Philosophie-en-france

un site de  Didier Moulinier

"Idéologie française"

 

 

Etudes françaises

 
Accueil
Bibliographie
Démocratie
Descartes
Dissertation
Encyclopédie
Europe
Existentialisme
"France éternelle"
Hégélianisme
Heidegger en France
Histoire de la philosophie
"Idéologie française"
Institution
Intellectuels
Laïcité
Les Lumières
"Pensée 68"
Philosophie analytique
Révolution
Style

 

 

 

 

Ambiguïté - Autonomie - Gauche "folle" - Intellectuels - Le Monde - Nazification - Planisme - Style - Vercingétorix - Vichy

 

 

 

Ambiguïté

Titre : L'ambiguïté française

Auteur : Jean-François Revel

Source : http://www.lexpress.fr

Philosophe(s) cité(s) : Bernard-Henry Lévy

 

Il est des livres qui reconstituent l'histoire de la sensibilité, d'autres qui en font partie. Les seconds deviennent, après quelques années, la matière qu'étudient les auteurs des premiers. L'Idéologie française, de Bernard-Henri Lévy appartient de toute évidence à la seconde sorte d'ouvrages. Il exprime, je dirai plutôt: il révèle cet instant dans la crise de la conscience occidentale où tout effort, pour distinguer entre totalitarisme de droite et totalitarisme de gauche, doit être et a été abandonné.
Instant très récent. Il y a cinq ans à peine, l'assimilation du régime soviétique au régime hitlérien soulevait des protestations: elle ne provoque plus que des haussements d'épaules blasés. Après le Cambodge; après le procès de Mme Mao, qui, télévisé, a permis au monde entier de voir comment des nazis jugent d'autres nazis; après la renaissance d'un racisme actif que le Parti communiste en France justifie avec les mêmes arguments que le Front national en Grande-Bretagne, le temps est venu où il est clair que les deux totalitarismes n'en font qu'un. On s'écriera: cette convergence était connue depuis longtemps! Elle était connue, oui, elle n'était pas vue, elle n'était pas admise, elle n'était pas sentie. Comment en prendre acte sans tomber dans les amalgames? > lire la suite

 

Autonomie

Titre : De l'élève qui apprend à l'enfant qui sait tout

Auteur : Alain Finkielkraut

Source : L'ingratitude, conversation sur notre temps, Gallimard, 1999,  pp.121-122

Philosophe(s) cité(s) : Condorcet

(Extrait) - Pour l'idéologie française, rappelons-le, on est homme par nature et Français par accident. Cela signifie que la marque de l'humanité en chacun, c'est l'autonomie, et non l'appartenance ; c'est l'arrachement à tout ancrage temporel ou géographique et non l'inscription dans une humanité particulière. Notre histoire n'est pas notre code : la terre natale et les traditions, la place sur la mappemonde et dans la durée ne sont que contingences subalternes ou détails négligeables pour la raison des Lumières, dont l'idéologie française est le plus pur produit. Hier, écrit ainsi Condorcet, "chacun s'identifiait tellement à la qualité de noble, de juge, de prêtre, qu'à peine se souvenait-on qu'on est aussi un homme". Avec la Révolution, cet oubli a cessé de sévir. Les individus des "classes usurpatrices" ne peuvent plus appuyer "leur nullité personnelle sur des titres" ou "lier leur existence à celle d'une corporation". Privés des oripeaux de la grandeur, ils font l'expérience de l'homme nu et, continue Condorcet, "ils se croient anéantis parce qu'il ne leur reste plus que leur propre personne". Quant aux esclaves, "dressés pour le service ou le plaisir d'un maître, […] ils se sont réveillés étonnés de n'en plus avoir, de sentir que leurs forces, leur industrie, leurs idées, leur volonté n'appartenaient plus qu'à eux mêmes". Séparés de tout ce qui leur est étranger (le rang, l'extraction, le lignage), oppresseurs et opprimés se découvrent orphelins et donc libres. Hommes rien qu'hommes, ils doivent désormais s'habituer à n'être qu'eux-mêmes. Dans un temps de ténèbres, ajoute Condorcet, ce réveil ne durait qu'un moment : les hommes auraient cherché à remettre leur vie sous tutelle. Dans un siècle de Lumières, ce danger est écarté, car on sait que seul un peuple éclairé peut être un peuple émancipé ; on sait que l'indépendance ne se décrète pas et qu'il faut être délivré de beaucoup de choses pour penser, juger et agir par soi-même. On prend donc les moyens de cette délivrance. Autrement dit, l'instruction publique va de pair, dans l'idéologie française, avec la valorisation de l'autonomie. Là où la liberté doit être établie, il faut instituer l'école obligatoire. On ne naît pas autonome, dans la représentation des Lumières, on naît progressivement à l'autonomie. Au commencement n'est pas le sujet, mais le préjugé. D'où la nécessité d'être enseigné pour devenir l'homme qu'on est.

 

Gauche "folle"

Titre : L'inventeur de la “gauche folle”

Auteur : inconnu

Source : http://www.d-s-f.net

Philosophe(s) cité(s) : Bernard-Henry Lévy

 

Sur la lancée de son livre L'Idéologie française, BHL réinvente l'antifascisme et contribue aux principales erreurs - moralisme, simplisme, différentialisme - de la gauche
L'Idéologie française est le livre fondateur d'une certaine gauche, ou plutôt celui qui a modelé nombre de ses «traits» apparus au cours des deux dernières décennies.
Premier effet de L'Idéologie française: elle a criminalisé la nation au sein de la gauche et disqualifié, en la niant, la tradition républicaine. La Résistance a longtemps été le premier référent de la gauche dans ses confrontations internes. Quoique signé par les gaullistes, le programme du Conseil national de la Résistance a été le projet le plus radical élaboré depuis l'invention du socialisme. Le Programme commun de la gauche et même le programme socialiste des années 1970 s'en inspiraient largement. L'intervention économique de l'Etat, les principes d'égalité et de justice sociale qui s'en dégageaient fondent encore le plan d'action que propose François Mitterrand aux électeurs français en mai 1981. Ensuite, ce passé-là n'est plus évoqué que pour mémoire. La conscience de gauche substitue la modernité à la filiation, la géographie à l'Histoire. Retour au progrès, allégeance à l'Amérique. > lire la suite

 

Intellectuels

Titre : Les fantômes de « l’idéologie française » (interview au Figaro)

Auteur : Bernard-Henry Lévy

Source : http://www.france-amerique.com

Philosophe(s) cité(s) :

 

LE FIGARO. Il y a vingt ans, vous publiez L’Idéologie française. Qu’est-ce qui a changé depuis cet essai fracassant ?
Bernard-Henri LÉVY. Rien. Sinon que les hypothèses que je lançais à l’époque, de façon un peu théorique, n’ont cessé de se vérifier expérimentalement. Juste après la parution de L’Idéologie française, il y a eu Le Pen.
Puis l’extraordinaire phénomène de corruption et de décomposition idéologique qu’a été le mitterrandisme. Puis, encore, la dérive souverainiste de certains intellectuels.
C’est un peu comme les astronomes qui déduisent l’existence d’une planète et qui la trouvent ensuite. J’avais déduit L’Idéologie française. J’avais fabriqué ce modèle d’un pétainisme rampant, transhistorique, opérant à gauche autant qu’à droite de l’échiquier politique. Et le voici qui, sous nos yeux, et jusqu’à aujourd’hui, n’en finit pas de s’incarner. Pour un intellectuel, c’est une expérience intéressante. > lire la suite

 

Le Monde (journal)

Titre : Le retour de l’idéologie française 

Auteur : Bernard-Henry Lévy

Source : Revue La Règle du jeu de mai 2004

Philosophe(s) cité(s) :

 

(Extrait)

Il y a un journal, et quel journal ! qui échappe au consensus ; il y a un journal, et c’est Le Monde, qui baigna peut-être autrefois, lui aussi, dans le marécage  [2] mais qui, précisément, s’en est extrait ; et c’est bien là, dans cet écart, dans ce bond hors du rang des populistes, dans cette irrégularité politique, morale, métaphysique, qu’est à chercher la vraie raison pour laquelle il est devenu si essentiel, si vital, de le discréditer ou de l’abattre. (...)

Ce qui frappe, dans ce procès, c’est qu’on le fait toujours au nom d’un autre Monde, d’une autre image du Monde - ce qui frappe c’est ce côté aventurier du Monde perdu qu’ont tous ces Cohen, Péan et autres Poulet. Ah, Le Monde d’hier, semblent-ils dire ! Ah, Le Monde de notre jeunesse ! Ah, ce Monde idéal, adressé à un public idéal (sic) , sur lequel veillaient les figures tutélaires de Beuve-Méry puis de Fauvet ! (...) A quoi ressemblait, vraiment, ce Monde idéal d’hier ? L’important, l’essentiel, c’est : quelle fut, par-delà telle ou telle péripétie, l’inspiration, sinon fondamentale, du moins originaire, du journal dont on est en train d’opposer l’image nostalgique et rêvée au journal concret d’aujourd’hui ? Or, pardon d’y revenir. Mais relisez, là aussi, L’Idéologie française. Relisez les pages consacrées à Uriage, cette école de cadres qui entra en résistance, fin 1942, au moment de l’occupation de la zone sud par l’armée allemande mais qui fut, avant cela, l’un des hauts lieux de diffusion de ce mixte de maurrassisme, de péguysme [4], de proudhonisme, où tint l’essence du pétainisme. Il se trouve que ce premier Monde dont on nous chante partout la louange sortait, pour partie, d’Uriage. Il se trouve que certains de ses fondateurs, à commencer par Beuve-Méry lui-même, avaient été formés, comme toute une série de cadres politiques et culturels de la France de l’immédiat après-guerre, par ce moule si particulier et dont on a trop longtemps sous-estimé l’importance dans la généalogie de la France moderne. Je ne dis pas qu’ils en aient été prisonniers. Ni que se résume à cela l’identité politique du journal des années cinquante et soixante. Mais que Le Monde actuel, ce Monde dont on est en train d’instruire le procès et qui serait notamment coupable d’être infidèle à son héritage, soit un Monde qui a trempé dans “l’Idéologie française”, qui en a même été l’un des laboratoires et qui a fini par en sortir au terme d’un travail sur soi dont l’histoire reste à faire mais dont on sait, d’ores et déjà, ce qu’il doit à son actuelle direction, voilà qui me paraît assuré et voilà qui, à y bien penser, est peut-être son vrai crime aux yeux de ses procureurs d’aujourd’hui. (...) Le péché du trio Colombani-Minc-Plenel, leur crime le plus redoutable et le plus impardonnable est peut-être d’avoir, je le répète, créé une sorte de zone libérée dans la France de “l’Idéologie française”.

 

Nazification

Titre : Les Francophobes (Première partie : Les Nazificateurs)

Auteur : David Martin-Castelnau

Source : http://www.republicain.net

Philosophe(s) cité(s) : Bernard-Henry Lévy

 

(Extrait) - L’école des Nazificateurs, qui nous retient ici, est d’une tout autre nature : elle ne cherche ni le débat ni la démonstration. Révulsant les historiens, faisant se tenir les côtes aux philosophes, elle procède de façon impressionniste, diffuse et agressive, ne comptant jamais sur la réalité historique pour l’étançonner. Il est difficile de la discuter scientifiquement : ses adeptes, guérilleros des beaux quartiers, y font réfé­rence subrepticement ; ils surgissent, propulsent quelques grenades – Boulanger ! Maurras ! Pétain ! – puis disparaissent dans le dédale des bons sentiments ambiants. Leurs contradicteurs sont bien en peine de rétorquer : la controverse factuelle ne retient pas les Nazificateurs. Leur unique objectif : enfoncer profondément dans l’esprit du pays que la nation est originelle­ment coupable. Dans son essence même. Par sa simplicité, la stratégie polémique des Nazificateurs est redoutablement efficace : en chaque occasion, sur un plateau de télévi­sion, au détour d’une chronique, dans un entretien radiophonique ou en marge d’un essai, marteler la Honte de la nation, assi­miler implicitement ses crimes réels, de Madagascar au Rif, à ceux des autres nations – Shoah, extermination des Indiens d’Amérique, esclavage des Africains –, mélanger le tout jusqu’à amalgame ; servir glacé. Officiellement, leur but serait d’amener l’opinion à un examen lucide du passé, y compris du passé le plus trouble, le moins glorieux ; mais cet examen n’a pas déjà commencé, les historiens ne sont pas plus tôt conviés à se prononcer que les Nazifi­cateurs s’esquivent. Pour cause : leur stratégie, confuse mais obstinée, vise à miner le débat public, à piéger les consciences ; que chacun intègre leur maître mot – la France a un passé honteux – et l’avenir est à eux. Pour ce faire, ils entreprennent de tout, absolument tout ramener de l’Histoire de France au nazisme, son corpus idéologique comme ses exactions, à la fondre dans le creuset du Mal afin que, des siècles passés, ne subsiste plus qu’un magma informe où prédomine l’abomi­nation. Les Francophobes espèrent ainsi que la confrontation finale les trouvera face à un peuple pénitent, disposé à renoncer à un héri­tage de révoltes et de grandeur qui n’aurait, en définitive, jamais été qu’au service du Mal. En cherchant à établir par tous les moyens que, de 1789 à nos jours, les Français auront, en presque toutes circonstances, été les auxiliaires du Mal, les Nazificateurs ne mènent qu’un combat – et il est politique. Leur entreprise vise à disqualifier a priori toute critique de l’oligarchie française en apposant deux solides cadenas sur le débat public. > lire le texte

 

Planisme

Titre : Le planisme, une idéologie fasciste française

Auteur : Denis Boneau

Source : http://www.voltairenet.org

Philosophe(s) cité(s) : Marcel Déat (politique)

 

Le « planisme », une doctrine issue du socialisme révisionniste allemand, a constitué en France, durant les années 30, le discours de prédilection des « non-conformistes », notamment des néo-socialistes conduits par Marcel Déat et des polytechniciens du groupe X-Crise. Sous Vichy, les « planistes » s’engageront massivement dans la collaboration.

Au Congrès de noël 1933, le Parti ouvrier belge (POV) adopte le « planisme », la doctrine élaborée par Henri de Man, comme idéologie officielle. Henri de Man, numéro deux du parti belge dont le dirigeant est son ami Vandervelde, est l’auteur d’un essai remarqué dans les milieux socialistes européens : Au-delà du marxisme, un livre exposant les thèses révisionnistes de l’auteur. De Man entend rompre définitivement avec le marxisme internationaliste et collectiviste pour le remplacer par un « régime intermédiaire » dont la fonction est essentiellement de « maîtriser » le capitalisme. Ce projet « planiste » qui exclut la perspective d’une nationalisation des moyens de production devait à l’origine être présenté au Parti social-démocrate allemand par la section de Hambourg. C’est finalement en Belgique que de Man parvient à imposer sa doctrine. > lire la suite

 

Style

Titre : Provocation

Auteur : Raymond Aron

Source : http://www.lexpress.fr

Philosophe(s) cité(s) : Bernard-Henry Lévy

 

Un auteur qui emploie volontiers les adjectifs infâme ou obscène pour qualifier les hommes et les idées invite le critique à lui rendre la pareille. Je résisterai autant que possible à la tentation, bien que le livre de Bernard-Henri Lévy présente quelques-uns des défauts qui m'horripilent: la boursouflure du style, la prétention à trancher des mérites et démérites des vivants et des morts, l'ambition de rappeler à un peuple amnésique la part engloutie de son passé, les citations détachées de leur contexte et interprétées arbitrairement. Pis encore, le doute subsiste à la fin de la lecture: la violence du ton, maintenue d'un bout à l'autre du pamphlet, révèle-t-elle une indignation authentique ou le goût du scandale et de la diffusion de masse?
Allons plus loin: le livre ne se prête guère à une discussion objective, selon le mot consacré dans les universités. II n'apporte aucun fait, aucun document, aucun texte que l'on ne trouve dans les quelques livres dont Bernard-Henri Lévy a tiré, pour l'essentiel, la matière qu'il triture à sa manière. Ce qui lui appartient en propre, c'est une certaine mise en place d'un corpus de mots ou de phrases. Or, cette mise en place est à tel point commandée par le propos de l'auteur que l'on se demande s'il vaut la peine de discuter avec un «philosophe» qui s'arroge le rôle de justicier. > lire la suite

 

Vercingétorix

Titre : Vercingétorix et l’Idéologie française

Auteur : André Simon

Source : http://www.editions-imago.fr

Philosophe(s) cité(s) :

 

La lutte de Vercingétorix — (alliance des Gaulois divisés, victoire de Gergovie, défaite d'Alésia et reddition à César) — est inscrite dans la mémoire des Français comme un premier drame national. Mais comment un idéal politique a-t-il pu se façonner autour d'un héros vaincu dont on sait, en fait, peu de choses ?
Par l'étude des historiens, des écrivains, des manuels scolaires, des discours politiques et des œuvres d'art, André Simon met en lumière la façon dont le chef gaulois s'imposa peu à peu pour devenir, au XIXe siècle et jusqu'à notre époque, le « premier des Français ». La royauté se réclamait de Clovis, fondateur de la monarchie française. Mais les républicains, bientôt suivis de toutes les familles idéologiques, cherchèrent à ancrer la légitimité de leur pouvoir en Vercingétorix.
Ce champion de l'indépendance, de la liberté de l'unité nationale, représenta dès lors pour tous la nouvelle incarnation de la patrie. Salué pour sa bravoure et le sacrifice qu'il fit de sa personne pour épargner les siens, plaint pour son martyre, Vercingétorix, tout comme Jeanne d'Arc, offre dans les grands revers nationaux un mythe consolateur où le vaincu apparaît plus noble que son vainqueur, et garantit ainsi la résurrection de son pays.
A l'heure où les métamorphoses de notre société suscitent des interrogations sur les problèmes d'identité, cet ouvrage original permet, à travers un modèle, de mieux comprendre l'élaboration, et l'utilisation à des fins souvent antagonistes, des fondements mêmes de l'idéologie française.

 

Vichy

Titre : Les années souterraines (1937-1947) de D. Lindenberg

Auteur : Denis Berger

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) :

 

(Extrait) - Les "années souterraines" dans la continuité historique est la tâche à laquelle s’est attelé Daniel Lindenberg. Avec succès : il sera impossible de traiter de cette période sans se reférer à son livre qui, étaye sa démonstration sur une érudition énorme, presque accablante. Ses thèses, malgré sa complexité, peut être résumée d’une phrase : "Avant de trépasser politiquement en juillet 1940, la République était culturellement morte depuis longtemps (page 15). En d’autres termes, le "consensus républicain" avait vécu et Lindenberg fait remonter le début de son agonie à l’échec du Bloc des Gauches qui, au début du siècle, rassemble Jaurès et Millerand, autour des Combes.
L’explication de cette évidence, l’auteur la recherche dans l’évolution des intellectuels. C’est là un des mérites, et peut-être une des limites de son travail. Il considère avec raison qu’il y a une spécificité de la vie culturelle, marquée par la permanence ou la récurrence d’un certain nombre de thèmes qui existent et se développent, non pas en dehors de l’histoire politique, mais dans une large autonomie grâce à laquelle ils acquièrent eux-mêmes une influence directe sur le politique.
Cette perspective ouverte par Lindenberg permet de déceler dans l’évolution de la France à partir de 1920 la lente préparation d’une "révolution culturelle" qui va s’accomplir définitivement au gré des événements de l’année 40. Nous sommes conviés à voir surgir des réflexions convergentes chez des écrivains venus des quatre points cardinaux de la politique. Dans les années 30, l’heure est aux "non-conformistes" qui, face au radicalisme de Bas Empire qui domine la République, introduisent les notions de communauté, opposée à l’individualisme bourgeois, de révolution, conçus comme une rénovation éthique des mentalités. Une nouvelle vision de l’histoire, inspirée d’une lecture très particulière de Wieesde, se fait jour. Elle peut aller, plus souvent qu’on ne le croit, à une fascination de la force et la violence qu’incarnent les SA et les SS. Bref, tout un héritage, légué par la Révolution française, est remis en cause. > lire le texte
 

 

 

 

08/06/2007

Accueil | Brèves du jour | La Philo sur Internet | Enseigner la Philo | Apprendre la Philo | Evénements | Publications | Philosophes français | Etudes françaises | De la Philosophie | Sujet et Subjectivité | Dictionnaire de l'Amitié | Contact