Raphaël Gély, Identités et monde commun

Psychologie sociale, philosophie, société

2006 - 2007 Deuxième tirage

 

 

 

 

 
 
Groupe éditorial Peter Lang / "Philosophie et Politique"
 
2007
 
204 pages - 23,90 €


 
 

 

Présentation par l'Editeur

 

Appuyé sur une série de recherches relevant pour une grande partie de la psychologie sociale, cet ouvrage a pour objectif fondamental de déterminer les conditions psychosociales d'un rapport aux identités susceptible de nourrir une confiance dans la possibilité de vivre ou de revivre dynamiquement ensemble dans un monde commun.
Contrairement à la thèse selon laquelle cette confiance est d'autant plus forte que nous parvenons à mettre entre parenthèses toutes ces appartenances particulières censées nous séparer les uns des autres, l'auteur démontre avec rigueur qu'un certain type d'usage de nos identités sociales est nécessaire pour que s'instaure une véritable démocratisation de la vie sociale-historique.
L'enjeu, ici, est d'établir que nos différentes appartenances, loin d'empêcher une solidarité générale entre individus, sont au contraire nécessaires à sa construction. Une société d'individus indifférenciés ne pourrait ainsi se construire que sur le modèle sécuritaire de l'ordre. Seule la constitution de nos appartenances en « identités intermédiaires » peut générer un engagement autour d'enjeux de solidarité.
En ouvrant un champ de recherche inédit entre psychologie sociale et philosophie sociale, ce livre entend ainsi proposer une réflexion originale sur la productivité démocratique d'une certaine forme de mobilisation de nos identités.

 

 
 

 

 

L'auteur

 

Raphaël Gély est chercheur qualifié au Fonds national de la recherche scientifique et professeur de philosophie à l'Université catholique de Louvain. Ses travaux sont consacrés à des questions de phénoménologie et de philosophie sociale. Il est engagé, avec des psychologues sociaux et des sociologues, dans des recherches interdisciplinaires consacrées à la question du rapport entre identités, normes et changement social.

 

 

 

Table des matières

 

 

 

 

 

 

 

Citations

 


Début de l'Introduction (p. 11)

" La question des identités est sans doute l’une des questions les plus débattues aujourd’hui dans le champ de la philosophie sociale et politique. Elle concerne de façon fondamentale la croyance que nous pouvons avoir dans la possibilité de vivre ensemble dans un monde commun. L’hypothèse qui est au départ de cet ouvrage consiste à dire que la mobilisation de nos différentes identités est susceptible de prendre toute une série de significations très différentes en fonction du contexte au sein duquel elle a lieu. Il suffit pour entrer dans cette interrogation de prendre conscience de la diversité de significations que peut revêtir cet acte par lequel telle jeune fille décide de se faire valoir comme musulmane en portant le foulard islamique. Cet acte peut être tantôt vécu comme le signe de son enfermement dans une appartenance qu’elle ne réfléchit pas, tantôt comme l’acte par lequel elle prend l’initiative de s’exposer elle-même devant d’autres, de prendre part à un débat. Il peut encore être l’expression d’un compromis avec son milieu d’origine : elle se marque socialement comme musulmane mais obtient en échange la possibilité de s’engager dans les études qu’elle désire. On pourrait multiplier les exemples qui montrent de quelle façon un même acte d’identification sociale peut être porteur d’une diversité de significations parfois tout à fait opposées les unes aux autres. Nous dirons ici que l’identité mobilisée prend une autre signification en fonction de l’individu lui-même, du contexte interpersonnel, des relations entre groupes et des déterminations pratiques et représentationnelles qui structurent le champ social. Si l’on reformulait cette problématique en termes de lutte pour la reconnaissance, nous pourrions encore dire qu’il ne s’agit pas seulement de reconnaître l’autre et l’appartenance qu’il mobilise, mais de reconnaître la signification que cette mobilisation est susceptible de prendre pour lui. Mais il faut en même temps prendre garde à ne pas entrer dans une approche qui ferait de l’individu le seul détenteur de la signification de son geste identitaire. Même si la jeune fille musulmane vit le port de son foulard islamique comme un acte de libre positionnement de soi, elle n’est toutefois pas propriétaire de ce qu’elle est en train de faire. Il y a un effet de retour du contexte sur la signification même de son acte. De la même façon, telle mesure de discrimination positive, même si elle est produite dans l’intention de protéger des individus et non un groupe, peut être vécue par les concernés comme une mesure qui met à mal l’estime personnelle qu’ils peuvent avoir d’eux-mêmes. "

 

 

 

Dossier de presse / Critiques / Etudes

 

« Je souligne tout d'abord l'originalité et l'ambition de l'entreprise, qui consiste, en tant que philosophe, à mener une réflexion approfondie sur l'identité sociale en s'appropriant - au service de la défense d'une thèse originale - des approches théoriques différentes émanant de différentes disciplines : la sociologie, la philosophie et la psychologie sociale. La nature transdisciplinaire de l'ouvrage est ainsi une de ses principales qualités, car il permet de mettre en rapport des champs d'étude que évoluent trop souvent de manière indépendante, tant les frontières disciplinaires sont peu perméables. A ma conaissance, aucune recherche philosophique n'avait mené la réflexion aussi loin à partir des connaissances psychosociologiques sur l'identité sociale et les représentations sociales et je ne peux que me réjouir du fait qu'elles seront, grâce a ce livre, portées à la connaissance d'autres publics. L'auteur tient ici le rôle d'un passeur. Son ouvrage s'adresse autant aux philosophes politiques qu'aux sociologues et psychologues sociaux, et il ne fait pas de doute que sa lecture contribuera à enrichir chacune de ces disciplines. » (Laurent Licata, Psychologie-Sociale.org)


 

 

 

 

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