Les programmes de
philosophie
depuis 1865
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Programme de philosophie
pour le baccalauréat ès lettres. 1865
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Objet de la philosophie : ses rapports avec les autres sciences, sa division.
Psychologie
Des faits psychologiques de la conscience.
Des facultés de l'âme : sensibilité, facultés intellectuelles, activité.
Sensibilité : des sens, des sensations, des sentiments.
Facultés intellectuelles : perception, conscience, mémoire, imagination, jugement, raison.
Des idées en général, de leur origine, de leurs caractères. Notions et vérités premières.
De l'activité et de ses divers caractères. Activité volontaire et libre. Démonstration de la liberté.
De la personnalité, de la spiritualité de l'âme. Distinction de l'âme et du corps et leurs rapports.Logique
De la vérité et de l'erreur. De l'évidence, de la certitude, de la probabilité.
Des signes du langage dans leurs rapports avec la pensée.
De la méthode : analyse et synthèse.
Analogie, induction et déduction. Raisonnement, syllogisme.
De la définition, de la division et des classifications.
Méthode dans les différents ordres de sciences.
Autorité du témoignage des hommes.
Des erreurs et des sophismes.Morale
Divers motifs de nos actions.
Conscience morale. Distinction du bien et du mal. Du devoir et de la vertu.
Mérite et démérite. Peines et récompenses. Sanction de la morale.
Division des devoirs. Devoirs de l'homme envers lui-même, envers ses semblables, la famille, l'Etat.Théodicée
Existence de Dieu. Preuves de l'existence de Dieu.
Principaux attributs de Dieu. De la Providence. Réfutations et objections tirées du mal physique et du mal moral.
Destinée de l'homme. Preuves de l'immortalité de l'âme, morale religieuse ou devoirs envers Dieu.Notions d'histoire de la philosophie.
Auteurs classiques
Xénophon : Mémoire de Socrate ; Platon : Gorgias ; Cicéron : De republica, Tusculanes, De officiis, Logique de Port-Royal ; Sénèque : Lettres choisies ; Descartes : Discours de la méthode ; Pascal : De l'autorité en matière de philosophie, Réflexions sur la géométrie en général, De l'art de persuader ; Bossuet : Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même ; Fénelon : Traité de l'existence de Dieu.
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Nouveau plan d'étude des lycées,
classe de philosophie. 1874
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Objet de la philosophie : ses principales divisions, ses rapports avec les autres sciences.
Psychologie
Des faits psychologiques - de la conscience - distinction des faits physiologiques et des faits psychologiques.
Des facultés de l'âme - sensibilité, intelligence, volonté.
Sensibilité - sensations, sentiments, instincts, penchants, passions.
Intelligence - perception extérieure - perception intime - raison.
Des idées en général - classification des idées - de l'origine des idées - différentes théories proposées sur cette question.
Notions premières, axiomes et principes de la raison.
Opérations intellectuelles - la mémoire - l'association des idées - l'imagination.
L'attention, l'abstraction - la comparaison - la généralisation.
Le jugement - le raisonnement.
Les signes et le langage - des rapports du langage et de la pensée.
Volonté. Instinct. Habitude.
De la liberté morale ou libre arbitre. Démonstration de la liberté - des principaux systèmes qui nient la liberté.
Harmonie des facultés de l'âme - unité du principe de ces facultés - la personnalité humaine.
La spiritualité de l'âme. Distinction de l'âme et du corps ; leur union ; lois de cette union - des différents systèmes qui nient la distinction de l'âme et du corps.Logique
Du fondement de la certitude - du scepticisme - formes principales du scepticisme ancien et moderne.
Des différentes espèces de certitudes. L'évidence sensible, l'évidence rationnelle, l'évidence morale.
De la méthode en général - l'analyse et la synthèse.
Méthode déductive - définition - déduction - syllogisme - démonstration - abus du syllogisme, sophismes.
Méthode inductive - observation - expérimentation - induction - hypothèse - division - classification.
L'erreur - des causes logiques et morales de l'erreur. Application de la méthode :
1- aux sciences exactes ou mathématiques
2- aux sciences physiques et naturelles
3- aux sciences morales et politiques (philosophie, droit, économie politique etc.)
4- aux sciences historiques. le témoignage des hommes, critique des témoignages.Métaphysique et Théodicée
Notions principales de métaphysique générale.
Existence de Dieu - preuves de l'existence de Dieu.
Attributs de Dieu et Providence - réfutations et objections tirées du mal physique et du mal moral.Morale
Morale générale ou théorique - principe de la loi morale - réfutation des principes contraires ou incomplets.
La conscience morale - principaux phénomènes de la conscience - la distinction du bien et du mal - les divers motifs de nos actions.
Le devoir et le droit - la justice et la vertu - les sanctions de la loi morale.
Morale pratique et division des devoirs - devoirs de l'homme envers Dieu, envers lui-même, envers ses semblables, envers la famille, envers la société et l'Etat.
Destinée de l'homme - immortalité de l'âme.Histoire de la philosophie
Des systèmes en général - définitions des principaux systèmes philosophiques.
Notions sommaires sur la philosophie grecque avant Socrate : ioniens, atomistes, éléates, pythagoriciens, sophistes
Socrate - Platon - Aristote.
Notions sommaires sur les écoles après Socrate : pyrrhoniens, épicuriens, stoïciens.
Notions sommaires sur la philosophie à Rome et sur l'Ecole d'Alexandrie.
Notions sommaires sur la philosophie scolastique.
Notions sommaires sur la philosophie de la Renaissance.
La philosophie au dix-septième siècle - Bacon - Descartes et ses principaux disciples - Malebranche - Leibniz et Locke.
Notions sommaires sur la philosophie du dix-huitième siècle en France, en Angleterre et en Allemagne.Auteurs classiques
Xénophon : Mémoire de Socrate ; Platon : Phédon, République VII ; Épictète : Manuel ; Cicéron : De officiis, de finibus I et II, Logique de Port-Royal ; Sénèque : Lettres choisies ; Descartes : Discours de la méthode ; Pascal : De l'autorité en matière de philosophie, Entretien de pascal avec M. de Saci ; Bossuet : Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même IV et V ; Fénelon : Traité de l'existence de Dieu ; Leibniz : Essais de théodicée (extraits).Devoirs
Dissertation latine
Dissertation française.
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Programme de l'enseignement secondaire classique
dans les lycées et les collèges,
classe de philosophie. 1880
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Programme de philosophie et d'économie politique
Introduction
La science - classification des sciences - qu'appelle-t-on philosophie des sciences, de l'histoire, etc. ? Objet propre de la philosophie ; ses divisions.Psychologie
Objet de la psychologie : caractère propre des faits qu'elle étudie - les degrés et les limites de la conscience.
Distinctions et relation des faits psychologiques et des faits physiologiques.
Sources d'information de la psychologie : conscience, langue, histoire etc. - utilité de la psychologie comparée - de l'expérimentation en psychologie - classification des faits psychologiques.
La sensibilité - émotions (plaisirs et douleurs) - sensations et sentiments - inclinations et passions.
L'intelligence - acquisition, conservation, élaboration de la connaissance.
Acquisition : données de la conscience et des sens.
Conservation et combinaison : mémoire,; association des idées, imagination.
Élaboration : formation des idées abstraites et générales ; jugement, raisonnement.
Les principes directeurs de la connaissances : données de la raison ; peut-on les expliquer par l'expérience, l'association des idées, ou par l'hérédité ?
Les résultats de l'activité intellectuelle : l'idée du moi, l'idée du monde extérieur, l'idée de Dieu.
Notions d'esthétique : le beau - l'art - des principes et des conditions des beaux-arts - l'expression, l'imitation, la fiction et l'idéal.
La volonté - analyse de l'acte volontaire : la liberté.
Des modes divers de l'activité psychologique : instinct, activité volontaire, habitude.
Des manifestations de la vie psychologique : les signes et le langage.
Rapports du physique et du moral - le sommeil, le rêve, le somnambulisme, l'hallucination, la folie.
Éléments de psychologie comparée.Logique
Définition et division de la logique.
Logique formelle - idées et termes - jugements et propositions - définition - déduction et syllogisme.
Logique appliquée - des méthodes : analyse et synthèse.
Logique inductive - méthodes des sciences de la nature : observation, hypothèse, expérimentation, classification, induction, analogie - définitions empiriques.
Application de ces méthodes aux sciences psychologiques - aux sciences historiques - sources de l'histoire : critique du témoignage.
Logique déductive - méthode des sciences abstraites : définitions rationnelles, axiomes, déduction, démonstration - usage de la déduction dans les sciences expérimentales.
Part de la déduction et de l'expérience dans la morale, le droit et la politique.
Nature, causes et remèdes de l'erreur.Morale
Morale spéculative - la conscience, le bien, la liberté, le devoir.
Diverses conceptions du souverain bien : doctrines utilitaires et sentimentales.
Doctrine de l'obligation.
Le devoir et le droit - valeur absolue de la personne.
La vertu - la responsabilité et la sanction.
Morale pratique - la morale personnelle : tempérament, sagesse, courage, dignité humaine et relation avec les êtres inférieurs.
La morale domestique : la famille.
La morale sociale : la justice ou respect du droit les droits - la charité.
Éléments de la société : notion d'Etat.
Distinction du droit naturel, du droit civil, du droit politique - vote - obéissance à la loi - service militaire - dévouement à la patrie.
La morale religieuse - devoirs envers Dieu.Notions d'économie politique
Production de la richesse - les agents de la production : la matière, le travail, l'épargne, le capital, la propriété.
Circulation et distribution des richesses - l'échange, la monnaie, le crédit, le salaire et l'intérêt.
Consommation de la richesse : consommations productives et improductives - la question du luxe - dépenses de l'Etat - l'impôt, le budget, l'emprunt.Métaphysique et théodicée
Le problème de la certitude - le scepticisme - l'idéalisme
Diverses conceptions sur la matière et la vie.
L'esprit - matérialisme et spiritualisme.
Dieu : son existence et ses attributs - le problème du mal - optimisme et pessimisme.
Immortalité de l'âme.
Conclusion du cours - rôle de la philosophie - son importance au point de vue intellectuel, moral et social.Histoire de la philosophie
Programme identique à 1874. Ont été ajoutés : les académiciens, Spinoza, le XIXème siècle. Une note accompagne cette partie du programme : l'"ordre adopté dans ce programme ne doit pas enchaîner la liberté du professeur, pourvue que les questions indiquées soient toutes traitées".Auteurs philosophiques français
Descartes : Discours ; Première méditation.
Leibniz : Monadologie.Auteurs latins et grecs
Cicéron : De legibus I.
Sénèque : De vita beata.
Platon : République VIII.
Aristote : Morale à Nicomaque VIII.
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Programme d'enseignement de la philosophie. 1902
---------------------------------------------------Une note préalable précise que "l'ordre adopté dans le programme n'enchaîne pas la liberté du professeur ; il suffit que les questions indiquées soient toutes traitées".
Introduction
Objet et divisions de la philosophie.Psychologie
Caractères propres des faits psychologiques. La conscience.
La vie intellectuelle
Les données de la connaissance. Sensations. Images. Mémoire et association.
L'attention et la réflexion. La formation des idées abstraites et générales. Le jugement et le raisonnement.
L'activité créatrice de l'esprit.
Les signes, rapports du langage et de la pensée. Les principes rationnels, leur développement et leur rôle.
Formation de l'idée de corps et perception du monde extérieur.
La vie affective et active
Le plaisir et la douleur. Les émotions et les passions. La sympathie et l'imitation.
Les inclinations. Les instincts. L'habitude.
La volonté et le caractère. La liberté.
Conclusion
Le physique et le moral. L'automatisme psychologique. La personnalité : l'idée du moi.Notions sommaires d'esthétique
Notions sommaires sur le beau et l'art.Logique
Logique formelle. Les termes. La proposition. Les diverses formes du raisonnement.
La science. Classification et hiérarchie des sciences.
Méthode des sciences mathématiques. Définitions. Axiomes et postulats. Démonstration.
Méthode des sciences de la nature. L'expérience : les méthodes d'observation et d'expérimentation. L'hypothèse ; les théories. Rôle de l'induction et de la déduction dans les sciences de la nature. La classification.
Méthode des sciences morales et sociales. Les procédés de la psychologie. Rapports de l'histoire et des sciences sociales.Morale
Objet, caractère de la morale.
Les données de la conscience morale : obligation et sanctions.
Les mobiles de la conduite et les fins de la vie humaine : le plaisir, le sentiment et la raison. L'intérêt personnel et l'intérêt général. Le devoir et le bonheur. La perfection individuelle et le progrès de l'humanité.
Morale personnelle. Le sentiment de la responsabilité. La vertu et le vice. La dignité personnelle et l'autonomie morale.
Morale domestique. La constitution morale et le rôle social de la famille. L'autorité dans la famille.
Morale sociale. Le droit. Justice et charité. La solidarité.
Les droits. Respect de la vie et de la liberté individuelle. La propriété et le travail. La liberté de penser.
Morale civique et politique. La nation et la loi. La patrie. L'Etat et ses fonctions. La démocratie : l'égalité civique et politique.
N.B. — Le professeur insistera, tant à propos de la morale personnelle que de la morale sociale, sur les dangers de l'alcoolisme et sur ses effets physiques, moraux et sociaux : dégradation morale, affaiblissement de la race, misère, suicide, criminalité.Métaphysique
Valeur et limites de la connaissance.
Les problèmes de la philosophie première : la matière, l'âme et Dieu.
Rapports de la métaphysique avec la science et la morale.
AUTEURS PHILOSOPHIQUES
Le professeur choisira dans la liste suivante quatre textes qui seront commentés en classe et serviront de base à l'exposition des systèmes de philosophie auxquels ils se rattachent. Xénophon : un livre des Mémorables.
Platon : Phédon, Gorgias, un livre de la République.
Aristote : un livre de la Morale à Nicomaque, un livre de la Politique.
Epictète : Manuel.
Marc-Aurèle.
Lucrèce : De natura rerum (livre II ou livre V).
Sénèque : extraits des Lettres à Lucilius et des Traités de morale.
Bacon : De la dignité et de l'accroissement des sciences.
Descartes : Discours de la méthode ; Méditations ; Principes (livre 1).
Pascal : Pensées et opuscules.
Malebranche : De la recherche de la vérité (livre l ou livre II) ; Entretiens sur la métaphysique.
Spinoza : Éthique (un livre).
Leibniz : Nouveaux Essais (avant-propos et livre I) ; Théodicée (extraits) ; Monadologie ; Discours de métaphysique.
Hume : Traité de la nature humaine (un livre).
Condillac : Traité des sensations (livre I).
Montesquieu : Esprit des lois (livre I).
J.-J. Rousseau : Contrat social (un livre).
Kant : Fondements de la métaphysique des moeurs ; Prolégomènes.
Jouffroy : extraits.
A Comte : Cours de philosophie positive (1re et 2e leçon) ; Discours sur l'esprit positif.
Cl. Bernard : Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1re partie).
Stuart Mill : Logique (livre VI); l'Utilitarisme ; la Liberté.
Spencer : Les Premiers Principes (1re partie) ; Introduction à la science sociale.
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Programme d'enseignement de la philosophie. 1923
---------------------------------------------------Une note préalable précise que "l'ordre adopté dans le programme n'enchaîne pas la liberté du professeur ; il suffit que les questions indiquées soient toutes traitées".
Introduction
Caractère général de la philosophie.Psychologie
Objet de la psychologie. Caractères propres des faits psychologiques ; leurs relations avec les faits physiologiques. Le point de vue introspectif et le point de vue objectif.
Sensations et images. La perception. L'étendue. L'idée d'objet.
L'association des idées. La mémoire. L'imagination.
L'attention.
L'abstraction et la généralisation. Rôle des signes. Rapports du langage et de la pensée.
Le jugement et le raisonnement.
Sensibilité et activité. Les tendances et les mouvements.
Les plaisirs et les douleurs d'ordre physique et d'ordre moral. Les émotions et les passions.
L'instinct. L'habitude. La volonté.
La volonté et le caractère. La liberté.
Conscience, inconscience, personnalité.
Problèmes métaphysiques posés par la psychologie : la raison, la liberté.Logique
Les procédé généraux de la pensée : intuition et connaissance immédiate, raisonnement et connaissance discursive. Déduction et induction. Analyse et synthèse.
La science et l'esprit scientifique.
Les mathématiques : objet et méthode. Leur rôle actuel dans l'ensemble des sciences.
Les sciences expérimentales : l'établissement des faits ; la découverte et la vérification des lois ; les principes, les théories.
Quelques exemples de grandes théories de la physique, de la chimie ou de la biologie modernes.
Les sciences morales : le rôle de l'histoire et de la sociologie.Morale
Le problème moral. La morale et la science.
La conscience morale : sa nature et sa valeur.
Le devoir et le droit. La responsabilité.
La justice et la charité.
Les grandes conceptions de la vie morale. ... Il s'agit uniquement de caractériser les grandes tendances morales, l'histoire n'interviendra que pour fournir des exemples.
La morale et la vie personnelle. La vie du corps et de l'esprit. La dignité individuelle. Rapports de la moralité individuelle et de la vie sociale.
La morale et la vie domestique. La famille. La morale et la crise de la natalité.
La morale et la vie économique. La division du travail. La solidarité. La profession. La question sociale.
La morale et la vie politique. Liberté et égalité. L'Etat. La loi. Droits et devoirs civiques.
La patrie. La morale et les relations internationales.
L'humanité. Devoirs envers l'homme sans considération de race. Devoirs des nations colonisatrices.Philosophie générale : les grands problèmes métaphysiques
Les théories de la connaissance. Les principes de la raison.
La valeur de la science et l'idée de vérité.
L'espace et le temps. La matière. La vie.
L'esprit. La liberté.
Dieu.PROGRAMME À OPTION
REMARQUE 1. — Le professeur devra choisir trois articles dans le programme suivant, qui comprend d'une part des questions complémentaires, d'autre part une liste des textes philosophiques à expliquer.
REMARQUE 2. — Les articles choisis par le professeur pourront être, tous les trois, des textes. L'un des trois au moins devra être un texte.
REMARQUE 3. — Quant aux questions complémentaires, il ne devra pas être consacré plus de six leçons à l'enseignement de chacune d'elles.
REMARQUE 4. — Une note écrite indiquant le ou les textes expliqués, et, s'il y a lieu, les questions complémentaires choisies, avec l'indication très sommaire des points étudiés, devra être remise à l'examinateur par le candidat au baccalauréat ou figurer sur le livret scolaire.
I.— QUESTIONS COMPLÉMENTAIRES
1. Histoire de la philosophie, sous l'une ou l'autre des formes suivantes :
a) Tableau d'ensemble indiquant la succession et les relations des doctrines et des écoles ;
b) Exposé historique, soit d'un grand problème, soit d'une grande doctrine, soit d'une grande époque de la philosophie.
2. Notions de psychologie expérimentale. Par exemple : ce qu’on fait dans un laboratoire de psychologie ; les tests ; les applications actuelles de la psychologie.
3. Notions de psychologie pathologique. Par exemple : les troubles de la personnalité ; les maladies du langage.
4. Notions d'esthétique.
5. Notions de logique formelle.
6. Notions de la science du langage. Par exemple : l'évolution des langues ; linguistique générale.
7. Notions de sociologie.
II.— AUTEURS PHILOSOPHIQUES
Platon : Phédon, Gorgias, la République (un livre).
Aristote : Morale à Nicomaque (un livre), la Politique (un livre).
Epictète : Entretiens (un livre).
Marc-Aurèle : Pensées.
Lucrèce : De natura rerum (livre II ou livre V).
Descartes : Discours de la méthode, Méditations, les Principes (livre 1er).
Pascal : Pensées et Opuscules.
Malebranche : De la recherche de la vérité (livre Ier ou livre II), Entretiens sur la métaphysique, Traité de morale.
Spinoza : Éthique (un livre).
Leibniz : Nouveaux essais (avant-propos et livre 1er), Théodicée (extraits), Monadologie, Discours de métaphysique.
Berkeley : Dialogues entre Hylas et Philonoüs, Traité sur les principes de la connaissance.
Hume : Traité de la nature humaine (un livre).
Condillac : Traité des sensations (livre III).
J.-J. Rousseau : Le Contrat social (un livre), "la Profession de foi du vicaire savoyard".
Kant : Critique de la raison pure (préface de la 2e édition), Fondements de la métaphysique des moeurs.
A. Comte : Cours de philosophie positive (leçons I et II) ; Discours sur l'esprit positif.
Renan : L'Avenir de la science (extraits).
Cl. Bernard : Introduction à la médecine expérimentale (1re partie).
Stuart Mill : L'Utilitarisme.
H. Spencer : Les Premiers Principes (1re part.) ; Introduction à la science sociale.
Cournot : Matérialisme, vitalisme, rationalisme.
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Programme d'enseignement de la philosophie. 1942
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Introduction
Objet et divisions de la philosophie. L'enseignement de la philosophie et la réflexion sur l'expérience concrète : l'esprit philosophique.Psychologie
Objet et méthodes de la psychologie. Caractère des faits psychologiques : leurs relations avec les faits physiologiques. Le point de vue introspectif et le point de vue objectif.
La conscience et les degrés de la conscience.
Mouvements et tendances. Plaisirs et douleurs. Émotions. Passions. Sentiments.
Sensations et images : le problème de la perception. Association des idées. Mémoire. Imagination.
L'abstraction et la généralisation. Les signes, le langage et la pensée.
Le concept et le jugement. Le raisonnement.
L’instinct et l'intelligence. L'habitude. La volonté. La conscience de l'effort. L'attention.
La personnalité et le caractère.
Problèmes métaphysiques posés par la psychologie.
Notions sommaires sur la psychologie de l'enfant. — Les étapes du développement mental et moral de l'enfant.
Puissance de l'imitation et rôle de l'exemple dans la famille, à l'école, dans la société. La discipline.Logique
L'étude psychologique et l'étude logique de la pensée. Les procédés généraux de la pensée. Intuition et connaissance discursive. Déduction et induction. Analyse et synthèse. La science et l'esprit scientifique.
Les mathématiques : objet et méthode. Leur rôle actuel dans l'ensemble des sciences.
Les sciences expérimentales : l'établissement des faits ; la découverte et la vérification des lois ; les principes. Les théories. Quelques exemples des grandes théories de la physique, de la chimie ou de la biologie modernes.
Les sciences morales ; la psychologie, l'histoire, la sociologie. Leurs méthodes comparées à celles des sciences de la nature.Morale
Le problème moral. Les éléments constitutifs de la moralité ; la nature psychologique de l'agent moral et sa dépendance à l'égard du milieu (famille, profession, patrie).
La conscience psychologique, la conscience morale et la notion de valeur.
Rapports de la morale avec la science, la métaphysique et la religion.
Les fins de la vie humaine et les grandes conceptions de la morale.
Le bien ; le progrès moral ; les devoirs et le droit ; leur corrélation. La responsabilité et le problème des sanctions.
La justice et l'égalité des personnes ; la charité.
L'expérience morale et les conflits de devoirs.
Les devoirs de l'individu envers lui-même ; les devoirs relatifs à la vie du corps et de l'esprit. Rapports de ces devoirs avec les exigences de la vie en commun. La dignité de la personne.
La famille : son importance sociale et morale. Le respect de la famille. L'autorité dans la famille. Devoirs des parents et des enfants. Devoirs réciproques des époux. Le problème de la natalité.
La patrie : ses éléments matériels et spirituels. Les sentiments qu'elle inspire et les devoirs qu'elle impose ; l'esprit de sacrifice. La Nation, l'État et son autorité ; la loi. La liberté de l'individu et ses devoirs civiques.
La profession. Le devoir et l'amour du travail ; la conscience professionnelle, l'esprit de solidarité et leur importance nationale. La probité. La propriété et le travail.
L'humanité ; devoirs envers l'homme. Devoirs des nations colonisatrices.Philosophie générale : sans changement.
Options : questions complémentaires et auteurs sans changement.
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Programme d'enseignement de la philosophie. 1960
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L'ordre et les divisions du programme n'enchaînent pas la liberté du professeur ; il suffit que les questions qui y figurent soient toutes traitées.
La culture humaine : technique, art, religion, science.
La philosophie : sa nécessité et son but. Réflexion et sagesse.
La conscience. L'attention. Le problème de l'inconscient.La connaissance
La perception. L'espace. La réalité du monde sensible.
La mémoire. Le temps.
L'imagination.
Le langage.
L'intelligence. Le concept. Le jugement.
La pensée logique. Le raisonnement et ses normes. La raison.
La pensée scientifique. Science et technique.
Les mathématiques.
La connaissance expérimentale : faits, lois, théories.
L'histoire et le devenir historique.
Les problèmes particuliers à la biologie ; à la connaissance de l'homme (psychologie, sociologie).
La vérité.
La matière. La vie. L'esprit. Dieu.
L'idée d'une connaissance métaphysique.L'action
Sensibilité et activité.
Les affections : le plaisir, la douleur ; l'émotion, la passion, le sentiment.
La tendance et le désir. L'habitude. La volonté.
Le caractère. La personnalité.
La reconnaissance d'autrui et les rapports entre les personnes.
Technique et industrie. Métiers, outils, machines.
L'art. La création artistique. La contemplation esthétique.
Le beau. La nature et l'art. Les beaux arts.
La vie morale. La conscience. L'expérience morale. Le devoir. La responsabilité.
Le bien et le mal. Les vertus.
Les grandes conceptions de la vie morale (quelques exemples).
Moralité et institutions. Le respect de la personne. La justice et le droit.
La famille.
Le travail et la question sociale.
L'Etat et les grandes doctrines politiques (quelques exemples).
La nation. Les relations internationales. La patrie et l'humanité.
L'idée de civilisation.Le problème de la liberté.
L'homme et sa destinée.AUTEURS
N.B. — Trois textes choisis dans la liste suivante devront être étudiés au cours de l'année, l'un au moins en totalité. Une note écrite indiquant les textes expliqués figurera sur le livret scolaire ou sera remise à l'examinateur par les candidats sans livrets.Platon : Apologie de Socrate, Ménon, Gorgias, Phédon, la République, Théétète.
Aristote : Éthique à Nicomaque, la Politique.
Epictète : Entretiens, Manuel.
Marc-Aurèle : Pensées.
Lucrèce : De Natura rerum (livres 11, III ou V).
Saint Augustin : les Confessions (livres X et XI).
Machiavel ; le Prince.
Montaigne : Essais.
Descartes : Discours de la méthode, Méditations métaphysiques, Principes de la philosophie (partie I), les Passions de l'âme, Lettres sur la morale.
Pascal : Opuscules, Pensées.
Spinoza : Éthique, Traité de la réforme de l'entendement, Lettres.
Malebranche : Recherche de la vérité, Entretiens sur la métaphysique et la religion, Traité de morale.
Leibniz : Nouveaux essais, Discours de métaphysique, Monadologie.
Berkeley : Dialogue entre Hylas et Philonoüs, les Principes de la connaissance humaine.
Hume : Traité de la nature humaine, Essai sur l'entendement humain, Dialogues sur la religion naturelle.
J.-J. Rousseau : le Contrat social, "la Profession de foi du vicaire savoyard".
Kant : Critique de la raison pure, Prolégomènes à toute métaphysique future, Fondements de la métaphysique des moeurs, Critique de la raison pratique, Critique du jugement.
Maine de Biran : Essais sur les fondements de la psychologie.
Hegel : Leçons d'esthétique.
Comte : Cours de philosophie positive (1re et 2e leçon), Discours sur l'esprit positif, Discours préliminaire sur l'ensemble du positivisme.
Marx et Engels : l'Idéologie allemande (Ire partie), le Manifeste communiste.
Claude Bernard : Introduction à l'étude de la médecine expérimentale.
J.-S. Mill : l'Utilitarisme.
Cournot : Matérialisme, vitalisme, rationalisme, Considérations sur la marche des idées et des événements dans les temps modernes.
Nietzsche : la Généalogie de la morale, Par-delà le bien et le mal, la Naissance de la tragédie, Ainsi parlait Zarathoustra.
Lachelier : Psychologie et Métaphysique.
Bergson : Essai sur les données immédiates de la conscience, l'Énergie spirituelle, la Pensée et le Mouvant, les Deux Sources de la morale et de la religion.
Alain : le Système des beaux-arts.
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Instructions de 1890 (extraits)
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I. LA PHILOSOPHIE DANS L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
Bien peu de personnes contestent l'utilité et la nécessité de l'enseignement philosophique. Mais l'on se demande où cette étude doit être placée : appartient-elle à l'enseignement secondaire ou à l'enseignement supérieur ? Aux lycées ou aux Facultés? Quelques bons esprits, précisément à cause de la haute considération qu'ils se font de la philosophie croient que cette science appartient spécialement à l'enseignement supérieur et est au-dessus de la portée des jeunes gens qui font leurs études secondaires. Ce ne serait donc pas diminuer la philosophie, mais lui rendre un juste hommage que de la replacer à son véritable rang, c'est-à-dire au nombre des études supérieures.
Cette question est très importante; et quoiqu'elle soit tranchée parmi nous depuis longtemps par l'usage et la tradition, elle mérite cependant d'être examinée; car elle va nous conduire à fixer le véritable sens de l'enseignement philosophique dans nos lycées.
Remarquons d'abord que, dans l'opinion que nous venons de résumer, il y a une certaine illusion dont les défenseurs de cette opinion ne se rendent pas compte. Que la philosophie en effet soit placée dans l'enseignement secondaire ou dans l'enseignement supérieur, dans les deux cas, il sera toujours impossible de faire commencer les élèves par les idées les plus abstraites et les plus difficiles. Nulle part, pas plus en Allemagne qu'ailleurs, on ne peut commencer par précipiter les esprits tête baissée dans les systèmes de Spinoza ou de Hegel ; on ne commencera pas par leur faire lire le Parménide de Platon ou la Critique de la Raison pure, et si, par impossible, on employait une telle méthode, ce serait au détriment d'une bonne éducation philosophique et de la liberté d'esprit des étudiants. Plongés tout d'abord dans des formules qu’ils ne comprendraient pas, ils les accepteraient toutes faites, en raison du goût bien connu de la jeunesse pour les formules abstraites. Tel serait le danger d’un enseignement philosophique où l'on commencerait par les choses les plus difficiles, au lieu de débuter par les plus simples. À la vérité, on prétend que c’est là un des défauts actuels de notre enseignement philosophique dans les lycées ; nous aurons à revenir sur ce point ; mais en tout cas, on ne guérirait pas ce mal, s'il existe, on ne ferait, au contraire, que l'aggraver et lui fournir une apparente justification, en lui donnant le nom d'enseignement supérieur. Dans le fait, pas plus dans les facultés que dans les lycées, on ne peut se passer d'un premier enseignement qui donne les notions les plus simples et les plus faciles, à l'aide desquelles on doit s'élever plus tard aux plus difficiles. Il y a donc, de toute nécessité, un enseignement élémentaire en philosophie, comme du reste dans toutes les autres sciences. Or, je le demande, si cet enseignement élémentaire est déterminé par la nature même des choses, s'il doit être absolument le même dans les facultés et dans les lycées, si de plus il doit être suivi par les mêmes élèves, au même âge, c'est-à-dire au sortir de la rhétorique comme cela a lieu dans les universités étrangères, quel avantage y a-t-il à ce que cet enseignement soit donné dans les murs d'une faculté plutôt que dans ceux d'un lycée? Cela étant, les avantages ou les inconvénients, s'il y en a, étant les mêmes de part et d'autre, rien de plus simple que de maintenir la solution existante, qui a pour elle parmi nous l'histoire et la tradition.
Cependant la raison que nous venons d'indiquer ne serait pas encore suffisante pour attribuer la philosophie à l'enseignement secondaire, si l'on ne prouvait pas en outre qu'elle entre nécessairement dans l'idée de cet enseignement. En effet, il y a des enseignement dans les facultés qui sont aussi obligés de commencer par les éléments lorsque les élèves n'en savent encore absolument rien ; par exemple, l'archéologie ou l'étude du sanscrit. Si donc la philosophie par nature appartenait à l'enseignement supérieur, elle pourrait lui être restituée, à charge pour cet enseignement d'organiser comme il lui conviendrait l'étude des éléments. Or qu'est-ce qui appartient à l'enseignement supérieur? Deux ordres d'études : d'une part, les connaissances générales, fond de toute éducation, déjà enseignées dans les lycées, mais poussées plus loin ; de l'autre, des études libérales et élevées, mais spéciales qui venant à l'appui des études classiques et les continuant n'en font cependant pas partie : de ce dernier genre sont les études que nous venons de citer, l'archéologie et le sanscrit. La question se présente donc maintenant sous cette forme : la philosophie fait-elle partie des études générales ou des études spéciales ?
Partons d'abord d'une considération importante : c'est que l'enseignement secondaire, quoiqu'il se distingue de l'enseignement supérieur par l'âge des élèves, ne s'en sépare pas par son essence. Age à part, on petit dire que l'enseignement secondaire de nos lycées est lui-même déjà un enseignement supérieur, car il est l'enseignement le plus élevé que l'on puisse donner à des enfants ou à des jeunes gens de tel ou tel âge. Cet enseignement en effet prépare aux carrières les plus importantes de la société, et dans chacune de ces carrières il forme l'élite qu'il doit recruter. (...) Cet enseignement est donc l'appropriation de la civilisation tout entière à tous les âges depuis l'enfance jusqu'à la jeunesse. Aussi voit-on que toutes les grandes branches de l'activité intellectuelle de l'humanité sont représentées dans notre enseignement secondaire (...).II. SERVICES RENDUS PAR L'ENSEIGNEMENT PHILOSOPHIQUE
Que représente donc la philosophie dans le plan de nos études ? Elle y représente le principe d'unité.
L'enseignement secondaire comprend, en effet, deux branches parallèles : les lettres et les sciences. (...) Il y a donc deux directions et deux courants. Ces deux courants doivent aboutir à un terme unique qui est la philosophie. Elle est le couronnement des études et elle est la synthèse des lettres et des sciences (.. ).III. DE LA RÉDUCTION MATÉRIELLE D'UN COURS DE PHILOSOPHIE : INUTILE ET NUISIBLE
(...) Rien que la définition de la philosophie enveloppe la philosophie tout entière (...).IV. NIVEAU DE L'ENSEIGNEMENT
Ce n'est donc pas par des réductions matérielles que l'on réussit à corriger ce qu'il peut y avoir d'excessif dans l'ambition philosophique de quelques professeurs. Cette ambition est louable en elle-même, mais elle peut être déplacée. (...) C'est en s'adressant à l'esprit philosophique lui-même, c'est en partant de l'idée d'une éducation par la philosophie que l'on persuadera aux professeurs de proportionner leur enseignement à l'esprit de la jeunesse. C'est encore philosopher que philosopher par degrés et à dose modérée, en raison de l'inexpérience des esprits (...).V. MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT
De ces considérations générales tirons quelques conseils pratiques qui éclairciront notre pensée. Les professeurs de philosophie n'ont pas à aller chercher bien loin les principes de leur enseignement. Ils n'ont qu'à appliquer à eux-mêmes les règles qu'ils expliquent tous les jours à leurs élèves, à savoir les règles de Descartes dans son Discours sur la méthode (...).VI. LES DOCTRINES EN PHILOSOPHIE
Il est un point d'abord sur lequel tout le monde est d'accord, c'est qu'il n'y a plus de philosophie officielle, de philosophie d'État. (...) Il y a cependant un fond de principes qui ne peuvent être mis en question. Ce sont ceux qui sont contenus dans l'idée même d'une éducation, et sans lesquels l'idée même d'une éducation serait quelque chose de contradictoire (...). En même temps que l'État élève les esprits, il doit élever les âmes. Il ne petit donc y avoir pour un État d'autre morale que la morale du devoir, ni d'autre philosophie que celle qui rend possible une morale du devoir.VII. EXERCICES PRATIQUES
De ces hautes considérations, descendons à des conseils plus modestes. Il ne faut pas perdre de vue que l'enseignement philosophique se compose de quatre parties distinctes qui doivent être maintenues dans une certaine proportion. Ces quatre parties sont : le cours proprement dit, ou la leçon ; l'interrogation des élèves, la correction des devoirs et l'explication des textes (...).
On a quelquefois proposé de supprimer l'enseignement doctrinal suivi, c'est-à-dire la leçon, et de le remplacer, soit par l'interrogation, soit par l'explication des textes. Aucun professeur ayant l'expérience de l'enseignement ne souscrira à l'une ou l'autre de ces deux propositions. Sans doute l'interrogation doit avoir une très grande place ; et nous avons nous-même recommandé l'interrogation avant la leçon, comme excellent exercice préparatoire. Mais il ne peut pas conduire très loin, à moins qu'on ne se substitue soi-même à l'élève, et qu'on ne fasse une véritable leçon sous forme d'interrogation apparente entrecoupée par des oui et des non absolument inutiles, comme cela a lieu dans les Dialogues de Platon, d'une manière, il faut l'avouer, assez monotone et très fatigante pour l'esprit. Sans doute, il faut que l'élève apprenne à penser par lui-même ; mais pour cela il lui faut un certain fonds d'idées qu'il ne trouvera pas tout seul ; et pour qu'il les comprenne et devienne capable de les discuter, il faut qu'elles lui soient présentées d'une manière suivie, logique et graduée. L'interrogation a trop de hasards; ou, si elle n'en a pas, c'est qu'elle est une fausse leçon. Il en est de même pour l'explication de textes. L'élève aimera toujours mieux entendre une parole vivante que suivre un texte mort et qui ne parle pas. (...) En un mot, il faut fournir à l'élève une certaine matière, à l'aide de laquelle il puisse ensuite lire et comprendre les auteurs, les discuter et, à l'aide de son maître, les juger. Telle est la raison d'être de la leçon, sans laquelle on n'agira jamais sur un auditoire d'écoliers. Quant à la manière de faire le cours, il n'y a pas lieu d'imposer une méthode uniforme. Mais si le système des rédactions est pratiqué, il faut vérifier les résultats qu'il donne pour la majorité des élèves. Les rédactions de la seconde moitié de la classe sont-elles de telle nature qu'il y ait pour les élèves péril plutôt que profit à s'en servir en vue de l'examen, on devra changer de système. Mettre un élève dans la nécessité de se pourvoir en dehors du cours, c'est en réalité le désintéresser du cours et lui donner le droit de n'être plus à la classe. Le mieux est de joindre à la leçon orale un sommaire dicté soit avant, soit après la leçon; et ce sommaire doit être assez étendu pour que les élèves puissent y retrouver toute la substance de la leçon et soient, par suite, dispensés de la rédiger. Quelques professeurs trouvent avantage à distribuer à leurs élèves des sommaires autographiés.
Il faut, d'autre part, que l'élève intervienne d'une manière active dans la classe ; le mettre en scène et le forcer de parler, tel est l'office de l'interrogation. C'est une des tâches les plus pénibles du professeur (...). Le talent de l'interrogateur consiste non pas à se substituer à l'élève en répondant pour lui et en répétant ce qu'il a dit dans le cours, mais au contraire à faire valoir autant que possible la réponse de l'élève, en lui traduisant à lui-même, en lui fournissant les idées qu'il cherche et les mots qu'il n'a pas, jusqu'à ce qu'il apprenne à marcher seul et à diriger librement sa pensée et sa parole. Chez les plus forts, il faut éveiller leurs propres idées, leur signaler les difficultés, leur ouvrir certains problèmes. C'est surtout dans la liberté d'une conversation contradictoire que l'on peut, dans une certaine mesure, chez les sujets d'élite dépasser le niveau moyen.
La correction des devoirs est encore un moyen très efficace de faire intervenir activement l'élève dans la classe : car c'est une occasion encore d'interrogation, de discussion, de conversation. (...) Évidemment, ce seront le copies des meilleurs élèves qui seront les plus suggestives et les plus intéressantes pour tous. Ce n'est pas une raison pour négliger les autres., et il est possible de transformer une copie faible en copie passable en montrant à l'élève comment, dans son propre plan et avec ses propres idées, si faibles qu’elles soient, il serait possible de faire quelque chose de meilleur. Rien n'encourage mieux un esprit médiocre et qui voudrait travailler que de lui persuader que son travail n'est pas nul, même lorsqu'il ne s'en faut pas de beaucoup.
Enfin le dernier exercice est l'explication de textes. Inutile d'insister sur l'intérêt et l'importance de cet exercice qui est encore une occasion de faire parler l'élève, de s'assurer qu'il comprend. Il ne faut pas oublier que parmi les auteurs précités il y en a de grecs et de latins qui doivent être expliqués dans le texte afin que, jusqu'au dernier moment de leurs classes, les élèves ne perdent pas complètement de vue les études classiques.Tel est l'ensemble d'idées qui nous paraissent devoir diriger l'enseignement philosophique dans nos lycées. Cet enseignement doit être surtout propédeutique, comme dit Kant, c'est-à-dire préparatoire(...).
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Instructions pour la classe de philosophie - 1904
-----------------------------------------------------I- Il y a une première observation préalable à toutes celles qui suivent, car elle doit en être, à l’occasion, le correctif : il est nécessaire que le professeur de philosophie jouisse d’une grande liberté dans la direction de sa classe. D’abord la méthode de l’enseignement est chose personnelle, en grande partie, et doit répondre pour chacun aux ressources et aux habitudes de son esprit. Et, second lieu, le professeur de philosophie doit user sans cesse d’initiative, mettre à l’essai de nouveaux procédés d’instruction, chercher à renouveler son enseignement, se tenir en haleine jusqu’à la fin, pour éviter, ce qui est le pire mal d’une classe, l’écueil de toute carrière qui se prolonge, la pratique routinière.
II- Pour ce cours proprement dit, en conséquence de l’observation précédente, il ne paraît pas qu’il y ait une règle fixe à proposer. Chacun le fait comme il l’entend, exposant les idées d’une manière doctrinale et parlant plus ou moins vite, ou mêlant les interrogations à l’exposition, ou encore fragmentant la leçon en plusieurs thèses qui sont discutées avant d’être résumées par écrit et ainsi de suite. Ce qu’on peut dire, en général, c’est que les élèves, à l’âge de la classe de philosophie, sont très sensibles au charme d’une parole suivie, qu’ils en subissent le prestige avec profit, qu’ils y trouvent le modèle d’un développement d’idées régulier, égal, systématique, ce qui est un genre essentiel de la pensée, qu’ils ont besoin d’appliquer eux-mêmes dans leurs dissertations. Ce qu’on peut dire encore, d’une manière plus précise, c’est que le cours suivi, ainsi entendu, ne doit pas dépasser une heure, que la bonne mesure est, en moyenne, de trois quarts d’heure, qu’un sommaire doit accompagner la leçon, qu’il soit dicté en commençant et marque d’avance les principales divisions du sujet, ou, en terminant, pour résumer les idées, ou fait après la classe par les élèves eux-mêmes et revu par le professeur sur un des cahiers ou sur une des copies des élèves... Mais, de toute manière, il importe que le cahier où les leçons de la classe sont écrites soit pour tous les élèves le manuel, le vrai manuel, le seul manuel, avec lequel ils se préparent à l’examen, par cette raison qu’il contient l’enseignement que leur maître a cru le meilleur, le mieux approprié, le plus propres à les y conduire. Aussi faut-il exiger qu’il soit bien tenu, lisiblement écrit, purgé d’erreurs grossières, divisés en chapitre et en alinéas, portant à la marge, à chaque page ou chaque demi-page, une indication, un en-tête, empruntée s'il se peut, au sommaire.
III- L'interrogation accompagne naturellement tous les exercices de la classe. La méthode interrogative est la "méthode active". Elle convient donc à toutes les classes, de la huitième à la philosophie. Elle peut porter sur la leçon qui vient d'être faite et permet de reconnaître si la plupart des élèves en ont suffisamment compris les idées générales. Elle porte surtout sur la leçon de la veille, et elle est alors la plus fructueuse quand elle revient sur des idées que les élèves ont étudiées. Le plus souvent elle s'adresse à toute la classe, elle court d'un élève à l'autre, elle les met tous à contribution, elle les entraîne dans un mouvement rapide, elle pique leur curiosité et la satisfait, elle les fait jouir d'une activité intellectuelle commune : car la classe est une collaboration. Parfois elle s'attache à un élève en particulier, elle l'oblige de compléter successivement des réponses, de résoudre peu à peu toute la difficulté, de reconnaître ses contradictions, elle le met vraiment à la question.
IV- La dissertation. Le professeur donne un ou plusieurs sujets, comme il le croit bon. Vers la fin de l’année, il peut en donner trois, pour préparer les élèves à la pratique de l'examen ; quand il a des élèves de force inégale, il peut en donner deux d'inégale difficulté, mais toujours il indique les références aux livres que les élèves ont entre les mains, en dictant pour chaque livre le numéro de la page, ou des pages qu'ils auront à lire. Il s'abstiendrait plutôt de donner un sujet excellent, qu'il jugerait utile, disons même nécessaire, s'il ne trouvait pas dans la bibliothèque des élèves ou s'il ne pouvait leur procurer les livres auxquels le sujet se rattache. Au reste, il ne se borne pas aux ouvrages de philosophie pure qui traitent du sujet. Il met à profit, tout aussi bien, des ouvrages de littérature, un drame, voire un roman, c'est-à-dire toute culture propre à féconder l'imagination et à la mettre en mouvement dans le sens du sujet. Il est impossible que les élèves inventent les idées. Ils doivent les chercher là où elles se trouvent, dans les livres; leur tâche est de les reconnaître, de les recueillir, de les ordonner et de les exprimer. C'est bien assez. Attirés par la promesse qu'ils trouveront la matière de leur dissertation à tel endroit d'un livre, pressés par le besoin, conseillés même par leur paresse, tous feront les lectures indiquées, et ils jouiront, enfin, dans le silence de l'étude ou dans la solitude du cabinet, de ce bienfait de l'enseignement des livres qui égale ou surpasse l'enseignement de la classe.
V- La méthode générale de la correction des devoirs s'applique naturellement à la dissertation philosophique. La correction se fait après que le professeur a pris connaissance des copies, mais le plus tôt possible, pour que les élèves n'aient pas perdu de vue leur travail. Si le professeur a peu d'élèves, il peut corriger également toutes les copies. S'il en a beaucoup, il les lit toutes, et il inscrit en tête de chacune une note chiffrée qui en fixe la valeur, et une note d'un certain nombre de lignes qui en précise soigneusement les défauts et les qualités. Il y ajoute un commentaire marginal pour un certain nombre de copies seulement, avec un roulement régulier qui fait que tous les élèves tour à tour en ont le bénéfice. Mais la correction du devoir est collective : averti par la lecture des copies des difficultés que le sujet a présentées, des heureuses découvertes que les uns ont faites, des erreurs commises par les autres, le professeur dirige en conséquence son interrogation ; il fait trouver les idées du sujet, il les fait mettre en ordre, et il ne se réserve que le développement oral d'un ou deux paragraphes, lorsqu'il le juge utile. On peut dire, en général, que les esprits acquièrent par l'association une merveilleuse puissance d'invention et de jugement et qu'il n'est pas de devoir dont le corrigé ne puisse être fourni par la seule collaboration des élèves, sans que le professeur ait autre chose à faire qu'à conduire l'interrogation et à séparer le bon du mauvais. Quelques professeurs se servent utilement pour cette correction du tableau noir. Tous savent que dans les cours des classes il n'est pas d'exercice qui plus que la correction de la dissertation philosophique donne prise au professeur sur la faculté de penser, sur l'entendement des élèves, qui lui permette de le mieux connaître dans son fonctionnement toujours particulier, et de le serrer plus fortement dans les tenailles de la correction.
VI- Un mot sur l'esprit de l'enseignement. La philosophie est une science spéciale qui a son langage et ses difficultés qu'il ne convient pas de déguiser ou d'abaisser. Il n'y a pas lieu de s'étonner, quand on entre dans une classe de philosophie, de ne pas entendre complètement une leçon de philosophie, non plus qu'on ne s'étonnerait de ne pas entendre une leçon de mathématiques, si l'on n'est pas initié à cette science. Mais le professeur de philosophie ne doit pas oublier un instant qu'au degré secondaire, il n'enseigne pas la philosophie pour la philosophie elle-même, qu'à ce degré la science n'est qu'un moyen et non pas le but, qu'il n'a pas à former des savants, encore moins des érudits, mais à préparer de jeunes hommes pour la vie active, contemporaine et française. Quand il aura exposé aussi exactement que possible une théorie difficile, sur la nature du moi, par exemple, ou sur le principe de l'induction, il essaiera, par un mot, d'en faire sentir le rapport avec la vie réelle, avec la pratique, avec la conduite de la vie ; il essaiera par une question de s'assurer si, en outre de l'intérêt que les meilleurs élèves goûtent dans la discussion des problèmes intellectuels, tous y attachent aussi un intérêt direct, personnel et pratique. En tout cas, s'il ne juge pas à propos de commenter ainsi chacune de ses leçons, lui-même en les préparant ne perdra jamais de vue le but qu'il doit se proposer et qui est l'éducation de l'esprit et des sentiments. La formule de cette règle essentielle est qu'il ne doit jamais prononcer une parole qui ne tende - directement ou indirectement - à former le jugement et les sentiments avec lesquels le jeune homme agira plus tard dans notre société.