Harmonisation
de la notation aux épreuves écrites du baccalauréat
Lors des dernières sessions du baccalauréat, divers incidents
concernant la notation des épreuves ont entaché le bon déroulement de
l'examen.
Ils sont souvent liés au fait que, dans certaines disciplines, les notes
attribuées peuvent varier sensiblement d'un correcteur à l'autre quand par
sondage une double correction est effectuée. Or, au regard des programmes et
des définitions d'épreuves écrites, il est nécessaire de concilier l'homogénéité
de correction avec la liberté pédagogique des professeurs et la souveraineté
des jurys d'examens.
C'est pourquoi je suis conduit à vous rappeler ou à vous informer des
dispositions applicables à la notation des épreuves notamment en ce qui
concerne les procédures d'harmonisation qui ont fait la preuve de leur
efficacité.
Il appartient à chaque correcteur, dans l'ensemble des disciplines, de
participer obligatoirement aux réunions d'entente et d'harmonisation déjà prévues
par la réglementation antérieure. Ces réunions font partie du processus de
correction. Leur importance justifie que chacun se fasse un devoir de contribuer
à leur efficacité.
La
commission d'entente
Il s'agit pour la réunion d'entente de rappeler et de confirmer les
exigences communément admises pour l'évaluation des copies, compte tenu de la
spécificité de chaque discipline, dont l'explicitation est utile aux nouveaux
correcteurs, aux candidats et à l'opinion en général, et surtout d'en ébaucher
l'application par un exercice réel de notation en commun, avec la volonté pour
chacun de confronter son jugement à celui des autres enseignants dans la
recherche d'un point de vue qui ne soit pas celui (ou plus) celui d'un seul. Cet
effort d'évaluation objective sera vain s'il n'est complété par l'adoption ou
le rappel de quelques principes communs de notation, traduits également en
termes concrets dans l'échelle des notes utilisée qui ne doit pas être
comprise comme un barème, avec le souci de distinguer les copies, de valoriser
les meilleures.
Il ne suffit pas que l'accord s'établisse entre correcteurs sur la hiérarchie
qualitative des copies, il faut encore qu'ils utilisent les mêmes repères de
notation.
C'est lors de cette réunion que les correcteurs peuvent être invités
à être explicites dans leurs annotations en tête et en marge des copies pour
faciliter tout à la fois les délibérations des jurys (après lesquelles sont
arrêtées les notes définitives), et répondre aux interrogations des
candidats autorisés à demander la consultation de leurs copies. Un travail
important doit être accompli au cours de cette réunion, qu'il faut reprendre
et renouveler chaque année (avec de nouveaux sujets). Le recteur veillera donc
à la constitution des commissions d'entente et à la diffusion de leurs
recommandations à l'ensemble des correcteurs concernés. Ces commissions
d'entente pourront avoir une dimension départementale ou académique selon les
nécessités et les contraintes d'organisation. Ces commissions seront présidées
par l'inspecteur pédagogique régional de la spécialité ou, en cas
d'impossibilité, par un enseignant désigné par lui.
Cette faculté d'appréciation laissée à la commission d'entente ne
doit toutefois pas la conduire à substituer aux recommandations barémées un
autre système de notation.
En cas de difficultés particulières il appartiendra aux académies
utilisatrices de se rapprocher de l'académie pilote pour arrêter une position
commune.
Par ailleurs, là où elle n'existe pas, une permanence téléphonique
d'information sera mise à la disposition des correcteurs dans l'hypothèse où
ces derniers connaîtraient des difficultés particulières pendant toute la durée
des corrections. Elle répond individuellement aux questions des correcteurs,
donne avis et conseils. Elle peut alerter, sous couvert du recteur, l'académie
pilote responsable du choix du sujet, en cas de difficultés inattendues
survenues en cours de correction.
Cette permanence sera assurée, dans toute la mesure du possible par un
inspecteur pédagogique régional, ou à défaut, par un enseignant désigné
par lui.
Harmonisation
de la notation
La réunion d'harmonisation complète la réunion d'entente.
Elle permet la comparaison des résultats (des moyennes et des répartitions des
notes entre correcteurs et par sujet...), une nouvelle lecture de telle ou telle
copie ou type de copie, la recherche des causes objectives susceptibles
d'expliquer les écarts de notes importants, la révision éventuelle de
certaines notes après discussion. Elle doit avoir lieu en fin de correction,
mais de façon à permettre encore d'ultimes modifications.
A cet effet je demande aux recteurs de veiller personnellement au bon déroulement
de ces réunions. Elles doivent se tenir à une date et à une heure qui
laissent aux correcteurs le temps d'avoir pris connaissance d'un certain nombre
de copies.
En outre à l'issue du premier groupe d'épreuves, les délibérations du
jury doivent permettre la comparaison des résultats, à savoir des moyennes et
des répartitions de notes entre correcteurs, le cas échéant par sujet. Afin
de permettre ces comparaisons, les différents correcteurs sont tenus de
remettre leurs grilles de notation (répartition des notes de 0 à 20 et
moyenne) aux présidents de jurys. Par ailleurs, les jurys doivent disposer de
toutes les informations statistiques nécessaires notamment sur la session en
cours et les sessions précédentes. Le président du jury a un rôle de décision
en matière de relèvement des notes des candidats ; en cas de trop grande
disparité dans la notation de certaines copies, après avoir recueilli l'avis
du jury, il demande si nécessaire leur révision. Le chef de centre d'examen
peut également porter à la connaissance du président du jury, toutes les
informations et les éléments utiles à la délibération, notamment ceux
relatifs au déroulement des épreuves, aux contestations de notes.
La
note
L'échelle des notes de 0 à 20 doit être utilisée dans
toute sa plénitude, au delà des seuils critiques de 8, 10 et 12. I1 va de soi
que ces dispositions concernent l'ensemble des disciplines. 11 est en effet
anormal que des copies considérées comme bonnes fassent l'objet d'une notation
proche de la moyenne privant ainsi les meilleurs candidats de l'avantage légitime
qu'ils peuvent escompter. En outre l'usage d'une échelle limitée autour de la
moyenne minimise l'influence de la discipline dans le résultat de l'examen.
Par ailleurs chaque note devant être exprimée en points entiers,
lorsque plusieurs correcteurs participent à la notation d'une même épreuve,
c'est la seule note finale qui peut être, en tant que de besoin, arrondie au
point supérieur.
Je rappelle enfin que le résultat de l'examen ne doit pas apparaître au
candidat comme une décision dont la motivation lui échapperait: c'est pourquoi
les notes doivent impérativement être justifiées par des appréciations
claires et précises, autant sur les copies d'écrit que sur les bordereaux
d'interrogations orales.
Vous veillerez à systématiser les commissions d'entente pour les
disciplines où les examinateurs doivent arrêter d'un commun accord les critères
de notation et àgénéraliser, si possible dès la session 1995, les réunions
d'harmonisation.