Louis Godbout, Du golf

Parcours philosophique

MARS 2007

 

 

 

 

 
 
Liber
 
2007
 
153 p. / 22 euros


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

Qu'est-ce que le golf ? Un sport, un hobby, une névrose ? Tout cela, sans doute, mais aussi et surtout un des grands lieux où le philosophe peut se livrer à l'examen de l'humaine condition. Il y trouve en effet la question des rapports de la nature et de la civilisation, celle du conflit du corps et de la volonté, celle de la solitude fondamentale de chacun de nous. Il pourra encore y observer les attitudes de l'homme, être de fantasmes et de manies, devant l'adversité (fréquente) et devant la réussite (rare), et étudier à vif les passions qui s'emparent alors de son âme. Il aura donc compris que le joueur de golf n'est en somme qu'une figure exacerbée de l'individu normal. Fruit d'une longue expérience et d'une attentive observation, cet ouvrage brosse donc avec humour et finesse le portrait du golfeur, amplement illustré par mille anecdotes tirées des annales sportives aussi bien que de l'expérience commune.


 


 

 

 

L'auteur

 

Louis Godbout est professeur de philosophie dans un collège de Montréal II pratique le golf depuis sa tendre enfance.

 

 

 

 

Table des matières

 

        

 

 

 

 

 

Citations

 

La frappe


" On comprend qu'au premier abord le golf puisse avoir l'air d'un sport de vieux, voire ne pas avoir l'air d'un sport du tout. Le rythme y est si lent, l'action si rare que par comparaison la voile ressemble à un sport extrême et une partie de baseball, à une course de formule 1. Sur les quatre heures et demie que dure une partie, les muscles ne sont sollicités tout au plus que deux minutes (le temps d'une centaine d'élans, pour le golfeur moyen, en excluant la variable des élans d'exercice). Le reste n'est que concentration, contemplation, rumination. Je ne tiens pas compte ici de la marche, qui ne se rapporte au golf que de manière incidente. Elle est d'ailleurs souvent abandonnée au profit de la voiturette qui permet de jouer plus vite et plus longtemps. Il est vrai que certains prétendent jouer au golf simplement pour marcher ou prendre l'air, mais leur détachement cache le plus souvent de la dénégation (pourquoi se compliquer la vie à ce point ?). Quant à ceux pour qui le golf n'est vraiment qu'un prétexte, j'avoue que je ne les comprends pas. Ils font penser à ces fumeurs qui n'inhalent pas, aux buveurs de café décaféiné, ou encore à ces vacanciers qui vont à la mer pour se baigner dans la piscine du motel. Et puis il y a les puristes (dont font partie les officiels du circuit de la Professional Golfers' Association) qui défendent avec intransigeance le principe de la marche obli­gatoire, comme pour sauver la dignité de leur sport. Ce faisant, ils donnent implicitement raison au jugement profane selon lequel il n'y a pas de sport digne de ce nom sans effort soutenu, et se rendent ridicules par leur remède, comme s'il fallait un athlète pour marcher lentement pendant quatre heures en s'arrêtant trente secondes toutes les deux minutes. À cela il faut répondre qu'à l'aune des aptitudes physiques et techniques requises pour jouer convenablement, le golf s'élève au-dessus de plusieurs sports qui n'ont aucun problème de légitimité. Et la marche n'augmente que de quel­ques poussières ce qui constitue déjà un défi colossal. Du point de vue de la difficulté, je ne vois que le saut à la perche pour rivaliser, et encore..."


 

 

 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Etudes

 

Le devoir

Édition du samedi 07 et du dimanche 08 avril 2007

 

Godbout, pour réfuter les accusations de «pépérisme» et de lenteur, insiste aussi sur l'extrême difficulté du golf («je ne vois que le saut à la perche pour rivaliser») et de ce qui en constitue le coeur, c'est-à-dire la frappe. Tout se joue là: «Pour [le golfeur], la balle n'est rien de moins que du destin en concentré. Il la frappera comme il aborde la vie en général, pour l'occasion condensée là, à ses pieds, en un point blanc.» Aussi, faire une typologie des frappes permet d'établir une typologie des caractères. > lire la suite


 

 

 

 

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