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Animal - Dialectique - Fondation - Immanence - Lumière - Monde - Nature - Ontologie - Onto-théo-logie - Physique - Positivisme - Question - Sujet

 

 

 

Animal

Titre : Philosophie et métaphysique
Auteur : Ramatoulaye Diagne
Source : http://sfc.education.sn
Philosophes(s) cité(s) : Schopenhauer, etc.

La philosophie et la métaphysique semblent indissociables. Or, nombreuses sont les attaques contre la métaphysique. La fin de la métaphysique est-elle aussi celle de la philosophie ? L’homme ne peut-il plus être conçu comme un animal métaphysique ?
I. LA METAPHYSIQUE, ORIGINE DE LA PHILOSOPHIE
La philosophie et la métaphysique semblent indissociables, comme si l’interrogation de l’homme sur lui-même conduit d’abord à des questions et à des réponses métaphysiques. «Excepté l’homme, aucun être ne s’étonne de sa propre existence, c’est pour tous, une chose si naturelle qu’ils ne la remarquent même pas.» Aussi Schopenhauer définit-il l’homme comme un animal métaphysique. Platon et Aristote attribuent aussi à l’étonnement cette capacité de faire naître chez l’homme des interrogations auxquelles il cherche des réponses au-delà des données sensibles. Le philosophe est donc celui qui a la force de se poser des questions sur sa propre existence. Un esprit faible ne voit ni problème, ni question. Les servantes de Thrace ne se moquèrent-elles pas de Thalès ? «Plus un homme est inférieur par l’intelligence, moins l’existence a pour lui de mystère. Toute chose lui paraît porter en elle-même l’explication de son comment et de son pourquoi. Cela vient de ce que son intellect est encore resté fidèle à sa destination originelle, et qu’il est simplement le réservoir des motifs à la disposition de la volonté ; aussi, étroitement uni au monde et à la nature, comme partie intégrante d’eux-mêmes, est-il loin de s’abstraire pour ainsi dire de l’ensemble des choses, pour se poser ensuite en face du mondeet l’envisager objectivement, comme si lui-même, pour un moment du moins, existait en soi et pour soi.» >
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Dialectique

Titre : Assumer la métaphysique (extrait de LA “BELLE AME” CHEZ HEGEL ET LACAN")
Auteur : Didier Moulinier
Source : http://www.etudes-lacaniennes.net
Philosophes(s) cité(s) : Hegel

Il faut rappeler le sens du projet hégélien dans son ensemble pour apprécier la portée et les limites du concept de dialectique. Hegel entend clairement renouer avec la métaphysique, largement écartée de la réflexion philosophique dans l’ère post-kantienne. Rappelons que la métaphysique n’est pas spécialement une “partie” de la philosophie, fût-ce celle qui traiterait des questions les plus générales et des plus insolubles, mais, dans l’esprit de Hegel, une façon déterminée de traiter la philosophie, une manière et même la seule bonne manière de philosopher : celle qui consiste, en partant de la curiosité naturelle et du dialogue dont Platon s’était fait le chantre, à façonner et accepter le seul discours qui puisse prétendre à la vérité au-delà des opinions et des intérêts, on appelle cela du moins à l’époque moderne le discours universel, soit la philosophie elle-même. La métaphysique antique portait aux nues la seule valeur de vérité ; la moderne pose d’abord l’universalité ou la cohérence maximale d’un discours devenu texte, savoir transmissible, et dans le cas de Hegel, “Science”. Notons que la philosophie devenue Science, chez Hegel, soit véritablement le cœur de la métaphysique, est représentée par la Science de la Logique  qui est aussi la quintessence de la dialectique. Universalité, vérité, et finalement rationalité sont donc les valeurs absolues de toute métaphysique, mais pour que celle-ci devienne Science, à l’âge de Hegel, une condition nouvelle est requise. Déjà Aristote contestait la méthode platonicienne consistant à poser, axiomatiquement, la nécessité d’un monde des essences pour justifier le monde de la perception, identifiant la vérité à l’essence et assignant au discours universel la fonction d’exprimer l’essence. Mais Aristote entend aussi légitimer l’essence par l’existence et pose la nécessité de rendre compte, ici et maintenant, de l’intelligibilité du monde sensible. Hegel, lui, ferraille plutôt avec Kant — l’assassin présumé de la métaphysique, en tout cas celui qui l’a remise à sa place en la limitant à un usage non théorique. S’appuyant sur la réaction fichtéenne et romantique, Hegel réaffirme tout simplement l’exigence et l’autorité de la décision philosophique qui consiste à se donner le droit de penser vraiment, universellement, c’est-à-dire métaphysiquement. Contre qui ? Justement contre la belle âme kantienne et son formalisme consciencieux qui refuse désormais tout risque, toute sortie hors de la sphère morale de l’intériorité. Hegel en appelle à l’aventure de l’esprit, à l’action, à l’histoire, bref à la dialectique. Hegel conteste par ailleurs le postulat de la métaphysique traditionnelle selon lequel, pour parvenir à la vérité, conçue comme adéquation  finale de l’Etre et de la Pensée, il faut les poser tout d’abord séparés. La théorie métaphysique (platonicienne) pose au départ la transcendance. Au contraire, en bon héritier de Spinoza, Hegel part d’une conception immanentiste de l’Absolu, de la non distinction de l’Etre et de la Pensée, de l’être à connaître et de l’être connaissant — c’est pourquoi il va jusqu’à dire que “tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel”, ce qui signifie encore que “tout est vrai”, du moins en théorie (et ici ce n’est pas faire preuve de scepticisme, parce que ce n’est pas convertible avec “rien n’est vrai”). Du coup si la Logique est effectivement la science de la vérité, elle doit être autant science de l’Etre que science de la Pensée. Mais l’identification de la Pensée et de l’Etre se paye inversement d’une dissociation, d’une désimplication de la Vérité et du Savoir (en tant que discursif, consistance discursive) qui, on le sait, intéressera fort Lacan. Car si tout est vrai, dans l’absolu, tout n’est pas “su” d’avance et pour parvenir jusqu’au “savoir absolu”, justement, qui lui est un résultat, il faut réinventer la dialectique. Surgit l’idée quasiment analytique et bien contemporaine qu’il y a du savoir, sinon inconscient, du moins non vrai (hors bien sûr la vision globale du Savoir absolu qui, lui seulement, correspond à la Vérité), et c’est bien cela qu’éprouve la conscience — une bien "malheureuse" conscience — dans la Phénoménologie de l’esprit.

 

Fondation

Titre : Qu'est-ce que la philosophie ? La pensée et le nom.
Auteur : Jean-Pierre Lalloz
Source : http://www.philosophie-en-ligne.com
Philosophes(s) cité(s) : divers
 

J'ai dit que la philosophie ne différait en rien de la métaphysique. En réalité (mais certes pas en vérité), la philosophie c'est tout simplement la métaphysique. Or quel est le paradigme de la métaphysique ?

Il suffit de poser la question pour avoir la réponse, dès lors que la métaphysique est un discours qui entend rendre raison et dont rien ne saurait limiter d'avance la portée. Le paradigme de la métaphysique est la question de la fondation, puisque la métaphysique commence avec la question bien connue du premier fondement : " pourquoi y a-t-il quelque chose et non pas plutôt rien ? ". Toute approche métaphysique se fait en termes de fondation et inversement il faut qualifier de métaphysique toute approche dans laquelle il s'agit de rendre raison. Par exemple la notion de vérité est métaphysique quand on la pense à partir de quelque chose (la conception divine, la connaissance humaine, le jugement, la logique...) qui en rende compte et, sans jamais cesser de l'être réellement, elle cesse de l'être vraiment quand ce qui explique la reconnaissance d'une chose comme vrai, en tant que cela explique, importe autant qu'on voudra mais ne compte pas(en tout cas c'est ma position : loin de moi l'idée de récuser le métaphysique, je dis tout simplement qu'il ne compte pas).

Donc c'est la question de la fondation qui est décisive. Alors je le demande : comment pourrait-on fonder, c'est-à-dire instaurer métaphysiquement, sans rester enfermé dans une pétition de principe que j'indiquerai en disant que la notion même de fondation est éminemment métaphysique ? Autrement dit : si l'on entreprend une opération métaphysique (" fonder "), c'est qu'on est déjà dans la métaphysique ! Et si l'on est déjà dans la métaphysique, c'est que le métaphysique comme tel, c'est-à-dire le fondé, est déjà advenu dans l'exclusivité véritative des importances. Car la métaphysique, entée sur la question du fondement qui est la question de savoir à partir de quoi l'être est importé à l'étant, peut tout à fait être définie par le statut réflexif de l'importance : on est dans l'ordre métaphysique quand ne compte que l'importance (par exemple ce sera un certain type de jugement qui importera de la vérité dans le monde, une certaine propriété - disons la raison - qui importera de l'humain dans la nature, et ainsi de suite). > lire la suite

 

Immanence

Titre : La métaphysique de Deleuze
Auteur : Arnaud Villani
Source : http://multitudes.samizdat.net
Philosophes(s) cité(s) : Deleuze, Badiou

La question de la métaphysique de Deleuze est sans doute la question la plus complexe d’une œuvre complexe. Et tout d’abord, qu’il y ait bien une métaphysique en place centrale dans cette œuvre est corroboré par sa propre affirmation : " je me sens pur métaphysicien ", avait-il coutume de dire. Je voudrais approfondir cette affirmation en confrontant d’abord, sur la question de l’univocité de l’être, les textes de Deleuze aux thèses inconsidérées de Badiou dans son ouvrage récent ; en allant ensuite vérifier, dans le corpus des œuvres initiales, d’Empirisme et subjectivité à l’Anti-Œdipe, la naissance et la lente constitution de cette métaphysique. > lire la suite

 

Lumière

Titre : La Métaphysique de la lumière au moyen âge
Auteur : Didier Ottaviani
Source : http://www.cerphi.net
Philosophes(s) cité(s) : Plotin, Grégoire de Nysse, etc.

La question de la lumière ouvre sur une problématique métaphysique originale, qui a connu au moyen âge de nombreux développements et dont Saint Thomas se fait parfois l’écho. En pensant la lumière selon un dualisme qui la fait être à la fois physique (la lumière du soleil par exemple) et métaphysique (la lumière comme expression de Dieu, énoncée par le fiat lux), les auteurs du moyen âge ont tenté de résoudre la question métaphysique à partir d’une analogie avec la lumière sensible. En montrant en effet que les mêmes rapports permettent de penser les radiations lumineuses sensibles et suprasensibles, ils ont mis en place la possibilité d’une remontée du créé vers son Créateur. Mais Pour comprendre la problématique liée à la question de la lumière, il faut faire un retour vers les origines des concepts que le moyen âge va abondamment utiliser. La plupart des textes de la philosophie grecque n'étant plus disponibles avant le XII° siècle, les médiévaux vont utiliser les œuvres qui leur sont accessibles. Platon est essentiellement connu par le biais de ses commentateurs, et sa philosophie se voit remplacée par ce que l'on a appelé le néoplatonisme. > lire la suite

 

Monde

Titre : L'histoire de la philosophie a-t-elle une place au Lycée ?
Auteur : Patrice Maniglier
Source : http://ciepfc.rhapsodyk.net
Philosophes(s) cité(s) : Gilles Deleuze

« Mais un jour, peut-être, le siècle sera deleuzien. » Cette phrase de Michel Foucault fut reçue, on le sait, comme la promesse que Deleuze deviendrait au siècle désormais passé ce que Descartes fut à celui de Malebranche. Nombreux sont ceux qui, déjà, font gloire à Foucault de son sens prophétique, pour mieux faire gloire à Deleuze de sa grandeur historique.
Pourtant, la phrase de Foucault avait un tout autre sens, bien plus pertinent en vérité. Car le siècle dont il s'agissait n'a pas de chronologie : il s'agit tout simplement de ce que les clercs (que nous sommes si souvent) appellent le monde, ce monde dont on se retire pour être régulier, ou dans lequel on se risque au titre de séculier . Relisons donc : « Longtemps, je crois, cette œuvre tournera au-dessus de nos têtes, en résonance énigmatique avec elle de Klossowski, autre signe majeur et excessif. Mais un jour, peut-être, le siècle sera deleuzien. » . Par cette petite phrase, Foucault voulait donc dire plutôt ceci : les livres de Deleuze semblent aujourd'hui tournoyer dans le ciel indifférent et lointain de la métaphysique, mais c'est, à la manière de l'aigle de Zarathoustra, uniquement pour mieux préparer le moment où ils fondront sur la Terre et inscriront leurs effets en lettres vivantes dans la politique, le savoir, l'art.  >
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Nature

Titre : La métaphysique de la Nature
Auteur : M. Esfeld
Source : http://www.unine.ch
Philosophes(s) cité(s) : Aristote, Spinoza, Newton, etc.

1) Sciences et philosophie : le projet d’une métaphysique de la nature
But du chapitre : saisir la tâche et la raison d’être d’une métaphysique de la nature, comprendre
la distinction entre la métaphysique révisionniste et la métaphysique descriptive, se rendre compte de la thèse de la survenance à la Hume et des thèmes de recherche que soulève cette thèse, notamment le thème du rapport entre le changement et l’immuable et son importance dans l’histoire de la métaphysique de la nature.
1.1 Qu’est ce que la métaphysique de la nature ?
La philosophie des sciences comporte l’épistémologie des sciences d’une part et la métaphysique des sciences – aussi connue comme philosophie ou métaphysique de la nature – de l’autre part. Tandis que l’épistémologie des sciences s’occupe du thème de la justification de nos théories scientifiques, la métaphysique des sciences vise à proposer une vision philosophique de l’ensemble de la nature. David Papineau de l’Université de Londres, un des philosophes des sciences le plus important d’aujourd’hui, met cette distinction au point de la manière suivante :
« La philosophie des sciences se subdivise usuellement en deux grands domaines. L’épistémologie des sciences traite de la justification des prétentions à la connaissance scientifique. La métaphysique des sciences est l’examen philosophique des traits curieux du monde tel que le décrivent les sciences. En effet, l’épistémologie des sciences se demande si les théories scientifiques sont vraies, tandis que la métaphysique des sciences considère ce que ces théories nous apprendraient du monde si elles étaient vraies. » (Papineau (1996), p. 1 ; traduction par David Stauffer) Ce cours traite la métaphysique des sciences, voire la métaphysique ou la philosophie de la nature, cherchant à proposer une vision philosophique de l’ensemble de la nature sur la base les connaissances que nous apportent les sciences. >
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Ontologie

Titre : Métaphysique et ontologie
Auteur : Kevin Mulligan
Source : http://www.unige.ch/lettres/philo
Philosophes(s) cité(s) : (philosophie "analytique")

Les mots « métaphysique » et « ontologie » se disent de façons multiples à l’intérieur de la philosophie analytique et ailleurs dans la philosophie du vingtième siècle. Ils sont souvent employés pour parler de la théorie ou l’analyse de ce qu’il y a, des espèces principales de ce qu’il y a et de leurs rapports. Mais les positivistes viennois, par exemple, appelaient « métaphysiques » les philosophies qu’ils n’aimaient pas (Carnap 1985, Campbell 1976 ch. 2)1. Et si Quine parle de l’engagement ontologique ou ontique d’une théorie, celui-ci ne se confond nullement avec un engagement métaphysique ou existentiel quelconque. Hors de la philosophie analytique la métaphysique et/ou l’ontologie ont souvent été déclarées mortes. Mais elles sont très vivantes à l’intérieur de celle-ci comme en témoignent la multiplication d’encyclopédies (Burkhardt & Smith 1991, Kim & Sosa 1995), d’introductions (Campbell 1976, Loux 1998, Jubien 1997, Runggaldier et al. 1998), de recueils (Mulligan 1991, Poli & Simons 1996) et de bibliographies spécialisées (Casati & Varzi 1997), ainsi que leurs conditions de possibilité, les travaux de Lesniewski, Kotarbinski, Williams, Bochenski, Bergmann, Chisholm, Hochberg, Grossmann, Küng, Castaneda, Armstrong, Strawson, Kripke, Wiggins, Campbell, Lewis, Fine, Johansson, van Inwagen, Bacon, Denkel, Bigelow, Jackson, Forrest, Peacocke, Tegtmeier, Meixner, Simons, Smith, Lowe, Nef, Robinson, Mertz, Casati et Varzi. > lire la suite

 

Onto-théo-logie

Titre : Hegel, Heidegger et la métaphysique
Auteur : Anonyme
Source : http://belcikowski.org
Philosophes(s) cité(s) : Hegel, Heidegger - Bernard Mabille

Dans Hegel, Heidegger et la métaphysique - Recherches pour une constitution (2004), Bernard Mabille se propose de revisiter la question de la métaphysique, dans le cadre du différend et/ou de l'abyssale proximité que Heidegger et Hegel entetiennent. Il montre quels sont les enjeux d'un tel différend, et en quoi consiste le possible d'un espace de pensée où constituer la métaphysique (p. 18).
Bernard Mabille désigne sous le nom de constitution ce que Heidegger nomme die Verfassung, i. e. l'effet d'ajointement par où, touchant ainsi au possible de la conjointure, on, theos, logos, constituent la figure de l'Un, qui est aussi celle de la métaphysique en tant que onto-théo-logie.
on, theos, logos, l'étant, le divin, le dire...
Nombre d' interprètes de de la philosophie première aristotélicienne jugent que la coexistence de on et qeoj reste problématique dans le cadre de cette dernière, voire même que on et theos friseraient ici la disposition en vis-à-vis qui est celle des contraires. D'où l'interprétation de l'onto-théologie comme discours (logos) de l'ontologie et/ou comme discours de la théologie. >
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Physique

Titre : Aristote, de la physique à la métaphysique
Auteur : Ana Palanciuc
Source : http://www.fabula.org
Philosophes(s) cité(s) : Aristote

Le livre de Bertrand Souchard (Aristote, de la physique à la métaphysique. Réceptivité et causalité, Éditions Universitaires de Dijon, 2003) est le résultat d’une thèse de doctorat en philosophie soutenue à l’Université de Bourgogne et s’inscrit dans la ligne des nombreuses études consacrées dernièrement à la Physique d’Aristote, entreprise qui n’est pas dépourvue d’audace, étant donné l’envergure des problèmes abordés. À travers les deux parties qui constituent son étude, l’auteur tente de replacer la Physique au centre de la pensée d’Aristote, en privilégiant le lien avec la philosophie première. Cette démarche n’échappe pas pourtant aux incertitudes liées à sa légitimité. Il faudrait noter aussi l’intention explicite de l’auteur de prendre position face à une lecture courante d’Aristote, lecture influencée par l’ouvrage de Pierre Aubenque, Le Problème de l’être chez Aristote (1962), dépendant à son tour d’une grille d’interprétation heideggerienne. D’où l’hypothèse de départ de cette étude : le couple réceptivité et causalité est essentiel dans la pensée d’Aristote ; mieux encore, il pourrait ouvrir de nouvelles perspectives d’interprétation de l’histoire de la philosophie. > lire la suite

 

Positivisme

Titre : Y A-T-IL UNE METAPHYSIQUE DU POSITIVISME COMTIEN?
Auteur : Pierre Macherey
Source : http://stl.recherche.univ-lille3.fr/sitespersonnels/macherey
Philosophes(s) cité(s) : Auguste Comte

Comte a créé le mot “positivisme” vers 1840, en le dérivant de son idée d’une “philosophie positive”, formée dès 1824. Il a créé le mot, mais non la chose que ce nom s’est mis à désigner, chose qui, elle, existait sans doute depuis qu’il y a eu de la philosophie : disons, sans trop nous engager, une certaine forme d’attention au réel et aux faits à travers lesquels celui-ci se donne. Mais qu’est-ce qu’une chose à l’état encore innommé comme celui où se trouvait le “positivisme” avant Comte ? C’est une entité en attente de l’ordre que lui assigne précisément son nom avec lequel elle acquiert une cohérence, voire même une consistance, parce qu’elle devient alors définissable et du même coup problématisable. Disons-le tout de suite, “le” positivisme, en dehors du nom que Comte lui a le premier donné, ça n’existe pas : ce qu’il y a, et ceci sans doute depuis fort longtemps, ce sont des figures dispersées se rapportant à ce qu’H. Gouhier avait proposé d’appeler “pré-positivisme”, ensemble aux bords mal délimités où flottent librement des notions plus ou moins harmonisées entre elles. C’est pourquoi, si l’on veut comprendre ce que “positivisme” veut dire, il faut revenir à Comte, même si celui-ci, auteur du nom n’est pas auteur de la chose qui, aussitôt saisie, lui a à nouveau échappé pour redevenir ce qu’elle avait toujours été, une nébuleuse dispersée et incertaine, mais cependant, après lui, éclairée par la lumière nouvelle du système à l’intérieur duquel il avait entrepris de l’inscrire Or ceci est précisément la question que l’on voudrait essayer de poser ici : est-ce que, en nommant “le” positivisme et en essayant d’en faire un système de pensée, donc d’en délimiter le champ d’exercice, Comte n’en a pas trahi l’inspiration profonde en le faisant du même coup entrer, au moins pour une part, en contradiction avec lui-même ? > lire la suite

 

Question

Titre : La métaphysique en question
Auteur : Francis Guibal
Source : http://www.philagora.net
Philosophes(s) cité(s) : divers

"METAPHYSIQUE" peut être défini le geste, d'expérience et de pensée tout ensemble, par lequel l'homme en vient à interroger l'intégralité de ce qu'il vit, en vue de découvrir la présence, originelle et originale, fondatrice et fondamentale, qui porte, assure et légitime le mouvement de toute réalité finie. L'intention est donc inséparablement de totalisation unificatrice et de radicalisation hiérarchisante: au cœur des apparences fluentes, ce qui est cherché et désiré, c'est un essentiel premier et dernier, principe universel d'être et d'intelligibilité, d'ordre et de stabilité. Ce geste se répète et se reprend inlassablement au long des siècles, mais sous des formes singulières toujours neuves qui répondent à des problématiques chaque fois particulières: la Vérité est concrète, le "Même" ne se donne à penser qu'à travers des figures autres et différentes.
Dans notre histoire occidentale notamment, cette aspiration métaphysique se trouve affectée de manière décisive par la mutation qui, depuis la Renaissance, amène la pensée à quitter les univers traditionnels pour s'ouvrir aux perspectives de la modernité. La métaphysique classique, en effet, était tournée vers l'être en sa vérité objective: elle visait un savoir, fondé en raison, des principes régissant le monde en son ensemble; et la diversité anarchique de l'ici-bas empirique se rattachait ainsi pour elle à un au-delà transcendant, source éminente de l'harmonie offerte à la contemplation. Une véritable révolution se produit avec la progressive venue à la conscience de soi de la subjectivité libre: découvrant l'originalité qui marque sa présence à soi, l'homme s'interroge dès lors -dans l'immanence des conditions socio-historiques- sur le sens et la portée de son action. L'essentiel désormais n'est plus séparé et il n'a plus pour fonction d'assurer l'ordre objectif du cosmos; il est requis simplement pour soutenir de l'intérieur le mouvement des libertés en quête de reconnaissance. >
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Sujet

Titre :  Le sujet de la métaphysique
Auteur : Didier Moulinier
Source : http://www.philosophie-en-france.net
Philosophes(s) cité(s) :

Si l'on appelle "métaphysique" d'abord l'élément de la transcendance et "ontologie" plutôt celui de l'immanence, on dira que toute philosophie (moderne) du sujet combine ces deux éléments et les réunit sous le terme même de "représentation" : à la fois le sujet comme représentation et la représentation comme sujet. La position du sujet associe toujours une forme de permanence (la présence) et celle d'une assurance (la conscience impliquée dans le re-), grâce à quoi l'ego avec sa cogitatio se présente (à) lui-même comme (sa) vérité et fondement de tout étant - indissociablement et respectivement métaphysique et ontologique. Mais nous verrons que la représentation (le cogito) n'est qu'un cas particulier de l'identification du sujet. C'est donc parce qu'il a des représentations que le sujet peut se représenter lui-même, et qu'ainsi, en généralisant, la représentation elle-même peut faire "sujet". On peut y voir, jusque dans les versions apparemment les plus épurées de la théorie du sujet (ne retenant plus que l'ego ou bien la cogitatio comme inconsciente), la forme moderne de la substance, du subjectum. Mais les suspicions à l'endroit de la substance valent surtout des déconstructions de la métaphysique et appartiennent en tout état de cause à la philosophie ; elles n'atteignent pas la radicalité du fondement qui n'est nullement la substance, mais la décision typiquement philosophique de faire passer une empiricité (la pensée, par exemple) au rang de transcendance dans un mouvement d'auto-position.
 

 

 

19/09/2007

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