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préparation
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Evénement -
Néolibéralisme -
Singularité - Subjectivité -
Temps
Evénement
Titre : L’individu-sujet dans la
société postmoderne, quel rapport à l’événement ?
Auteur :
Jean-Pierre Boutinet
Source :
http://www.cairn.info
Structure et événement peuvent être
considérés comme deux paradigmes fondateurs des sciences humaines en même
temps que dans leurs emplois ils constituent deux analyseurs historiques
caractéristiques. En effet, si la structure appartient en propre à la
modernité, spécialement dans sa version tardive des années 1960, l’événement
accompagne la postmodernité de ces dernières décennies. Structure et
événement nous renvoient à deux grilles de lecture contrastées, la première
faite de consistance et de profondeur, la seconde en contraste de fragilité
et de superficialité. Or, lors du passage historique de la structure à
l’événement, nous avons assisté à un changement de temporalités, l’événement
nous introduisant dans un temps polychronique marqué par une crise des
anticipations et une hypertrophie du moment présent en même temps qu’une
redécouverte du passé et de la mémoire. Dans ce nouveau contexte, le sujet
perd de la toute-puissance qui était la sienne auparavant d’un sujet
pleinement autonome pour devenir un sujet barré, oscillant avec l’événement
entre affirmation de soi et assujettissement. >
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Néolibéralimse
Titre : Les désarrois de l’individu-sujet
Auteur :
Dany-Robert Dufour
Source :
http://www.monde-diplomatique.fr
A notre époque, celle des démocraties
libérales, tout repose, en fin de compte, sur le sujet - sur l’autonomie
économique, juridique, politique et symbolique du sujet. Or c’est dans le
même temps que se rencontre, à côté des expressions les plus infatuées
d’être soi, la plus grande difficulté d’être soi. Les formes de la
destitution subjective qui envahissent nos sociétés se révèlent par de
multiples symptômes : l’apparition de défaillances psychiques, l’éclosion
d’un malaise dans la culture, la multiplication des actes de violence et
l’émergence de formes d’exploitation à grande échelle. Tous ces éléments
sont vecteurs de nouvelles formes d’aliénation et d’inégalité.
Ces phénomènes sont fondamentalement liés à la transformation de la
condition du sujet qui s’accomplit sous nos yeux dans nos « démocraties de
marché ». « Etre sujet », c’est-à-dire « être-soi » et « être-ensemble », se
présente selon des modalités sensiblement différentes de ce qu’elles furent
pour les générations précédentes.
L’émergence de ce nouveau sujet correspond à une cassure dans la modernité
que plusieurs philosophes ont notée, chacun à leur façon. L’entrée dans
cette époque « postmoderne » - Jean-François Lyotard (1) fut un des premiers
à pointer le phénomène - se caractérise par l’épuisement et la disparition
des grands récits de légitimation, notamment le récit religieux et le récit
politique. On assiste à la dissolution même des forces sur lesquelles la
modernité classique s’appuyait, ainsi qu’à la disparition des avant-gardes.
D’autres éléments illustrent la mutation actuelle dans la modernité ; ils ne
sont pas sans rapport avec ce que nous connaissons sous le nom de
néolibéralisme ; le postmoderne est à la culture ce que le néolibéralisme
est à l’économie. >
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Singularité
Titre : Un concept philosophique
Auteur :
Gilles Deleuze
Source : Cahiers Confrontations
n°20, 1989
(Extrait) -
(...) Pouvons-nous trouver de nouvelles fonctions et de nouvelles variables
capables d'accomplir un changement? Des fonctions de singularisation ont
envahi le champ de la connaissance grâce à de nouvelles variables
espace-temps. Par singularité, nous n'entendons pas seulement quelque chose
qui s'oppose à l'universel mais un élément qui peut être prolongé jusqu'au
voisinage d'un autre, de manière à obtenir un raccordement; c'est une
singularité au sens mathématique du terme. La connaissance et même la
croyance ont alors tendance à être remplacées par des notions telles que «
agencement» ou « dispositif » qui indiquent une émission et une distribution
de singularités. De telles émissions, du genre « coup de dés », constituent
un champ transcendantal sans sujet. Le multiple devient un
substantif, Multiplicité, et la philosophie, une théorie des
multiplicités qui ne se réfère à nul sujet comme unité préliminaire. Ce
qui devient important n'est pas ce qui est vrai ou faux, mais le singulier
et le régulier, le remarquable et l'ordinaire. La fonction de singularité
remplace celle de l'universalité (dans un nouveau champ où l'universel est
sans usage). C'est ce qu'on peut voir même en Droit : la notion juridique de
« cas » ou de « jurisprudence » congédie l'universel au profit d'émissions
de singularites et de fonctions de prolongation. Une conception du droit
basée sur la jurisprudence n'a besoin d'aucun « sujet » des droits. Et
réciproquement, une philosophie sans sujet a une conception du droit basée
sur la jurisprudence.
Corrélativement, des types d'individuation qui n'étaient pas personnels
peuvent s'être imposés. On se demande ce qui fait l'individualité d'un
événement: une vie, une saison, un vent, une
bataille, 5 heures ... On peut appeler eccéités ou heccéités ces
individuations qui ne constituent plus des personnes ou des {{ Moi ». Et la
question surgit: ne sommes-nous pas de telles eccéités plutôt que des « moi»
? La philosophie et la littérature anglo-américaines sont particulièrement
intéressantes de ce point de vue car elles brillent par leur inaptitude à
trouver un sens à donner au mot « moi» si ce n'est celui d'une fiction
grammaticale. Les événements soulèvent de très complexes questions
concernant la composition et la décomposition, la vitesse et la lenteur, la
latitude et la longitude, le pouvoir et l'affect. Contre tout personnalisme,
psychologique ou linguistique, ils promeuvent une troisième personne, et
même une « quatrième personne du singulier », la non-personne ou Il,
en qui nous nous reconnaissons nous-mêmes ou reconnaissons notre communauté,
mieux que dans les échanges vides entre un Je et un Tu.
Bref, nous croyons que la notion de sujet a perdu beaucoup de son intérêt au
nom des singularités pré-individuelles et des individuations
non-personnelles. (....)
Titre : De la singularité chez
Nietzsche et Spinoza
Auteur :
Jean Martial-Guilhem
Source :
http://lusinagaz.free.fr
Quel rapport entretient la singularité
avec l'idée d'universalité ? Comment se rapport se traduit-il chez Spinoza
et chez Nietzsche autour de l'idée d'un plan d'immanence qui se traduit tour
à tour comme Substance ou comme Eternel retour ? Selon l'écart qui se joue
entre les notions de substance et d'éternel retour -si tant est qu'il soit
possible de les rapprocher- une éthique est-elle encore envisageable chez
Nietzsche ? Tout cela est bien entendu encore une fois trés vite fait, pas
trés bien fait.
La singularité ne peut être pensée que sur fond(s) de quelque chose d'autre,
l'universel compris à partir de l'univocité ontologique. Avec la singularité
nous avons toujours affaire à un point extrême de concrétion, un point
d'incandescence, de changement d'état ; un plan qui se singularise, une
tournure ou un style, une manière d'être au double sens du génitif. Une
manière d'être en tant que manière de l'être. Mais d'un être univoque, qui
se dit en un seul et même sens de tout ce dont il se dit. Comme du blanc
s'arrache du plan autant de nuances, de tournures ou de styles du blanc ; de
concrétions singulières, inimitables et insubstituables. Toute singularité
n’est qu’une manière d’être singulière de l’être univoque, c'est-à-dire
autant de la substance que de l’éternel retour (devenir, multiple, hasard).
Il s’agira donc de distinguer deux plans : la substance et les modes. Mais
seulement avec l’éternel retour, le plan sera dit d’immanence. >
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Subjectivité
Titre : Le Sujet et l’individu
Auteur :
Jean Marie Vincent
Source :
http://multitudes.samizdat.net
Le livre d’Alain Renaut « L’ère de
l’individu, contribution à une histoire de la subjectivité » [1] est un
ouvrage qui ne laisse pas le lecteur indifférent. Les thèses qu’avance
l’auteur sont en effet formulées clairement et vigoureusement ; elles sont
le plus souvent étayées par des arguments sérieux et par une érudition
indéniable et maîtrisée. On peut franchement reconnaître qu’Alain Renaut
fait, de façon originale, oeuvre d’historien de la philosophie bien au delà
de certains schémas devenus traditionnels. Il y a toutefois un contraste
étonnant entre la subtilité de certaines démonstrations, la pertinence de
certains questionnements d’une part, et d’autre part, la minceur des
résultats présentés à la fin de l’ouvrage : l’idée d’une éthique de la
réflexion fondée sur une pré compréhension éthique qui, dans un cadre de
finitude radicale des sujets, serait une donnée incontournable et en tant
que telle la condition de possibilité d’horizons de sens pour penser l’agir.
Les sujets agissant en tant que sujets finis ne pourraient, certes pas,
poser des valeurs absolues, mais ils pourraient se donner des projets
éthiques, s’affirmer ainsi responsables et passer par là de l’hétéronomie à
l’autonomie, de l’immanence à la transcendance finie de principes éthiques
régulateurs révisables. Pour Alain Renaut, cette éthique de la réflexion
permettrait de rompre avec toute idée du sujet pratique comme sujet
transcendantal et par conséquent permettrait de ne pas revenir sur des
aspects positifs de la critique heideggérienne du subjectivisme, sans
revenir non plus sur un acquis kantien de la recherche d’une loi morale
universalisable à partir de projets éthiques.
Alain Renaut paraît ainsi se situer à égale distance d’un Heidegger à qui
son anti subjectivisme ferait ignorer ou récuser toute pensée éthique et
d’un Kant qui n’a pas su étendre explicitement au domaine de l’éthique la
pensée de la finitude qui se fait jour au niveau de la raison pure. Mais il
faut faire attention au fait qu’A. Renaut n’entend pas faire oeuvre
éclectique, mais au contraire entend développer la thématique d’un « cogito
criticiste » fini. C’est pourquoi, pour comprendre son entreprise, il
apparaît indispensable de bien cerner la lecture qu’il fait des limites de
Heidegger point de départ de son retour partiel à Kant. A. Renaut admet que
Heidegger dans « Kant et le problème de la métaphysique » a bien vu le rôle
du spontané fini l’imaginaire transcendantal dans la connaissance, mais il
croit pouvoir affirmer que Heidegger élimine définitivement le sujet et il
voit là l’origine des défaillances de la pensée heideggérienne. D’avance il
est décrété que le « Dasein » n’a plus rien à voir avec le sujet alors que
Heidegger montre qu’il est, entre autres, rapport à soi (Selbstbeziehung,
sich zu sich Verhalten), à travers la médiation du langage et des structures
de l’être dans le monde. Le « Dasein » est à l’opposé du sujet de
l’introspection ou de la séparation fétichiste entre intériorité et
extériorité dans les ternies cartésiens de la « res extensa » et de la « res
cogitans ». Il n’est pas immédiateté de la conscience de soi, mais au
contraire unité de spontanéité et de médiateté dans son rapport à soi et au
monde. Ce que « Sein und Zeit » montre bien, c’est la concomitance du
subjectivisme et de l’objectivisme et donc la nécessité pour dépasser le
subjectivisme de critiquer en même temps l’objectivisme, c’est à dire la
transformation de l’objectivité (les étants sous la main pour employer la
terminologie de Heidegger en objectification (les étants mis hors de ma
relation au monde, de mon être dans le monde). L’objectivisme qui résulte de
cette objectification instaure effectivement un monde extérieur dépouillé de
son aspect relationnel (au « Dasein », au sujet), ce qui permet par
contrecoup l’instauration d’un monde mental qui ne se vit pas dans ses
connexions au monde et aux autres. Le rapport à soi devient le rapport d’une
conscience au monde extérieur et à elle-même comme son propre objet. La
conscience imprime aux objets le caractère d’une objectivité purement
externe pour mieux pouvoir les réduire à l’état de matière première ou de
champ d’action, courant ce faisant le danger de se perdre dans ce qu’elle
croit maîtriser. >
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Temps
Titre : Voici le temps des individus
Auteur :
Alain
Jouffroy et Alain Jugnon
Source :
Contr'Un n°1 - 2007
L’individualisme révolutionnaire
n’est rien d’autre que cette vérité suspendue au-dessus de tout : entre soi
et soi, entre soi et les autres, entre l’autre et tous les autres. Le
passage imprévu à l’acte réside dans ce perpétuel suspens.
C’est le pouvoir potentiel,
irréductiblement incalculable, des individus qui désirent résister, chacun à
sa façon, à l’ordre de toutes choses.
Sade. Rimbaud, Ducasse.
Cravan, Picabia, Tzara, Breton, Aragon, Bataille. Artaud.
Quelles que soient les solutions politiques et sociales futures, je serai
toujours, par rapport à elles, une anomalie chargée de chances pour
d’autres.
La seule musique à faire entendre est celle de toutes les contradictions,
intérieurement surmontées mais renversantes.
Tout individu peut
apporter un trouble, une inquiétude, une joie, une ouverture inattendue sur
tout. Saint-Just,
Robespierre. Marx, Engels, Lénine. Maïakovski. Stirner. Fourier.
Le mot « individu » se retrouve précisément dans
le livre que Georges Bataille a écrit sur Nietzsche : « Le temps est chance
en exigeant l’individu, l’être séparé. C’est pour et dans l’individu qu’une
forme est neuve. »
J’aime trop Stendhal pour ne pas renoncer, moi aussi, au suffrage de la
bonne compagnie. Je dis qu’il faut abattre les cartes. Je dis qu’il faut
écrire, vivre et penser à visage découvert. Je dis que le ridicule, la
honte, la prétention n’est pas de dire « je », mais de cacher,
littéralement, son jeu.
Voici le Temps des
individus.
Telle sera la première avancée pratique de l’individualisme
révolutionnaire : une reconnaissance de la souveraineté de tous les
individus par chacun d’entre eux – un pont jeté à travers eux vers
l’impossible.
Contr’un, contre tous, pour tous, pour personne, à chacun. Sans Unique pas
de multiple, sans multiple pas d’Unique possible.
Le temps est venu d’écrire, aussi violemment qu’Artaud, des lettres ouvertes
au Pape.
Le refus de participer à la bêtise organisée par
tous les pouvoirs, L’humour et la distance par rapport à tout, l’exercice de
l’imprévisibilité de la pensée.
Maldoror est cet individu.
Il est temps de brancher toutes
les pensées les unes sur les autres.
08/11/07
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