Gilbert Simondon, L'individuation psychique et collective

MARS 2007

 

 

 

 

 
Aubier Philosophie
coll. "L'invention philosophique" dirigée par François Laruelle
2007
 
290 pages, 22 euros
 
 
Préface de Bernard Stiegler

 

 

Présentation par l'Editeur

 

La philosophie de Gilbert Simondon a pour objet le processus d'individuation et son antériorité sur l'individu qui n'est qu'une phase dans un processus pré-individuel. Sa problématique s'organise autour du fonds grec - la physis des anciens physiologues et les notions platonicienne et aristotélicienne de " forme " - et des découvertes contemporaines qui en permettent la critique : celles de " potentiel ", d'" information ", de " métastabilité " et de " transductivité ". Cette problématique est ici mise en œuvre à propos de l'individuation psychique et collective. En même temps qu'il développe une critique de l'hylémorphisme et de la logique de l'identité et du tiers-exclu au nom des états d'équilibre métastable, l'auteur jette les fondements d'une science unitaire. Cet ouvrage écrit en 1958 annonçait de manière plus que prémonitoire tout un secteur de la philosophie française contemporaine qui, en-deçà du monisme et du dualisme, veut être une dynamique concrète et une génétique des singularités de l'être et de la pensée.
 

> sur le site de l'éditeur

 

 

L'auteur

 

Gilbert Simondon (1924-1989) est l'auteur de nombreux ouvrages dont, aux éditions Aubier, Du mode d'existence des objets techniques.

Né à Saint-Etienne le 2 octobre 1924, Gilbert Simondon fit ses études secondaires au lycée de sa ville natale, et eut tôt l'occasion de fréquenter le milieu industriel, de discuter avec des ingénieurs, de s'intéresser à l'invention scientifique et technologique et à la manière dont les innovations sont reçues au sein de la société.

Elève de khâgne au lycée du Parc à Lyon, élève de l'ENS de 1944 à 1948, agrégé de philosophie, il fut professeur de classe terminale au lycée Descartes de Tours (1948-1955), où il lui arrivait de faire le cours de physique aussi bien que celui de philosophie, et où il avait installé dans les sous-sols une présentation de machines au fonctionnement desquelles il initiait ses élèves. En 1955 il devint assistant à l'Université de Poitiers. Sa double thèse de doctorat d'Etat (sur l'individuation, sur les objets techniques), soutenue en 1958, lui permit de devenir professeur des universités: à la Faculté des lettres de Poitiers (1960-1963), à la Faculté des lettres et sciences humaines de Paris (1963-1969), à l'UER de psychologie de l'Université de Paris-V (1969-1984). A Paris, il avait son "laboratoire de psychologie générale" (en fait, un laboratoire de technologie) à l'Institut de psychologie Henri Piéron, 28 rue Serpente. La dernière partie de sa vie fut assombrie par une souffrance psychique, qui le contraignit à prendre une retraite anticipée. Il mourut à Palaiseau le 7 février 1989.

Ses principaux ouvrages ont pour nom « L'individu et sa genèse physico-biologique » (1964), « L'individuation psychique et collective » (1989) constituant les 2 parties de sa thèse principale de doctorat (1958) et surtout « Du mode d'existence des objets techniques » (1958) la thèse secondaire.

(sources : Bernard Stiegler)

 

 

 

 

Table des matières

 

 

 

 

 

Citations

 

Début de l'Introduction (p. 9) :


" Il existe deux voies selon lesquelles la réalité de l'être comme individu peut être abordée: une voie substantialiste, considérant l'être comme consistant en son unité, donné à lui-même, fondé sur lui-même, inengendré, résistant à ce qui n'est pas lui-même; une voie hylémorphique, considérant l'individu comme engendré par la rencontre d'une forme et d'une matière. Le monisme centré sur 'lui-même de la pensée substantialiste s'oppose à la bipolarité du schème hylémorphique. Mais il y a quelque chose de commun en ces deux manières d'aborder la réalité de l'individu : toutes deux supposent qu'il existe un principe d'individuation antérieur à l'individuation elle-même, susceptible de l'expliquer, de la produire, de la conduire. A partir de l'individu constitué et donné, on s'efforce de remonter aux conditions de son existence. Cette manière de poser le problème de l'individuation à partir de la constatation de l'existence d'individus recèle une présupposition qui doit être élucidée, parce qu'elle entraîne un aspect important des solutions que l'on propose et se glisse dans la recherche du principe d'individuation: c'est l'individu en tant qu'individu constitué qui est la réalité intéressante, la réalité à expliquer. "
 

 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Etudes

 

> article : Temps et individuation technique, psychique, et collective dans l'oeuvre de Simondon. (Source : Parisux.com)

par  Bernard Stiegler

"L'œuvre de Gilbert Simondon (1924-1989)  est encore largement sous-estimée. Bien que Gilles Deleuze cite L'individu et sa genèse physico-biologique où sont exposés les principaux philosophèmes simondoniens, la majorité des lecteurs ne connaît que Du mode d'existence des objets techniques. Dès lors, on retient de Simondon sa génétique des objets techniques, sans apercevoir la portée extrême des critiques qu'il formule à l'encontre des catégories philosophiques les mieux enracinées (forme, matière, substance, individu, être et devenir) : le lecteur des analyses de la génétique technique ignore le plus souvent le rôle qu'y jouent et cette critique, et la production de nouveaux concepts qui en résulte (transduction, phases de l'être, processus d'individuation - le processus de concrétisation n'est qu'un cas particulier d'individuation dans une relation transductioe).

Je voudrais ici d'une part rappeler comment les philosophèmes exposés dans L'individu et sa genèse physico-biologique [1] sont mis en oeuvre dans Du mode d'existence des objets techniques [2], et d'autre part proposer l'embryon d'une lecture critiqueQue j'ai précisée dans un ouvrage à paraître aux éditions Galilée, La technique et le temps (tome 2).]] de L'individuation psychique et collective [3], où Simondon avance une conception du social à la fois très originale et convaincante, par l'usage du concept de transduction, mais décevante, dans la mesure où l'objet technique, magistralement analysé par ailleurs, ne semble jouer aucun rôle constitutif dans le processus d'individuation collective, ni, même y trouver sa place." > lire la suite

> article : Sept résonances de Simondon par Yves Citton

Résumé : "Pourquoi lire Simondon aujourd’hui ? Sept axes de pertinence sont esquissés, sept problématiques dont Simondon nous invite à lancer et à explorer le chantier, sept décalages par rapport à la façon dont les discours politiques dominants abordent des questions comme l’individu, le corps social, le contrat, l’identité, les affects, l’hétérogène."

> ouvrage : Penser l'individuation. Simondon et la philosophie de la nature, par Jean-Hugues Barthélémy, L'Harmattan, Paris, 1/03/2005

Résumé : "Le grand œuvre philosophique de Gilbert Simondon (1924-1989) est formé d’une part de "L’individu et sa genèse physico-biologique" et "L’individuation psychique et collective", qui constituent à eux deux sa Thèse principale, et d’autre part du déjà classique "Du mode d’existence des objets techniques", qui est sa Thèse complémentaire. Or l’ontologie génétique de la Thèse principale, qui fut pensée et écrite avant l’avènement de la biologie moléculaire mais après les premiers grands ouvrages non seulement de Bachelard mais aussi de Merleau-Ponty, n’est plus une « métaphysique pré-critique » comme pouvait encore l’être, à certains égards, la cosmogenèse encore vitaliste de Bergson. C’est pourquoi cette ontologie génétique est sans doute la seule vraiment capable de justifier l’étrange retour actuel aux interrogations de philosophie de la nature ou à celles, épistémologiques, sur le statut de l’analogie. D’autre part la puissance de la pensée simondonienne de la technique, thème devenu aujourd’hui philosophiquement central, achève de nous convaincre de l’actualité extrême du philosophe français.
"Penser l’individuation" se propose donc de couvrir l’ensemble de l’œuvre de Simondon, en consacrant le présent premier volet au thème de la Nature, et en réservant à son second volet ceux de la Connaissance et de la Technique. Il apparaîtra à chaque fois que le combat principiel de Simondon contre l’hylémorphisme a chez lui valeur de subversion des alternatives classiques en général, et d’abord de l’opposition du sujet et de l’objet qui fait leur sol si la connaissance de l’individuation, elle, est aussi individuation de la connaissance. "
 

 

 

 

 

     www.philosophie-en-france.net/Edition