Philosophie-en-france

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Philosopher-en-france

(comme un Etranger dans la France des philosophes)
 

 

 

Existe-il une philosophie française ?

Chacun sait bien que la "philosophie française" existe, littérairement d'abord sous la forme d'un corpus aux contours plus ou moins bien définis entre une pléiade de "grands" classiques et la foule bigarrée des auteurs contemporains, socialement ensuite comme réalité institutionnelle et disciplinaire (scolaire, universitaire…). On pourrait débattre préalablement de questions sémantiques visant à délimiter le champ de la philosophie à côté de l'"idéologie", la "pensée" (au sens large), la "culture", la "littérature", etc. Pourtant, pareilles distinctions demeurent secondaires au regard d'une question qui n'a jamais été posée, semble-t-il, de manière rigoureuse et autonome, celle de l'Identité de la philosophie - française en l'occurrence.

Donc y a t-il une philosophie - spécifiquement - française ? Que signifie l'expression : "philosophie française" ? Au-delà des critères purement linguistique ou politique, c'est-à-dire national, peut-on parler d'une Identité de la philosophie française malgré son évidente diversité ? Il ne s'agit pas seulement d'identifier des traits spécifiques et communs aux philosophes français, voire un très hypothétique et douteux "esprit français", ou bien encore une "idéologie française". Le problème que nous soulevons est davantage politique, autant que théorique. Alors qu'aujourd'hui une "certaine" Europe politique émerge péniblement, ne devons-nous pas en même temps nous demander ce que signifie être "français" et donc "philosophe français", mais aussi et surtout vivre en-France et penser en-France ? Non pas pour défendre une philosophie à la française, ou une philosophie de la France, surtout pas, mais une philosophie en-France, qui soit tout à la fois en-France et en-Europe, d’en-France et d‘ailleurs, bref qui fasse droit aux exigences du cosmopolitisme sans lequel il n’est nulle pensée ou politique possibles. Autrement dit, réexaminer voire réinventer le concept d'Identité en le purgeant de ses lourdeurs métaphysiques, et du même coup poser ou reposer le problème de la topique de la pensée, une topique que l'on voit bien plutôt comme une u-topia nécessaire. Comme si l'utopie aujourd'hui, ce n'était plus l'Europe - qui devient une réalité politique, en plus d'une réalité intellectuelle effective depuis l'époque des Lumières, voire bien avant -, mais précisément l'interne. Posant cette question de l'identité, ou encore de l'Un, de l'interne, de l’immanence, etc., nous restons évidemment fidèle à l'inspiration non-philosophique de François Laruelle.

Il ne s'agit donc pas d'isoler un "style", un "esprit", une "tradition", ou un certain nombre de caractères typiquement "français" dans le domaine philosophique - comme par exemple l'accent mis sur la "subjectivité", le lien privilégié entre littérature et philosophie, ou récemment l'influence de la psychanalyse -, ni de se replier derrière une vague unité ou continuité historique, mais de risquer la question suivante : peut-on associer au nom de la "France", à la fois un concept original et unique de Philosophie et une vision novatrice de l'Identité ? Supposons que la "France" possède quelque identité réelle en sus d'une - très problématique d'ailleurs - unité "nationale"...  Supposons que le concept d’Identité soit défendable dans le contexte d’une pensée contemporaine dominée par la "Différence" et la "Complexité"… On ne pourra guère éluder la question : que signifie la "France", sinon une Nation, sinon une Idée – l’idée que la France se fait d’elle-même ? -, sinon une idéologie ? N'allons-nous pas céder à la pire, celle qui reviendrait à la plus douteuse des identifications : la France, "pays des libertés", serait l’autre Nom de la Liberté, donc de la liberté de penser, donc du Philosopher tout court… Ce comble d’auto-suffisance n’est malheureusement pas étranger aux philosophes revendiquant ouvertement le "label" français. Pour eux, "français" se définit bien souvent par opposition à "allemand", ou à "anglo-saxon", et ils ne cessent d'évoquer un supposé esprit philosophique, certes malmené mais d'autant plus légitime, face aux intrusions de l'épistémologie ou des sciences humaines dans le champ de la pensée. Pour nous il en va différemment : est français - peu importe sa langue et sa nationalité pourvu qu'il soit "franc" - celui qui entre en résistance (ou en rébellion) contre l'académisme en général, dans lequel on ne voit pas seulement une pensée sclérosée et névrosée, mais le caractère irréductiblement mondain de toute philosophie, auquel on oppose l'hérésie d'une posture résolument individuale.

 

Un académisme franco-philosophique

Qu'est-ce que l'académisme en philosophie, et d'ailleurs y a t-il un lien particulier entre la philosophie et l'académisme ? La philosophie française est-elle académique, particulièrement académique ? Si l'on définit sommairement l'académisme comme une concordance entre le pouvoir détenu par une institution ou un groupe socialement dominant, et l'affirmation d'une autorité ou d'une légitimité ultime à l'égard du discours en général, nul doute que la philosophie incarne idéalement ce principe d'académisme synonyme d'auto-légitimation et d'auto-célébration. Evidemment, il existe aussi des académismes - et d'ailleurs des Académies - littéraires ou scientifiques, mais le principe d'autorité qui les soutient et les réunit semble emprunté au discours censé dépasser à la fois les sciences et les Lettres, soit la Philosophie. C'est un fait que l'Etat français, plus que tout autre, préserve une tradition scolaire faisant de l'enseignement philosophique la "fin" et de "couronnement" des études secondaires, au point que dans ce pays l'ordre social sous sa forme étatique et la philosophie y sont interdépendants, le premier préservant les institutions et les traditions dont bénéficie la seconde, et celle-ci justifiant presque unanimement un Etat-roi auquel elle s'identifie foncièrement. Si l'on ajoute que la "culture" et la distinction "intellectuelle" - jusque dans la possibilité de se faire un "nom" et de briller littérairement - conservent en France leur statut de vertu cardinale, synonyme d'élitisme et bien souvent de stérilité politique, reconnaissons que cette problématique de l'auto-légitimation discursive et de l'académisme en général se pose à "nous", français, de manière particulièrement aiguë.

En tout cas l'intégration de l'enseignement philosophique dans l'appareil de l'Etat et son contrôle par celui-ci constitue l'élément déterminant, et même l'avènement véritable de cette philosophie à la française. La mainmise de l'Etat ne s'effectue nullement par l'imposition d'une quelconque idéologie ou (c'est à voir) une inféodation politique, mais plutôt par l'annexion du discours philosophique au système de l'Education Nationale, sous la forme d'une "matière" enseignée, codifiée, normalisée, "inspectée"...En contre-partie la philosophie se voit attribuer une place charnière, à l'issue des études secondaires, et un rôle prestigieux, irremplaçable, puisque d'une part elle est censée livrer à la communauté des citoyens responsables, et d'autre part - grâce à ses vertus proprement universelles - conduire nombre d'entre eux à l'Université. Sans parler du mythe couramment entretenu du "prof de philo", ce personnage quelque peu à part censé briller autant par sa culture que par sa maîtrise du discours ! Par là, on trouve l'occasion d'articuler la question de la langue avec celle de l'institutionnalisation. En effet le lien de la philosophie avec la langue française est d'autant plus marqué que cette matière "noble", véritable "couronnement" des études secondaires, est censée résumer souverainement l'esprit des humanités classiques et trouver dans la langue même un point d'équilibre entre le logique et l'esthétique, le savoir et le réflexion, les sciences et les lettres. De fait la culture littéraire (classique) domine de très loin l'enseignement dispensé par le philosophe, surtout dans la tradition léguée par Victor Cousin (lui-même assez inculte tant en langue étrangère qu'en matière de sciences positives). L'introduction de plus en plus forte des savoirs positifs, à partir du second Empire, et la reconnaissance de leur autonomie ne fit que ramener encore davantage l'enseignement philosophique du côté des humanités et du savoir littéraire qui les compose pour l'essentiel. Ce n'est un secret pour personne : le divorce entre la philosophie et les savoirs positifs reste encore, aujourd'hui en France, catastrophique. S'ajoute à cela un second clivage, avéré depuis plus de deux siècles et pourtant en contradiction totale avec le fameux "esprit" philosophique lui-même, entre d'une part les lieux où se dispense selon le modèle fixé l'enseignement de la philosophie (Lycées et Universités) et d'autre part ceux où la philosophie s'invente et s'expérimente (Collège de France, etc.). Mais, outre que ces lieux restent la plupart du temps rattachés institutionnellement aux premiers, leur apparente marginalité ou créativité ne change rien fondamentalement à l'académisme structurel de la philosophie française.

Mais l'académisme philosophico-français - littéraire et institutionnnel au départ - a des répercutions plus directement idéologiques et politiques. Que dire de la double conscience "européenne" et "démocratique" de la "France des philosophes" à travers - ou non -  la voix de ses "intellectuels" ? Bien que profondément nationaliste et conservatrice, elle ose néanmoins se présenter comme l'avant-garde, la pointe avancée de la communauté internationale, sa responsabilité même... Toutes les majorités de la République française ont revendiqué pour la France un rôle de leadership démocratique, culturel, ou moral. La raison profonde, une nouvelle fois, tient à un complexe de supériorité "intrinsèquement" philosophique puisque c'est la "liberté de penser" - rien de moins - qui se voit estampillée d'"origine française". Dès lors comment ne pas croire que la France, aujourd'hui plus que jamais, se doit d'éclairer l'Europe et, partant, d'assumer une responsabilité intellectuelle mondiale ?

On est plutôt en droit de se demander pourquoi une réflexion pertinente et constructive, concernant la démocratie, semble impossible dans ce pays. Si les philosophes français manquent la démocratie, alors qu'ils ne manquent pas de (se) manifester en sa faveur, n'est-ce pas plutôt parce que leur pensée manque foncièrement de démocratie, parce qu'une nouvelle fois le "principe de philosophie suffisante" règne ici en maître, réprimant à la fois toute audace et tout discours positif sur le sujet ? La démocratie fait défaut dans la pensée, en régime philosophique : voilà le problème ! Les philosophes - spécialement français - s'imaginent détenir la vérité de et sur la démocratie, alors même qu'ils ne peuvent en formuler un traître mot (au contraire, la non-philosophie nous apprend que c'est plutôt la démocratie qui tient la philosophie, qui lui permet de se déployer, qui l'autorise en-dernière-instance). En France, la pensée-Etat a depuis toujours étouffé l'esprit démocratique. Quoi de plus désolant que cette croyance, cette mentalité quasi-superstitieuse selon laquelle l'Etat et le gouvernement ont toujours raison,  même si l'on pense finalement que les choix politiques sont mauvais ? L'impunité du Crime politique (cf. l'affaire du sang contaminé, par exemple) s'explique également par cette tradition philosophique française, véritable idéologie d'Etat, qui identifie ce dernier (ainsi que son Chef) au lieu ultime de la Très-Précieuse Vérité. Face à cette idéologie, nous en appelons désormais à l'hérésie. Nous prenons clairement le parti de ceux qui se déclarent (qui vivent, travaillent, étudient, écrient, manifestent) en-france, mais en tant qu'Etrangers littéralement, contre ceux qui se reconnaissent simplement et naturellement français, au nom d'une fausse identité synonyme de passivité et de servitude volontaire.

 

Comme un Etranger...

"A qui oserait s'intéresser aujourd'hui aux choses de l'esprit, je n'ai, appuyé d'une expérience déjà longue, qu'un seul conseil à donner : fuyez l'enseignement et la culture tels qu'ils se proposent à vous en France. N'en devenez jamais les agents ni les patients. Ne croyez pas que rien demeure des légendes du siècle dernier. Comprenez que la société française a toujours été la plus ennemie du savoir et de la pensée. Comprenez que désormais rien ne s'oppose à ce qu'elle donne libre cours à ses penchants" écrit Jean-Claude Milner dans Y a t-il une vie intellectuelle en France ? (Verdier, p. 25). Il ne reste, pour ceux qui désirent encore savoir et se vouer au savoir, qu'à se considérer comme des étrangers en France, ou plus radicalement comme étrangers à toute société. Cependant nous ne prônons pas la solitude. Etranger ne veut certes pas dire exilé : il n'y a pas d'autre lieu pour vivre et se mouvoir que la société, et peut-être pas d'autre lieu pour étudier que l'Université. Fuir ? mais pour aller où ? Quant à la France et sa Capitale, Cioran n'écrivait-il pas : "Paris, la seule ville au monde où il fasse bon désespérer" ?... Peu nous chaut, pour notre part, les attitudes de désespérance ou de résignation, les stratégies de révolte ou d'obéissance feinte, de résistance ou de fuite, rien ne peut entamer notre conviction que nous n'avons jamais été français sinon par occasion, par intérêt distant pour la philosophie et pour la science, voire pour la non-philosophie, et que le seul fait d'écrire et de penser fait de nous des Etrangers définitifs. C'est-à-dire des Hommes, non consistants pour le Monde, plutôt que seulement des Intellectuels, inconsistants pour la Société.

D'ailleurs si malgré tout, de temps à autre, la philosophie française donne une impression de vitalité et de créativité, il ne faut pas y voir une contradiction avec le tableau qui précède : on en déduira simplement qu'un cadre institutionnel, ou plus généralement un contexte national peut inhiber la pensée mais ne peut pas l'empêcher, précisément parce qu'il n'a rien à voir avec elle. "La philosophie à la française" (P. Macherey) est une expression commode qui évite de marquer l'appartenance de la pensée à un pays ou à un Etat, mais évoquant les liens structurels entre la philosophie définie comme pratique socialement déterminée et ce même Etat, elle ne peut pas s'appliquer à la pensée elle-même dont les conditions d'engendrement ne sont pas du tout sociales, mais individuales Le philosophe ne dispose pas d'identité comme philosophe (socialement reconnu ou non), mais seulement comme penseur et encore seulement quand il pense. Ce qui peut se produire aussi bien solitairement que collectivement, mais justement la question n'est pas là. C'est le Réel (individual) qui détermine en-dernière-instance la pensée, ce n'est pas le fait d'être philosophe ni même le fait de philosopher... Par contre la philosophie est bien le symptôme d'une pensée, et si les philosophes français se cherchent une identité, pourquoi ne peut adopter celle-ci : être les symptômes vivants, et interprétants, qu'il y a de la pensée à-cause du Réel ?

Même si l'universalisme constitue l'un des symptômes majeurs de la "tradition" française en philosophie, rappelons que l'Identité ne se confond pas avec l'Universalité, ni a fortiori avec la Totalité ou l'Unité. Loin de ses formes philosophico-idéologiques (l'"identitaire" !), travaillons à dégager un concept strictement théorique de l'Identité. Pareillement, il faut supposer un "réel" immanent à la France, bien évidemment a-territorial, et irreprésentable idéologiquement. Mais l'immanence (ou l'identité) réelle ne paraît pas pensable philosophiquement, justement parce que la philosophie veut penser cela.

N'allons pas nous imaginer que la tradition philosophique française possède, en son sein, pareille force de rébellion. Par exemple, certains voient régulièrement en Descartes le "héros de la résistance" contre l'académisme. Son humanisme "déceptif" ou "négatif" nous préserverait efficacement de l'illusion d'être au monde. Mais l'on a beau citer Descartes contre les cartésianismes officiels, supputer une France longue et autonome, dissidente, auto-critique etc. face aux France courtes et faibles d'esprit, la "nouvelle philosophie" (de Descartes) ne prend pas en charge la suspension du "principe de philosophie suffisante" épinglé par Laruelle et la non-philosophie. Il est requis de dire "non" à la Philosophie-Monde et pas seulement au Monde fantasmé par l'"ancienne" philosophie. La méthode du doute qui structure toute la pensée cartésienne se montre encore trop sûre de soi, même si elle révoque sa foi dans le monde. Elle part d'elle-même en s'appuyant sur un monde, comme objet de connaissance ; la non-philosophie part du réel en s'appuyant sur la philosophie, comme matériau et support. La non-philosophie n'admet pas la priorité du doute, c'est-à-dire de la pensée et du sujet, sur le réel (ou l'Identité).

Seule la perspective non-philosophique initiée par François Laruelle autorise une telle liberté dans l'usage des noms : l'Identité et le Réel, mais en un sens jusque là inouï, philosopher-en-france, mais sans-philosophie et hors-de-France, etc. ! Osons par conséquent nommer "france" (sans majuscule, pour la distinguer de l'entité politique et culturelle) cet usage en-interne de la pensée - hypothèse ou "invention" que Serge Valdinoci, en marge de la non-philosophie, réserve pour sa part au nom d'"europe" (par opposition au "grec" ou à leur mixte). Il y aurait beaucoup à dire sur la détermination localement ou occasionnellement française de la non-philosophie, son essor au creux et/ou en marge des autorités philosophiques françaises et notamment de l'Université... Malgré cela, et en-deça, demeure une posture radicalement insituable, injustifiable, a-topique, qui ne concerne que les individus et dont le statut par rapport au fondateur de la "discipline" est rigoureusement égal en-dernière-instance : je dirais une posture en-france réelle pour la distinguer de la France culturelle qui accueille, bien mal, mais qui accueille néanmoins la non-philosophie. Malgré les apparences, l'en-france n'équivaut cependant pas à l'en-europe de Valdinoci, pour qui l'Europe n'est pas un nom arbitraire mais véritablement le lieu immanent de la pensée analytique, tandis que en-france, même à désigner rigoureusement le Réel, et le sujet qui s'y découvre de surcroît à l'oeuvre, n'est que le répondant d'une situation culturelle et historique prégnante, voire suffocante : soit une nation française imprégnée de suffisance philosophique sous toutes ses formes - intellectuelles, étatiques, morales, etc. -, de sorte qu'il faut sans doute être français pour en concevoir une nausée suffisante et réaliser que nous sommes pour le moins, nous les sans-philosophie, étrangers à ça.

Mais il faut bien non-philosopher là où il y a de la philosophie, s'il y en a - et c'est le cas, ici. Puisque, par ailleurs, la non-philosophie a été conçue et développée effectivement en France, alors il faut traiter le cas de la France, non pas du tout comme un lieu central et privilégié pour la non-philosophie, mais bel et bien comme le milieu philosophique "naturel" de celle-ci ; et parallèlement, il faut re-nommer la France en termes non-philosophiques, justement comme un terme ou comme une dernière-instance. C'est pourquoi nous avons proposé l'expression "en-france" pour désigner ce non-lieu de la non-philosophie, et tout à fait logiquement nous n'avons pu le créer en-france et en-interne que virtuellement, sur Internet.

La-France, capitale européenne et mondiale de la suffisance philosophique ?

En-france, soit ici et aussi bien ailleurs, soit encore nulle part, patrie un-ique des sans-philosophie ou même des non-philosophes ?

 

 

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