Philosophie-en-france

un site de  Didier Moulinier

Démocratie

 

 

Etudes françaises

 
Accueil
Bibliographie
Démocratie
Descartes
Dissertation
Encyclopédie
Europe
Existentialisme
"France éternelle"
Hégélianisme
Heidegger en France
Histoire de la philosophie
"Idéologie française"
Institution
Intellectuels
Laïcité
Les Lumières
"Pensée 68"
Philosophie analytique
Révolution
Style

 

 

 

Démocratie locale - Discrimination positive - Europe - Evangile - Fonctionnaires - Foules - Hérésie - Jacobinisme - Libéralisme - Malaise - Médias - Participation - Parti politique - Présidence - République - Révolutions - Totalitarisme

 

 

Démocratie locale

Titre : La démocratie locale en question

Auteur : Alain Bertho, Yves Sintomer

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) : Weber, Habermas

 

Alain Bertho : La pertinence de l’objet local doit-elle s’exprimer en terme institutionnel, politique ou social ? Nous vivons un paradoxe : dans les sociétés urbaines, la pertinence de la démocratie locale comme vecteur d’un développement social différent a été rarement aussi évidente que dans les municipalités ouvrières d’une république centralisée. Avec le communisme municipal, l’unité de vie et de travail mobilisée localement dans une posture polémique avec l’ordre social a débordé le cadre institutionnel.
Le souci étatique de l’objet local et la revendication d’un espace public local institutionnalisé émerge dans la France urbaine des années 1970 alors même qu’on assiste au découplage des espaces d’habitat et de travail et à une mobilité importante de la population. L’origine du thème de l’objet local comme composition opératoire de la totalité sociale est plus à chercher du côté des difficultés prescriptives de l’Etat national que du côté d’une politisation populaire locale qui se dégrade dès les années 70. C’est le choc de la violence urbaine qui, au début des années 80, a accéléré les choses. La démocratie locale qui est prônée et organisée depuis, notamment dans le cadre de la décentralisation et de la politique de la ville, est plus animée d’un souci gestionnaire que du souci de développer un espace public spécifique. > lire la suite

 

Discrimination positive

Titre : UNE CERTAINE IDEE DE LA DISCRIMINATION POSITIVE

Auteur : Gaston Kelman

Source : http://www.sens-public.org

Philosophe(s) cité(s) :

 

Quand on crée des quotas pour les personnes handicapés, quand on légifère pour que 50% des femmes se trouvent sur les listes aux élections, quand on crée des zones franches ou des zones d'éducation prioritaire, qu'est-ce qu'on fait si ce n'est de la discrimination positive ? C'est en ces termes que cite Gwénaële Calvès dans le Que sais-je qu'elle a consacré à ce sujet, que Monsieur Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'intérieur, lançait le débat sur la Discrimination positive en France.
Nous sommes en 2003. Le constat se fait de plus en plus pressant qu'une partie de la population française, aujourd'hui appelée minorités visibles, devient soudain invisible quand elle se confronte à la dure épreuve de l'accès à l'emploi ou au logement. Les difficultés qu'elle rencontre ne sont pas dues à des problèmes économiques, mais au délit de faciès. Le constat fait, il convient de trouver des solutions pour remédier à cette injustice. Va-t-on continuer à faire aveuglement confiance au dogme de l'automaticité de l'intégration républicaine, dont on nous dit qu'elle a toujours réussi à faire entrer les courants migratoires dans le main stream français dès la deuxième génération, quand leur visibilité - ici généralement caractérisée par une maîtrise approximative de la langue française et un accent indubitablement étranger - disparaît ? Va-t-on faire semblant de croire que la coriace visibilité physique des nouveaux migrants - mélaninée ou basanée - qui contraste avec la blancheur des autres courants, va disparaître dès la deuxième génération ? N'est-il pas urgent de reconnaître que cette situation est nouvelle et qu'il convient de lui trouver des solutions adaptées ? > lire la suite

 

Europe

Titre : L'Europe et la Démocratie

Auteur : Alain Lancelot

Source : http://www.robert-schuman.org

Philosophe(s) cité(s) :

 

Les Européens ont tant l'habitude de se poser en champions de la démocratie et de considérer les Droits de l'Homme comme leur principal, sinon leur seul, credo distinctif et commun qu'ils tiennent inconsciemment pour synonymes les mots d'Europe et de démocratie. C'est aller un peu vite en besogne.
Car, comme je le montrerai dans un premier temps, entre l'Europe et la démocratie les liens sont moins univoques qu'on ne le dit souvent : du point de vue de la démocratie, le pire côtoie le meilleur dans les idées comme dans les pratiques au sein de l'héritage européen. Sans doute, comme je le montrerai dans un deuxième temps, la renaissance démocratique du dernier demi-siècle est-elle impressionnante ; mais elle n'en est pas moins menacée. Aussi, et ce sera mon dernier temps, il importe au plus haut point de parachever dans un proche avenir la démocratisation de l'Union Européenne. > lire la suite

 

Evangile

Titre : Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, IV : La démocratie

Auteur : Mlle Desmerger

Source : http://www.eleves.ens.fr

Philosophe(s) cité(s) : Henri Bergson

 

La démocratie paraît aller de soi; elle n'est pas seulement la forme moderne de l'organisation politique mais la forme normale, celle vers laquelle les sociétés tendent.
Cependant elle inquiète : fragilité (faute d'ennemis la démocratie perd de sa consistance), incertitude (pas de valeur suprême préalable au débat), effet de mélancolie et d'apathie.
Bergson semble anticiper sur ces interrogations contemporaines : il valorise la démocratie mais en montre les difficultés et les impuissances. Quand sont devenus violents les régimes autoritaires, ces thèses (texte de 1932) qui apportaient trop peu de justifications à l'idéal démocratique sont devenues suspectes, et Bergson a été entendu comme un réactionnaire. La démarche de Bergson en effet est singulière, et sa manière d'aborder la démocratie n'est pas l'approche théorique habituelle. > lire la suite

 

Fonctionnaires

Titre : Les fonctionnaires à l'assaut de la démocratie

Auteur : Manuel de Diéguez

Source : http://perso.wanadoo.fr/aline.dedieguez

Philosophe(s) cité(s) :

 

Pour la première fois depuis les siècles barbares, l'Europe se trouvait soumise aux verdicts de la force qu'un empire étranger lui dictait. Mais le cynisme de la puissance ne s'arrête pas en si bon chemin : la loi du glaive voulait se faire reconnaître pour la voix de la justice et du droit. Une galerie de spectres illustres hantait la mémoire des fils de la Grèce et de Rome. Un prédateur mondial du pétrole avait changé leurs effigies en naufragées d'une civilisation. Les gloires figées du Vieux Monde peinaient à rappeler leurs noms : Eschyle, Archimède, saint Augustin, Newton, Cervantès, Shakespeare, vous égreniez vos syllabes dans l'air raréfié de l'oubli et vos gorges nouées criaient le silence des vaincus.
Et pourtant, ce n'était pas le spectacle des ruines du Vieux Monde, ce n'était pas l'arène des agonies de la fierté, ce n'était pas le champ de décombres des nations qui retenait l'attention de la France politique : toute la classe d'État regardait la pluie d'amendements que le parti socialiste et le parti communiste faisaient tomber goutte à goutte dans l'enceinte d'une Assemblée nationale à demi déserte. L'enjeu était de taille : la République tentait de conjurer le sacrilège de placer le peuple français et les agents de l' État à égalité devant la mort. Étendu sur son lit d'agonie, le pays de Descartes se livrait à un ricanement procédurier. Dans une ultime parodie des profanations qui avaient fait sa grandeur, la France comptait les pas de chacun jusqu'à son tombeau et réglementait la distance entre les jalons de la nonchalance des agents de l'État et ceux de l'allure plus hâtive des citoyens ordinaires. >
lire la suite

 

Foules

Titre : L’idée démocratique et la "psychologie des foules

Auteur : Gérard Pommier

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) : Tocqueville, Freud

 

La notion de démocratie fait partie des idéaux admis, et elle sert à légitimer toutes sortes de sociétés. Qui ne la respecte, ne la défend, ne souhaite ses bienfaits, que ce soit pour son voisin ou pour lui-même ! Cependant, au-delà de cette intuition première, il existe une difficulté à la définir. Si l’on se contente de parler à son propos d’un gouvernement du « peuple », par le « peuple », pour le « peuple », l’imprécision du terme prête à toutes les équivoques. En effet, s’il s’agit seulement d’incarner les fictions [1] auquel le « peuple » s’identifie, alors une tyrannie peut exprimer une aspiration populaire profonde, comme cela a été le cas de Hitler, qui fut élu « démocratiquement ». Qui dira ce que veut le peuple sans risquer d’être contredit par les faits [2] ? Et cette incertitude quant au contenu amène à se contenter de la forme, comme si la neutralité du formalisme était la seule garantie à laquelle on puisse prétendre. Cependant, cette forme démocratique, objet d’un consensus si constant, est-elle si neutre qu’elle le parait ? On cherchera à distinguer la forme (élection, délégation, division des pouvoirs, etc.) sur laquelle tout le monde sera d’accord, de ce qui est programmé implicitement par cette forme, contenu sur lequel le silence est fait. Il s’agit d’un problème classique de distinction du manifeste et du latent, comme on voit. > lire la suite

 

Hérésie

Titre : Démocratie en-france. L'hérésie démocratique, ou la démocratie des Etrangers

Auteur : Didier Moulinier

Source : Philosophie-en-france

Philosophe(s) cité(s) : François Laruelle

Pourquoi les hérétiques, pourquoi ressusciter ces vieilleries appartenant à l'histoire des religions ? Sans doute, conjoncturellement, la religion et ses dérives (?) fanatiques nous préoccupent-elles plus que jamais. Ce qui paraît moins commun, c'est de relier dans un même propos l'hérésie et la démocratie, puis l'hérésie et les Etrangers. Pourquoi diable la démocratie serait-elle hérétique ? Pourquoi les Etrangers seraient-ils des hérétiques ? Et pourquoi parler, plus étrange encore, d'une démocratie des Etrangers ? A cet égard la parution du livre de Laruelle, Le Christ futur, une leçon d'hérésie, eut un effet salvateur. Ce que représentent les hérétiques, par-delà leur émergence historique et religieuse, c'est d'abord le statut de victimes radicales. Victimes du pouvoir religieux, selon telle ou telle circonstance, mais aussi victimes du pouvoir intellectuel qu'exerce la philosophie dans la mesure où celle-ci n'a pas daigné les reconnaître comme telles (à la différence des victimes de la Shoah). L'impensable même, donc. Pour quelles raisons ce crime, qu'on pourrait dire trans-historique ? Parce que les hérétiques, par définition, affichaient une différence hors-norme et hors-monde, pour le moins une "opinion" contraire au dogme officiel ; parce qu'ils revendiquaient un savoir contraire à une foi commune ; mais aussi et surtout, plus radicalement, parce qu'ils étaient innocents. D'ailleurs aucun crime - sinon celui de la libre pensée ou de la libre croyance - ne leur était reproché. Ce qui définit bien la victime en général : il n'y a de victime qu'innocente, absolument. Or il faut s'attendre à ce que l'innocence soit châtiée, impitoyablement, ou plutôt sacrifiée par toute espèce de Pouvoir, qu'il soit religieux ou laïque. Ou même terroriste. On se rappelle la célèbre phrase du légat chargé de réprimer l'hérésie Cathare : "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens"!

Donc l'hérétique est une victime, d'une certaine façon il épuise la définition de la victime. Mais il nous intéresse aussi pour une autre raison : en tant qu'il est précisément un Etranger. Il faut savoir que les hérésies historiques que l'on voit fleurir à partir du IIè siècle jusqu'à la fin du Moyen-Age, dans leur opposition au catholicisme triomphant, se révoltent en réalité contre un ordre mondial, et pas seulement contre une orthodoxie de pensée ou de croyance. Qu'ils soient gnostiques, manichéens, ou cathares, ils se considèrent surtout en tant que tels comme Etrangers à un monde dominé par l'Eglise. Si l'Eglise n'avait sanctionné que leur différence d'opinion ou de croyance, elle les aurait proprement rappelés à l'"ordre", et ponctuellement condamnés à mort. Mais elle les a exterminés, tous, de préférence par le feu, afin qu'il ne restât plus aucune trace de leur existence : c'était bien normal, puisqu'ils se considéraient eux-mêmes comme Etrangers au monde ! Peu importe la naïveté, voire la dangerosité des thèses hérétiques, exagérément spiritualistes ou ésotériques. Peu importe que la plupart des hérésies se soient immédiatement constituées en sectes, voire, pour certaines, en Eglises. Des hérésies nous ne gardons que le geste initial : celui de la séparation. Leur destin historique et séculier ne nous intéresse pas. Ce que nous retenons, c'est la radicalité de leur rébellion contre un ordre se voulant déjà mondial, mais aussi leur refus de s'opposer aux Autorités, car ils s'opposaient pas, ils ne combattaient pas. Ce n'étaient pas des terroristes (et les terroristes ne sont certainement pas des hérétiques, eux qui se veulent intégristes, justement). Leur crime consistait seulement à s'exclure eux-mêmes de cet ordre, à se retirer. On vous pardonnera tout, finalement, n'importe quel forfait ou n'importe quelle rébellion, pourvu que vous puissiez rendre compte, rendre raison de ce qui vous fait agir. Or les hérétiques qui avaient donné congé à ce monde, considéré par eux comme corrompu, n'avaient pas de comptes à rendre, pas plus que les Etrangers ne peuvent justifier leur situation d'Etrangers, spécialement s'ils sont "en situation irrégulière" comme on dit.

Il est clair que dans nos Etats laïques, nous avons aussi nos hérétiques : ce sont les Etrangers, et les "Exclus" en général. Certes les Etrangers ne sont pas tous des victimes, ou plutôt ce ne sont pas des victimes absolues puisqu'ils ne sont que "relativement" exclus, que "progressivement" ou "indirectement" assassinés et exterminés. Pourquoi les démocraties laïques se montrent-elles incapables d'accepter et de respecter les Etrangers en tant que tels, sans les persécuter d'une manière ou d'une autre ? Sans doute parce qu'elles n'ont de démocratiques que le nom. Voyez le dernier film de Stephen Frears, "Loin de chez eux", qui dépeint l'envers du décors du libéralisme triomphant, en l'occurrence le monde du travail clandestin à Londres. Difficile de ne pas parler de victimes absolues, en l'occurrence...

Pourquoi parler maintenant d'une "hérésie démocratique" et conjointement d'une "démocratie des Etrangers" ? Tout simplement parce que la démocratie n'existe pas dans le cadre de nos Etats, plus exactement parce que la démocratie qui n'est pas une forme de l'Etat mais la forme même de la société, de la sociabilité, est la victime désignée du Pouvoir étatique et économique. C'est en tant que victime que la démocratie peut être dite hérétique. C'est en tant qu'Etrangère au Pouvoir étatique et ses suppôts, qu'elle est dans son principe une démocratie des Etrangers. On a trop tendance à penser la démocratie en terme de pouvoir, celui de l'Etat mais aussi celui du citoyen, et on oublie de la penser en fonction des hommes en tant qu'individus. Or les Etrangers "loin de chez eux" ne sont que des individus, particulièrement vulnérables. C'est parce que la démocratie ne se fonde que sur la faiblesse des hommes en tant qu'individus uniques, en tant qu'individus concrets, qu'elle est régulièrement persécutée. La démocratie est davantage qu'une utopie, ou une perfection qu'on ne saurait atteindre absolument, elle est une hérésie inadmissible parce qu'elle symbolise le gouvernement de chaque homme, de chaque individu concret, avec toute son étrangeté, dans la communauté et le respect le plus strict de tous les autres hommes étranges. Parce que la démocratie n'est pas partisane, parce qu'elle n'est pas dogmatique (pas spécialement "républicaine" par exemple), parce qu'elle n'appartient pas à un clan, à un pays, à une civilisation, mais parce qu'elle est universelle ; parce qu'elle n'est pas politique mais plutôt cosmopolitique. Par conséquent aucun Etat, fût-il mondial, ne saurait véritablement tolérer la démocratie. L'Etat français pas plus qu'un autre.

Or je pars du principe, sans doute un peu étonnant, que les sujets d'une telle démocratie ne sont pas les citoyens au sens classique, je veux dire les citoyens disposant de leurs droits dans un Etat donné, accédant à l'élaboration de la loi, par exemple, mais au contraire les Etrangers et les exclus. C'est pourquoi cette hérésie démocratique existe avant tout comme la démocratie des Etrangers. Je parle bien sûr des Etrangers immigrés, loin de chez eux, pas des Etrangers citoyens dans leurs propres pays. D'abord il faut remarquer, contrairement aux arguments xénophobes habituels, que les Etrangers de tous les pays et de tous les Etats représentent la condition de subsistance de ces Etats. C'est tout le propos du film de Stephen Frears : sans son contingent souterrain d'immigrés clandestins, l'édifice économique et financier londonien s'effondre comme un château de cartes. Dans la Grèce antique,  c'était la même chose : sans les esclaves, pourtant exclus de la Cité proprement dite, pas de Citoyens possibles.

Au-delà des immigrés, je dirais que nous sommes tous des Etrangers si nous sommes vraiment des démocrates. C'est en tant qu'Etrangers que nous pouvons exercer la démocratie. La démocratie n'est pas seulement un régime, que j'appellerais socialiste au vrai sens du terme, un régime qui garantit la protection et les droits des Etrangers, mais aussi un régime qui pense et fabrique la loi en fonction des Etrangers. Non pas spécialement pour les Etrangers, mais en fonction de tous les Etrangers, c'est-à-dire en général en fonction de tous ceux qui n'ont a priori ou de facto aucun droit. C'est-à-dire des victimes potentielles. C'est en général pour nous défendre de tout pouvoir arbitraire, mais aussi en tant qu'Etrangers à tout Pouvoir, que nous autres hommes établissons des lois. C'est pour résister aux principes d'Autorité ou de Majorité suffisantes, niant "par principe" les individus. De tout notre être minoritaire, armés de notre seule faiblesse d'hommes, nous manifestons notre résistance. En ne laissant pas les seuls politiciens écrire les lois, par exemple. C'est parce que nous sommes tous des Etrangers minoritaires que nous pouvons exercer cette "force-de-loi" démocratique, qui consiste à légiférer en fonction de ces Etrangers concrets que sont les immigrés, les clandestins, les malades mentaux, les handicapés, et même en général les enfants, parce qu'on sait précisément qu'ils n'ont pas accès à la puissance législatrice. Parce que les enfants sont les faibles et les victimes par excellence. Alors même si nous ne sommes pas tous immigrés, même si nous ne sommes plus des enfants, n'oublions pas qu'en tant que démocrates nous formons toujours une communauté d'Etrangers. Que nous possédions ou non la nationalité française, sachons nous reconnaître en-france membres de cette communauté, qui est aussi bien tout le contraire des sectes et des corporations.

Je fais un rêve, comme dirait l'Autre, celui d'une démocratie u-topique et pourtant bien réelle  : une démocratie-en-france qui serait aussi une démocratie des Etrangers. Hérésie, donc. (20.11.03)

 

Jacobinisme

Titre : Le modèle politique français, la société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours

Auteur : Christophe Premat

Source : http://www.sens-public.org

Philosophe(s) cité(s) : Pierre Rosanvallon

 

L'auteur commence par définir ce qu'il appelle « culture de la généralité » qui est constamment activée dans les discours politiques. La recherche du meilleur régime politique passe par cette volonté d'encadrer les particularités sous une même généralité. On retrouve ce trait politique marquant dans l'élaboration des lois : preuve en est la discussion récente de la réaffirmation de la loi de 1905 avec la distinction entre « ostensible » et « ostentatoire », comme si la loi devait par essence comprendre tous les cas singuliers.
La culture politique de la généralité est explorée sous trois angles, d'abord comme forme sociale (la célébration révolutionnaire du grand tout national), puis comme qualité politique (cette foi dans les vertus de l'immédiateté) et enfin comme procédure de régulation (le culte de la loi). La culture politique française est traversée par le spectre d'un monisme politique appréhendé vaguement par le terme de « jacobinisme ». La construction de l'Etat-nation s'est accompagnée de cette volonté de créer une communauté politique devant gommer les particularités locales, souvent sujettes à prolonger les inégalités de l'Ancien Régime. Ainsi, l'histoire politique française se trouve confrontée à la difficulté d'organiser cette communauté politique sans ressusciter l'esprit corporatiste d'autrefois. > lire la suite

 

Libéralisme

Titre : Libéralisme et démocratie 1 - l'individualisme

Auteur : Catallaxia

Source : http://240plan.ovh.net

Philosophe(s) cité(s) : Aristote, Grotius, Hobbes

 

Que Zeus me foudroie, qu'Hephaïstos me brûle, que le Kraken me mange !
Je pense, à rebours de nombre d'éminents représentants de la liberlishaft, qu'il y a un lien ontologique entre le libéralisme et la démocratie.
Mais enfin, nuls remords, comme Huysmans il me plaît d'être à rebours.
Le libéralisme et la démocratie ont le même point de départ : l'individu.
Loin de penser que la démocratie serait une doctrine ancienne et collectiviste, et le libéralisme une pensée moderne et individualiste, comme le dit Constant, je crois que s'opposent en réalité un organicisme, un holisme, ancien et un individualisme moderne. > lire la suite

 

Malaise

Titre : Malaise dans la culture et démocratie : Sur quelques textes d’une pensée assimilée

Auteur : Claude Amey

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) : Adorno, Finkielkraut, Lipovetsky, etc.

 

 À la suite de la pensée courte et réactionnelle des "nouveaux philosophes", la décennie 80 a vu, au rythme d’une expansion culturelle tous azimuts et médiatique, l’essor d’une pensée plus élaborée, mais tout aussi réconciliatrice. Elle n’est plus exactement cette "vulgate [qui] nous installait... dans une pensée molle, obsessionnellement modeste et faible, qui, portant haut l’étendard de son éminente débilité, faisait de l’incertitude son dernier mot et du minimalisme tout son programme" dixit B. H. Lévy se flagellant devant le miroir sûr qu’il y a du monde derrière [1]. Mais elle bat néanmoins le chemin du retour au giron des grands principes de l’émancipation démocratique "inachevée" (pour cause de travaux, mais à poursuivre à tête reposée après les dernières secousses des marteaux piqueurs) en brûlant toute une théorie d’arrêts pour elle facultatifs. En outre, elle promet de faire autorité sur le marché de l’ "ère du vide", tant que les conditions, dont un horizon d’attente, seront réunies. Or on sait que celles ci ne relèvent pas d’aléas conjoncturels mais d’une mutation en profondeur de la formation sociale, que le présent pressé qui s’érige sur l’érosion de la mémoire historique et sans déploiement d’alternatives, nourrit une inquiétude qui pose la question du sens et donc de la culture. La crise de validité des "grands récits", du savoir et des perceptions du monde, des productions symboliques, téléologiques et systématiques, et les errances légitimes à propos du sort réel et possible des sujets, collectifs comme individuels fournit, au fil de l’eau consumériste, un terreau propice à la gestion adaptée, voire opportuniste, de la pensée et de la création. > lire la suite

 

Médias

Titre : La démocratie française à la dérive

Auteur : Raphaël Lellouche

Source : http://www.desinfos.com

Philosophe(s) cité(s) : Habermas, etc.

 

Ma première thèse est la suivante, qui a l’air triviale : les médias sont en rapport systématique avec l'opinion. Opinion et médias sont, autrement dit, deux notions qu'il est impossible de penser l'une sans l'autre. Mais selon quel rapport ? Il faut partir de deux postulats. Les médias sont fondamentalement les "moyens" (ou "milieux" = sens du latin medium) de communication dans les sociétés de masse. C’est le premier point. D'autre part, les sociétés démocratiques ne fonctionnent pas sur la base de l'autorité, ou de la tradition, mais sur la base de l'existence d'une opinion publique. C’est le second point. Ce n’est pas là une notion évidente, même si elle est d’usage courant. L’opinion publique suppose une "sphère publique" dans laquelle circule ouvertement l'information, de la même manière que les marchandises circulent sur les marchés ouverts.

L’idée de “sphère publique” signifie d’une part la publicité, c'est-à-dire l'être-public, ouvert et accessible, de la pensée - autrement dit la condition d’ouverture, ou encore le mode d’existence à l'état public et déclaré : l’Öffentlichkeit, comme dirait Habermas -, reposant sur le principe de la liberté d’expression, et d’autre part un “lieu” dans lequel l’opinion peut jouir de ce mode d'existence, ce qu’on appelle l’espace public, domaine d’expression et d’échange où elle se forme par la confrontation et la délibération. > lire la suite

 

Parti politique

Titre : Appareils nous voilà ! De la misère des partis politiques

Auteur :  Berger

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) : Marx

 

Les Français, c’est chose connue, passent leur temps à voter. Au printemps 1995, en moins de deux mois, ils ont été appelés quatre fois dans les isoloirs : à deux reprises pour désigner un président, deux fois encore pour élire leurs dirigeants municipaux. A défaut d’apporter le changement promis ici et là, ce foisonnement de scrutins nous fournit d’utiles renseignements sur un phénomène qui, dépassant les limites de l’hexagone, a une dimension européenne : le divorce qui s’instaure, à une vitesse croissante, entre les partis politiques classiques et les grands courants de ce qu’il est convenu d’appeler l’opinion publique. > lire la suite

 

Participation

Titre : Démocratie délibérative et démocratie participative : une lecture critique

Auteur : Loïc Blondiaux

Source : http://www.chaire-mcd.ca

Philosophe(s) cité(s) : divers

Pourquoi Réfléchir aux évolutions de la démocratie participative locale dans un pays comme la France oblige à faire un constat : celui du décalage entre l’importance des enjeux soulevés par la question de la participation, le consensus dont fait l’objet cette idée aujourd’hui et la pauvreté des concepts, des cadres théoriques et des moyens dont les acteurs disposent pour penser cette réalité nouvelle. Après avoir confronté ces deux réalités, j’ouvrirai dans un troisième et dernier temps la réflexion sur un certain de nombre de questions, auxquelles sont confrontées aujourd’hui toutes les expériences de démocratie participative et qu’il convient pour les acteurs de résoudre au préalable, d’un point de vue théorique comme d’un point de vue pratique, s’ils souhaitent donner un sens à cet idéal de démocratie participative locale, aujourd’hui et maintenant, dans nos démocraties modernes. > lire la suite

 

Présidence

Titre : La dimension sacrée de la légitimation politique : l'incarnation présidentielle

Auteur : Olivier Rouquan

Source : http://www.sens-public.org

Philosophe(s) cité(s) : M. Weber, etc.

 

Le discours politique recouvre, lorsqu'il s'appuie sur un mythe, une dimension sacrée [1] et apparaît comme marqueur privilégié et invariant de l'identité collective. Á cet égard, « le langage du pouvoir relie d'abord la vie sociale au temps, en convoquant le passé et l'avenir pour légitimer l'organisation politique » [2]. Ainsi, ce niveau de significations ne se limite t il pas à ériger l'horizon des activités politiques, il établit un lien entre passé, présent et futur, et ce faisant donne un rythme aux activités sociales. La construction d'un métronome s'affirme comme le complément nécessaire à la domestication de l'angoissante question de la mort donnant un contenu planifié à la vie. De ce point de vue, le pouvoir apparaît nécessaire, incontournable, parce qu 'il offre une réponse collective et culturelle au déterminisme biologique de la finitude. En donnant une interprétation de ce qui apparaît comme le plus mystérieux, la disparition, l'univers symbolique se présente comme matrice des scansions déterminantes de la temporalité (succession passé, présent et futur)[3]. > lire la suite

 

République

Titre : Impasse de la République

Auteur : Denis Berger

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) :

 

L’ethnologue, étranger à notre planète, qui étudierait l’Europe et, plus particulièrement, la France ne manquerait pas de conclure son enquête par une formule scientifique : « Tout fout le camp ». En effet, si l’on additionne le chômage, le mal-être des jeunes, les agressions contre les immigrés, la lente progression du racisme, il ne reste guère d’indices des mérites du libéralisme. Et le tout s’inscrit dans une crise de la représentation qui tend à se muer en crise de la démocratie parlementaire. L’implosion de la première république italienne, le discrédit généralisé du personnel politique belge sont les symptômes les plus éclatants d’un mal qui, avec une intensité variable, touche tous les États. Qui plus est, aucune solution de rechange n’est proposée : qui croit aujourd’hui à l’efficacité transformatrice de la gestion social-démocrate ? Quant au communisme réellement subsistant, il lui faudra plusieurs mutations pour espérer redevenir une force de masse.
Pour les naïfs que nous sommes, la seule issue est une recréation de la démocratie. Entendons par là son élargissement du politique au social : il s’agit, à tous les niveaux, de l’entreprise à l’école, dans les rapports entre hommes et femmes, de donner à tous les moyens de prendre en main leurs affaires et de contrôler leurs délégués dans les diverses instances. La tâche est difficile car cette démocratie-là n’a jamais existé de façon institutionnelle (tout au plus en a-t-on vu, brièvement, les embryons dans les moments de crise révolutionnaire). Pourtant, seule cette solution est adaptée à l’évolution actuelle du monde tel que le structure le capitalisme. Seule elle est en mesure de faire face aux conséquences de l’exploitation et de l’oppression actuelles, d’apporter enfin une réponse au problème du pouvoir. > lire la suite

 

 

Titre : La crise de l’idée républicaine

Auteur : Roger Martelli

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) :

 

Les années qui ont entouré le bicentenaire de la Révolution française ont vu fleurir les réflexions sur la République et son idée. Et les occasions ne manquent pas, de « démarche citoyenne » en « pacte républicain », pour remuer les cendres d’où peut toujours jaillir l’étincelle. Car la politique française ne semble pas en avoir fini avec ces élans passionnés par lesquels, tantôt on célèbre la Révolution enfin close, tantôt on invoque le grand réveil des Républicains. Pourtant, les éléments se multiplient aussi, qui laissent supposer que des références anciennes ne fonctionnent plus avec la même vigueur, que les thématiques du républicanisme militant s’estompent au profit des représentations plus tranquilles de la « démocratie apaisée ». Le temps ne serait-il pas venu de cette « République du centre » par laquelle la vie politique se banalise, pour précipiter la fin de « l’exception française » [1] ? Mais cette République sans la Révolution n’est-elle pas, à bien des égards, l’atonie prévisible de l’idée républicaine et l’étouffement de la République tout court [2] ? > lire la suite


 

Révolutions

Titre : Du bon usage des révolutions en régime démocratique

Auteur : Jean Zin

Source : http://perso.wanadoo.fr/marxiens

Philosophe(s) cité(s) : Hegel, Legendre, Gauchet

 

A l'ère du ready made et de la technique automatisée, d'une abondance trop facile de marchandises transitoires et de plaisirs fades, on pourrait s'attendre à ce que tout soit plus facile, s'acheter une personnalité, devenir le héros d'une aventure sur catalogue et assurée tout risque, ou même une vraie Révolution Assistée par Ordinateur. Qu'on se détrompe ! plus l'on vient tard, plus on est civilisé et plus il est difficile d'échapper à la norme, d'oser une véritable dissidence, à l'écart des emportements de la foule démocratique, et qui ne se réduise pas à l'affirmation de sa différence ou à des poses extrémistes spectaculaires. Plus on a connu de libérations, de traditions révolutionnaires, plus il est difficile de s'en distinguer, redonner vie et sens à des mots usés tombés dans des mains ennemies, plus le monde est à refaire. Le premier obstacle à la révolution et à la liberté deviennent en effet l'idéologie révolutionnaire et l'idéologie de la liberté qu'il faut vaincre d'abord, autant dans leur versant de droite d'apologie de l'ordre établi, que dans l'extrémisme de gauche armé de son bon droit sans limite. C'est pourquoi il faut réfuter non seulement l'idéologie libérale mais aussi l'idéologie libertaire pour sauver nos libertés concrètes. Aucune procédure ne peut s'y substituer, car prétendre garantir le caractère démocratique des décisions par ses caractères formels, c'est permettre du même coup toutes les usurpations. > lire la suite

 

Totalitarisme

Titre : La négation post-totalitaire de la démocratie

Auteur : Jean Zin

Source : http://perso.wanadoo.fr/marxiens

Philosophe(s) cité(s) : Jean-Pierre Le Goff

 

Ce livre (La démocratie post-totalitaire, Jean-Pierre Le Goff, La découverte, 2002) est important par sa description précise des glissements idéologiques successifs, depuis Mai 68 jusqu'au néolibéralisme, par l'entremise de l'anti-totalitarisme identifiant pouvoir et domination. C'est ce qui caractérise comme "post-totalitaire" la désagrégation de la démocratie par l'inversion en miroir des logiques totalitaires plutôt que leur simple reproduction. C'est par sa réussite que la démocratie semble se détruire elle-même. "Rien n'échoue comme le succès" rappelle aussi Marcel Gauchet dans "La démocratie contre elle-même ". Je me réjouis que s'élabore enfin une véritable critique des idéologies libertaires que j'appelle de mes voeux depuis quelque temps, pour comprendre en quoi  le désastre de cette génération ne vient pas tant de nos adversaires que de nous-mêmes. L'analyse historique rejoint ce que j'avais dénoncé moi-même en 99 d'un refoulement de la totalité, et surtout le rôle de l'anti-totalitarisme comme dénégation du pouvoir dans la domination actuelle (Du bon usage des révolutions en régime démocratique ). Sauf que Jean-Pierre Le Goff ne va pas jusqu'à reconnaître un cycle, une dialectique, un retour des révolutions. On doit bien admettre pourtant que le totalitarisme se voulait lui-aussi une négation de ce qui précédait, de l'échec de la démocratie libérale ploutocratique, comme nous devons nous opposer aujourd'hui au post-totalitarisme. > lire la suite
 

 

 

Accueil | Brèves du jour | La Philo sur Internet | Enseigner la Philo | Apprendre la Philo | Evénements | Publications | Philosophes français | Etudes françaises | De la Philosophie | Sujet et Subjectivité | Dictionnaire de l'Amitié | Contact