Alain Médam, L'état des lieux par ciel variable

Regards sur soi et sur le monde

JUIN 2007

 

 

 

 

 

 
 
Liber / "petite collection Liber"
 
2007
 
213 p. / 25.95 €


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 


Ce livre s’ouvre sur le cycle des saisons, sur le murmure de la vie modeste et tranquille, et se ferme sur le parcours d’un homme qui, d’un départ à l’autre, d’une rupture à l’autre, ne cesse pourtant de revenir à soi et à sa continuité. Entre les deux, Alain Médam médite sur les fracas du monde, guerres ou cataclysmes, sur les promesses de la création, sur le temps qui passe, sur l’incontournable recherche de sens. Soutenu par un texte clair, sensible, généreux, il dresse ainsi l’état des lieux, sorte de bilan qui, à travers une voix toute personnelle et éminemment actuelle, fait le portrait de l’humaine condition, celle tout en tension où la grandeur et le courage le disputent aux paradoxes et aux insuffisances.

 


 

 

 

L'auteur

 

Alain Médam est peintre, sociologue, essayiste. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de sociologie urbaine Montréal interdite ; New York terminal ; Arcanes de Naples ; Jérusalem, la cité des noms) ainsi que de divers essais sur la création (Le tourment des formes ; La tentation de l'oeuvre ; Ce que la musique donne à entendre).

 


 

 

 

Table des matières

 

 

        

 

 

 

 

 

Citations

 


Les jours s'en vont

Quand nous mourons, nous sommes immédiatement morts depuis toujours», ces mots de Torgny Lindgren me font penser que nous n'avons pas de mots, finalement, pour parler de la mort. Quelque chose cherche à se dire, ici, qui ne dispose pas de terme pour exprimer ce dire. Nous nous découvrons dans le non-être des mots dans l'instant, précisément, où ce qui se questionne, en nous, est le non-être de l'existence.
C'est que notre langage sert à désigner la vie ; à la nommer ; la penser. Le langage a surgi afin que puisse être dite l'existence. Et ne suffit-il pas que la mort s'en mêle, qu'elle exige à son tour d'être nommée, pensée, pour que notre langue se découvre arrêtée dans sa course ? Sans doute est-ce pourquoi, dès que nous voulons parler de la mort, nous ne pouvons que désigner - par l'effet de cette néantisation des expressions possible - le néant. Nous voulons en parler, mais c'est pour dire qu'il faut nous taire. Et nous disons encore cela, qu'il faut nous taire !

De temps à autre, je sens monter en moi, soudain, des bouffées de mortalité. Je suis assis, écoutant de la musique, et voici que ce qui en moi est vulnérable se met à envahir l'espace de cette force que je vis comme ma vie. Pas d'angoisse, non. Un rappel, plutôt. «Tu passeras, comme les autres, par où ils sont passés. Rien de plus. Rien de moins.» Je ne bouge pas d'un pouce. J'attends que ça passe ; que cet instant prenne fin. Si je bougeais, j'ai l'impression que tout irait trop vite. En cette immobilité suspendue, d'ailleurs, ne suis-je pas en train de connaître une certaine volupté ?
Mais je me secoue. Cette torpeur est mortelle, par elle-même. Ne me suis-je pas dit, tant de fois, que pour ne pas vieillir, il faut bouger ? Se tenir, à tout instant, au plus loin de soi-même ; au bout de ses capacités. Marcher vite. Tendre son corps. Ne jamais cesser de réfléchir. Ne compter que sur soi. Refuser le repos. Affronter le froid. Prendre des risques - stupides, peut-être, mais prendre des risques. Refuser les trop-pleins. Alléger. Dégager. Se dégager, soi-même, de soi. Si tu fais ceci, me dis-je, tu laisseras en rade ton vieillissement. Tu dois aller plus vite que ton âge. Courir plus vite que lui. Qu'il ne rattrape pas (bien que tu le saches, il te rattrapera). 3
 

 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Etudes

 

 

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Discussions, tables rondes et conférences
Une soirée avec Alain Médam
Peintre, sociologue, essayiste.

À l'occasion de la parution de son livre L'ÉTAT DES LIEUX PAR CIEL VARIABLE Regards sur soi et sur le monde.

En compagnie de Pierre Ouellet, professeur à l'UQAM et Pierre Nepvau, professeur à l'U de M.

30 mai 2007 / 19h00 /
 


 

 

 

 

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