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Affectivité - Altérité - Ame - Christianisme - Danse - Droit - Femme - Homme - Incarnation - Nomadisme - Passion - Propriété - Sexualité - Subjectivation - Vécu

 

 

 

Affectivité

Titre : Dire du corps. Corporéité et affectivité dans les écrits d’Emmanuel Lévinas

Auteur : Paulette Kayser

Source : http://www.philagora.net

Philosophe(s) cité(s) : Lévinas

 

Rendant hommage à Jean Wahl, Lévinas écrit en 1976 :
"Cette œuvre singulière en alternance, où le dire se ménage un dédire et celui-ci un dédire nouveau, a largement participé au rejet de la pensée se complaisant dans les systèmes exclusifs. Elle a été le précurseur de certaines audaces (qui ne sont pas toutes des excès) de la philosophie d’aujourd’hui ".
On peut constater que ces mêmes lignes décrivent précisément l’œuvre de Lévinas dans la mesure où celle-ci continue à ébranler et inquiéter les demeures et les lieux habituels de la philosophie, dérangeant l’ordre de tous ceux qui croient avoir trouvé leur port. Sa pensée est " étrangère à tout mandarinat ", universitaire et extra-universitaire à la fois. Préférant l’ombre à la lumière aveuglante, Lévinas met au centre les confins de la philosophie, se préoccupant de ce qu’elle omet de " dire ", de ce qu’elle efface à travers son " dit ".
Il s’agit de dégager de ce "dit" de la représentation – qui implique le sens figé et freine le mouvement de la signification – un "dire" exprimant un domaine de la pensée qui est en excès par rapport au savoir et à la thématisation: excès de l’expression. D’ores et déjà expression excessive, la pensée de Lévinas ne craint ni les terrains glissants, ni les apories, préférant la faille et l’échec philosophiques à la réussite, au Savoir et à la synthèse (2). L’enjeu consiste à défaire la relation sujet-objet et le primat de la conscience, de l’ego et de la présence, afin de pouvoir prêter l’oreille au " dire " d’une sensibilité primaire et inépuisable, d’une corporéité qui n’est pas de l’ordre de la possession, mais témoignage d’une sensibilité sans retour à la maîtrise d’un "je pense, donc tu n’es pas". > lire la suite

 

Altérité

Titre : Orlan. Posthumanisme, romantisme et médiation technologique

Auteur : Mélina Bernier

Source : http://archee.qc.ca

Philosophe(s) cité(s) :

 

Orlan est cette artiste française multimédia qui, au milieu des années 1960, délaisse la peinture pour faire de son corps le site canaliseur de sa création artistique à venir. (...) Depuis, ses oeuvres proposent une réflexion sur la relation entre l’art, le corps et les technologies à différents niveaux : l’identité et l’altérité, la sensualité et le puritanisme, le passé et le futur, la contrainte et le choix, etc. Dans cette dialectique, il ne s’agit pas d’exclure l’un où l’autre, mais bien de jouer sur le fil ténu des sens, des images, qu’inspirent ces non-lieux, pour penser autrement la production et la reproduction de la société et de la vie humaine par le corps et les nouvelles technologies. En fin de compte, Orlan nous amène à réfléchir sur l’humain comme construction socio-historique. C’est ainsi qu’elle s’inscrit dans la question du posthumanisme et agit à titre de médiatrice technologique dans la mise en place d’imaginaires susceptibles de donner une suite sociale au posthumain, bien que ce corps « dépossédé » et « réapproprié » traduise l’expérience quotidienne de l’aliénation culturelle d’« être-au-monde » qui sied parfaitement au regard féministe-queer romantique et marxiste du « travail » artistique chez Orlan. > lire la suite

 

Ame

Titre : Hors Corps et hors âme

Auteur : Alfredo Zenoni

Source : http://equipe.lesiteweb.be

Philosophe(s) cité(s) : Aristote, Descartes, Lacan

 

En réaction à ce qu'elle considère être les fausses alternatives dualistes héritées du geste cartésien- entre la chose et l’idée, l'objet et le sujet, la nature et la culture, etc.- la phénoménologie a été tout à la fois un effort tendu vers un niveau de l’expérience antérieur à ces dualismes et une critique des constructions scientifiques abstraites qui en sont dérivées. Dans ce contexte, un des vecteurs essentiels du retour à cet “ être-au-monde ” originaire a été l'exploration de l'engagement du corps dans les différents registres de l’intentionnalité, depuis la sensation jusqu'au jugement, mais d'un corps qui, de par cet engagement même, ne peut être réduit au simple agrégat de fonctions et mécanismes que décrivent la physiologie et la psychologie empiristes. L'engagement du corps phénoménologique est de fait l'affirmation que le corps est toujours déjà plus que le corps, il est l’ambiguïté d'une intentionnalité toujours charnelle et d'une corporéité déjà intentionnelle.
Pour la psychanalyse aussi, le corps est toujours déjà impliqué, mais c'est en tant que le sujet parle. C’est pourquoi cet engagement du corps a pour la psychanalyse une tout autre portée : il signifie que le corps est toujours moins que le corps, parce qu'une part de lui-même a toujours déjà été arrachée. La clinique et l’expérience de l'analyse montrent que nous avons affaire non à un animal qui ne se contente pas d’être seulement un animal 1, mais à un animal amoindri dans son être animal, ni à une biologie étroitement intriquée au sens, mais à une intrication de biologie et de sens qui est centralement trouée. > lire la suite

 

Christianisme

Titre : Le christianisme est-il un post-humanisme?

Auteur : Olivier ABEL

Source : http://www.hypermonde.net

Philosophe(s) cité(s) :

 

L'imaginaire occidental semble osciller entre deux figures du corps, tantôt manipulé et rabaissé au rang d'instrument, tantôt exalté et figé dans un statut sacré et hiérarchique, intouchable. Cette alternative pose deux sortes de problèmes.
Du côté instrumental, où le corps est un objet-machine pour un sujet-conscience qui lui est comme extérieur, on oublie justement cette condition corporelle de la subjectivité. C'est dans l'oubli de cette condition indispensable que l'on se perd au rêve et au vertige de croire que l'on peut refaçonner le corps, comme un artifice de synthèse bientôt délivré des contraintes terrestres: le corps-instrument serait alors prêt pour l'exode extra-terrestre. On regrette alors l'irrémédiable fragilité, vulnérabilité finitude des corps humains.
Du côté sacralisateur, où le sujet est immanent à un corps dont la vie serait quasi-divine, et dont la nature aurait été voulue et conçue par le Créateur, on oublie la condition historique et langagière de la corporéité. On minimise alors les aspects aléatoire, tragique, et terriblement "limité" de l'existence corporelle; et en s'arrêtant au corps comme donnée de nature ou comme norme fixe voulue par le créateur, on sous estime l'évolution, l'histoire, le langage, l'image, tout ce par quoi nos corps sont sans cesse modifiés.
Seule la prise en compte de cette polarité entière donne l'amplitude de la condition éthique du sujet par rapport à son corps. Le propos ici est pour moi d'affirmer que le sujet n'est pas une conscience séparée, anesthésiée, comme on la trouve un peu dans le dualisme cartésien de la pensée et de la matière . Ce faisant, nous voudrions aussi nous débattre contre la dimension gnostique de l'instrumentalisation technique du corps, qui croit pouvoir "matérialiser" et localiser dans des circuits organiques précis les figures subjectives probablement beaucoup plus "immatérielles" . > lire la suite

 

Danse

Titre : Dialogue corporel et danse-thérapie

Auteur : Benoît Lesage

Source : http://www.chups.jussieu.fr

Philosophe(s) cité(s) :

 

Extrait du chapître III - Quel que soit son style chorégraphique, le danseur s'astreint à un patient travail corporel. L'image de l'instrument qu'on affûte ne rend pas compte de son vécu, à moins qu'on ne désigne par ce terme l'individu tout entier dans sa complexité psychosomatique, sensitive, motrice et affective.
Le travail corporel du danseur ne peut être le processus par lequel une conscience, une psyché, investirait l'espace corporel comme avec des pseudopodes.
Ne serait-il pas plus juste de parier de la conscience d'un « JE » qui se fait plus vaste, d'un volume d'échange plus souple et plus conscient qui se traduit par un rayonnement plus évident et une impressivité plus subtile ?
Le travail corporel ne consiste pas pour le danseur à intégrer à la conscience des parties « Obscures » du corps. Cette conception qui pose le corps comme intermédiaire entre moi et le monde fait dégénérer la conscience du corps en représentation. Dans cette perspective, le travail corporel serait une forme d'introspection. Or, si l'on interroge le vécu du danseur, ou même plus simplement toute personne qui « explore » son corps, on arrive à de toutes autres conclusions.
Le travail corporel du danseur nous semble être un paradigme particulièrement instructif ; en effet, la danse se situe à la confluence entre image motrice, émotion, sensation, expression, espaces moteurs internes et externes...
Nous nous proposons de réfléchir ici au vécu corporel du danseur, à la lumière de sa pratique et des apports d'autres disciplines. Nous cherchons à préciser le sens de l'expression « conscience du corps », ce qui nous mènera en corollaire à repréciser les termes de « schéma corporel » et « image du corps ». > lire la suite

 

Droit

Titre : Le corps humain, sujet des droits de l'homme

Auteur : Henri Atlan

Source : http://www.unesco.org

Philosophe(s) cité(s) :

 

L’humanité de l’espèce, c’est-à-dire de tous, est concentrée dans le corps de chacun, dans la réalité de sa physiologie et dans l’apparence de sa forme où s’exprime aussi la réalité de son existence sociale.
Cette définition empirique de l’humanité peut servir de principe régulateur pour résoudre les difficiles problèmes éthiques que posent les interventions biomédicales en début et en fin de vie.
A partir de quand un embryon est-il une personne humaine, c’est-à-dire un être vivant dont on peut et dont on doit reconnaître l’humanité ? Le fait qu’il soit un produit biologique d’autres êtres humains ne suffit pas, car il partage ce statut avec n’importe quelle autre cellule ou groupe de cellules humaines. La potentialité de développement en une personne d’abord enfantine, puis adulte, ne suffit pas non plus, car elle n’est que potentialité. De plus, aux tout premiers stades de son existence, l’embryon contient des potentialités de développement animal plus larges que le développement en un être humain : au prix de manipulations appropriées (transfert de noyau d’un embryon d’une autre espèce), il peut aussi se développer en « chimère », c’est-à-dire en être pour partie humain et pour partie animal. Et pourtant, dès sa naissance, un bébé d’homo sapiens est immédiatement reconnu comme tel à l’aspect de son corps et de son visage. Nul besoin d’examen savant, génétique ou autre, pour le distinguer d’un animal d’une autre espèce. Acceptons donc de poser comme seuil la période de la gestation où la forme de l’embryon, de son corps et de son visage, est reconnue comme humaine. Cette période était estimée par les Anciens, qui suivaient en cela Aristote, aux environs de quarante jours. > lire la suite

 

Femme

Titre : La femme, objet et sujet

Auteur : Nadine Ferré

Source : http://1libertaire.free.fr

Philosophe(s) cité(s) : Simmel

 

Le thème de la personne-objet, s'il n'est pas récent, se pose encore aujourd'hui, de façon très brutale, dans certains champs de la société humaine. Les affrontements politiques et économiques, entre autres, se font au-delà des individus, considérés non pas dans leur intégrité même, psychique, morale et physique, mais plutôt comme des êtres pour lesquels il est nécessaire de résoudre une situation. Tels sont par exemple les objectifs des organismes de régulation internationaux, ou encore ceux des gouvernements. Le rapport dominé/dominant est au fondement de ces pratiques ; les uns ayant le pouvoir, les autres étant ceux contre lesquels (" pour " lesquels) s'exerce ce pouvoir. Dans ce cadre, le dominé peut être perçu comme un possible objet pour tout ce qui est lié aux " règles ", aux images et aux représentations qui les distinguent. Or si l'homme en tant que genre masculin est bien sûr touché, la femme semble occuper ici une place primordiale en tant que support privilégié de valeurs et de pratiques, de normes sociales. > lire la suite

 

Homme

Titre : Le corps peut-il être un sujet ?

Auteur : Pierre Guenancia

Source : http://www.itereva.pf

Philosophe(s) cité(s) : Descartes

 

(...) Le corps peut-il être un sujet ? Non s’il s’agit du corps assemblage d’organes ; sans doute pas vraiment s’il s’agit du corps dont les actions sont instinctives, machinales ou automatiques ; mais oui, pourquoi pas ? , si c’est de mon corps qu’on parle. Ce corps que par un certain droit particulier j’appelle mien, ce corps qui m’appartient plus proprement et plus étroitement que pas un autre, ne peut être ma possession la plus propre s’il ne participe pas aussi de l’unité essentielle de mon être et, en ce sens, de l’unité de la res cogitans .
Si sujet il y a, il ne peut qu’être un - et à ce titre ce n’est ni le corps ni l’âme mais l’homme. “Car, à vrai dire, écrit Descartes dans le texte des Sixièmes réponses par lequel nous avons commencé, je n’ai jamais vu ni compris que les corps humains eussent des pensées, mais bien que ce sont les mêmes hommes qui pensent et qui ont des corps”. > lire le texte
 

 

Incarnation

Titre : Le sujet incarné (cours)

Auteur : Michel Canivet

Source : http://www.icampus.ucl.ac.be/philo/

Philosophe(s) cité(s) : Descartes, Merleau-Ponty, etc.

 

Abstraction faite des questions relatives au contexte socio-historique, on peut considérer que nous sommes chacun un sujet, c'est-à-dire un être conscient, capable de dire "je". Bien que nous ne prenions pas conscience de nous-mêmes continuellement, il reste que nous sommes toujours capables d'une telle conscience de soi et cela nous définit déjà comme des êtres conscients. Nous savons cependant qu'il ne suffit pas d'être conscient pour être humain. Nous sommes à la fois conscients et corporels. Ceci semble une banalité. Ce qui l'est moins, c'est de préciser correctement ce que doit signifier ici l'expression "à la fois".
I. LA CHOSE PENSANTE ET LE CORPS OBJET
1. Dans la tradition philosophique, Descartes est réputé le philosophe de la subjectivité (ce primat de la subjectivité, avons-nous vu, est en accord avec la "modernité"). Toutefois, en ce qui concerne le corps et l'âme, la méthode cartésienne débouche sur un dualisme insurmontable. Reprenons donc ce problème là où Descartes l'a laissé.
L'évidence du cogito est comprise par Descartes comme celle d'une substance pensante. Cette évidence semble auto-suffisante et repliée sur elle-même. Elle paraît suffisamment justifiée par l'adéquation entre la cogitatio et le cogitatum. Elle paraît ne rien devoir à l'existence corporelle (je puis l'avoir même si je doute de mon corps) et ne pas y renvoyer (tout au plus enveloppe-t-elle l'idée que j'ai un corps, mais pas sa réalité). > la suite du cours

 

Nomadisme

Titre : Les sujets nomades féministes comme figure des multitudes

Auteur : Rosi Braidotti

Source : http://multitudes.samizdat.net

Philosophe(s) cité(s) : Deleuze / Guattari

 

À partir des innovations théoriques introduites par la pensée féministe post-structuraliste ces dix dernières années, cet article examine les présupposés et les implications d’une vision féministe nomade de la subjectivité. L’accent tombe d’une part sur le matérialisme corporel et donc aussi sur la sexualité et la différence sexuelle, et de l’autre sur l’importance de nomadiser toute différence, afin d’éviter de recomposer des formations molaires du sujet-femme. L’article conclut sur la nécessité d’aborder le devenir-femme du sujet comme un projet a la fois politique et éthique et donc comme processus ouvert et concret.
La pensée féministe nomade s’est construite en dialogue et en débat avec la philosophie matérialiste du corps. Il s’agit d’une approche radicalement laïque des racines corporelles de la subjectivité. C’est une pensée-corps, comme l’écrivait Jeanne Hyvrard, qui relève du « matérialisme enchanté » du dix-huitième siècle dont Elizabeth de Fontenay a analysé les traits fondamentaux dans l’œuvre de Diderot. Ce matérialisme corporel se manifeste à travers la phénoménologie et dans les multiples variations de la psychanalyse, y compris dans la révolution lacanienne. D’Althusser à Deleuze, l’accent est mis sur l’immanence du sujet dans sa radicale matérialité. La nature sexuée de l’humain, et donc de la différence sexuelle, jouent un rôle central dans cette tradition, ce qui la différencie de toute la philosophie anglo-saxonne. > lire la suite

 

Passion

Titre : Passions de l'âme et les affects du corps

Auteur : Patrice Deramaix

Source : http://membres.lycos.fr/patderam

Philosophe(s) cité(s) : Descartes

 

Méthodique, au sens le plus cartésien du terme, le traité sur "les passions de l'âme" (note 1) embrasse la totalité de la nature humaine et considère successivement les motions du corps, aux fins de les distinguer des passions et fonctions de l'âme. Soucieux d'éviter les confusions, Descartes considère corps et âme dans leur autonomie réciproque. Il entend élucider en physiologiste les fonctions corporelles qu'il attribue au seul corps... L'organisme humain, disséqué, analysé, étudié à la lumière notamment des decouvertes de Harvey, devient un réseau complexe de circulations de fluides divers, qui dilatés et contractés aux rythmes du coeur, agissent sur les muscles, transportent sucs et nutriments... dans la physiologie, les nerfs occupent une place essentielle, quoique encore mal élucidée : les esprits animaux - ces "parties du sang très subtiles" qui pénètrent dans le cerveau, qui "n'ont point d'autre propriété sinon que ce sont des corps très petits et qui se meuvent très vite" et pénétrant dans les muscles par l'intermédiaire des nerfs, "meuvent le corps en toutes les diverses façons qu'il peut être mû" - restent peu connus. Descartes a constaté, lors de ses dissections, le lien étroit entre les circuits nerveux (et plus particulièrement le nerf optique) et le cerveau. Ce dernier recueille les diverses sensations (sons, odeurs, saveurs, chaleur, douleur, faim, soif, et "généralement tous les objets de nos autres sens extérieurs que de nos appétits intérieurs") et peut susciter sans l'entremise de l'âme des mouvements involontaires, tels les réflexes. > lire la suite

 

Propriété

Titre : La découverte du corps propre

Auteur : Renaud Barbaras

Source : http://www.utopiana.am

Philosophe(s) cité(s) : Descartes, Husserl, Merleau-Ponty, etc.

 

Dans The phaenomenon of life, Hans Jonas esquisse une histoire de l'ontologie qui est caractérisée par un retournement fondamental. Lorsque l'homme commença pour la première fois à interpréter la nature des choses, la vie lui apparut comme constitutive de tout ce qui peut être et, par conséquent, l'expérience que nous faisons de notre corps comme une voie d'accès privilégié à l'essence même des choses. Dans une telle ontologie, qui est d'abord celle de l'animisme, l'énigme à laquelle l'homme est confronté est celle de la mort et, comme le dit magnifiquement Jonas, "tout comme la pratique de l'homme des premiers temps est incarnée dans ses outils, de même sa pensée est incarnée dans ses tombes qui à la fois reconnaissent et nient la mort"(20). Or, la pensée moderne peut être caractérisée par un renversement radical de cette perspective ; ce qui était énigme pour la pensée primitive devient la nature même des choses et c'est la vie qui fait alors problème : la pensée moderne est sous la domination ontologique de la mort. En effet, l'ontologie classique, qui est l'acte de naissance de la science moderne, expurge la réalité de toute dimension vitale et s'interdit de projeter sur elle ce qui procède de notre sentiment d'être en vie. En tant que l'étendue et le mouvement sont les seuls aspects de la réalité qui soient connaissables, c'est-à-dire mesurables, la pensée classique en vient à les considérer comme son essence même. Cette tendance est renforcée par l'influence considérable de la pensée chrétienne et gnostique qui porte au premier plan l'intériorité de l'âme humaine, à laquelle notre existence se réduit, et donc son incommensurabilité vis-à-vis de toute forme d'extériorité. Il s'ensuit que notre corps est situé du côté de l'extériorité matérielle quantifiable, que sa vie est pour ainsi dire pensée à partir de sa mort. Ainsi, la théorie mécaniste de l'organisme est une négation de la vie comme les rites funéraires de la préhistoire étaient une négation de la mort. > lire la suite

 

Sexualité

Titre : Corps sexués et sexualités

Auteur : Collectif

Source : http://spip.univ-poitiers.fr/philosophie

Philosophe(s) cité(s) : Foucault

 

Si Michel Foucault a davantage traité de l’histoire de la sexualité, le corps sexué n’est pas absent de ses préoccupations et de ses travaux. Ce dernier objet permet de revisiter autrement les projets et les études menées et de s’interroger sur le passage d’une histoire de la répression de la sexualité à une histoire des pratiques de soi. En 1963, s’interrogeant à propos de l’oeuvre de Bataille, sur ce qui caractérisait la sexualité moderne, il entrevoyait deux aspects principaux : la violence des discours et le fait qu’elle ait été "dénaturalisée". Toutefois, il ajoutait que la sexualité n’avait pas été "libérée", mais portée "à sa limite", ouvrant ainsi la voie à une histoire des transgressions. Cependant, c’est le premier volume de L’histoire de la sexualité (1976) qui donne à sa visée une traduction globale et l’inscrit dans un projet de longue haleine. Six autres livres étaient annoncés à paraître, le deuxième volume devait s’intituler La chair et le corps. Mais lorsque paraît huit ans plus tard L’usage des plaisirs (1984), l’entreprise s’est radicalement transformée. Désormais la "disqualification de la chair" marcherait de pair avec "l’intensification du corps". L’usage des plaisirs et Le souci de soi (1984) constituent à la fois un "recentrage" ou un "renversement" et une interrogation sur "la généalogie de l’homme du désir". A partir de ces approches et de ces évolutions, à partir aussi du changement de période historique -de l’âge classique et du XIXe siècle à l’antiquité grecque et romain- il faudrait s’interroger sur les "techniques de soi", la découverte de l’individu, celle "du corps dressable", de la "méconnaissance du sujet" qui ignore "une partie de son corps", sur les interdits sexuels toujours liés à "l’obligation de dire la vérité sur soi". Il importe aussi de s’attacher à la lecture de la sexualité "en historien" que revendiquait Michel Foucault et de se demander "comment se problématise l’activité sexuelle".

 

 

Subjectivation

Titre : Interventions de l'istance corporelle dans la subjectivation act up-paris

Auteur : Sylvaine Dambrine

Source : http://www.associazionesemiotica.it

Philosophe(s) cité(s) :

 

Ce travail est issu de la rencontre entre une recherche entamée en épistémologie du discours, et le discours produit par l’association de lutte contre le sida Act Up-Paris (recherche en épistémologie du discours qui doit beaucoup, dans son procès, aux travaux de Jean-Claude Coquet). Comme son titre l’indique, ce travail cherche les interventions de l’instance corporelle dans la subjectivation Act Up-Paris, c’est-à-dire les modes d’existence de l’instance corporelle dans le discours d’Act Up-Paris pris comme processus de subjectivation. Par subjectivation, j’entends toute instance de subjectivité en procès. Par subjectivation Act Up-Paris, j’entends donc, indissociablement, le discours produit par Act Up-Paris autant qu’Act Up-Paris comme instance de subjectivité en procès. Je me bornerai à quelques exemples de ces interventions (le corps malade, la loi et le droit, la séropositivité politique et la prison), à partir d’extraits de la lettre mensuelle d’Act Up-Paris, qui s’intitule Action. Mais avant cela, je voudrais donner quelques préalables conceptuels et épistémologiques. > lire la suite


 

Vécu

Titre : Le corps vécu : le modèle phénoménologique (cours)

Auteur : Françoise Giromini

Source : http://www.chups.jussieu.fr

Philosophe(s) cité(s) : Husserl, Merleau-Ponty

 

(...) La sphère de l'immanence (cette sensation que j'ai de la présence immédiate de mon corps dans le monde) se réduit après l'époché (appelée la réduction phénoménologique) à la présence de la chose même, car l'attitude naturelle fait que l'on n'a pas conscience de la perception, car celle-ci n'observe pas le phénomène de la présence en chair et en os de la chose. Par exemple, je perçois et j'ai conscience de l'existence de la table (système perception - conscience) mais je n'ai pas conscience de la perception elle-même, au moment où je perçois et pourtant, la perception remplit mon regard de telle manière que je suis immédiatement en rapport avec elle. C'est cela le vécu corporel. Ce n'est ni imaginé, ni pensé de façon symbolique ou conceptuelle, mais se tient là sous nos yeux comme quelque chose de donné à soi-même et en acte.
Le vécu corporel se situe donc en dehors des activités rationnelles qui gèrent les sciences de la nature. Pas d'induction, pas de déduction, pas de comparaison pour retrouver les différences qualitatives du corps : le primat de la perception assure au vécu une authenticité qui permet de montrer la liaison essentielle entre la chose même et l'espace par le moyen du corps. > lire le texte
 

 

 

 

     

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