Editeur |
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L'auteur |
Slavoj Zizek est né le 21 mars 1949 à Ljubljana, en ex-Yougoslavie. Se partageant entre son pays natal, l'Europe occidentale et les États-Unis, Slavoj Zizek est un philosophe dont les travaux portent aussi bien sur la politique que sur la psychanalyse (Lacan). Nombre de ses ouvrages ont déjà été traduits en français.
> Zizek l’Américain, fils naturel d’Europe et de Marx (café babel)
> Entretien avec Slavoj Zizek - Le nouveau philosophe (nouvel obs 2004)
Bibliographie
| 1983 : Perspectives psychanalytiques sur la politique (avec Mladen Dolar et Pierre Naveau), Navarin; | |
| 1988 : Le plus sublime des hystériques : Hegel passe, Point hors ligne; | |
| 1988 : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Lacan sans jamais oser le demander à Hitchcock (dir.), Navarin; | |
| 1990 : Ils ne savent pas ce qu'ils font : le sinthome idéologique, Point hors ligne; | |
| 1993 : L'Intraitable : psychanalyse, politique et culture de masse, Économica; | |
| 1997 : Essai sur Schelling : le reste qui n'éclôt jamais, L'Harmattan; | |
| 1999 : Subversion du sujet : psychanalyse, philosophie, politique, Presse universitaires de Rennes | |
| 2002 : Le spectre rode toujours. Actualité du manifeste du parti communiste, Nautilus ; | |
| 2004 : Vous avez dit totalitarisme ? Cinq interventions sur les (més)usages d'une notion, Paris, Editions Amsterdam, traduction de l'anglais par Delphine Moreau et Jérôme Vidal (la table des matières et l'introduction peuvent être lues sur le site des Editions Amsterdam) ; | |
| 2004 : La subjectivité à venir, série de textes écrits entre 1998 et 2004 ; | |
| 2004 : Plaidoyer en faveur de l'intolérance, Climats ; | |
| 2005 : Que veut l'Europe? Réflexions sur une nécessaire réappropriation, Climats ; rééd. Flammarion, coll. « Champs » 2007; | |
| 2005 : Lacrimæ rerum. Essais sur Kieslowski, Hitchcock, Tarkovski et Lynch, Paris, Editions Amsterdam, traduction de Christine Vivier (un large extrait de l'essai sur Lynch peut être lu sur le site des Editions Amsterdam) ; | |
| 2005 : Bienvenue dans le désert du réel, Flammarion ; | |
| 2005 : Irak, le chaudron cassé, Climats; | |
| 2006 : La marionnette et le nain. Le christianisme entre perversion et subversion, Le Seuil. | |
| 2006 : La Seconde Mort de l'Opéra, Circé. | |
| 2006 : Bienvenue dans le désert du réel, éd. Flammarion | |
| 2007 : Le Sujet qui Fâche, Flammarion. |
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Table des matières |
Préface à la présente édition
Introduction : L'éthique maintenant
I. De la morale à l'éthique
II. Sur l'injustice (du corps)
III. Tractatus 6.45
Prologue
A. Le Mystique et l'éthique
B. Le présent et la grâce
IV. Du bonheur et du malheur de vivre
Conclusion: Éloge de la réjouissance
Post-scriptum: Sur le concept d'esth/éthique
Appendice: Variations
sur " Il y a "
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Citations |
Fin de l'ouvrage (pp. 343-344) :
" Qu'est-ce alors que ce don qui fait ainsi, et sans réserves, don de soi ?
Il est absolument nécessaire que nous nous posions pareille question si nous ne
voulons pas retomber dans l'abstraction formaliste de la métaphysique du «sujet»
(ou de l'hypokeimenon, pour parler comme Aristote). Il est absolument
nécessaire de donner une matière au don - sinon rien n'est dit, et tout
est à repenser. Or, il n'y a qu'une seule matière qui ait la capacité de se
donner soi-même, c'est-à-dire de se donner comme un «soi ». Il n'y a qu'une
seule instance où le donateur ne diffère absolument pas du donné. Cette instance
est le sentiment. Seul le sentiment en son affectivité (en son «se sentir
soi-même» constitutif) est ce don qui ne saurait, en se donnant, être refusé,
seul le Gefiihl est la venue en soi de ce qui ne peut être écarté ou séparé de
soi. Seul le Gefühl fait résolument échec aux lois de la transcendance
(ce qui n'est du reste pas le cas de l'Anschauung, de l'intuition). Seul
le Gefühl n'a pas de sujet, sinon lui-même. Bref, seule la conquête du
plan de l'immanence identique à l'affectivité (au « vouloir ») est la vraie
garantie d'une sortie hors de la métaphysique. Tel est le non-dit de l'aphorisme
6.45 du Tractatus, tel est aussi ce qui s'y montre. Or le fait est que
toutes les grandes philosophies du siècle, celle de Wittgenstein compris, ont
considéré que le langage était ceci: « un immense "il y a" à la troisième
personne, c'est-à-dire à l'opposé de la personne », pour formuler à la façon de
Gilles Deleuze (cf. Pourparlers, Paris, Minuit, 1990, p. 157). Pour elles
toutes, c'est le langage, l'anonymat essentiel du langage, qui confère au «
plan» sa planéité.
Peut-être est-il temps maintenant, peut-être est-ce la grande chance du xxr
siècle, de pouvoir reconnaître enfin que cet immense « il y a» à l'opposé de la
personne (en tant que sujet de la représentation ou en tant que produit de
l'identité) est le « soi », le Soi engendré par le sentiment de soi, le Soi
comme présent vivant du sentiment de l'existence, tel que le suggère aussi
Wittgenstein en lâchant ce mot de Gefühl (= pathos, passio)
qu'aucun commentateur n'a jamais commenté, même si, alors, l'auteur du
Tractatus n'a cru bon d'en tirer des conclusions que sur le seul plan de
l'éthique. "
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Dossier de presse / Critiques / Etudes |
Slavoj Zizek : c'est à quel sujet ?
Libération du 15 février 2007
" Pour la presse américaine, il est le «géant de Ljubljana». On ne sait pas si on veut ainsi l'inscrire, hâtivement, dans le cercle restreint des «grands philosophes», si on fait allusion à sa taille de «colosse un peu effrayant» (1), au volume qu'il occupe quand il gesticule ou parle en public, ou bien si on désigne la notoriété mondiale à laquelle il est arrivé à pas de géant. Mais une chose est sûre : Slavoj Zizek a une faim d'ogre, si on en juge par la quantité de livres qu'il publie et le nombre infini de thèmes qui mobilisent sa réflexion. Eclairer «la rupture de Hegel avec l'idéalisme kantien» en se référant à la «révolution cinématographique accomplie par David Lynch», passer de Leibniz au cyberespace, gyrovaguer entre le «grand Autre» de Lacan, Lénine et Matrix, la pornographie et la commedia dell'arte, l'intolérance et le multiculturalisme, l'opéra, le 11-Septembre, saint Paul, l'Irak, The Full Monty, Toni Negri, Tony Blair, la «perversion du christianisme» (2), Schelling et Kieslowski (3), les gender studies, Adorno, X-files, les tendances New Age, le postmodernisme, la postpolitique, et cætera, a en effet assuré à Zizek, dans le pire des cas, la réputation de «toutologue» et, dans le meilleur, celle de penseur transversal ou frontalier. De fait, par sa formation de philosophe et de psychanalyste lacanien, par son oscillation entre la force tranquille de la rationalité et l'énergie de l'imaginaire artistique, par sa situation, entre Est et Ouest, entre expérience communiste et mondialisation libérale, Zizek s'est fait le champion des traversées et des contaminations des savoirs, le héraut de l'interprétation de la culture de masse via la philosophie et ce dans le but avoué de démonter les catégories du discours sociologique, philosophique et politique contemporain, voire d'en extraire le refoulé. Il est apparu, dès lors, comme un théoricien des plus originaux, provocant, politiquement incorrect, toujours capable de dribbler les idées reçues. Cela a fait aussi qu'on lui accole des étiquettes certes scintillantes («pop' philosophe» , «Marx brother» , «superstar slovène du marxisme pop»...) et aptes à attirer foule dans les campus ou les salles de conférences, mais susceptibles de ne plus faire voir une oeuvre derrière la myriade de livres, de la délocaliser ou de l'éparpiller, comme est délocalisée sa vie même, dans les trains et les avions, de Paris à Mantoue, de Copenhague ou Londres à Buenos Aires (où habite sa femme), entre l'institut de sociologie de Ljubljana, le Kulturwissenschaftliches Institut d'Essen, l'European Graduate School (Suisse) et une bonne dizaine d'universités américaines... " > lire la suite