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Barbarie -
Citoyenneté - Communautarisme -
Controverse - Concept -
Démocratie - Ecole (1) -
Ecole (2) - Ecole (3) -
Egalité - Historique (1)
- Historique (2) - Liberté
- Principe - République
(1) - République (2) -
Synthèse - Tolérance -
Liens
Barbarie
Titre : M. Alain FINKIELKRAUT : CULTURE ET BARBARIE
Auteur : Joël Gaubert (Compte-rendu d'une
conférence de A. F. à LA SOCIÉTÉ NANTAISE DE PHILOSOPHIE)
Source :
http://www.ac-nantes.fr
Philosophe(s) cité(s) :
(Extrait)
C’est ainsi que le débat en est venu à la
question de la laïcité, notamment dans le contexte de la construction d’une
Europe qui ne semble pas disposée à admettre l’ " exception française " en
la matière, surtout pour ce qui est de l’école. Contre l’idée que les
sociologues et autres " pédagogues " qui se montrent partisans de
l’admission du voile islamique à l’école, par exemple, seraient ennemis du
principe même de laïcité, A. Finkielkraut fait remarquer que c’est leur
référence principielle à l’identité sociale (et non à la spiritualité
religieuse elle-même) qui met dangereusement en cause le principe même de
toute institution et donc, ici, de l’école elle-même. Sur ce point
névralgique pour la fondation du vivre ensemble, comme dans la plupart des
autres domaines, force est de constater que le libéralisme procédural (dont
se réclame l’État français lui-même pour " tolérer " à l’école des signes
religieux distinctifs, au nom des libertés individuelles) bien loin de
s’opposer, comme il le prétend, au communautarisme substantiel, n’en
constitue que le cheval de Troie faussement démocratique, fort éloigné en
tout cas de la conception républicaine de la laïcité. L’actuelle
construction de l’Europe étant doublement soumise au principe libéral de la
loi du marché et au principe communautarien de la foi des communautés, il
devient de plus en plus nécessaire de se référer au principe de la
souveraineté nationale, notamment pour faire respecter, voire faire primer
en Europe, la conception et la pratique françaises de la laïcité. >
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Citoyenneté
Titre : La communauté des citoyens, utopie créatrice
Auteur :
Dominique Schnapper
Source :
http://www.communautarisme.net
Philosophe(s) cité(s) : divers
Il ne faut pas être angélique ou exagérément naïf. La réalité
sociale n'est jamais conforme à l'Idée.
Les communautés rassemblent des personnes autour d'une religion, d'un goût,
d'une fidélité historique commune, elles sont concrètes. Former une
"communauté linguistique" en parlant la même langue, une
"communauté historique" en pensant qu'on prolonge la même histoire, une
"communauté religieuse" en partageant la même croyance sur le
destin de l'homme ou une "communauté ouvrière" en connaissant la
même condition sociale et le même projet de vie ; autant de communautés
différentes mais qui ont en commun de réunir des personnes proches les unes
des autres par un passé ou un projet communs. Quand les communautés sont de
petite taille, leurs membres entretiennent entre eux des relations directes
et intenses, positives ou négatives.
La communauté des citoyens n'est pas une communauté en ce sens, puisqu'elle
ne rassemble pas des personnes physiques, mais des sujets de droit. Le
citoyen n'est pas un être concret. On ne rencontre pas plus le citoyen que
l'homme de la Déclaration des droits de l'homme, celui dont Joseph de
Maistre disait : "Il n'y a point d'homme dans le monde. J'ai vu dans ma
vie des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même grâce à
Montesquieu qu'on peut être persan ; mais quant à l'homme, je déclare ne
l'avoir rencontré de ma vie." >
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Communautarisme
Titre : Vous avez dit «communautarisme» ?
Auteur : Pierre-André Taguieff
Source :
http://www.communautarisme.net
Philosophe(s) cité(s) : divers
Le terme «communautarisme» est utilisé,
surtout en langue française (depuis les années 1980), pour désigner avec une
intention critique toute forme d'ethnocentrisme ou de sociocentrisme, toute
autocentration de groupe, impliquant une autovalorisation et une tendance à
la fermeture sur soi, dans un contexte culturel dit «postmoderne» où
l'«ouverture», et plus particulièrement l'«ouverture à l'autre», est
fortement valorisée – ce qui redéfinit l'orientation «cosmopolite». Par
ailleurs, le «communautarisme» est défini par ses critiques comme un projet
sociopolitique visant à soumettre les membres d'un groupe défini aux normes
supposées propres à ce groupe (telle «communauté»), bref à contrôler les
opinions et les comportements de tous ceux qui appartiennent en principe à
ladite «communauté». La tyrannie de telle ou telle «communauté» est un
phénomène social observable. Rappel à l'ordre communautaire : l'injonction
«tu dois penser et vivre à l'image de ta communauté» est souvent lancée à
des individus supposés prendre «trop de libertés» avec ce qu'il est
communautairement convenu de faire et penser. Autre traduction possible, en
éthique de l'authenticité : «Sois ce que tu es», le sous-entendu étant que
mon «être» m'est donné par l'ensemble de mes appartenances.
«Communautarisme» s'oppose donc à la fois à «individualisme» et à
«cosmopolitisme». Mais le terme «communautarisme» désigne aussi une
idéologie dont la fonction est de légitimer la reconstruction de groupements
d'individus selon leurs origines, précisément des «communautés», dans le
cadre des États-nations modernes fondés sur le principe normatif de
l'homogénéité culturelle et ethnique, donc dans un espace politique
postcommunautaire. En ce sens, «communautarisme» s'oppose à «nationalisme»
ou à «nationisme». La «communautarisation» constitue une contestation
interne de la construction nationale. >
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Controverse
Titre : Aux origines des controverses sur la laïcité
Auteur : Alain Gresh
Source :
http://www.monde-diplomatique.fr
Philosophe(s) cité(s) : divers
« La séparation ? Vous n'êtes pas sérieux. Il faudra
encore vingt ans. » Paris, printemps 1903. La
Chambre des députés vient d'élire une commission chargée de proposer une loi
sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Pourtant, Emile Combes, le
président du Conseil, exprime ses doutes. Sous la IIIe République, une
commission n'est-elle pas le meilleur moyen d'enterrer un problème ? Pas
cette fois, car, deux ans plus tard, le 9 décembre 1905, la loi de
séparation sera promulguée. Un siècle après, qui se souvient des conditions
dans lesquelles la laïcité s'est s'imposée en France ?
Après l'effondrement de l'empire de Napoléon III en 1870, l'écrasement de la
Commune de Paris et les échecs des tentatives de rétablissement de la
monarchie, une majorité républicaine s'installe aux commandes en 1879. Cela
va permettre l'adoption d'une série de mesures en faveur de la laïcisation :
suppression du repos dominical obligatoire (1879), lutte contre les
congrégations religieuses et sécularisation des cimetières (1881),
autorisation du divorce (1884) et surtout extension de l'enseignement public
menée par Jules Ferry. En 1882, l'école primaire devient gratuite et
l'instruction obligatoire, tandis que l'enseignement religieux est interdit
dans les établissements primaires d'Etat. Enfin, en 1886, l'enseignement est
confié uniquement à un personnel laïque.
Comme le souligne Alain Boyer, « la laïcité est devenue un mot d'ordre
qu'on ne peut comprendre que par opposition au cléricalisme triomphant au
XIXe siècle lorsque l'Eglise (...) a cherché à diriger les Etats et à
imposer une politique chrétienne (1) ». Pour la majorité républicaine,
il ne s'agissait pas d'écraser les religions, mais de limiter le pouvoir de
l'Eglise catholique, alliée des royalistes, en s'appuyant au besoin sur
d'autres confessions, notamment sur les protestants... >
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Concept
Titre : La philosophie française et la laïcité
Auteur :
Catherine Kintzler
Source :
http://www.communautarisme.net
Philosophe(s) cité(s) : divers
La laïcité n'est ni un contrat, ni un
courant de pensée au sens ordinaire du terme, ni une « exception culturelle
». C'est un concept philosophique qui, à la différence de l'idée de
tolérance, n'a pas pour objet de faire coexister les libertés telles
qu'elles sont dans une société donnée, mais de construire un espace a priori
qui soit la condition de possibilité d'une telle coexistence. On tente de
montrer que ce concept fonctionne de façon analogue à une sorte de vide
expérimental : il est possible de former une association politique sans
s'appuyer sur des communautés préexistantes de sorte que le principe de
dissolution du lien social soit constitutif du lien politique. Plus
largement, le concept suppose une position critique qui engage une
dialectique du doute et une conception des humanités. Enfin, la laïcité
n'ayant pas de pire ennemi que la religion civile, on suggère que la
sacralisation actuelle du lien social et plus généralement de la simple
forme du religieux est une variante moderne de théologico-politique. >
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Démocratie
Titre : Démocratie, religion et philosophie
Auteur : Sylvain Reboul
Source :
http://sylvainreboul.free.fr
Philosophe(s) cité(s) :
On fait souvent le reproche à la
philosophie de critiquer la religion et donc de manquer au principe de
tolérence comme si la tolérence supposait l'abandon du principe de la libre
critique des idées et comme s'il n'était pas dans les attributions de la
philosophie occidentale (et qu'on le veuille ou non, nous sommes des
occidentaux et nous n'avons pas a en avoir honte), depuis toujours, de
refuser par principe toute idéologie dogmatique extra-rationnelle au nom de
la raison et de l'expérience du bien-vivre avec soi et les autres en ce
qu'elle a d'universalisable. Je prétends en effet que la religion (que je
distingue des convictions personnelles non-rationnelles), en tant que
machine de pouvoir idéologique (églises, rituels, dogmes, pouvoir de menace
symbolique, voire réelle) prétendant définir le devoir-être pour tous, et
donc jouer es qualité un rôle politique, , est aujourd'hui en droit et en
fait un obstacle à la définition raisonnable des règles de justice
collective et des règles de l'éthique personnelle.
En droit: rien n'autorise les croyants et les prêtres d'une église à décider
du mode de vie des non-croyants, ce qu'ils prétendent trop souvent
faire dans tous les domaines des grands problèmes de moralité publique:
l'avortement, l'utilisation de la génétique et des bio-technologiques, les
relations sexuelles, voire d'intérêt, la représentation du corps
etc... Leur seul droit est de montrer en quoi les positions pour lesquelles
ils militent sont rationnelles, c'est à dire conforme aux conditions
générales de la vie démocratique (droits de l'homme), y compris du
point de vue des non-croyants; dans ces conditions, alors ils
n'interviennent plus en tant que religieux, mais au titre de citoyens
ordinaires raisonnables qui argumentent leur point de vue en dehors de tout
allégeance religieuse particulière. Et ils doivent accepter de voir
leur croyances invalidées en tant qu'argument d'autorité sans fondement
rationnel universalisable et renoncer au prétendu droit de faire de leur
religion un argument politique. >
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Ecole (1)
Titre : Honneur et gloire à l’école laïque
Auteur : Laïcité, La ligue
Source :
http://www.laicite-laligue.org
Philosophe(s) cité(s) : divers
Pour les républicains, la question de l’Ecole est décisive.
Elle ne se réduit pas à la « question scolaire » [lien vers la question
scolaire] comprise comme le refus du financement public de l’enseignement
privé. La question de l’Ecole est plus large et plus profonde. Pour que le
peuple soit souverain, il faut qu’il soit éduqué. Il faut former des
citoyens et pas seulement instruire de futurs salariés dotés de compétences
purement techniques. Tout enfant, devenu élève, doit disposer d’un temps et
d’un espace réservés, en retrait de la vie sociale, pour mieux avoir le
loisir de comprendre cette vie sociale. Régis Debray n’hésitera pas à
qualifier ce temps et cet espace de « sacrés ». Proudhon liait le règne du
peuple, la démocratie au vrai sens du terme, à son éducation, qu’il appelait
« démopédie ». Ce thème est une constante majeure. On peut au moins remonter
à L’Esprit des Lois de Tocqueville « C’est dans le gouvernement républicain
que l’on a besoin de toute la puissance de l’éducation » et au Contrat
social de Jean-Jacques Rousseau « C’est l’éducation qui doit donner aux âmes
la forme nationale », c’est-à-dire former des citoyens. >
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Ecole (2)
Titre : L'enseignement du fait religieux à l'école
publique
Auteur : Laïcité, La ligue
Source :
http://www.laicite-laligue.org
Philosophe(s) cité(s) : divers
Depuis quinze ans diverses propositions
d’enseignement des religions à l’école publique ont vu le jour. Le premier
dossier destiné au grand public fut publié dans le « Monde de
l’éducation » de novembre 1986. Le premier rapport officiel à l’évoquer
fut celui du recteur Philippe Joutard remis au Ministre de l’Education
Nationale en septembre 1989. "Sous sa présidence, un important colloque est
organisé en novembre 1991 à Besançon par le C.R.D.P. et la Ligue de l'Enseigenemnt
sur le thème " Enseigner l'histoire de religions dans une démarche laïque".
Aux dossiers, aux rapports, et colloques s'est ajoutée une foule d’émissions
de télévision et de radios, et plusieurs livres. On trouvera le plaidoyer le
plus argumenté en faveur de cet enseignement dans « Pour une mémoire des
religions » dirigé par F. Boespflug, F. Dunand et J-P Willaime
(Editions La Découverte). C’est le thème d’un chapitre important du livre de
Guy Coq «Laïcité et République. Le lien nécessaire » (Editions du
Félin). La revue Panoramiques a présenté tous les points de vue sur le sujet
dans son numéro 2, paru en 1991 et intitulé « Les religions au lycée: le
loup dans la bergerie? ». Les colloques se sont également multipliés.
Un des plus importants s’est tenu à l’Ecole du Louvre en 1996. Ses actes
« Forme et sens. La formation à la dimension religieuse du patrimoine
culturel » ont été publiés par la Documentation Française. Les deux
plus récents furent organisés par La Vie et le CEVIPOF le 17 novembre 2001
et par l ‘Association des journalistes informateurs religieux les 4 et 5
décembre 2001. >
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Ecole (3)
Titre : Rapport de mission - L'enseignement du fait
religieux dans l'école laïque
Auteur : Régis Debray
Source :
http://www.education.gouv.fr
Philosophe(s) cité(s) : divers
Apparent consensus. L'opinion française, dans sa
majorité, approuve l'idée de renforcer l'étude du religieux dans l'École
publique. Et pas seulement pour cause d'actualité traumatisante ou de mode
intellectuelle. Dès les années 1980-1990, débouchant sur le rapport du
recteur Joutard de 1989, les raisons de fond ont été maintes fois et sous
divers angles développées qui militent, en profondeur, pour une approche
raisonnée des religions comme faits de civilisation.
Argumentaire connu. C'est la menace de plus en plus sensible d'une
déshérence collective, d'une rupture des chaînons de la mémoire nationale et
européenne où le maillon manquant de l'information religieuse rend
strictement incompréhensibles, voire sans intérêt, les tympans de Chartres,
la Crucifixion du Tintoret, le Don Juan de Mozart, le Booz endormi
de Victor Hugo, et la Semaine Sainte d'Aragon. C'est l'aplatissement,
l'affadissement du quotidien environnant dès lors que la Trinité n'est plus
qu'une station de métro, les jours fériés, les vacances de Pentecôte et
l'année sabbatique, un hasard du calendrier. C'est l'angoisse d'un
démembrement communautaire des solidarités civiques, auquel ne contribue pas
peu l'ignorance où nous sommes du passé et des croyances de l'autre, grosse
de clichés et de préjugés. C'est la recherche, à travers l'universalité du
sacré avec ses interdits et ses permissions, d'un fonds de valeurs
fédératrices, pour relayer en amont l'éducation civique et tempérer
l'éclatement des repères comme la diversité, sans précédent pour nous, des
appartenances religieuses dans un pays d'immigration heureusement ouvert sur
le grand large. >
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Egalité
Titre : Laïcité et égalité, leviers de l'émancipation
Auteur :
Henri Pena-Ruiz
Source :
http://www.communautarisme.net
Philosophe(s) cité(s) : divers
A propos des lois politiques, le curé
Lacordaire a dit l'essentiel : « Entre le fort et le faible, c'est la
liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Ainsi, en période de
chômage, la loi qui réglemente le licenciement protège les salariés contre
le diktat de la force économique. Dans une communauté de droit comme la
République, la loi politique, vecteur de l'intérêt général, permet de
soustraire les rapports des hommes à l'empire multiforme de la force. La
laïcité réalise une telle exigence, et ne favorise ainsi que ce qui est
d'intérêt commun. Elle promeut, avec l'autonomie morale et intellectuelle
des personnes, la liberté de conscience, ainsi que la pleine égalité de
leurs droits, sans discrimination liée au sexe, à l'origine ou à la
conviction spirituelle.
La laïcité n'a jamais été l'ennemie des religions, tant que celles-ci
s'expriment comme démarches spirituelles et ne revendiquent aucune emprise
sur l'espace public. La séparation juridique de la puissance publique d'avec
toute Eglise et tout groupe de pression, qu'il soit religieux, idéologique
ou commercial, est pour cela essentielle. L'école publique et l'ensemble des
services publics doivent être protégés contre toute intrusion de tels
groupes de pression.
Il s'agit aujourd'hui de savoir si un espace public vecteur d'émancipation
va pouvoir subsister. Qui ne voit que la valorisation excessive des
différences, si constamment à la mode, conduit à la guerre ? En période de
tensions sociales et internationales, il est grave de laisser croire que ces
« différences » doivent pouvoir s'exprimer n'importe où, sans conditions. On
expose ainsi les personnes qui entendent rester libres, et refusent tout
fanatisme de la différence religieuse ou culturelle, à être couvertes de
honte, stigmatisées, voire agressées. >
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Historique (1)
Titre : L’alliance tumultueuse du trône et de l’autel
Des origines à la Révolution française
Auteur : Laïcité. La ligue
Source :
http://www.laicite-laligue.org
Philosophe(s) cité(s) : divers
La civilisation celtique a couvert la
quasi totalité de l’Europe tempérée à l’époque de l’âge du bronze, et
surtout de l’âge du fer. Un ensemble complexe de rites, de symboles, de
mythes accompagne tous les actes de la vie quotidienne des habitants de
l‘Europe des Celtes. Les druides, poètes et astronomes, sont chargés de la
conduite des cérémonies religieuses. Ces pratiques et ces croyances sont
assez semblables à celles que l’on retrouvera plus tard chez les Germains et
les Slaves. Jules César, dans sa Guerre des Gaules, pourra identifier les
divinités celtiques par leur nom romain. L’époque gallo-romaine verra
s’accentuer cette identification. Une culture trouvant ses sources en Grèce
se répand dans tout le continent. >
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Historique (2)
Titre : À propos de la laïcité française
Auteur :
Gérard Cholvy
Source :
http://www.esprit-et-vie.com
Philosophe(s) cité(s) : Descartes,
Condorcet, Comte
Nous savons, nous, maintenant, qu'en ce
qui concerne les relations entre le temporel et le spirituel, l'Église et
l'État, il faut remonter aux paroles mêmes de Jésus : « Rendez à César ce
qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. » Mais des
siècles de confusion selon les uns, de collusion selon les autres, ont
obscurci ce fondement de la séparation qu'on ne trouve point dans les autres
monothéismes. On a pu parler du couple « onction, sanction ». Onction par
l'Église. Chez nous, depuis 496, avec le baptême de Clovis et le sacre de
Reims. Sanction par l'État ou le bras séculier, le monarque étant, selon la
version française sous Louis XIV, le « lieutenant » c'est-à-dire le « tenant
lieu » de Dieu. Conception renforcée par l'argumentaire du gallican Bossuet.
En pays protestant, le prince est le chef de l'Église (Angleterre), le
summus episcopus, évêque du dehors chez les luthériens du Centre et du Nord
de l'Europe. Aussi fort, ou plus, est encore le lien entre le souverain et
la religion dans le monde de l'orthodoxie.
Trois philosophes sont à l'origine de la laïcité française. >
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Liberté
Titre : La liberté de religion, de pensée et de croyance
Auteur : Christophe André
Source :
http://www.prepa-isp.fr
Philosophe(s) cité(s) :
La liberté de religion, de pensée et de
croyance peut à certains égards être considérée comme un aspect de la
liberté d'expression... >
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Principe
Titre : Principes fondateurs et définition de la laïcité
Auteur :
Henri Pena-Ruiz
Source :
http://www.communautarisme.net
Philosophe(s) cité(s) : divers
Le mot laïcité et le sens du principe
qu'il recouvre.
La Laïcité, Henri Pena-Ruiz, Flammarion, 2003 La question primordiale :
quel type d'union, fondée en droit, pour des êtres dont les convictions
spirituelles sont diverses ? L'unité du laos, selon l'étymologie grecque est
celle d'une population dont nul individu ne se distingue des autres par des
droits ou des pouvoirs particuliers. Le simple laïc, dès l'époque médiévale,
est l'homme du peuple, croyant ou non, distinct du clerc, qui quant à lui
est dépositaire d'une fonction repérable dans l'administration du sacré. Le
principe laïque d'union du peuple, on le verra, traduit l'indifférenciation
des simples « laïcs » en valeurs fondatrices de la Cité : liberté de
conscience, égalité de tous, indivisibilité d'un corps politique fondé sur
l'identité universelle des droits détenus par chacun. Un tel principe n'est
donc nullement contradictoire avec la foi religieuse, puisqu'il construit
l'ordre politique en faisant abstraction des positions spirituelles des uns
et des autres. >
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République (1)
Titre : Aux sources de la culture républicaine
Auteur : Guy Gauthier
Source :
http://www.laicite-laligue.org
Philosophe(s) cité(s) :
Cette courte formule, énoncée au temps de
la Révolution française par Rabeau Saint-Étienne, souvent reprise par la
suite, explique comment la nation française, construction historique
rassemblant des peuples différents, parlant des langues différentes,
dépositaires de traditions originales et fortes, s'est affirmée hors de
toute référence linguistique, territoriale et culturelle, sur la base de
principes respectueux des droits fondamentaux et des règles du "vivre
ensemble". Quelques aventures militaires, des traités signés par des
souverains ambitieux ou pusillanimes, ont déterminé les frontières d'un
territoire proclamé désormais indivisible. On arrête là : désormais, ce ne
sont ni la langue, ni la race, ni les traditions, ni la culture, qui fondent
la nation, mais le libre choix de citoyens ayant choisi de vivre ensemble,
quitte à s'aménager des espaces d'affinité respectueux des règles
républicaines. À l'opposé, la nation "ethnique", fondée sur une histoire
unitaire réelle ou mythique, sur une langue, une religion, des traditions,
repliée sur elle-même, donc moins ouverte sur l'universel. >
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République (2)
Titre : Unité et laïcité de la République
Auteur : Claude Nicolet
Source :
http://www.laicite-laligue.org
Philosophe(s) cité(s) :
Pour les républicains, la première
qualité de l’État est son unité, ou plutôt son unicité : comme la
souveraineté, comme la République, comme la loi. Sont significatives, en ce
sens les déclarations de Portalis, principal concepteur du Code civil, dans
son discours préliminaire. Il montre dans la Révolution le mouvement qui,
grâce à l’unification du droit, avait substitué à « des États » multiples «
un État », comme aux provinces elle avait substitué une nation. Au-delà des
différences ethniques et historiques des provinces, l’unité juridique est la
garantie d’une autre unité : cette unité culturelle, spirituelle et morale,
dont Gambetta a donné la plus exacte et la plus lyrique définition dans son
fameux discours d’Annecy en 18721. >
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Synthèse
Titre : 3 questions à... Jean Baubérot
Auteur :
Jean Baubérot
Source :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr
Philosophe(s) cité(s) :
Fruit d’une longue histoire conflictuelle
opposant tout au long du XIXe siècle deux visions de la France - celle de
ceux qui veulent que la France redevienne «la fille aînée de l’Église
(catholique)» et celle de ceux qui pensent que la France moderne doit être
la fille de la Révolution de 1789 - jusqu’à la loi de séparation qui permet
une pacification progressive de ce «conflit des deux France» et la
construction de ce que j’appelle «le pacte laïque, la laïcité c’est, à la
fois, un règlement juridique et un art de vivre ensemble.
Si l’on s’en tient au règlement juridique, la laïcité m’apparaît constituée
de trois principes essentiels: le respect de la liberté de conscience et de
culte; la lutte contre toute domination de la religion sur l’État et sur la
société civile ; l’égalité des religions et des convictions les
«convictions» incluant le droit de ne pas croire. Il faut arriver à tenir
ensemble ces trois préceptes si l’on veut éviter toute position arrogante et
péremptoire. Mais évidemment, dans la pratique, les acteurs ont tendance à
privilégier l’un ou l’autre de ces trois principes : les croyants se
réfèrent surtout à la liberté de culte; les agnostiques (et les
anticléricaux) s’appuient plutôt sur la lutte contre la domination des
religions; quant aux minoritaires, ils insistent sur l’égalité des religions
et des convictions. >
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Tolérance
Titre : Que veut dire la laïcité?
Auteur : Denis Collin
Source :
http://denis-collin.viabloga.com
Philosophe(s) cité(s) : divers
Le combat pour la liberté de conscience
comme principe politique remonte sans aucun doute à la Réforme et aux
guerres de religion qui ont ensanglanté l’Europe. Progressivement a émergé
l’idée du primat de la conscience individuelle dans les questions
religieuses : la religion ne peut plus être imposée aux individus. Le
christianisme n’est pas totalement étranger à cela, puisque le principe du
consentement individuel y est essentiel et la foi ne peut reposer que sur
cette adhésion du coeur et sur ce libre arbitre dont Augustin a été l’un des
premiers grands penseurs. Il reste que, historiquement, le christianisme
s’est imposé comme religion l'État, l'Église se présentant comme l’héritière
de l’Empire romain, un empire qui s’étend sur les consciences, ce que les
pires tyrans parmi les anciens empereurs n’avaient jamais prétendu... On
peut dire que premier acte est l’adoption du principe « cujus regio, ejus
religio » selon lequel les sujets doivent avoir la religion de leur prince.
Cela signifie que l’autorité n’appartient plus obligatoirement au Pape,
intermédiaire entre Dieu et les fidèles, mais au pouvoir politique «
national ». La souveraineté céleste est en train de redescendre sur Terre.
Le deuxième acte est l’adoption de fait ou de droit du principe de
tolérance. On ne reviendra pas sur l’édit de tolérance dit édit de Nantes
qui autorise en France, en certains lieux définis, la pratique de la RPR
(religion prétendument réformée!) Ce principe de tolérance s’applique très
tôt dans les Provinces Unies et en Angleterre. Mais on doit en souligner
immédiatement les limites : il s’agit de la liberté accordée aux religions
monothéistes, c’est-à-dire aux diverses sectes chrétiennes et aux juifs. Par
exemple, le traité d’Utrecht (1579) affirme : « tout individu doit être
libre dans sa propre religion, et personne ne doit être molesté ou inquiété
pour des questions de culte ». Mais cette liberté de principe était de fait
sujette à restrictions. Quand, en 1619, la cité d’Amsterdam finalement
reconnaît officiellement aux Juifs le droit de pratiquer leur religion, elle
leur impose de maintenir une stricte observance de leur orthodoxie,
d’adhérer scrupuleusement à la loi mosaïque et de ne pas tolérer de
déviations de la foi en un « Dieu créateur tout puissant ». À la place,
d’une orthodoxie, on a maintenant plusieurs orthodoxie. Mais les «
hétérodoxes » n’échappaient pas aux sanctions et aux condamnations, ainsi un
Juif d’origine portugaise, Uriel da Costa, arrêté par les autorités
d’Amsterdam et condamné à une amende pour un de ses livres considéré comme
un affront au christianisme et au judaïsme qui se suicida en 1640. >
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Liens
>
La laïcité - La Documentation française
>
Laïc.info,
Le site d'information sur la laïcité
>
Loi concernant la séparation des Eglises et de l'Etat
(légifrance)
>
Observatoire du communautarisme
>
http://www.laicite-laligue.org
08/06/2007
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