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"France éternelle"

 

 

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Gaullien (1) - Gaullien (2) - Gaulois - Multipolaire - Stalinien - Union sacrée - Documents (Pétain)

 

 

 

Gaullien (1)

Titre : Point de vue sur la philosophie en France aujourd'hui

Auteur : Gilbert Vergnes

Source : http://www.revuerespublica.com

 

Notre 4ème république, engluée dans le parlementarisme, paraissant incapable (malgré Mendès-France) de résoudre le problème colonial, nous nous donnons une démocratie "présidentielle" avec De Gaulle, l'homme Providence, incarnant la France éternelle, au dessus des partis politiques, fauteurs de bordel. Avec la Vème république, nous voilà avec un pouvoir exécutif réduisant les députés au rôle de "godillots", et le judiciaire entérinant les diktats présidentiels. Formellement, avec un homme-incarnation-du-peuple, et une constitution taillée sur mesure, on n'est pas très loin de Hitler. A ceci près qu'en 1960, la France éternelle n'est pas Deutschland über alles ! Bien loin d'envisager d'immenses conquêtes de territoires, elle lutte pour ne pas trop vite rétrécir ! De Gaulle, incarnant cette France éternelle, victorieuse du nazisme, ne pouvait donner à son nationalisme que l'allure d'une petite monarchie éclairée. Clarté bien ambiguë : la démocratie, issue des Lumières et de ce rationalisme cartésien, qui accorde à tous le bon sens, est abandonnée au profit d'un "super-bon-sens", d'une "lumière surnaturelle", qui permet à notre Général de savoir, très exactement, ce qu'il faut à la France Profonde... Nous sommes donc, là, dans les années 60. J.P. Sartre, et quelques autres, décrivent, comme ils peuvent, notre évidente "mauvaise foi" nationale : je me souviens encore d'un article intitulé, à propos du référendum Gaullien : "Les grenouilles demandent un roi"... Ce n'est certes pas la démocratie qui a porté De Gaulle au pouvoir. Et la constitution de la Vème république ignore, monarchiquement, la division des pouvoirs, fondement essentiel de la démocratie. Mais le référendum enregistre un oui franc et massif. Le peuple a parlé : Gaullomania imparable. Comment désavouer un vote populaire sans tourner le dos à la démocratie ? A partir de là, les grenouilles philosophes vont alors avaler des couleuvres. Digestion difficile. > lire la suite

 

(Pour mémoire : "Paris outragée ! Paris brisée ! Paris martyrisée ! mais Paris libérée ! libérée par elle-même, libérée par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.")
 

 

Gaullien (2)

Titre : Messmer, Villepin et Mireille Mathieu

Auteur : Non signé

Source : http://blues.blog.lemonde.fr/blues/2005/10/messmer_villepi.html

 

La France éternelle ne meurt jamais. Après celle de Sarkozy nourrie de références napoléoniennes, voici celle de Villepin dont l e modèle semble plus près de Chateaubriand cheveux au vent sur les remparts de St Malo.
Bien mis en scène par France 2, Villepin nous est apparu bon élève, bon sportif , bon père de famille, bon serviteur de l’Etat… un exemple que le monde entier nous envie.
En dégustant cette délicieuse soupe servie au premier ministre, je repensais à une émission du même genre, produite par l’ORTF des années 70 et qui nous vantait les mérites de Pierre Messmer, Premier Ministre de Pompidou. Dans cette mémorable émission, plus classique dans sa facture, on entendait la mère du héros nous raconter avec émotion l’enfance du petit Pierre qui répondait, lorsqu’on l’interrogeait sur ses moments de solitude dans le jardin : « voyez-vous, maman, je cultive mes idées générales »
Ah le brave petit ! il avait forcément un destin de Premier Ministre. Villepin est du même bois : fort en thème et en gymn, avec en plus le petit côté séducteur qu’on n’osait pas encore évoquer dans l’ORTF de Messmer.
On se sent protégé dans cette France-là, au coin du feu de cheminée en grillant les premières châtaignes. Rien ne peut nous arriver et on se demande si le Général de Gaulle est vraiment mort. La vie continue et Hewlett-Packard n’est qu’une petite péripétie mondialiste que nous allons traiter facilement grâce à la « voix de la France ».
Le monde entier se tord de rire à la seule évocation des Français, mais nous continuons à donner des leçons sur tout et à tout le monde. Le vrai symbole de cette France éternelle est d’ailleurs de retour dans nos frontières après avoir illuminé la planète. La France de Villepin c’est celle de Mireille Mathieu.

 

Gaulois

Titre : Comment Vercingétorix devint un héros national

Auteur : André S. Imon

Source : http://revue.de.livres.free.fr/cr/simon.pdf.

 

D’abord, l’exacerbation du patriotisme poussait à ne se reconnaître que dans les seuls Gaulois. Ensuite, dénoncer le despotisme de César devenait autant une façon de s’en prendre à l’alliance de Rome avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie (Triplice, 1881) qu’une manière de critiquer la papauté ; critique qui devint courante avec le développement de l’anti-cléricalisme sous la IIIe République. Mais l’image de Rome, puisqu’elle incarnait des valeurs d’ordre et de discipline, restait néanmoins largement présente dans les manuels scolaires et la double filiation — César et Vercingétorix — fut inculquée aux petits Français : l’âme de la France se retrouvait dans l’antique Gaule et l’idée du sacrifice pour la patrie était incarnée par la figure de Vercingétorix ; quant à Rome, elle représentait la civilisation et elle offrait le modèle de l’État néces-saire pour former les cadres de la nation. En tout cas, le Gaulois Brennus était définitivement oublié au profit du vaincu d’Alésia. Et le catéchisme républicain pouvait répéter inlassablement que si les défaites d’antan avaient été surmontées, les défaites présentes le seraient aussi. En Alésia, archétype de la défaite, la France éternelle puisait ainsi dans son premier défenseur, son premier martyr, la force d’affronter l’avenir. On pourrait continuer pendant longtemps à raconter les aléas et les récupérations de la figure de Vercingétorix. Car, comme le montre André Simon dans ce livre d’une grande richesse documentaire, la figure de Vercingétorix,plus ou moins associée à celle de Rome, a continué au XXe siècle à s’intégrer à l’imaginaire national. Elle alimenta aussi bien l’anti-germanisme durant la Première Guerre mondiale, que l’idéologie de la colonisation, ou encore la défense des valeurs patriotiques durant la Seconde Guerre mondiale, et ceci autant du côté des pétainistes que des résistants. Et si elle semble avoir un peu perdu de son caractère politique de nos jours, cette figure de Vercingétorix n’en continue pas moins à véhiculer une charge idéologique à travers la bande dessinée, et notamment avec la plus célèbre, Astérix. C’est toujours l’idée d’une France éternelle, défendue par un peuple valeureux dans lequel les Français peuvent se retrouver avec fierté, mais où Rome représente incontestablement la civilisation qui apporte avec elle le progrès. Ainsi va la mythologie...> lire la suite

 

Multipolaire

Titre : France, les nouvelles voies de la puissance

Auteur : Pascal Boniface

Source : http://www.ac-nantes.fr

 

Après avoir incarné le combat pour les droits de l'Homme au cours des siècles précédents, la France doit aujourd'hui s'engager dans un autre combat symbolique : celui de l'émergence d'un monde multipolaire, principe universellement acceptable, correspondant aux aspirations de la majeure partie de l'humanité. Voilà un combat plus digne et plus mobilisateur que celui de proposer au monde la seule admiration d'elle-même, comme le font parfois quelques vieux nostalgiques de la « France éternelle ». > lire le texte

 

 

Stalinien

Titre : Petite chronique de la grandeur française

Auteur : Non signé

Source : http://www.sinistra.net

 

C'est ici que l'histoire réelle prend le dessus sur l'histoire mythologique. Selon cette dernière il y a une France éternelle dont la grandeur passée doit se prolonger de nos jours; le personnage qui doit assurer sa pérennité c'est Charles de Gaulle qui se transforme ainsi en être mythologique. Mais notre historien, qui est en même temps la Créature choisie par le destin, est obligé de venir parfois sur le terrain de la réalité pour donner vie à son mythe pour expliquer sa propre force, il doit dévoiler quels furent, en fait. les véritables artisans du salut de la France: les Staliniens. En effet, cette restauration ne pouvait être que celle du pouvoir et de la prospérité du capital. Elle n'était donc possible qu'à la condition que toute force révolutionnaire fut dissoute ou décomposée et qu'il n'existât pas de parti prolétarien dont le rôle est précisément la destruction de l'Etat bourgeois. Corrélativement il était nécessaire que le prolétariat fut totalement désarmé et contraint d'accepter les sacrifices qu'exigeait la remise en marche de la machine économique. Les staliniens se chargèrent de cette double tâche comportant l'extinction de leurs derniers principes de lutte sociale et la propagande «reconstructive» auprès des ouvriers, c'est-à-dire leur propre exhortation à la productivité accrue. Il est clair que de Gaulle avait bien vu tout cela. > lire la suite
 

Union sacrée

Titre : La nation comme communauté d'héritages

Auteur : Non signé

Source : http://crdp.ac-amiens.fr/historial

 

A travers le thème de l’Union Sacrée (échange de nouvelles entre le front et l’arrière), l’auteur développe sa conception à la fois conservatrice, populaire et mystique de la foi patriotique. L’espace scénique se particularise par son cérémonial folklorique et rassurant : l’image du soldat-bûcheron à l’ouvrage rappelle la geste symbolique qui s’attache au labeur paysan ; l’humble demeure de laquelle s’échappe la fumée d’un poële à bois évoque sous forme d’allégorie naïve et sentimentale le foyer paysan et par extension l’attachement à la patrie dans sa fonction d’autel domestique et populaire. La vision mystique du patriotisme procède aussi de cette image du foyer où « bat le coeur de la France ». Elle laisse imaginer au spectateur la ferveur des hommes qui sont soustraits à son regard mais dont l’émotion cachée accrédite avec plus de force l’idée de révélation. En sens inverse, l’autel patriotique détermine une séquence de type eschatologique en objectivant la vérité que sont venus chercher les hommes dans une entité et une vérité supérieure incarnées dans l’image métaphorique d’une France éternelle et reconnaissante. > lire le texte

 

 

 

DOCUMENTS

 

 

Document n° 1 :

Texte lu par le maréchal Pétain, vice-président du Conseil, au Conseil des ministres, 13 Juin 1940.



Nous reconnaissons tous que la situation militaire est aujourd'hui très grave. Il faut bien examiner les conséquences qui résulteraient de la continuation de la lutte. Si l'on admet l'idée de persévérer grâce à la constitution d'un réduit national, on doit reconnaître que la défense de ce réduit ne pourrait être organisée par les troupes françaises en débandade, mais par des troupes anglaises fraîches. Mais si ce réduit, établi dans une région maritime, pouvait être organisé, il ne constituerait pas, à mon avis, une garantie de sécurité et exposerait à la tentation d'abandonner ce refuge incertain.

Or il est impossible au gouvernement, sans émigrer, sans déserter, d'abandonner le territoire français. Le devoir du gouvernement est, quoi qu'il arrive, de rester dans le pays sous peine de n'être plus reconnu pour tel. Priver la France de ses défenseurs naturels dans une période de désarroi général, c'est la livrer à l'ennemi.

Le renouveau français, il faut l'attendre en restant sur place, plutôt que d'une conquête de notre territoire par des canons alliés dans des conditions et un délai impossibles à prévoir.

Je suis donc d'avis de ne pas abandonner le sol français et d'accepter la souffrance qui sera imposée à la patrie et à ses fils. La renaissance française sera le fruit de cette souffrance.

Ainsi la question qui se pose en ce moment n'est pas de savoir si le gouvernement demande l'armistice, mais s'il accepte de quitter le sol métropolitain.

Je déclare, en ce qui me concerne, que hors du Gouvernement s'il le faut, je me refuserai à quitter le sol métropolitain, je resterai parmi le peuple français pour partager ses peines et ses misères.

L'armistice est à mes yeux la condition nécessaire de la pérennité de l
a France éternelle.




Document n° 2

Maréchal Pétain, chef de l'État français, message radiodiffusé le 30 octobre 1940.




Français,

J'ai rencontré, jeudi dernier, le chancelier du Reich.

Cette rencontre a suscité des espérances et provoqué des inquiétudes.

Je vous dois à ce sujet quelques explications.

Une telle entrevue n'a été possible, quatre mois après la défaite de nos armes, que grâce à la dignité des Français devant l'épreuve [...] La France s'est ressaisie. Cette première rencontre entre le vainqueur et le vaincu marque le premier redressement de notre pays.

C'est librement que je me suis rendu à l'invitation du Führer. Je n'ai subi, de sa part, aucun diktat, aucune pression.

Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J'en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement.

A tous ceux qui attendent aujourd'hui le salut de la France, je tiens à dire que ce salut est d'abord entre nos mains.

À tous ceux que de nobles scrupules tiendraient éloignés de notre pensée, je tiens à dire que le premier devoir de tous les Français est d'avoir confiance.

C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française - une unité de dix siècles - dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen que j'entre, aujourd'hui, dans la voie de la collaboration.

Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d'occupation. Ainsi pourraient être assouplie la ligne de démarcation et facilités l'administration et le ravitaillement du territoire.

Cette collaboration doit être sincère. Elle doit être exclusive de toute pensée d'agression. Elle doit comporter un effort patient et confiant.

L'armistice, au demeurant, n'est pas la paix. La France est tenue par des obligations nombreuses vis-à-vis du vainqueur. Du moins reste-t-elle souveraine. Cette souveraineté lui impose de défendre son sol, d'éteindre les divergences de l'opinion, de réduire les dissidences de ses colonies.

Cette politique est la mienne. Les ministres ne sont responsables que devant moi.

C'est moi seul que l'Histoire jugera.

Je vous ai tenu jusqu'ici le langage d'un père. Je vous tiens aujourd'hui le langage du chef.

Suivez-moi. Gardez confiance en
la France éternelle.



 

 

08/06/2007

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