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L'hégélianisme en France


Différence -
Historique - Kojève -
Même et Autre - Politique
- Documents
Différence
Titre : Hegel aujourd'hui
Auteur :
Jérôme Lèbre (entretien avec Michaël Foessel)
Source :
http://www.esprit.presse.fr
Philosophe(s) cité(s) : Hegel , Derrida,
Deleuze, Lyotard...
(Extrait) La
pensée de la différence vise un accueil de l’autre qui le laisse être autre
; elle tente de faire vaciller les deux versants de la pensée identitaire,
l’exclusion et l’assimilation. Il ne suffit plus alors d’admettre plusieurs
identités possibles (plusieurs Etats, plusieurs cultures, plusieurs
pratiques esthétiques, etc.) mais plutôt de concevoir que l’identité n’est
qu’un fantasme voilant la multitude des différences. Les rencontres
deviennent alors plus riches que les regroupements, les points de
bifurcation plus déterminants que les principes, les indices ou les marques
plus importants que les lois, les phrases plus libres que les récits. Le
temps ne se synthétise plus dans l’unité d’un souvenir, il se double,
s’accélère, s’espace : il devient le lieu imprésentable des événements. S’en
tenir à la différence ainsi comprise est si difficile, si risqué (qu’est-ce
qui tient en effet, sinon l’identité ?) que chaque avancée doit
planter des mots singuliers dans la langue comme des pitons dans une glace
trop lisse : le différend (Lyotard), la différent/ciation (Deleuze), la
différance (Derrida).
A première vue, la dialectique hégélienne choisit le trajet exactement
inverse : toute différence est poussée jusqu’à la contradiction pour être
ramenée à l’identité d’un terme qui supprime les contradictoires en
conservant leur sens. Il ne s’agit plus de tenir sur un glacier, mais de
tourner sur une terre bien ronde, qui réfléchit à l’Occident les lumières de
l’Orient.
Cependant, il y a bien un rapport déterminé entre la dialectique
hégélienne et la pensée actuelle de la différence, et même une double
détermination de ce rapport. Premièrement, Hegel reste, pour les penseurs
contemporains que j’ai étudiés, celui qui est allé le plus loin dans la
compréhension de la différence, avant de la ramener à l’identité. Deleuze
écrit ainsi : « la contradiction, selon Hegel, fait fort peu problème (…) la
différence est le seul problème ». C’est aussi cela, le problème
Hegel : la possibilité de puiser dans un système très riche, couvrant tous
les domaines, une critique constante de la philosophie de l’identité et de
son double, la logique formelle ; et néanmoins, la nécessité de situer le
point à partir duquel on ne peut plus suivre, lequel ne se situe pas sur la
limite entre l’identification formelle des différences par l’entendement et
la puissance de l’idée spéculative. « Ici » se trouve une bifurcation, un
virage à réussir alors que rien ne l’annonce (Lyotard parle de son accident
avec Hegel).
D’où la deuxième détermination de ce rapport, celle qui m’intéresse le plus.
Chez Hegel lui-même, n’y-a-t-il pas également une multitude de points de
bifurcation, qui ne se situent pas sur la limite entre entendement et raison
? Pour répondre, inutile de lire l’Encyclopédie hégélienne, il suffit de la
regarder : le plan indique des limites ; mais le contenu se divise en
paragraphes d’exposition suivis, de temps à autre, par des remarques
critiques. On bifurque entre paragraphes et remarques. Ce qui se joue dans
ce double inconstant, non systématique, c’est la grande lutte entre la
pensée et la représentation.
L’aspect le plus riche, le plus intensif, du rapport entre les philosophes
de la différence et la philosophie de Hegel, c’est cette lutte. La
représentation est une pensée fixe, qui repose sur la différence entre le
sujet et l’objet, et reste obsédée par la nécessité de se rendre présent un
objet qu’elle a pourtant immédiatement posé hors d’ atteinte. Ce n’est pas
l’entendement, mais le moment où l’entendement s’emprisonne lui-même,
désespérant d’une sensibilité qu’il a lui-même borné à ne lui fournir que
des images différentes des choses. On ne sort alors plus de la dualité
représentant /représenté, qui donne au sujet le droit absolu d’
identifier le représentant, de le maintenir et de le justifier face à
tout élément autre, à toute nouveauté, et cela au nom du représenté. C’est
ainsi que le Moi ou la Raison, mais aussi Dieu, l’Etat ou le Prince, la
Liberté et l’Egalité, la Beauté même, peuvent être érigés en principe
d’identification pour la représentation. En bref, la représentation, c’est
ce qui inverse le mouvement immanent des différences au profit d’une
identité transcendante. C’est le double de la philosophie.
Hegel en est le premier critique : toute la présentation systématique vise à
interroger et dépasser les fixations représentatives ; ou plutôt, après la
démonstration très convaincante d’Isabelle Thomas-Fogiel, on peut dire que
c’est Fichte, pour qui le sujet n’est rien sans l’immanence d’un acte
différenciant. Mais Lyotard pense que le vrai sens de l’irreprésentable se
trouve chez Kant, dans l’absence de position objective du jugement
réfléchissant ; pour Deleuze, il pointe dans toute l’histoire de la pensée,
chez certains penseurs (les Stoïciens, Spinoza, Nietzsche, etc.) ; Pour J.
Derrida, l’histoire oscille sans fin entre représentation et déconstruction.
Leur point commun, c’est qu’ils considèrent la pensée de Hegel comme le plus
génial résultat…de la pensée représentative ! C’est le point où leur lecture
de Hegel rencontre toute la résistance du philosophe allemand, et c’est cela
qui est vraiment en question dans mon livre. Le débat pourrait d’ailleurs
continuer à propos de penseurs aussi différents que Foucault et Jean-Luc
Nancy.
Historique
Titre : Compte-rendu de colloque "Hegel en France"
Auteur :
Samuel Lequitte
Source :
http://aephr.free.fr
Philosophe(s) cité(s) : Cousin, Hegel,
Weil...
C’est à deux pas du Ku’Damm, les Champs-Elysées berlinois, à
la Maison de la Littérature, que se tint, du 29 avril au 1er mai 2004, le
colloque international « Hegel in Frankreich- Hegel en France ». Au total,
seize interventions furent tenues, naviguant de E .Weil à V. Cousin en
passant par Hyppolite, le féminisme, la déconstruction, etc... Accompagné
d’un compatriote toulousain, je me suis rendu à bon nombre de ces
conférences, certaines en français, d’autres en allemand, certaines
ennuyeuses, d’autres pertinentes. Dans toute la diversité de ses approches,
le colloque a montré la complexité de la réception française de Hegel tout
autant que l’ambiguïté des rapports entretenus par les philosophes français
contemporains (dont beaucoup se disent ou se sont dits anti-hégéliens) avec
l’auteur de la Phénoménologie de l’Esprit.
Mal traduit, mal aimé, appréhendé souvent de seconde main,
Hegel est, avant 1930 et à quelques exceptions près (Jaurès ou Vachelot, par
exemple) quasiment inconnu en France. I) . D’une de ces exceptions, Patrice
Vermeren (Paris VIII) a très bien parlé en évoquant la personne et l’œuvre
de Victor Cousin, à propos duquel Hegel disait : « Il m’a pris quelques
poissons mais il les a noyés dans son eau » ! Mais c’est à travers ce «
politique de la philosophie » que l’on va connaître Hegel par le monde
puisque de Cuba à Buenos Aires, toute l’Amérique du sud discuta les thèses
du philosophe allemand à travers les cours de Cousin (voir la polémique sur
l’ecclétisme à Cuba en 1839/40). M. Vermeren a finalement distingué trois
périodes dans les relations Cousin/Hegel :
*l’ignorance, avant 1817 et leur rencontre à Berlin.
*Cousin médiateur entre la philosophie française et l’idéalisme allemand
(jusqu’en 1832 ).
*Enfin le rejet absolu, pour des raisons politiques, de toute
philosophie allemande par Cousin. Le paradoxe est que pas une fois Cousin
n’a cité le nom de Hegel dans ses cours ! Tenu pour fataliste et panthéiste,
celui-ci n’avait en effet pas bonne presse à l’époque. Malgré tout, Cousin,
dans ses rapports avec Hegel, a tenté de se placer sur un pied d’égalité
avec lui en effleurant l’ambition de fonder une nouvelle philosophie
française censée mettre en œuvre un véritable gouvernement de la philosophie
à même de diriger le pays. Doux rêve....
Parmi ces « exceptions signifiantes » dans l’histoire de la
réception de Hegel, outre Cousin, on trouve également des personnages comme
Kojève, J. Wahl ou E. Weil. D’une facture assez « mondaine », l’intervention
de K. Ebeling (Université Humboldt, Berlin ) décrivit l’ambiance du
séminaire dirigé par Kojève à Paris entre 1933 et 1939 sur la Phénoménologie
de l’Esprit. Ce séminaire est resté célèbre eu égard aux nombreuses
personnalités qui y prirent part : Bataille, Lacan, Breton, Queneau,
Hyppolite, Sartre, Merleau-Ponty... >
lire la suite
Kojève
Titre : Alexandre Kojève
Auteur :
Anonyme
Source :
http://fr.wikipedia.org
Philosophe(s) cité(s) : Hegel , Kojève
- (Extrait) - Les conférences de Kojève sur la
Phénoménologie de l'Esprit de
Hegel sont publiées en 1947 sous le titre : Introduction à la
Lecture de Hegel est semble t-il son ouvrage le plus connu (plus
précisément, il ne s'agit pas, stricto sensu, d'un ouvrage; c'est
Raymond Queneau qui en a rédigé la plus grande partie, à partir des notes
prises lors du séminaire, ainsi que quelques textes de A. Kojève
lui-même). Il est le premier qui cherchera à combiner
Marx, Hegel et
Heidegger, et de ce fait il est regardé comme la plus importante
source du radicalisme français d'après-guerre, aux côtés de
Jean-Paul Sartre,
Maurice Merleau-Ponty,
Simone de Beauvoir,
Frantz Fanon, etc., bien que les positions officielles de Kojève aient
été le plus souvent marquées par la provocation (« Je suis le seul vrai
stalinien », « je suis un dieu vivant », etc. étaient des
formules qui ne faisaient pas peur à Kojève).
- La lecture que Kojéve fait de Hegel met l'accent sur
la dialectique du maître et de l'esclave, tout en reformulant tout le
système de Hegel autour du concept de Reconnaissance, central dans
cette dialectique. La
dialectique de la
reconnaissance occupe seulement une petite section dans la
Phénoménologie de l'Esprit, mais dans le premier ouvrage systématique
de celui-ci, le Système de la Vie Éthique (1802), la
reconnaissance joue un rôle central dans le développement de la
médiation. Dans ce sens, on peut dire que Kojève expose de manière
très puissante et très convaincante la pensée de Hegel.
- Avec la montée des mouvements sociaux après la Seconde
Guerre mondiale en Europe, ce thème de la reconnaissance va être l'axe
central de la philosophie dite continentale. Kojève suit le
mouvement de formation de la philosophie de Hegel depuis
Aristote et
Platon, et comprend la dialectique de Hegel comme l'accroissement du
développement des produits objectifs de la culture humaine, plus que le
résultat du travail de l'Esprit, cette dernière interprétation étant celle
de Hegel. Kojève insiste sur la question de la
fin de l'histoire et sur le fait que rien de nouveau ne peut
véritablement surgir dans le monde - la réalité est devenu vraiment
rationnelle. On peut penser rapidement que Kojève tira cette conclusion
vers la pratique en abandonnant la philosophie et en consacrant le reste
de sa vie à la planification économique.
Même et Autre
Titre : L'humanisation du néant
Auteur :
Vincent Descombes
Source : Le Même et l'Autre,
Minuit, 1979 (Extrait du chapitre 1, pp.24-25)
Philosophe(s) cité(s) : Hegel, Kojève,
Merleau-Ponty
Ainsi, en 1945, tout ce qui est moderne
vient de Hegel, et la seule façon de rassembler les exigences
contradictoires de la modernité est de proposer une interprétation de Hegel.
En 1968, tout ce qui est moderne - c'est-à-dire toujours les mêmes Marx,
Freud, etc. - est hostile à Hegel. La différence des deux générations est
dans cette inversion du signe sous lequel se déclare le rapport à Hegel: un
signe moins remplace partout le signe plus. Ce qui ne change
pas, en revanche, c'est le repérage lui-même: c'est toujours du même point
qu'il s'agit, dans un cas, de se rapprocher (revenir, tel le fils prodigue,
à la maison hégélienne), et dans l'autre de s'éloigner (mettre fin à la
tyrannie hégélienne).
Celui qui verrait dans l'œuvre hégélienne un monument rationaliste
s'étonnera sans doute du respect affiché par les futurs « existentialistes »
français à l'endroit de Hegel: si l'existence est foncièrement absurde,
injustifiable, comment s'accommoder d'une pensée qui soutient que « tout ce
qui est réel est rationnel» ? Or le diagnostic de Merleau-Ponty, que j'ai
cité plus haut, explique bien cet état de choses. L'élargissement de la
raison peut s'entendre de deux façons. On peut, il est vrai, comprendre que
la raison étend son empire, et prend le pouvoir dans des zones qui lui
étaient jusque-là étrangères (l'histoire et ses violences, l'existence et sa
contingence, l'inconscient et ses ruses). Mais on peut aussi être avant tout
sensible à la critique de la raison existante que sous-entend cette
expression « élargir la raison », et voir dans cet élargissement beaucoup
plus qu'une simple extension: une véritable métamorphose de la pensée.
L'ambiguïté que nous rencontrons ici est la difficulté essentielle à
laquelle doit s'affronter l'interprétation de Hegel qui est partout
réclamée, tantôt dans un sens positif - « c'est Hegel qui nous réunira » -,
tantôt dans un sens critique « c'est de l'hégélianisme que nous voulons nous
délivrer ». Une pensée non dialectique s'en tiendrait à l'opposition du
rationnel et de l'irrationnel, mais une pensée qui se veut dialectique a
pour définition d'amorcer un mouvement de la raison vers ce qui lui est
foncièrement étranger, vers l'autre: toute la question est alors de
savoir si, dans ce mouvement, c'est l'autre qui aura été ramené au
même, ou bien si, pour embrasser simultanément,le rationnel et
l'irrationnel, le même et l'autre, la raison aura dû se
métamorphoser, perdre son identité initiale, cesser d'être la même et se
faire autre avec l'autre. Or l'autre de la raison est la déraison, la
folie. Le problème est ainsi posé d'un passage de la raison par la folie ou
l'aberration, passage préalable à toute accession à une authentique
sagesse.
Politique
Titre : Hegel aujourd'hui
Auteur :
Jérôme Lèbre (entretien avec Michaël Foessel)
Source :
http://www.esprit.presse.fr
Philosophe(s) cité(s) : Hegel , Derrida,
Deleuze, Lyotard...
(Extrait) Regardons un instant Deleuze, Lyotard et Derrida
comme des Lycurgue de la différence, des créateurs d’institutions
singulières. Je ne parle pas seulement de leur rôle dans la fondation ou la
vie de certains groupes politiques ou associatifs (Socialisme ou barbarie,
Groupe information Prisons, Greph), mais aussi de la création de l’ «
Institut polytechnique de philosophie » à Vincennes, ou du « Collège
international de philosophie ». La pensée accompagne l’action en mots
clairs. Deleuze : « Dans les institutions, il y a tout un mouvement qui se
distingue à la fois des lois et des contrats (…) Au début, je m’intéressais
plus au droit qu’à la politique » ; Lyotard : « Enjeu : (…)
ériger la politique philosophique à l’écart de celle des intellectuels
et des politiques ». J. Derrida : « la déconstruction est une pratique
institutionnelle pour laquelle le concept d’institution reste un problème ».
Le double sens d’un titre de Derrida, Du droit à la philosophie, fait
le tour de cette question.
Mais la vraie question (c’est bien celle que vous me posez, je crois) est de
savoir si les lecteurs de Hegel sont toujours justes avec la pensée
instituante telle qu’elle se développe, d’une manière impressionnante, dans
la philosophie du droit de Hegel. Je suis presque tenté de répondre
négativement : Deleuze, Lyotard, Derrida semblent plutôt considérer que
c’est la Doctrine du droit de Kant qui exprime toutes les apories de
la forme institutionnelle. Hegel fournirait par la suite une philosophie de
l’Etat, comme puissance politique qui se superposerait à la loi pour
justifier et soutenir son application (Ici s’exprime bien sûr une dette
envers Marx, mais quel Marx ?). Il est vrai qu’une telle approche ne peut
rendre pleinement justice à Hegel, le critique de toute doctrine appliquant
une forme légale à un contenu présupposé, le penseur de l’autonomie
du politique (au sens de Ricœur) et, d’une manière plus générale, le
philosophe de l’auto-constitution du droit, de l’auto-objectivation d’un
esprit qui se sait et se veut.
Les philosophes français étudiés se trouvent
ainsi toujours en retrait vis-à-vis de l’objectivité hégélienne
(l’effectivité de la vie éthique et institutionnelle, l’intuition du beau
dans l’œuvre, la présence de Dieu dans la communauté, etc.). Ils pensent
dans l’immanence, sans croire à l’immanence du rationnel. Mais cela ne
traduit nullement un retrait vis-à-vis de la réalité politique. Cette
réalité se parcourt encore dans tous les sens, dans toutes ses strates (l’Etat,
mais aussi la famille et les différentes sphères, économique, sociale,
juridique de la société civile). Seulement elle ne s’organise pas sans
problèmes, parce qu’elle est à chaque moment traversée par des forces
d’éclatements : la rationalité de la peine se confronte à l’irréductibilité
des torts, le développement historique à la distribution des espaces, la
liberté à l’impossible appropriation de la mort. Il suffit de se rendre
compte que ces forces sont déjà en jeu chez Hegel, pour être pris de
vertige, ce vertige identique à l’envie de faire un livre.

Journée Jean Hyppolite : Entre Structure et Existence
Un hégélianisme sans refuge : la pensée de
l’aliénation chez Jean Hyppolite
par Jérôme Lèbre
(lycée Camille Vernet, Valence)
>
Télécharger l'enregistrement vidée de cette conférence


La
naissance de l'hégélianisme français 1830-1870
de Eric Puisais, préface de Jacques d'
Hondt
" Etes-vous hégélien ? " Cette question a traversé le XIXe
siècle philosophique français - et au-delà : on l'a même posée aux
antécédents. Valérie de Gasparin, auteur à la mode vers 1860, s'épouvante de
sa rencontre : " L'Hégélien me regarda de son œil limpide - Je suis Dieu,
dit-il " ! La philosophie, la littérature, le droit, l'histoire, 1a
politique se sont nourris ou confrontés à l'hégélianisme. Un hégélianisme
certes sommaire, incomplet, rhapsodique : " Peut-être fallait-il ne
comprendre d'abord qu'à moitié, pour s'apercevoir que cette moitié ne
suffisait pas, et qu'elle appelait elle-même plus qu'une autre moitié. "
Aujourd'hui pour la plupart oubliés - alors même qu'ils bénéficiaient d'une
renommée enviable en leur temps - ces " petits auteurs " ont fait une bien
étrange moitié du chemin. Ce livre se propose de redécouvrir, par
quelques-unes des voies sinueuses par lesquelles il a passé le Rhin, cet
hégélianisme qui a dès lors... hanté la France.


Olivier
Tinland (dir.)
Lectures de Hegel,
Ouvrage collectif, Éditions Livre de Poche, coll.
Références, Paris, 2005
Avec la collaboration de : Myriam Bienenstock, Bernard
Bourgeois, Christophe Bouton, Franck Fischbach, Theodore Geraets,
Jean-François Kervégan, Pierre-Jean Labarrière et Gwendoline Jarczyk, Gérard
Lebrun, Bernard Mabille, Pierre Osmo, Emmanuel Renault, André Stanguennec,
Olivier Tinland.
Sous les
auspices d'un texte de Hegel inédit en français, « Qui pense abstraitement?
», Lectures de Hegel rassemble douze essais signés par les principaux noms
de la critique hégélienne française contemporaine. Des contributions
désormais classiques (Bourgeois, Lebrun, Geraets, Jarczyk et Labarrière)
voisinent avec des études plus récentes (Kervégan, Bienenstock, Stanguennec,
Osmo), et, pour certaines, inédites (Fischbach, Renault, Mabille, Bouton).
Cet ensemble permet d'accéder aux principales directions suivies aujourd'hui
dans l'interprétation de Hegel, et dessine au total un parcours raisonné de
l'oeuvre entière (Système, Logique, Nature, Esprit).
Table des matières
Préface, Ouvrir le système, par Olivier TINLAND, p. 15
Qui pense abstraitement?, par G.W.F. HEGEL, p. 28
Hegel en France, par Bernard BOURGEOIS, p. 36
Phénoménologie de l'esprit et Science de la logique.
Perspectives nouvelles, par Gwendoline JARCZ¥K et Pierre-Jean LABARRIÈRE,
p. 60
Le dialectique, la dialectique, les dialectiques chez Hegel, par André
STANGUENNEC, p. 86
Hegel et la signification du principe de raison, par Bernard MABILLE, p.
113
Les trois lectures philosophiques de l'Encyclopédie
ou la réalisation du concept de la philosophie cliez Hegel, par Théodore
GERAETS, p. 156
Hegel a-t-il écrit une Naturphilosophie?, par Emmanuel RENAULT, p. 196
Qu'est-ce que « l'esprit objectif » selon Hegel ?, par Myriam BIENENSTOCK,
p. 223
« La vie éthique perdue dans ses extrêmes... »
Scission et réconciliation dans la théorie hégélienne de la Sittlichkeit,
par Jean-François KERVÉGAN, p. 268
Hegel et l'antinomie de l'histoire, par Christophe BOUTON, p. 300
L'antinomie et son contenu, par Gérard LEBRUN, p. 349
« lm Denken ist nichts Praktisches. »
Quelques remarques à propos d'une critique couramment adressée à Hegel,
par Franck FISCHBACH, p. 396
Les anti-hégéliens, par Pierre OSMO, p. 450
Bibliographie, par Olivier TlNLAND, p. 491
08/06/2007
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