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Antiaméricanisme
Titre : Chronique. Semaine du 2 au 8 septembre 2002
Auteur : ?
Source :
http://www.dedefensa.org
Philosophe(s) cité(s) : JeanFrançois
Revel, Emmanuel Todd
Le débat
Revel-Todd est bien significatif. Il se fait entre deux auteurs dont
l'intelligence est au-dessus de tout soupçon. Il est significatif de la
démarche française, en ce moment comme à tant d'autres moments. Dans les
bruits du désordre de l'histoire lorsqu'elle menace de devenir chaos, les
Français, — disons, les intellectuels français, c'est plus sûr, — prennent
grand soin de poser leurs bardas, ou leurs stylos, et de s'asseoir, et de
s'interpeller : causons, maintenant. Cela, après avoir écrit un livre ou
avant d'écrire un livre ; et, si possible, devant des caméras de télévision.
En fait
d'antiaméricanisme, ils n'en parlent pas vraiment. Ils parlent de
l'Amérique, ce qui est un sujet honorable, ils parlent des erreurs ou, c'est
selon, des qualités de l'Amérique, des critiques justes qu'on peut lui faire
ou des calomnies qu'on déverse sur elle. Ils parlent de quelque chose qui
est à la fois la cause et l'objet de l'antiaméricanisme, ils ne parlent pas
de l'antiaméricanisme. Et ils parlent de ce quelque chose “à la française”,
c'est-à-dire en voulant passionnément comprendre, c'est-à-dire, d'abord, en
exposant leur propre méthodologie, leur propre humanisme, leur propre
morale, c'est-à-dire, d'abord en parlant d'eux-mêmes ; puis, traçant un
cadre approprié, “à la française”, qui soit leur reflet et leur miroir, où
ils mettront l'objet de leur étude ainsi sorti du cadre naturel. Ensuite,
ils excuseront ou condamneront, selon leurs propres règles bien plus que
selon les mérites de l'objet de leur observation, en fonction des codes qui
leur sont propres et communs, attentifs aux modes et aux consignes, tout
cela éclairé brillamment, comme a giorno, par l'intelligence
française. >
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Titre : Misère de l'antiaméricanisme
Auteur : Jacques Julliard
Source :
http://perso.wanadoo.fr/fromveur
Philosophe(s) cité(s) :
Pourquoi faut-il que depuis le début du
siècle, une fois passé l'épisode glorieux de l'affaire Dreyfus, les
intellectuels français se soient mis à choisir systématiquement le camp des
ennemis de la liberté? Avec l'irruption de l'hyperterrorisme, le 11
septembre, la question est posée de nouveau avec acuité. Un tel entêtement
dans l'erreur, avec il est vrai quelques exceptions, demande explication.
Mais il faut savoir demeurer un moment dans la perplexité, de peur de
prendre trop vite son parti de comportements aussi obscènes.
Voyons la chose. Après le fracas du World Trade Center, il ne se passe pas
trois jours que ne retentisse à tous les coins de l'univers une seconde
série d'explosions: celle de l'antiaméricanisme intellectuel. A vrai dire,
rien de nouveau dans celui-ci. J'avais cru pouvoir naguère définir
l'antiaméricanisme comme le socialisme des imbéciles. Je me trompais. Ou
plutôt, ma définition, que je croyais fort large, était encore trop
restrictive. Il y manquait la grande complainte de la frustration. Avec
l'effondrement du marxisme, cette vieille chanson qui, un siècle durant,
avait bercé le cœur des intellectuels, l'antiaméricanisme était devenu la
valeur refuge de presque toute la classe éduquée, le négatif de toutes les
espérances passées et - qui sait? - la pierre d'attente pour de nouvelles
illusions. >
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Titre : L'Essoufflement de la rancune: Cioran, les
intellectuels français et l'Amérique.
Auteur : Stéphane Pillet
Source :
http://linguaromana.byu.edu
Philosophe(s) cité(s) : Cioran, Beauvoir,
Baudrillard
Le discours français sur les Etats-Unis est
la chose du monde français la mieux partagée car il a le rare avantage de
mettre tous les intellectuels français d’accord. Qu’ils soient de gauche ou
de droite, une fois n’est pas coutume, ils se joignent à l’unisson pour
partager la même vision, la plus souvent négative de l’Amérique. Certes la
cible et l’approche varient mais l’attaque est générale. Il faut rappeler
dès le départ que quelles que soient les couleurs politiques, les Français
sont plutôt de tradition aristocratique et nourrissent une méfiance innée
pour la démocratie à l’américaine, préférant une république à la française,
autrement dit fondée sur l’excellence, comme tend à le prouver l’existence
même du concours général pour ne citer qu’un exemple. >
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Constitution européenne
Titre : Les intellectuels français entre un oui critique
et un non hésitant
Auteur :
Nicolas Weill
Source :
http://multitudes.samizdat.net
Philosophe(s) cité(s) : divers
Jusqu’à présent, on les a peu vus, peu entendus. A croire que
le débat autour de la Constitution européenne, qui agite depuis des semaines
les milieux politiques, mais aussi les milieux syndicaux, n’inspire guère
ceux que l’on appelle les intellectuels.
Seuls
quelques-uns d’entre eux
comme les philosophes Bernard-Henri Lévy et Sylviane Agacinski,
l’ancien ministre et dissident polonais Bronislaw Geremek, l’écrivain
Philippe Sollers, les historiens Pierre Rosanvallon et Alfred Grosser, le
journaliste Jean Daniel
se sont engagés franchement et publiquement. C’était il y a une
semaine et c’était en faveur du oui, à l’occasion du lancement d’un comité
de soutien à la campagne du PS (Le Monde du 23 mars). >
suite
Titre : Les intellectuels et l'Europe
Auteur : Nicolas Weill
Source :
http://www.u-blog.net/FulcanelliPolitik
Philosophe(s) cité(s) :
La relative
apathie des intellectuels français dans la campagne sur la Constitution
tranche avec l'engagement de certains de leurs homologues étrangers.
Olivier Duhamel,
ancien eurodéputé (socialiste) et ancien membre de la Convention sur la
refondation européenne, ouverte le 21 mars 2002 et présidée par Valéry
Giscard d'Estaing, voit à cela une explication : ils sont peu en France ceux
qui, à l'instar du philosophe allemand Jürgen Habermas, placent les
questions européennes au coeur même de leurs travaux et de leur réflexion.
"Jean Monnet,
l'un des pères fondateurs de l'Europe, était une personnalité à part, dans
la mesure où il combinait les qualités d'intellectuel et d'entrepreneur",
commente l'ancien conventionnel, professeur de
droit à Sciences-Po et auteur de Pour l'Europe, la Constitution commentée
et expliquée (Seuil, 2005). "Aujourd'hui, ajoute-t-il,
les philosophes qui, comme Jean-Marc Ferry, formé d'ailleurs
dans les universités allemandes, travaillent sur l'Europe constituent des
exceptions." >
suite
Correspondance
Titre : Correspondances d'intellectuels. Le cas des
lettres d'Henri Lefebvre à Norbert Guterman (1935-1947)
Auteur : Michel Trébitsch
Source :
http://www.ihtp.cnrs.fr
Philosophe(s) cité(s) : Henri Lefebvre,
Norbert Guterman
Conservées dans les archives de Norbert Guterman, les 59 lettres que lui a
envoyées Henri Lefebvre de 1935 à 1947 sont une source majeure sur une
amitié intellectuelle et sur le cas assez rare d'une oeuvre à quatre mains.
Elles sont aussi un document politique et un témoignage d'autant plus aigu
sur les réseaux de sociabilité qu'il provient d'intellectuels marginalisés
par l'instance académique comme par l'instance politique pour leur tentative
d'élaborer un marxisme critique. Ce corpus est néanmoins incomplet et
hétérogène : malgré nos recherches, nous ne disposons pas, sauf rares
exceptions, des réponses de Norbert Guterman et sans doute pas non plus de
la totalité des lettres d'Henri Lefebvre. Celles antérieures à 1935 ont
disparu et une lacune de deux ans et demi sépare le premier ensemble, - 35
lettres d'octobre 1935 à mai 1936, soit plus de la moitié du total -, d'une
lettre isolée de l'automne 1938 et de dix lettres d'avril à la fin août
1939. La collaboration directe entre les deux hommes s'arrête à cette date,
mais si nous poursuivons l'analyse jusqu'en 1947, c'est parce que l'immédiat
après-guerre et l'avant-guerre s'éclairent mutuellement. Perturbée, puis
interrompue par la guerre (cinq cartes ou lettres de 1940 à 1942), la
correspondance reprend en septembre 1944 et Lefebvre tentera jusqu'en 1947
(huit lettres) de rétablir cette collaboration. A partir de la guerre froide
en revanche, les deux itinéraires divergent de plus en plus, même si la
correspondance amicale se poursuit jusqu'à la mort de Norbert Guterman en
1984. > suite
Cosmopolitisme
Titre : Les intellectuels, la politique et la guerre
Auteur : Alain Finkielkraut
Source :
http://www.amb-croatie.fr
Philosophe(s) cité(s) :
Quitte à lasser, il nous faut
exiger inlassablement la justice et la liberté pour la Bosnie-Herzégovine,
pour la Croatie et pour le Kosovo. Mais, préalablement à toute nouvelle
action des intellectuels, il nous faut remettre chaque chose à sa place : la
nation à son rang de réalité charnelle, le cosmopolitisme à son rang de
valeur et de travail sur soi des nations.
DANS un entretien publié au
printemps 1992 par la revue française Commentaire, l'historien et ancien
dissident polonais Bronislaw Geremek nous adjurait, nous Européens de
l'Ouest, de montrer un peu de compréhension pour le phénomène national.
Inquiet de voir le mur du malentendu survivre au mur de Berlin, il nous
criait : " N'ayez pas peur des nations ! " Rappelant que la victoire de la
communauté civile sur le pouvoir totalitaire s'était accompagnée dans
l'autre Europe d'une victoire de la nation sur l'empire, il demandait à tous
les démocrates de ne pas abandonner " la défense de ce fort et légitime
sentiment d'appartenance à une communauté naturelle aux courants extrémistes
de type national-populiste ". >
suite
Critique
Titre : De l’intellectuel critique à la critique
intellectuelle (Esprit, mars 2000)
Auteur : Olivier Mongin, entretien
avec Vincent Descombes
Source :
http://perso.orange.fr/leuven
Philosophe(s) cité(s) : Divers
ESPRIT — Vincent Descombes, votre travail
s’est engagé dans plusieurs directions depuis votre premier ouvrage publié
en 1977, l’Inconscient malgré lui. Un premier aspect consiste en une
généalogie critique du discours intellectuel à la française, je pense
particulièrement au Même et l’autre. Quarante-cinq ans de philosophie
française (1933-1978) (1979), qui revient sur la philosophie hexagonale
depuis la guerre, et à Philosophie par gros temps (1989), qui porte en
partie sur la figure de l’intellectuel et du philosophe. Un autre aspect
revient à jeter les bases, dans le sillage de Louis Dumont, d’une réflexion
anthropologique portant sur les sociétés démocratiques. Si nous nous
arrêtons d’abord sur votre généalogie critique, quelle est l’origine de
votre critique du discours intellectuel français et quels en sont les
ressorts ? Visiez-vous, vous qui avez longtemps enseigné de l’autre côté de
l’Atlantique, une rhétorique à la française, des effets de langage
spécifiques, des modalités de parole et de pensée fort singuliers ? Mais,
au-delà de la dénonciation d’une certaine posture de l’intellectuel
français, est-ce que vous ne vous en prenez pas particulièrement au
personnage du philosophe ? Enfin, la critique radicale de la posture
critique que vous proposez conduit-elle à renoncer à toute posture critique
? N’y aurait-il donc d’autre choix qu’entre la posture critique ou le
scepticisme généralisé ?
Vincent DESCOMBES — Partons justement de ces deux termes, celui
d’intellectuel et celui de philosophe. Philosophie par gros temps met en
scène deux personnages — l’homme moderne qui lit son journal et le
philosophe qui voudrait être un « superlecteur » de ce même journal — dans
le but de savoir précisément si ces deux termes de philosophe et
d’intellectuel se confondent ou s’ils doivent être distingués. Ce qui me
conduit à rappeler qu’à une époque de notre histoire, celle des Lumières, on
a appelé philosophes des gens qu’on appellerait maintenant intellectuels.
Mais il faut préciser : on appelle des gens philosophes au moment des
Lumières non pas parce qu’ils construisent des systèmes de philosophie, non
pas parce qu’ils sont des philosophes de métier, mais en raison de leurs
opinions et surtout de leur attitude progressiste, de leurs idéaux de raison
et de tolérance.
C’est de ce constat que je suis parti. Du point de vue du métier de
philosophe, nous sommes obligés de faire une différence entre celui qui est
favorable aux idées modernes et se trouve par là même du bon côté de
l’histoire, et celui qui se livre à l’activité philosophique. Autrement dit,
pour être philosophe, il faut faire de la philosophie et pas seulement avoir
des idées bonnes. Une fois établie cette distinction nécessaire entre
intellectuel et philosophe, il devient concevable que certains philosophes
espèrent bénéficier d’une espèce de privilège parmi les intellectuels,
privilège qu’ils devraient cette fois-ci à la philosophie entendue au sens
le plus ardu, le plus spéculatif. C’est ce que donne à penser une certaine
figure, construite moins chez Hegel que chez les jeunes hégéliens, de
quelqu’un qui est un intellectuel parce qu’il commente l’actualité à l’aide
de catégories métaphysiques, parce qu’il manie avec plus ou moins d’habileté
un vocabulaire spéculatif qui impressionne, tout en traitant des mêmes
sujets que d’autres intellectuels, historiens, écrivains, et que le
tout-venant — n’importe qui. >
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Décadence
Titre : Grandeur ou décadence des intellectuels français
Auteur : Dominique Dhombres
Source :
www.race.nuca.ie.ufrj.br
Philosophe(s) cité(s) : Régis Debray
À intervalles réguliers, la fin des
intellectuels est annoncée. A chaque fois, la disparition de l'espèce serait
prochaine. Les intellectuels français, dit-on, n'ont pas fait ce qu'ils
auraient dû faire. Ils se sont mal conduits, se sont trompés, ils ont trahi.
Et ils vont disparaître. Il existe selon les époques de notables variantes,
mais la mélodie demeure semblable. On se souvient, par exemple, de Julien
Benda fustigeant La Trahison des clercs (1927) ou de Jean-François Lyotard
préparant un Tombeau pour l'intellectuel (1984). Tout récemment, l'historien
Pierre Nora, en tête du numéro qui fêtait les vingt ans de la revue Le
Débat, intitulait son article «Adieu aux intellectuels?»
C'est à présent Régis Debray qui diagnostique leur fin prochaine. Cette
extinction, toujours jugée imminente, ne s'est jamais produite. Depuis qu'en
France des écrivains se sont mêlés de vérité, de justice et de politique, il
s'est toujours trouvé quelques-uns des leurs pour continuer. De l'affaire
Dreyfus aux luttes pour les sans-papiers, en passant par mille autres
combats retentissants ou obscurs, les intellectuels persistent. Et lls
signent, évidemment, des manifestes, des pétitions, des tribunes. Tout comme
ils organisent des manifestations, des meetings ou des comités. Il s'agit là
d'une vieille invention française. Comme chacun sait, elle trouve ses
commencements, avant même le «J'accuse » de Zola, chez le Voltaire de
l'affaire Calas et les prises de parti de Diderot et des Encyclopédistes.
Ceux que l'on nomme « intellectuels », dans ce contexte, ne sont donc pas
tous les individus qui font métier de chercheurs et d'enseignants. Parmi
ceux qui travallient aux choses de l'esprit, on a dénommé «intellectuels »,
en France, ceux qui interviennent dans le débat public, en particulier dans
les questions morales et politiques, en prenant appui sur leur notoriété.
Ceux-là, comme disait Sartre, «se mêlent de ce qui ne les regarde pas ». >
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Engagement
Titre : Analyse des formes d’engagement des intellectuels
français. Les cas de Aron, Sartre et Foucault
Auteur :
Zhu Xiaohan
Source :
http://www.antenne-pekin.com
Philosophe(s) cité(s) : Aron, Sartre,
Foucault
Depuis
l’affaire Dreyfus, qui marque l’entrée de la France dans le vingtième
siècle, et la « naissance » de la catégorie « intellectuels », jusqu’au
début des années 1980, qui voient la disparition de Sartre, Aron, et
Foucault, les intellectuels français ont exercé une grande influence dans
leur société. Aucun autre pays n’a vu un tel rôle dévolu à des hommes de
culture ou de science. En France, depuis la fin des années 1980, les
interrogations sur la crise et la « fin des intellectuels » ont suscité dans
le champ historique français un nombre important de recherches sur les
formes d’engagement des intellectuels français [Sirinelli, Winock, Ory,
Julliard, Nora, Le Goff , Charle, Mandrou…]. Ces travaux d’historiens
français posent plusieurs interrogations : si la naissance des intellectuels
français est souvent datée de l’affaire Dreyfus, ne peut-on cependant
dégager une tradition d’engagement intellectuel plus ancienne, présente dès
l’Ancien Régime ? Quelles sont les différentes formes d’engagement des
intellectuels français ? Dans l’histoire française, quelles conséquences ont
eu ces différentes formes d’engagement ? Si l’on insiste en général sur les
effets positifs de l’intervention des intellectuels dans la société, ne
faut-il pas également s’interroger sur les insuffisances, les manques de ce
modèle d’intervention ? >
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Exil
Titre : Des hommes entre plusieurs mondes. Étude sur une
situation d'exil. Intellectuels français réfugiés aux États-Unis pendant la
Deuxième Guerre mondiale
Auteur : Laurent Jeanpierre
Source :
http://actualites.ehess.fr
Philosophe(s) cité(s) : André Maurois,
Jules Romains, Claude Lévi-Strauss, Georges Gurvitch
L'objet de cette enquête est d'analyser une situation
migratoire particulière, celle d'un exil consécutif à une crise politique,
à partir du cas des intellectuels français réfugiés aux États-Unis pendant
la Seconde Guerre mondiale. Envisagé ici comme fait social total, l'exil
est étudié dans toutes ses dimensions, des conditions sociales et des
contraintes juridico-politiques qui l'ont rendu possible et qui
définissent ses contours généraux, sa composition sociale notamment,
(première partie) aux formes que prend l'activité politique en exil
(deuxième partie), des différents secteurs sociaux qui le composent et de
leurs rapports (troisième partie) à ses conséquences à plusieurs échelles,
pour les trajectoires sociales des exilés, au plan national ainsi que pour
les relations internationales (quatrième partie). Tous ces aspects sont
interdépendants : la situation d'exil est construite comme inscrite dans
un espace social spécifique, relativement autonome par rapport aux pays
d'origine et de départ, espace à la fois national et trans-national,
mettant en relations plusieurs groupes d'émigrés eux-mêmes distribués dans
des espaces sociaux, notamment professionnels, aux frontières plus ou
moins cloisonnées, aux normes plus ou moins contraignantes, abritant des
comportements et des pratiques oscillant entre la rupture avec les
habitudes acquises avant le départ et, au contraire, le maintien de
celles-ci. >
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Titre : Les intellectuels français en exil aux Etats-Unis
pendant la Seconde Guerre mondiale : aller et retour
Auteur : Anne-Marie Duranton-Cabrol
Source :
http://www.persee.fr
Philosophe(s) cité(s) : divers
L'exil des intellectuels français aux
Etats-Unis est une réalité qui a beaucoup tardé à être prise ne compte en
France. Y aurait-il eu oubli et pourquoi ? >
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Histoire
Titre : Groupe de recherche sur l'histoire des
intellectuels (GRHI)
Auteur : GRHI
Source :
http://www.ihtp.cnrs.fr
Philosophe(s) cité(s) : Michel Winock,
Pierre Bourdieu, etc.
L'histoire des intellectuels, qui s'est constituée en France comme champ de
recherche spécifique il y a une quinzaine d'années, a donné lieu à de
nombreuses recherches, individuelles et collectives, autour de Jean-François
Sirinelli, Michel Winock, Pierre Bourdieu, Christophe Charle, Jacques
Julliard, Christophe Prochasson. L'évolution du Groupe de recherche sur
l'histoire des intellectuels (GRHI), fondé en 1985, reflète assez bien cette
histoire ; ouvert à la pluridisciplinarité et à la diversité méthodologique,
il a cherché à s'affranchir des apories d'une historiographie française
souvent trop hexagonale. Formé d'un noyau initial d'une quinzaine de
chercheurs, le GRHI, sous la direction de
Nicole Racine (directeur
de recherche au CEVIPOF)
et Michel Trebitsch (chargé de recherches à l'IHTP), s'est progressivement
élargi à des étudiants de 3e cycle et des doctorants, à des collègues de
province et de l'étranger, pour former désormais un réseau de recherche
en relation avec 150 chercheurs, qui a établi des coopérations avec d'autres
institutions et groupes de recherche. Aux réunions mensuelles de 20 à 30
participants s'ajoutent désormais plusieurs projets de recherche thématiques
et une activité de diffusion de l'information scientifique. >
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Impérialisme
Titre : Bêtisier impérial, les intellectuels «moraux».
Operation « Bullshit Unlimited »
Auteur : Daniel Bensaïd
Source :
http://www.alencontre.org
Philosophe(s) cité(s) :
Jean Baudrillard, Monique Canto-Sperber,
Stéphane Courtois, Alain Fienkielkraut, Claude Lanzmann, etc.
Hier
encore, les intellectuels français (les I.F. selon la nomenclature de Régis
Debray) débordaient de réserves compassionnelles. De la Bosnie à la
Tchétchénie en passant par le Kosovo, ils se multipliaient sur tous les
fronts du désordre mondial. Leur silence devant la croisade impériale en
Afghanistan et devant la politique criminelle du gouvernement Sharon en
Palestine n'en est que plus assourdissant. Cette démission peu glorieuse
n'est hélas pas sans rapport avec la faiblesse relative des mobilisations
anti-guerre en France, par comparaison avec les manifestations qui ont eu
lieu depuis le 7 octobre dans la plupart des grands pays européens.
Elle
sanctionne une débâcle idéologique commencée dès la fin des années 70 avec
la montée en puissance médiatique de la « nouvelle philosophie ». Déjà, «
l'homme blanc » commençait à ravaler ses sanglots, à faire ses adieux à
l'anti-colonialisme d'antan, à monter au créneau de l'anti-totalitarisme au
nom de la démocratie vertueuse occidentale. Cette conversion en masse n'a
pas eu lieu dans les mêmes proportions en Angleterre ou en Italie. Le test
de la guerre en Afghanistan permet de mesurer l'ampleur des dégâts et les
conséquences de cette capitulation de la pensée critique, parfaitement
résumée par le leitmotiv de Bernard-Henri Lévy dans son bloc-notes du point
: chercher à comprendre, c'est commencer à justifier. De crainte de
justifier, il faudrait donc renoncer à comprendre. Circulez : il n'y a plus
rien à comprendre. Tous les efforts consentis pour comprendre les âneries de
BHL, d'Alain Minc ou de Jacques Julliard ne suffiront pourtant jamais à les
justifier ! D'où vient, demandait le subtil Pascal, qu'un esprit boiteux
nous irrite alors qu'un boiteux ne nous irrite point ? C'est, répondait-il
qu'un boiteux sait fort bien qu'il boite, alors qu'un esprit boiteux
l'ignore. >
suite
Internationalisme
Titre : Internationalisme, universalisme et cosmopolitisme
: les représentations du monde dans les milieux intellectuels français,
d'une guerre à l'autre
Auteur : Michel Trébitsch
Source :
http://www.ihtp.cnrs.fr
Philosophe(s) cité(s) : Nizan, Lefebvre,
Morand, etc.
« We are the World ! Nous
sommes le Monde ! », lançait au moment de la chute du Mur de Berlin une
brochette de chanteurs de rock internationaux, vingt ans après Woodstock,
deux cents ans après que la Révolution eut proclamé : « Nous sommes
l'Humanité ! ». Faut-il avouer que c'est cet épisode dérisoire de la
world music naissante qui a déclenché une réflexion, déjà esquissée
ailleurs, sur la conscience mondiale comme forme fondamentale de la
modernité.. Si des expressions telles que « nouvel ordre économique
international » (NOI), des métaphores comme « conflits régionaux »
qualifiant de régions du globe des ensembles nationaux, des thèmes
écologiques de défense du patrimoine planétaire sont entrés dans le langage
courant, ne le doit-on pas plus aux chansons de rock ou aux publicités pour
Coca-Cola qu'aux discours politiques et culturels des « décideurs » ? Une
interrogation de même nature peut se formuler pour l'entre-deux-guerres. Du
14 juillet 1919 au 14 juillet 1935, de la grande fête de la victoire aux
manifestations politiques des années trente, les trois événements
internationaux qui ont le plus mobilisé les foules sont l'arrivée à Paris du
président Wilson, le match de boxe Carpentier-Dempsey et surtout l'arrivée
au Bourget le 21 mai 1927 de Charles Lindbergh, le « nouveau Christ » du XXe
siècle, accueilli par des grappes humaines dont la fascination ne sera
jamais égalée, même pas lorsque les astronautes américains mettront le pied
sur la Lune. En plein regain des nationalismes, une nouvelle vision du monde
commence à pénétrer l'ensemble de la société française, sous les formes
sommaires et travesties de la culture de masse naissante. >
suite
Islam
Titre : A propos d’Edward Saïd, des tiers-mondismes et du
discours sur l’Islam en France
Auteur : Houari Bouissa
Source :
http://oumma.com
Philosophe(s) cité(s) :
Edward Saïd, Olivier Mongin, Pascal
Bruckner
Dans un précédent article consacré, à l’intellectuel
musulman1, j’évoquais le rôle de l’ouvrage d’Edward Saïd dans le
discours des intellectuels en France, je soumettais l’idée que le livre du
professeur américain d’origine palestinienne avait sans doute créé une
rupture idéologique entre l’Orient et l’Occident, particulièrement nette
dans le discours des intellectuels français. Je me doutais que cette
affirmation allait sans doute créer des réactions affectives, et
particulièrement vives dans le monde arabe. Cependant, le travail de
l‘historien est surtout de raisonner à partir des faits et non pas seulement
à partir des objectifs et des intentions des auteurs, afin de faire
abstraction des réactions trop émotionnelles. Aussi, est-il bon de revenir
sur la chronologie du discours des intellectuels français sur l’Islam et de
l’influence du livre d’Edward Saïd sur les réactions d’une partie de
l’intelligentsia française, ce qui nous permettra sans doute de clarifier
certains aspects que nous n’avons pas pu développer auparavant. La
problématique de l’Islam, qui se développe au début des années 1980, a amené
à une double rupture marquée par la fin du discours tiers mondiste et la
remise en cause de l’orientalisme traditionnel. >
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Marxisme
Titre : Henri Lefebvre, Critique of Everyday Life. Volume
III. (1981). Vingt ans après.
Auteur : Michel Trebitsch
Source :
http://www.ihtp.cnrs.fr
Philosophe(s) cité(s) : Henri Lefebvre,
divers
Ce livre est un adieu –
et d’abord pour Henri Lefebvre lui-même, puisqu’il vient clore un long
cycle, qui n’avait rien de planifié à l’origine, menant du premier volume de
Critique de la vie quotidienne,
publié en 1947, à ce troisième volume, qui date de 1981. Le philosophe, qui
a pris sa retraite en 1973, disparaîtra dix ans plus tard, à l’âge de 90
ans. Comment mieux dire qu’à travers ces trois volumes, c’est près d’un
demi-siècle d’histoire intellectuelle que l’on parcourt, surtout si l’on
ajoute, d’un côté, que le questionnement d’Henri Lefebvre s’inspire de
pistes théoriques remontant à l’avant-guerre et, de l’autre côté, qu’il faut
évidemment adjoindre à cet ensemble, sans même parler d’un certain nombre
d’articles, un des livres emblématiques des années 1968, La Vie
quotidienne dans le monde moderne.
Voilà pourquoi
cette préface ne sera pas seulement – comme pour les deux précédents volumes
– une présentation ou plutôt une mise en contexte, les décennies séparant
chacun des ouvrages étant si lourdement chargées de bouleversements
historiques. Ici, rien de moins simple que de faire le saut entre ces années
1968, postérieures au 2e volume, et, pour s’en tenir à la France,
l’arrivée de la gauche au pouvoir, contemporaine de ce livre-ci, sans même
parler des effondrements qui s’esquissent à l’Est avec les événements
polonais. Mais il faut aller plus loin, il aurait peut-être fallu le faire
dans les précédentes préfaces, en pensant non seulement au contexte, à la
reconstitution des conditions de production de chacun de ces ouvrages pris à
part, mais aussi aux effets qu’ils ont pu produire, c’est-à-dire aux
conditions de leur réception. Ainsi, on le sait bien, c’est le premier
volume de Critique de la vie quotidienne
qui a eu l’effet essentiel sur Cobra, puis sur les situationnistes, et le
second volume (pourtant fort théorique, et même abstrait), directement
contemporain des relations les plus étroites avec ces derniers, a donc été
lu par eux comme une confirmation de l’appel à la révolution totale qu’ils
avaient cru déchiffrer dans le premier et dans les textes de Lefebvre qu’ils
considérèrent d’abord comme de vrais manifestes, notamment sur le
« romantisme révolutionnaire ». C’est pourquoi il n’est pas inutile de
revenir sur ce qui est en fait au cœur de la réception de la conception
lefebvrienne du quotidien, la relation étroite entretenue entre cet effort
de conceptualisation et une partie de la « pensée 68 », celle précisément
qui échappe – tant ils sont obsédés par l’anti-humanisme – à l’analyse si
unilatérale de Luc Ferry et Alain Renaut. Surtout, il faudra prolonger cette
réflexion en essayant de comprendre l’évolution qui mène Henri Lefebvre de
la « critique radicale » des années 1960, à la posture plus complexe, même
si elle est toujours marquée par le besoin de radicalité critique, qui
caractérise les années 1980. >
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Politique
Titre : Les intellectuels dans le Maitron. Essai de
typologie
Auteur : Michel Trébitsch
Source :
http://www.ihtp.cnrs.fr
Philosophe(s) cité(s) : Jean Maitron,
Pierre Bourdieu, etc.
Pendant la Première Guerre mondiale,
Bergson a été chargé par le gouvernement français de deux missions auprès du
président des Etats-Unis, Woodrow Wilson. L'une comme l'autre ont eu lieu à
des moments critiques, l'entrée en guerre des Etats-Unis (printemps 1917),
la sortie de la Russie par la paix de Brest-Litovsk (août 1918). Quels
qu'aient été les objectifs et les résultats de ces missions, ce qui importe,
y compris pour les contemporains, c'est la dimension symbolique du
tête-à-tête. Entre «l'homme de vérité» et l'homme d'action, entre Bergson et
Wilson, se rejoue la scène primitive de la rencontre entre le
«philosophe-roi» et le «roi-philosophe». On voit bien ce qui les lie, ce qui
rend possible leur communication. Ils sont du même monde des lettrés, du
même milieu académique. Qui plus est, le philosophe, dont la fonction est de
reconstruire le monde, magnifie le politique dont l'idéal de paix et de
«Ligue des nations» déferla sur l'Europe en 1918 comme un grandiose «fait
lyrique», selon le mot de Jean-Richard Bloch.
Mais il faut aussi examiner ce qui distingue le «roi-philosophe» du
«philosophe-roi», analyser ce que signifie cette différence dans l'ordre des
mots. C'est cette interrogation qui, d'une certaine manière, a guidé toute
notre enquête sur les «intellectuels du Maitron». Autrement dit, c'est en
saisissant les intellectuels sur le vif de leur rapport au politique qu'on a
voulu tenter d'analyser en quoi consiste la démarcation entre le champ
intellectuel et le champ politique. En regroupant sous la désignation
d'«intellectuels engagés», par commodité et parce que l'expression est
d'époque, des formes diverses de militantisme et de compagnonnage aux côtés
du «mouvement ouvrier», on est parti de l'hypothèse que l'intervention des
intellectuels dans le champ politique est par définition métapolitique.
C'est-à-dire qu'il s'agit certes d'un engagement, scellé par des prises de
position et de responsabilité publiques, mais qu'il se distingue, par ses
formes comme par ses contenus, de l'action proprement politique, a fortiori
de la politique professionnelle. Echappera-t-on, par cet angle de vue, à
l'interminable débat sur la définition et sur le comptage des
intellectuels ? Le Maitron, avec ses imperfections et ses lacunes, offre ici
une masse documentaire sans égale, à condition de ne pas en faire un
instrument statistique trop trompeusement exact, mais une base quantitative
suffisante pour lire l'histoire des intellectuels comme une histoire des
représentations autant qu'une histoire politique ou sociale.
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Progressisme (1)
Titre : Crime d'Etat : la récidive
Auteur : Didier Moulinier
Source : Jean-Claude Milner, L'Archéologie
d'un échec, 1950-1993, Seuil, 1993
Philosophe(s) cité(s) : Sartre,
Althusser, divers
L'affaire du sang contaminé fut un crime d'Etat,
scandaleusement occulté, non seulement par les gouvernements successifs mais
aussi par la justice elle-même. A cela il y a une raison : ce ne fut pas
seulement un crime d'Etat, en vérité, mais un crime idéologique. Jean-Claude
Milner y voit une conséquence de ce qu'il appelle le "progressisme", en tant
qu'il est "devenu, au sens propre, une figure criminelle". Le progressisme,
c'est-à-dire l'habitude du raisonnement massif, basé sur la méconnaissance
des compétences positives, et l'incapacité à regarder les données empiriques
autrement que par le filtre du discours social se voulant rassurant. Le
pouvoir devient aveugle à force de refléter la société et de prétendre
servir les intérêts du peuple. Impudence morale et idéologique qui se joint
à l'imprudence proprement politique des responsables, puisque la théorie du
reflet les dispense par avance de toute culpabilité : "responsable mais pas
coupable", puisqu'aussi bien nous sommes tous coupables... C'est
cette vague philosophie et cette bonne conscience à toute épreuve qui
tiennent lieu, en France, depuis maintenant fort longtemps, de doctrine
politique officielle. Or, tout crime suppose un sujet ; le fait que l'Etat
ne reconnaissance pas sa faute engage et entache par contre-coup la
philosophie sociale qui justifie son existence. Le progressisme, justement,
sous sa forme néo-libérale faisant suite à sa forme socialiste (avec
laquelle elle fait, plus exactement, système). Dix ans plus tard les mêmes
causes produisent malheureusement les mêmes effets : le mépris des
compétences spécifiques, en l'occurrence la paupérisation du savoir et des
instances médicales sous le gouvernement Raffarin s'est traduit par la mort
de quelques 15000 personnes âgées, à l'occasion (et non à cause) de
la canicule de l'été 2003. Le plus incroyable dans cette affaire en tout
point comparable à celle du sang contaminé, c'est que la démission du
gouvernement dans son ensemble n'a été réclamée par personne : bien
au contraire "nous" en sommes venus à compatir, pas tant avec les victimes
qu'avec les responsables manifestes de ce crime (homicide par imprudence,
pour le moins), à savoir l'Etat lui-même. Celui-ci nous a tellement
convaincu que ses décisions étaient nécessairement les nôtres, que ses
fautes par conséquent étaient aussi les nôtres ! Le discours médiatique
s'est joint complaisamment aux déclarations officielles pour rejeter la
faute sur les familles, particulièrement, et sur la société civile en
général, noyant le tout dans un appel à davantage de solidarité à l'égard
des personnes âgées et des handicapés. Il ne faut pas trop espérer une
auto-critique des gouvernements ; la justice, quant à elle, jugera les
responsables intermédiaires, les gérants des maisons de retraite... Mais ce
que la bonne conscience intellectuelle ne songera nullement à condamner,
c'est cette affreuse mentalité qui nous fait accepter tout ce qui
provient de l'Etat, même le pire, même finalement ce que l'on s'accorde à
dénoncer. Croyance quasi-superstitieuse selon laquelle l'Etat et le
gouvernement ont toujours raison, finalement, même si l'on juge que les
choix politiques sont mauvais. L'impunité du Crime s'explique par cette
tradition philosophique française, véritable idéologie d'Etat, qui identifie
ce dernier (ainsi que son Chef) au lieu ultime de la Très-Précieuse Vérité.
Voilà pour le Crime.
Les interlocuteurs
d'élection du progressisme sont les intellectuels, les Lettrés en général,
répartis autour de deux pôles d'institution : l'Université et la
Littérature. Il fut un temps où le discours politique de la république
radicale - prenons le cas d'Alain, par exemple - s'adressait plutôt à la
petite bourgeoisie laborieuse, elle-même lettrée il est vrai. Mais le
progressisme est plus particulièrement lié aux institutions d'enseignement ;
il concerne majoritairement les agents et les patients de l'école et de
l'université. Pour autant l'on ne saurait parler d'une idéologie corporative
puisque le progressisme, en tant que discours essentiellement social, vise à
l'universalisme : il a suffit de faire en sorte que rien de l'école, ou de
l'université, ne ressortisse du métier ni de l'institution. Etre professeur,
cela peut représenter pour certains une vocation, mais pour l'intellectuel
ce n'est rien qu'un pis-aller. Tel est du moins le modèle que Sartre a
réussi à imposer au progressisme 50 tout entier et, par là, à l'ensemble des
Lettrés. "Un sujet ne mérite d'être dit intellectuel, énonce Milner, que
dans la mesure stricte où il ne tombe pas sous la loi du métier".
L'écrivain, le romancier pour être plus précis, sera l'essence de
l'intellectuel. Etant comme tel sans métier, il sera d'autant mieux
prédisposé à trahir sa classe d'origine au bénéfice de la classe populaire.
Son mode d'existence passera même le modèle secret de la société parfaite :
une société égalitaire et délivrée du poids du travail. A ces sujets
censément désarrimés, le progressisme dans sa version 1950 propose rien de
moins que la Révolution, mais il la propose dans son style propre, qui est
la transaction, soit une forme de commerce. Il pose tout simplement qu'un
écrivain, en tant qu'écrivain, qu'un savant, en tant que savant, a tout
intérêt à la victoire de la Révolution, indépendamment des préférences
politiques des intéressés. Cela signifie que l'Art et le savoir sont a
priori du côté de la Révolution. En bref, le progressisme tient que les
écrivains, artistes, savants sont constitutivement progressistes.
Implicitement ou non, le progressisme des intellectuels suppose que le
pouvoir d'Etat soit non seulement distant, mais par définition hostile. Or,
par la magie d'une transaction réussie, il advint en 1981 un Pouvoir se
réclamant ouvertement des intellectuels et du progressisme (ce qui revient
au même). En bonne logique, il aurait fallu que les intellectuels eussent un
poids matériel qui leur permît de soutenir un éventuel affrontement avec les
politiques. Mais rien de tel n'existait plus. Le pouvoir devenait
progressiste aux temps d'une dépossession des intellectuels comme sujets
indépendants. Le pouvoir intellectuel fut massivement transféré aux
journalistes, lesquels depuis passent pour des intellectuels (du moins
auprès de ceux qui ne le sont pas). La puissance des journalistes ne doit
rien à leur compétence ni à leur éthique professionnelle ; elle doit tout à
la position historique des intellectuels, à condition que tout discours
intellectuel indépendant du Journal (soi-disant reflet de la réalité) soit
écarté. Politiquement, les intellectuels n'avaient compté dans le
progressisme 50 que par le pouvoir qu'ils avaient de faire honte aux
politiques parlementaires. Or, ce maigre pouvoir, ils l'ont perdu en 1981 à
cause du développement du progressisme lui-même. Mais comme ils se sont
voulus, en tant qu'intellectuels, sans position institutionnelle, sans aucun
savoir spécifique, ils ont supprimé tout contre-pouvoir aux divers appareils
administratifs et économiques ; ils se sont dépouillés eux-mêmes de toute
possibilité de résistance à l'encontre du pouvoir médiatique. Les
gestionnaires les ont désormais traités comme un gibier voué à la
domestication. Le mépris à l'égard des professeurs, par exemple, n'était pas
incompatible avec une révérence affichée à l'égard des intellectuels,
récupérés par le Journal. Pareille description vaut des Arts et du Livre, de
la "culture" en général. Les victimes de ce système furent les intellectuels
eux-mêmes, en tant que possesseurs d'un savoir particulier, mais aussi les
artistes, comme sujet de pratiques spécifiques - le tout au bénéfice de
l'intellectuel indistinct dont le concept relève purement d'une idéologie
sociale "à la française".
De la Révolution, le
progressiste années 50 attendait qu'elle transige avec la réalité telle que
le Journal peut la représenter : "la réalité, c'est ce dont parle le
Journal". La pratique du sujet transactionnel prend donc une forme
d'élection : la conquête du Journal, passant par la soumission au Journal et
à ses règles. Le progressiste attend de la Réalité qu'elle transige avec la
Révolution, mais une Révolution elle-même transigeante. Et puisque la
réalité c'est ce dont parle le Journal, il faut bien que le Journal transige
avec la Révolution en tant qu'elle intègre elle-même les lois du Journal.
Cet amalgame transactionnel du journalisme progressiste et de la Révolution
se matérialisa par exemple, bien avant l'épisode 1981, par le quotidien
Libération ou l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, puis il se
dilua dans nombre de publications toujours plus soumises aux lois
(elles-mêmes transactionnelles, il est vrai) de la publicité et de la Mode.
Dans le même temps, les publications spécialisées (artistiques et
scientifiques) furent rarement complices du progressisme, protégées par leur
confidentialité même. Ni destinées aux intellectuels, ni écrites par eux, la
plupart des revues d'art ou de poésie des années 60 à 80 (sauf Art Press
ou Tel Quel, naturellement), dont certaines particulièrement
intransigeantes, se sont tenues en marge du progressisme comme de toute
idéologie. Mais précisément le média d'élection de l'intellectuel
progressiste est le journal, non la revue. Il en va d'une nécessité
structurale, telle qu'un intellectuel, de par sa nature même d'intellectuel
indistinct, est censé s'adresser au plus grand nombre. Ici encore, le modèle
philosophique d'une telle structure saute aux yeux. Or l'on peut se
demander, à le lire, si Milner est bien conscient de ce fait. Il tend à nous
présenter le progressisme comme une idéologie essentiellement sociale en
supposant qu'elle atteignait réellement sa cible, soit la totalité du social
ou même seulement de la culture. Or nous venons de rappeler que ce n'était
nullement le cas, et pas seulement chez les tenants, certes toujours
vivaces, de l'anti-progressisme réactionnaire. Pas chez les artistes et les
poètes contemporains, en tout cas, qui se gaussaient ouvertement de
Sartre, d'Althusser ou de Barthes, et qui aujourd'hui savent quoi penser des
Glucksmann, Lévy et autres Finkielkraut. Or la méconnaissance du
contemporain, c'est précisément la tare héréditaire des intellectuels en
tant qu'ils font essentiellement système avec la Mode. L'aveuglement de
Milner, en tant qu'intellectuel lui-même et universitaire, c'est peut-être
de croire encore que toute production intellectuelle, savante ou artistique,
voire toute pratique politique était marquée du sceau progressiste - en quoi
il commet la faute de tout philosophe (même de tendance "anti-philosophico-lacanienne",
dans son cas), à savoir la désinformation.
Progressisme (2)
Titre : Fuir la France ?
Auteur : Didier Moulinier
Source : Jean-Claude Milner, Existe-il
une vie intellectuelle en France ?, Verdier, 2002
Philosophe(s) cité(s) :
Dans
un texte bref écrit au vitriol, définitif et (im)pertinent, J.-C. Milner
veut en découdre avec le préjugé selon lequel la France abriterait
"naturellement" une vie intellectuelle intense, serait même la référence
obligée de toute activité intellectuelle à l'échelle européenne et mondiale.
Sa thèse prétend exactement l'inverse, à savoir que l'existence d'une vie
intellectuelle en France a toujours été une exception, le produit d'un
concours de circonstances lié à une stratégie politique de légitimation du
pouvoir. Témoin, la Troisième République. Il s'agissait, comme le rappelle
Milner, d'établir une République dans un pays qui lui était naturellement
hostile. Contre les préjugés et privilèges des classes possédantes, contre
les forces réactionnaires d'obédiences diverses (orléanisme, bonapartisme,
etc.) elle dut forger de toutes pièces une classe d'experts capable de
gouverner selon un programme ambitieux et inédit. Le modèle intellectuel de
la Contre-Réforme, basé sur le conservatisme du sens commun, fut ébranlé au
profit de valeurs empruntées aux nations réformées, en particulier la
liberté des études et des savoirs, la réflexion personnelle maîtrisée et
informée (la "dissertation"), bref tout le bâti de ce qui s'appelait et
s'appelle encore "Université". Une nouvelle bourgeoise apparut, lettrée et
salariée, entièrement dévolue à la République. Il n'empêche que ce corps
nouvellement constitué ne reflétait en rien la réalité sociale de la France,
encore largement catholique et anti-républicaine. C'est cet écart, cette
non-expression de la société par le Pouvoir qui précisément fit naître et
justifia une "vie intellectuelle" intense, celle-ci servant d'appoint -
volontiers critique, mais avec un accord de principe - à celui-là. Le
travail intellectuel était politiquement soutenu, justifié, alors qu'il ne
l'est jamais naturellement par la seule utilité sociale. Aujourd'hui, en
France, nous sommes revenus à une situation beaucoup plus défavorable aux
intellectuels, tout simplement à cause du consensus voulu entre l'Etat et la
société, le fait que le premier tend à refléter la seconde ou du moins le
prétend ouvertement (symptôme Raffarin). D'abord la forme République n'est
plus soumise à discussion, elle fait partie des meubles. Ensuite, à cause
des grandes peurs que représentèrent la 2è guerre mondiale, la guerre
d'Algérie et enfin Mai 68, le thème (mittérandien) de la réconciliation fit
suite à la conviction (giscardienne) que "la France veut être gouvernée au
centre". Mais plus radicalement, "est désormais admis l'axiome politique :
tout dispositif de gouvernementalité peut et doit refléter la société" (p.
27), faute de quoi il se condamne à l'illégitimité et s'expose à la
contestation populaire. La "démocratie" prête volontiers son nom de cette
relation de reflet qui fait figure de doctrine politique. D'où la conclusion
de Milner : là où la société française règne, toute vie intellectuelle
meurt. Si les intellectuels ne servent pas à soutenir la République
(puisqu'elle est désormais, unanimement, soutenue par la société - du moins
en apparence), alors à quoi servent-ils ? A quoi bon même soutenir les
études, les Lettres, la Philosophie, les Sciences, si ce n'est dans une
perspective éducative-conservatrice (Ferry) ou formatrice-progressiste
(Allègre), bref comme service rendu et dû à la société ? Maintenant que la
société "s'exprime" ou se berce de cette illusion, rien ne viendra réfréner
en France la haine de l'intelligence, le refus du savoir abstrait et
"inutile", la condamnation de toute solitude intellectuelle. Il faut faire
Corps ! La République et/ou la société ne sont-elles pas devenues
accueillantes ? Dans cet esprit se construira également l'Europe. La
conclusion de Milner est terrible mais l'on ne peut qu'y souscrire avec
ferveur : "A qui oserait s'intéresser aujourd'hui aux choses de l'esprit, je
n'ai, appuyé d'une expérience déjà longue, qu'un seul conseil à donner :
fuyez l'enseignement et la culture tels qu'ils se proposent à vous en
France. N'en devenez jamais les agents ni les patients. ne croyez pas que
rien demeure des légendes du siècle dernier. Comprenez que la société
française a toujours été la plus ennemie du savoir et de la pensée.
Comprenez que désormais rien ne s'oppose à ce qu'elle donne libre cours à
ses penchants" (p. 25). Il ne reste, pour ceux qui désirent encore savoir et
se vouer au savoir, qu'à se considérer comme des étrangers en France, ou
plus radicalement comme étrangers à toute société. C'est en ce sens que nous
voudrions faire écho à ce texte de Milner, en le radicalisant hors toute
volonté polémique (car il n'est pas sûr que ce texte ne s'en ressente
pas). Nous ne prônons pas la solitude. Etranger ne veut certes pas dire
exilé : il n'y a pas d'autre lieu pour vivre et se mouvoir que la société,
et peut-être pas d'autre lieu pour étudier que l'Université ! Fuir ? mais
pour aller où ? Quant à la France et sa Capitale, Cioran n'écrivait-il pas :
"Paris, la seule ville au monde où il fasse bon désespérer" ?... Peu
nous chaut, pour notre part, les attitudes de désespérance ou de
résignation, les stratégies de révolte ou d'obéissance feinte, de résistance
ou de fuite, rien ne peut entamer notre conviction que nous n'avons jamais
été français sinon par occasion, par intérêt distant
pour la philosophie et pour la science, voire pour la non-philosophie, et
que le seul fait d'écrire et de penser fait de nous des Etrangers
définitifs. C'est-à-dire des Hommes, non consistants pour le Monde, plutôt
que des Intellectuels, inconsistants pour la Société.
Québec
Titre : La vraie nature de l’intellectuel québécois
Auteur : Michel Lapierre
Source :
http://www.lautjournal.info
Philosophe(s) cité(s) : Pierre Vallières,
Noam Chomsky, etc.
Qu’est-ce qu’un intellectuel ? L’un de
ces gens qui se mêlent « de ce qui ne les regarde pas » pour reprendre le
mot de Sartre. La meilleure définition de l’intellectuel sera toujours
indirecte et liée à la géographie. Très claire en France, à cause du
souvenir de Zola (J’accuse) et surtout de Voltaire (l’affaire Calas), la
notion d’intellectuel ne l’est pas du tout aux États-Unis. Quel Américain se
soucie de savoir si Chomsky est un intellectuel ?
Existe-t-il une définition québécoise de l’intellectuel ? C’est la question
qui me vient spontanément à l’esprit en parcourant la nouvelle édition revue
et augmentée de l’excellent Dictionnaire des intellectuels français, publié
sous la direction de Jacques Julliard et Michel Winock. Un intellectuel,
m’apprend l’introduction de l’ouvrage, serait quelqu’un « qui applique à
l’ordre politique une notoriété acquise ailleurs ». Quelle définition
prosaïque ! Je préfère nettement les autres définitions qui figurent un peu
plus loin dans la même introduction. Les intellectuels seraient,
m’assure-t-on, « les organisateurs du tribunal de l’opinion », ou encore «
les défenseurs de l’universalisme contre l’empire des passions partisanes »,
bref les dénonciateurs de l’ordre établi. >
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Religion
Titre : Les écrivains et le sacré
Auteur : Thomas Roman
Source :
http://www.parutions.com
Philosophe(s) cité(s) :
Si
Michel Winock a choisi de présenter un panorama du XIXe siècle intellectuel
du point de vue de la liberté (Les Voix de la liberté, Le Seuil,
2001), Jérôme Grondeux se propose de le faire en partant de la religion. Les
deux problématiques sont liées, intimement, les rapports entre ces deux
sphères étant à l’époque essentiels et problématiques. Histoire d’un conflit
ou d’une collaboration, ce rapport de la religion à la liberté (pensons à la
bataille scolaire, au ralliement, au modernisme) ou de la liberté à la
religion (la libre-pensée, l’anticléricalisme, la sécularisation), est l’un
des moteurs de ce siècle européen, marqué tant par l’essor du libéralisme
que par la remise en cause ou la transformation du ou des pouvoirs
religieux. >
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République
Titre : Zola le républicain incommode
Auteur : Henri Mitterand
Source :
http://www.karimbitar.org
Auteur(s) cité(s) : Emile Zola
Romantique et positiviste, Zola a choisi
de bonne heure l’idéal républicain. Il a mis son talent foisonnant au
service d’une morale intransigeante, qui a fait de lui la cible privilégiée
des divers gouvernements. Mais le coup de génie de « J’accuse ! », qui
marque sa fracassante irruption dans l’affaire Dreyfus, fait de lui le
champion de la justice, de la dignité de l’homme et d’une nouvelle idée de
la République. >
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Vie quotidienne
Titre : Henri Lefebvre, Critique of Everyday Life. Volume
I. Introduction, traduction anglaise, Londres, Verso, 1991. Préface
Auteur : Michel Trebitsch
Source :
http://www.ihtp.cnrs.fr
Philosophe(s) cité(s) : Henri Lefebvre,
divers
Etrange statut que celui de ce livre, étrange
destinée que la sienne. Si Henri Lefebvre peut figurer, aux côtés d'Adorno,
Bloch, Lukàcs ou Marcuse, comme un des principaux théoriciens du "marxisme
critique", il le doit pour une bonne part à Critique de la vie
quotidienne et cette oeuvre est pourtant à la fois connue et méconnue.
Peut-être parce que Lefebvre a quelque chose du bricoleur de génie incapable
de monnayer ses inventions ; quelque chose du semeur volage, lançant au vent
ses graines sans se préoccuper de leur germination. Ou bien est-ce dû à ce
style lefebvrien, à la frontière du fluide et du flou, pensée-promenade,
pensée rhapsodique, à l'opposé des constructions en dur, des
raisonnements bétonnés, monolithiques et rassurants, élaborés à coups de
structures et de modèles ? Il y a dans toute sa démarche une circulation
souterraine qui ne devient visible, comme dans un relief karstique, que
lorsque jaillissent des résurgences. Critique de la vie quotidienne
est l'une d'elles. C'est même une triple résurgence, puisque au volume de
1947, succéderont un tome II, Fondements d'une sociologie de la
quotidienneté en 1962, puis un tome III, De la modernité au
modernisme (Pour une métaphilosophie du quotidien) en 1981. A
l'intersection chronologique et théorique de sa réflexion sur l'aliénation
et sur la modernité, Critique de la vie quotidienne est un texte
séminal, tiré du plus profond de ses racines intellectuelles, mais aussi
géniteur de ses principales recherches d'après guerre. Si l'on veut le
resituer dans l'ensemble de la pensée lefebvrienne, il faudra aller vers
l'amont jusqu'à La Conscience mystifiée (1936) et redescendre vers
l'aval jusqu'à Introduction à la modernité (1962). >
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