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André Jacob, De la morale à l'éthico-politique En quête d'une philosophie pratique |
JUIN 2007
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Présentation par l'Editeur |
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L'auteur |
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Table des matières |
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Citations |
Début de l'Avant-propos (p. 7)
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Les textes rassemblés dans ce volume datent d'une période nettement plus récente (1976-2005) que celle du précédent (1948-1968). Après le témoignage d'un projet de 1964-65, c'est le moment où une vingtaine d'années, surtout consacrées au champ du langage et ayant abouti à l'Introduction à la philosophie du langage (1976), allaient céder la place à un retour résolu à l'éthique. A part une refonte, avec quelques ajouts en 1990 dans Anthropologie du langage, de Cours, articles et conférences en rapport avec la théorisation linguistique, datant des années 50 jusqu'en 1983, ce retour à la philosophie pratique prolongeait certes un enseignement d'éthique amorcé dès 1966 à l'Université de Paris X. Mais ayant continué à prendre depuis trente ans une forme orale, plutôt qu'écrite, il a paru opportun de transcrire une partie de ces paroles d'un jour. Et le passage de la morale à l'éthico-politique, pris ici comme intitulé, aura bien, également, été le fil conducteur de la majeure partie des cours nanterrois entre 1966 et 1990. Ici, ce sont conférences, communications et projets - s'apparentant souvent à des «dossiers» - qui ont été reproduits, malgré leur fréquente brièveté (pourtant congruente avec notre civilisation endiablée). Le responsable éditorial lui-même aura favorisé cette accumulation de « germes », à partir desquels chacun pourra donner libre cours à sa pensée. Dans une conjoncture où les gros ouvrages passent malaisément, peut-être pouvait-on, au risque de favoriser la redondance, multiplier les expressions d'une recherche raisonnée. On regrettera seulement qu'à distance de pratiques anglo-saxonnes d'échanges et débats entre chercheurs ou entre auteur et lecteurs les réactions dans notre contexte francophone ne viennent pas encourager le tour aventureux de cet ensemble de « données ». Sur la question de fond: pourquoi et comment passer de la morale à l'éthico-politique, on pourrait partir de certaines conclusions des Mémoires d'Outre-tombe de Chateaubriand, fin 1841, faisant retour sur l'évolution inquiétante selon lui - du monde au cours de sa longue vie. Son appréhension de développements de l'intelligence de moins en moins encadrés par la morale - et la religion - assombrissait sa vision de l'avenir. Seules les compensations de la vie céleste semblaient apaiser son constat d'inégalités criantes entre les hommes - que des révolutions ou réformes démocratiques auraient peut-être pu atténuer. Or c'est cette dualité de l'éternel et du temporel, du ciel et de la terre, que l'on retrouve dans une morale où le Bien (depuis le theos platonicien) ou la justice - comme on le disait au XIXème siècle - «n'est pas de ce monde ». Là où une visée éthique, qui ne peut que s'accomplir éthico-politiquement, part d'un êtredans-le-monde où ce dernier peut et doit être transformé. Par delà toutes les résignations aux pouvoirs et à la guerre qui les soutiennent, la visée de justice, spécification d'une Raison pratique, toujours à renouveler et vérifier, est sans doute la dimension libératrice et fondatrice de l'humain. |
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