Raphaël Gély, Rôles, action sociale et vie subjective

Recherches à partir de la phénoménologie de Michel Henry

2007

 

 

 

 

 
 
Groupe éditorial Peter Lang / "Philosophie et Politique"
 
2007
 
205 pages - 27,90 €


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

Comment penser le rapport des rôles à l'affectivité originaire de la vie ? Quelle place les rôles occupent-ils dans la vie subjective des individus et quelle fonction remplissent-ils dans l'accroissement de leur désir de vivre et d'engagement ? Comment ces rôles s'articulent-ils au processus de construction d'un monde commun ? Car si l'expérience des rôles peut générer de la souffrance sociale, n'est-elle pas en même temps nécessaire à la montée en puissance d'une véritable créativité individuelle et collective ?
À partir d'une reprise des thèses les plus fondamentales de la phénoménologie de Michel Henry, cet ouvrage a pour objectif de montrer de quelle façon une certaine expérience des rôles est nécessaire à l'intensification de l'épreuve que les individus font de la singularité radicale de la vie, de sa partageabilité et de sa créativité.
En ouvrant un champ de recherche inédit consacré au rapport entre les rôles et l'épreuve que les individus font de leur appartenance à la dynamique d'une vie tout aussi originairement commune que singulière, l'auteur démontre ainsi que si un certain usage des rôles participe à une aliénation de la vie, un autre usage est requis pour libérer les forces de vie des individus.
Avec ce projet d'une phénoménologie radicale de la vie sociale, c'est du rapport entre les rôles et la créativité de la vie dont il est essentiellement question.

 

 
 

 

 

 

L'auteur

 

Raphaël Gély est chercheur qualifié au Fonds national de la recherche scientifique et professeur de philosophie à l'Université catholique de Louvain. Ses travaux sont consacrés à des questions de phénoménologie et de philosophie sociale. Il est engagé, avec des psychologues sociaux et des sociologues, dans des recherches interdisciplinaires consacrées à la question du rapport entre identités, normes et changement social.

 

 

 

Table des matières

 

 

Contenu : L'intentionnalité de l'action et l'affectivité de l'agir - La singularité de l'action - Déterminisme social et vie subjective - Socialité et individualité - Solidarité et affectivité - Action et besoin - Anonymat, individualité et interchangabilité - Rôle et conscience - La question des rôles chez Hegel et Marx - Idéalité et habitualité - Rôle, acteur et personnage - Agir commun et jeu social - Rôle et créativité sociale - Domination, aliénation et émancipation - Théorie de l'action collective - Critique sociale et philosophie de la vie.

 

 

 

 

Citations

 


Début de l'Introduction (p. 9)

" D’une façon ou d’une autre, nous ne cessons tout au long de notre existence de prendre en charge des rôles. L’importance personnelle et sociale de ces rôles ainsi que la façon de les effectuer est fonction de tout un ensemble de variables individuelles, sociales et historiques. En ce sens, l’expérience des rôles peut être tout autant l’objet de recherches liées à la psychanalyse, à la psychologie sociale, à la sociologie, à l’anthropologie sociale et culturelle, à la théorie des organisations ou encore à la philosophie sociale et politique. Il s’agit, dans chacune de ces disciplines, d’explorer différentes dimensions de l’expérience des rôles, certains aspects de cette expérience renvoyant davantage à des préoccupations relatives à l’épreuve que l’individu y fait de lui-même, d’autres renvoyant davantage à des préoccupations relatives au processus de construction et de régulation de l’espace social. Même si ces différentes dimensions peuvent être étudiées de façon relativement autonome, il importe, dans le cadre des recherches phénoménologiques que nous allons ici développer, de noter que toute expérience des rôles implique simultanément une certaine épreuve par l’individu de sa vie singulière et la mise en oeuvre d’un certain processus social. Il y a un rapport de corrélation entre ces deux dimensions constitutives de l’expérience des rôles. Le rôle que je suis en train de prendre en charge met en jeu l’épreuve que je fais de ma propre vie. C’est bien moi qui suis pour le moment en train de l’effectuer et de m’y éprouver. Mais la prise en charge de ce rôle n’est pas seulement un événement de ma vie. Elle implique l’ensemble des individus concernés par son effectuation. Il y a ainsi une certaine façon de comprendre le rapport singulier de l’individu aux rôles qui n’est pas sans conséquences sur la compréhension que nous pouvons avoir de leur signification sociale. Il y a, en sens inverse, une certaine façon de comprendre la place des rôles dans la vie sociale qui ne peut manquer d’avoir des effets sur la compréhension que nous pouvons avoir de l’épreuve que chacun y fait singulièrement de lui6même. "


 

 

 

 

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