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Ame - Conscience - Fiction - Identité - Pluralité - Science - Soi - Subjectivité

 

 

Ame

Titre : Le moi et la question de l'âme

Auteur : Jean-Pierre Lalloz

Source : Philosophie-en-ligne

Philosophe(s) cité(s) : Pascal, Kant

Il y a des possibilités d'obtenir ce que nous désirons qui ne l'offrent qu'à ce que nous ayons d'abord à y perdre notre âme : nous ne savons pas ce qu'elle est, mais nous savons sans erreur possible que certains choix décisifs de notre existence l'ont implicitement pour enjeu. Si nous n'avons pas perdu ou vendu notre âme en accédant à des biens ou à des responsabilités ayant eu pour effet de rendre démesurée l'emprise que nous pouvons exercer sur les choses et sur les êtres, si on ne nous l'a pas volée en nous amenant à ignorer la souffrance des bêtes et des hommes (1), nous apercevons confusément que cet enjeu concerne une limite que nous ne pourrions certainement pas expliciter, mais à quoi nous nous référons sans erreur possible quand nous refusons de payer n'importe quel prix pour les biens les plus désirables, les plus nécessaires ou même les plus légitimes. Soulignons ce dernier point : les actions vraiment mauvaises étant relativement rares, nous voulons pour la plupart nous convaincre que c'est toujours en agissant mal qu'on perd son âme, imaginant ainsi nous être mis à l'abri des éventualités que les alternatives extrêmes présentent avec un si fort contraste. Mais on a parfois de très bonnes raisons de faire certains choix ; et ceux qui ont accepté de payer n'importe quel prix (par exemple pour sauver leur vie ou pour réaliser leur idéal) et dont nous pensons sans pouvoir les condamner qu'ils ont ainsi perdu leur âme, nous renvoient à l'idée d'un tort ultime, au-delà de toute explication que nous pourrions en donner : un tort que nous ne pouvons pas caractériser positivement, faute d'un dernier savoir dont nous serions alors le représentant judiciaire, anonyme et sage, mais que nous ne laissons pourtant pas de reconnaître dans son caractère ultime. Nous ne savons pas ce qu'est l'âme dont la notion a pour envers l'idée d'un prix sans limite, mais par là même nous ne sommes pas sans savoir quand elle est perdue. > lire la suite

 

Conscience

Titre : La nature du sujet conscient

Auteur : Serge Carfantan

Source : Philosophie et spiritualité

Philosophe(s) cité(s) : Descartes, Hume, Kant

 

La conscience de la vigilance est nécessairement la conscience de quelqu’un. Qui suis-je donc, en tant que sujet conscient? Dans l'attitude naturelle, nous n'avons pas de doute sur l'identité, nous: nous disons, "mais c'est moi !" Nous pointons notre doigt sur notre corps et nous disons "moi". Mais qu’est-ce que cela le moi ? Nous sommes prêts alors à dégainer nos papiers d'identité, à énumérer un catalogue de qualités : je suis Pierre X, né à Paris, étudiant, etc. N'est pas une réponse assez vague que cette énumération?

Est-ce bien ce moi et son catalogue confus d'appartenance qui est le sujet de la conscience? Le quelqu'un qui est conscient, qui est capable de dire je est appelé le sujet. Le sujet qui est posé avec l’objet et en relation avec lui. Il y a plusieurs manières de se représenter le sujet conscient. Cependant, pas de sujet sans objet, l’un et l’autre naissent ensemble : sujet/objet est un concept duel. Du point de vue de l’expérience cependant, il y a dans le vécu de la vigilance une triade, celle du sujet, de l'expérience qui fait le lien et de l’objet. On peut aussi dire observateur-observation-observé, ou encore le penseur, l’ego, l’acte de penser, le cogito, le pensé, les cogitata. Est-ce à dire que le moi consiste seulement dans la pensée?

Qui est le sujet de la conscience ? Le moi qui pense est-il lui-même seulement une sorte de sous-produit de l’activité de la pensée ? Quelle consistance le moi possède-t-il? Qu’est-ce que le moi ? > lire la suite

 

 

 

Fiction

 

Titre : De la problématique du moi à la fiction du moi chez Beckett

Auteur : Emmanuel Jacquart

Source : mlpa

Philosophe(s) cité(s) : Beckett

 

Dans la perspective précisée par le titre, la plupart des critiques ont, à ce jour, fixé leur attention sur la trilogie romanesque (Molloy, Malone meurt, L’Innommable) ou sur ies dramaticules des années soixante-dix à quatre-vingts. S’inspirant largement de la philosophie ‘postmoderne’ de Blanchot, Adorno, Foucault et Derrida, ils mirent l’accent sur le processus de ‘déconstruction’, sur le ‘décentrement du sujet’ ou la disparition du moi, notamment dans L ’Innommable, tandis que d’autres soulignèrent son aliénation et sa fragmentation. > lire la suite

 

Identité

Titre : Les sources du moi. La formation de l'identité moderne, par Charles TAYLOR

Auteur : Denis Collin

Source : Philosophie et politique

Philosophe(s) cité(s) : Charles Taylor

Une des théoriciens les plus importants du multiculturalisme et du communautarisme nord-américain, Charles Taylor cherche dans Les sources du moi à expliquer la formation de l'identité moderne, c'est-à-dire de la conception de soi dominante dans les sociétés issues de la tradition occidentale. Comment nous nous concevons nous-mêmes, cela est étroitement lié aux conceptions du bien que nous avons, c'est-à-dire aux formulations des distinctions essentielles. Il s'agit donc de comprendre la formation historique de nos conceptions modernes du bien. > lire la suite

 

Pluralité

Titre : Pluralité des mondes, pluralité du moi

Auteur : Michel Maffesoli

Source : Modernité 2004

Philosophe(s) cité(s) :

 

Mutation : nous connaissons véritablement de nos jours un changement de peau et je parlerais même de « mutation sociétale ». Dès le début des années soixante-dix, alors que le mot n'était pas encore à la mode, j'employais le terme « sociétal », influencé par la pensée allemande et la capacité de cette langue à mettre du « al » partout, comme dans « historial », chez Heidegger. J'emploie « sociétal » chaque fois que quelque chose de plus fort que le social est en jeu.
Face à cette mutation, ce changement de peau, il me paraît évident qu'il y a, je ne dirais pas « glaciation », comme Dominique Wolton, mais certainement un conformisme ambiant, un Niagara d'eau tiède et de bons sentiments. Cette orthodoxie manifeste conforte une orthocratie et jusqu'à la pensée dite critique reste enfermée dans ce conformisme.
La pensée a toujours consisté à s'opposer à l'opinion, jusqu'à ce que cette pensée, par une ruse de la raison, devienne elle-même une doxa, à la place de celle qu'elle devait critiquer. > lire la suite

 

Science

Titre : La Construction du Moi chez Fichte

Auteur : Jean-Claude Bayakissa

Source : Université de Poitiers

Philosophe(s) cité(s) : Fichte

En réponse à une lettre de Hegel datant du 24 Décembre 1794, Schelling disait :  « La philosophie n'est pas encore parvenue à sa fin. Kant a donné les résultats;les prémisses manquent encore. Et qui peut comprendre des  résultats sans prémisses? - Un Kant assurément,mais que fera de cela la grand masse? Fichte,la dernière fois qu'il est passé ici,a dit que l'on devait avoir le génie de Socrate pour pénétrer Kant. Je trouve cela chaque jour plus vrai. Il faut que nous allions plus loin avec la philosophie. Kant  a tout balayé et a fait place nette ». - A dire vrai, l'accomplissement de la pensée critique avait commencé avec Fichte pour qui, après Kant, le problème de la philosophie n'est plus d'étendre la science, mais de la fonder en l'homme. Pour Fichte, en effet, la tache première est de rechercher dans la philosophie considérée comme science la proposition fondamentale qui la fonde; cette proposition, il l'appelle un Principe (Grundsatz). La science, la philosophie est un tout uni, c'est-à-dire un ensemble de propositions dont chacune d'elles ne trouve sa vérité, ne devient certaine d'elle-même, qu'à la condition d'être liée au tout. Par contre, la proposition qui communique aux autres cette certitude ne doit pas en retour la recevoir d'elles; elle doit être absolument inconditionnée. Cette proposition est, selon la Recension de l'Enésidème, le « je suis absolument parce que je suis », le moi transcendantal, le moi comme principe de philosophie. > lire la suite

 

Soi

Titre : La question du sujet. le moi et le Soi

Auteur : Sylvain Reboul

Source : Sylvain Reboul.free

Philosophe(s) cité(s) :

 

Chacun n'existe comme un être autonome-sujet (un soi pour soi), que par ce qu'il se projète en ce qu'il fait de ses expériences et des rôles multiples qu'il joue, encore faut-il qu'il accomplisse avec quelque succès ce qu'il désire faire pour se construire et se reconnaître en ce qu'il fait de lui dans ses rapports aux autres et à lui-même (conscience critique de soi) et pour cela la cohérence de ses projets et la régulation de ses désirs sont indispensables. Le moi éthique comme sujet n'est ni donné de l'extérieur, ni soumis au chaos du moi psychologique spontané, il est produit par la régulation ethique et raisonnable de ses désirs et expériences spontanément contradictoires (disons opposées) qui n'a de réalité qu'en tant qu'elle s'inscrit dans ses actions trasformatrice de son rapport au monde, aux autres et à lui-même en cela qu'elles manifestent sa puissance d'action. Chacun n'est (existe) que sa puissance (conatus) et n'existe que par elle. > lire la suite

 

Subjectivité

Titre : Emmanuel Lévinas: les problèmes de la subjectivité

Auteur : Xavier Tilliette

Source : ghansel.free.fr

Philosophe(s) cité(s) : Emmanuel Lévinas

 

Le statut du sujet est assurément le thème central de l'oeuvre polyvalente d'Emmanuel Lévinas, dans une confrontation inavouée avec la triplicité hégélienne substance-sujet-système. Mais la subjectivité ne va pas sans problèmes, d'autant qu'elle s'érige seulement pour être altérée et comme dévastée. L'extradition du sujet est le récit ou l'intrigue des deux livres majeurs qui se complètent et se répondent: Totalité et Infini, et Autrement qu'être. Ils ont une inspiration commune. Lévinas avouait une certaine préférence pour le second, dans lequel il avait mis toute sa véhémence, tout le pathos possible, créant une terminologie de toutes pièces dans une langue admirablement apprise. Mais Autrement qu'être, avec la critique de l'ontologie et le renversement copernicien de l'a priori, ne dément pas le livre de 1961. Simplement le style est plus frémissant, heurté, voire haletant. Le lecteur de Totalité et Infini, cependant, ne se sent pas déconcerté, encore moins dépaysé. > lire la suite

 

 

 

 

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