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Louis Godbout, Du golf Parcours philosophique |
MARS 2007

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Présentation par l'Editeur |
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L'auteur |
Louis Godbout est professeur de philosophie dans un collège de Montréal II pratique le golf depuis sa tendre enfance.
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Table des matières |

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Citations |
La frappe
" On comprend qu'au premier abord le golf puisse avoir l'air d'un sport de
vieux, voire ne pas avoir l'air d'un sport du tout. Le rythme y est si lent,
l'action si rare que par comparaison la voile ressemble à un sport extrême et
une partie de baseball, à une course de formule 1. Sur les quatre heures et
demie que dure une partie, les muscles ne sont sollicités tout au plus que deux
minutes (le temps d'une centaine d'élans, pour le golfeur moyen, en excluant la
variable des élans d'exercice). Le reste n'est que concentration, contemplation,
rumination. Je ne tiens pas compte ici de la marche, qui ne se rapporte au golf
que de manière incidente. Elle est d'ailleurs souvent abandonnée au profit de la
voiturette qui permet de jouer plus vite et plus longtemps. Il est vrai que
certains prétendent jouer au golf simplement pour marcher ou prendre l'air, mais
leur détachement cache le plus souvent de la dénégation (pourquoi se compliquer
la vie à ce point ?). Quant à ceux pour qui le golf n'est vraiment qu'un
prétexte, j'avoue que je ne les comprends pas. Ils font penser à ces fumeurs qui
n'inhalent pas, aux buveurs de café décaféiné, ou encore à ces vacanciers qui
vont à la mer pour se baigner dans la piscine du motel. Et puis il y a les
puristes (dont font partie les officiels du circuit de la Professional Golfers'
Association) qui défendent avec intransigeance le principe de la marche
obligatoire, comme pour sauver la dignité de leur sport. Ce faisant, ils
donnent implicitement raison au jugement profane selon lequel il n'y a pas de
sport digne de ce nom sans effort soutenu, et se rendent ridicules par leur
remède, comme s'il fallait un athlète pour marcher lentement pendant quatre
heures en s'arrêtant trente secondes toutes les deux minutes. À cela il faut
répondre qu'à l'aune des aptitudes physiques et techniques requises pour jouer
convenablement, le golf s'élève au-dessus de plusieurs sports qui n'ont aucun
problème de légitimité. Et la marche n'augmente que de quelques poussières ce
qui constitue déjà un défi colossal. Du point de vue de la difficulté, je ne
vois que le saut à la perche pour rivaliser, et encore..."
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Dossier de presse / Critiques / Etudes |
Le devoir
Édition du samedi 07 et du dimanche 08 avril 2007
Godbout, pour réfuter les accusations de «pépérisme» et de lenteur, insiste aussi sur l'extrême difficulté du golf («je ne vois que le saut à la perche pour rivaliser») et de ce qui en constitue le coeur, c'est-à-dire la frappe. Tout se joue là: «Pour [le golfeur], la balle n'est rien de moins que du destin en concentré. Il la frappera comme il aborde la vie en général, pour l'occasion condensée là, à ses pieds, en un point blanc.» Aussi, faire une typologie des frappes permet d'établir une typologie des caractères. > lire la suite