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Anthropologie -
Dialectique -
Idéel -
Irrationnel -
Pensée -
Raison pure -
Représentation
- Texte -
Vérité
Anthropologie
- Titre : Philosophie de la critique
- Auteur : Christine CHAUVIRE
- Source :
http://www.univ-paris-diderot.fr/philomathique
On sait que Wittgenstein a revendiqué dans BGM un
regard anthropologique sur les mathématiques : « les mathématiques sont
un phénomène anthropologique » (BGM, p.399), au même titre que la
couture et la cuisine. Au point que BGM parle presque plus de
philosophie sociale que de philosophie mathématique : la grammaire y
apparaît comme un fait social parmi d autres. Mais qu on ne voie là
aucune épistémologie
naturalisée des mathématiques, réductibles à des propositions
anthropologiques, c est-à-dire empiriques1. Il s agit plutôt
pour notre auteur de faire de l existence des mathématiques, et
notamment du calcul, comme de celle de la cuisine et de ses règles (GP,
X, § 133), « un fait de notre histoire naturelle ». Et si l on objecte à
Wittgenstein: « Ce que tu dis revient à dire que la logique appartient à
l histoire naturelle de l homme. Et cela est inconciliable avec la
dureté du « Doit » logique » (BGM, VI, § 49), il réagit vivement : les
propositions logiques « ne sont
pas des
proposition de l histoire naturelle de l homme ». L interlocuteur peut
insister : « Oui, mais le fait que les hommes calculent de cette façon
reste un fait empirique ! », Wittgenstein reste ferme : » - Oui, mais
les propositions mathématiques ne deviennent pas des propositions
empiriques » (BGM, p. 381). Elles jouent en effet, avec les propositions
logiques, « le rôle de règles de représentation par opposition aux
propositions qui décrivent » (BGM, p. 363), n étant plus dès lors dans
la dimension du vrai ou du faux, et fixant, comme dans le TLP, le cadre
transcendantal de la description du réel. Si naturalisme il y a dans BGM,
il n est certainement pas réductionniste, et, nous allons le voir, il
préserve 1- la distinction normatif/factuel, et 2-la
nécessité. >
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Dialectique
- Titre : L’aventure mathématique de la dialectique
depuis Hegel. Perspectives sur les visages contemporains du « problème
de la dialectique » en épistémologie des mathématiques et de leur
histoire. (Résumé de thèse)
- Auteur : Emmanuel Barot
- Source :
http://w3.univ-tlse2.fr/philo/IMG/pdf/Barot._Resume_These_2004.pdf
L’aventure à plusieurs visages dont on s’efforce, dans cette thèse,
de retracer les tenants et aboutissants, est essentiellement «
continentale ». Centrée sur les échanges philosophique, épistémologique,
et mathématique, qu’ont entretenus les pensées allemande et française,
elle part de la formulation par Hegel du problème philosophique
ici appelé le « problème de la dialectique », dont les termes sont
exposés initialement par Kant : dans sa généralité, c’est celui de la
détermination conjointe du caractère historique de la
rationalité, et du caractère rationnel du processus historique.
i. Sur le fond et dans les termes
du procès d’auto-réalisation dialectique du Concept, on montre que c’est
avec Hegelque l’historicité et la rationalité des formations
conceptuelles, et en particulier des théories scientifiques, deviennent
un objet central du discours philosophique sur les sciences. Les schèmes
dialectiques qu’il utilise vont constituer un outil matriciel, pour
l’épistémologie continentale des XIXème et XXème siècles, de la prise en
charge de ce problème, et cela tout particulièrement dans les deux
champs de l’épistémologie des mathématiques et de celle de leur histoire
(CHAP. I). Ces deux champs son intimement liés, et leur intrication
répond à l’exigence de rendre raison d’une double objectivité
mathématique : celles des théories comme produits de l’histoire,
et celles des objets intrathéoriques. Et depuis Hegel jusqu’à
aujourd’hui, deux traditions essentielles mobilisent le mode de penser
dialectique dans ces domaines, sur le fond de la thèse kantienne selon
laquelle la connaissance mathématique n’est pas une connaissance d’objets,
mais une connaissance dont il faut appréhender les conditions de l’objectivité.
>
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Idéel
- Titre : Le visuel et l'idéel dans les objets
mathématiques. Réflexions sur l'ancienne géométrie
- Auteur : Maurice CAVEING
- Source :
http://www.univ-paris-diderot.fr
-
- (...) I. La "figure" dans le
traité d'Euclide.
Le mot latin "figura" traduit le grec "schéma" qui désigne un objet
géométrique. En revanche un tracé comportant l'agencement de plusieurs
de ces figures entre elles (par exemple un pentagone inscrit dans un
cercle, ou bien la représentation graphique des données d'un problème)
est désigné par un terme différent : "diagramma". C'est donc par abus de
terme et confusion des deux que l'on parle en général des "figures" que
l'on trouve, par exemple, dans les manuscrits. Nous ne nous occupons ici
que des figures au sens propre.
Eucl.El. I Df.13 Une frontière est ce qui est limite de quelque
chose.
I Df.14 Une figure est ce qui est contenu par quelque ou quelques
frontière(s).
Remarque : ces définitions ne sont pas très satisfaisantes. D'après les
contextes, on sait que la notion générale de "limite" s'oppose, depuis
les Pythagoriciens, à celle d"'illimité» : ainsi la Df.3 dit que les
limites d'une ligne sont des points. Comme, d'après la Df.14,une
frontière "contient" quelque chose, on peut comprendre qu'une frontière
est une limite fermée, ce qui implique déjà la notion de figure !
Frontière et figure sont des termes corrélatifs, et l'on note que
"figure" désigne à la fois la frontière et ce qu'elle contient : un
cercle est un disque avec sa circonférence. Il y a cependant clairement
deux sortes de figures : à deux ou à trois dimensions.
Les figures sont données d'espèce, de grandeur et de position. >
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Irrationnel
- Titre : L'obscur mathématique ou l'ouvert
mathématique
- Auteur : Joël Merker
- Source :
http://www.cmi.univ-mrs.fr
-
-
§4. THÈSES SUR L'OUVERT ET SUR LE PRINCIPE DE NON-SAVOIR
4.1. Existence. La première de ces thèses est un axiome d'existence:
L'Ouvert dans la pensée existe au même titre que le mouvement dans les
réalités matérielles. Autrement dit, l'Ouvert, qui existe, est un
"impensable" de type réflexif, et il continue à être aussi mystérieux
pour la pensée que le mouvement. De plus, l'Ouvert s'articule
fondamentalement à un principe de non-savoir décidé dans la pensée.
4.2. Principe de non-savoir. En résumé, ce principe de non-savoir énonce
qu'il y a du non-savoir pur. Il énonce aussi que l'on sait qu'il y a du
non-savoir. De plus, il se trouve que ce principe est "le" principe même
de "suspension du savoir" , que la méditation philosophique rigoureuse
prend pour guide dans sa progression, en tant qu'elle ressasse
indéfiniment le message socratique, d'après lequel: "je sais [surtout]
que je ne sais pas". Ce sera donc ce philosophème dû à Socrate que l'on
prendra pour formulation du principe de non-savoir, à condition bien sûr
de l'entendre aussi au sens impersonnel: "le savoir sait [surtout] qu'il
ne sait pas", ou, de manière équivalente, "le savoir sait ne pas
savoir". Ainsi s'éclaire la conscience abstraite que possède le savoir
mathématique, de l'incessant et de l'irréversible décalage entre des
hypothèses provisoires et des résultats idéalement définitifs. >
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Pensée
- Titre : La pensée mathématique
- Auteur : Jean Cavaillès
- Source :
http://www.sofrphilo.fr
-
(Extrait) - Les Mathématiques constituent un devenir,
c'est-à-dire une réalité irréductible à autre chose qu'elle-même. Que peut
signifier l'entreprise : définir les Mathématiques ? C'est : ou bien dire
les Mathématiques sont ceci qui n'est pas mathématique, et alors c'est
absurde – ou bien recenser les procédés employés par les mathématiciens.
Je laisse de côté la première solution, quoi qu'elle ait eu et ait encore
des défenseurs. Reste la seconde. Je crois qu'aucun mathématicien
n'accepterait que l'on recense, d'une façon définitive et exhaustive, les
procédés qu'il emploie. On peut les recenser à un moment donné, mais il
est absurde de dire : ceci est uniquement mathématique, et, hors de
l'utilisation de ces procédés, nous ne ferons plus de Mathématiques. Je
crois que je suis ici en accord, d'une part, avec les résultats obtenus,
comme par exemple le caractère nécessairement non saturé de toute théorie
mathématique, qui prouve l'exigence de l'intervention de nouvelles règles
de raisonnement chaque fois qu'une théorie se développe, et, d'autre part,
avec la conception des Mathématiques telle qu'elle se trouve dans
l'intuitionnisme, et Heiting, par exemple, écrivait récemment que les
Mathématiques constituent un système organique en plein développement,
auquel il est inadmissible de vouloir assigner des bornes.
Les Mathématiques sont un devenir. Tout ce que nous pouvons faire, c'est
essayer d'en comprendre l'histoire, c'est-à-dire, pour situer les
Mathématiques parmi d'autres activités intellectuelles, de trouver
certaines caractéristiques de ce devenir. j'en citerai deux :
1° Ce devenir est autonome, c'est-à-dire que, s'il est impossible de
se placer hors de lui, on peut, en étudiant le développement historique,
contingent, des Mathématiques, tel qu'il se présente à nous, apercevoir
des nécessités sous l'enchaînement des notions et des procédés. Ici,
évidemment, le mot «nécessité» ne peut pas être précisé d'une autre façon.
On note des problèmes, et on s'aperçoit que ces problèmes exigeaient
l'apparition d'une nouvelle notion ; c'est tout ce qu'on peut faire, et il
est certain que cet emploi du mot «exiger» nous est trop facile, puisque
nous sommes de l'autre côté, nous voyons les réussites. Nous pouvons
pourtant dire que les notions qui sont apparues ont vraiment apporté une
solution à des problèmes qui se posaient effectivement.
>
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Raison pure
- Titre : Kant et la mathématique moderne
- Auteur : Couturat
- Source :
http://www.sofrphilo.fr
On sait que la question capitale de la Critique de la
Raison pure est celle-ci : Comment des jugements synthétiques a priori
sont-ils possibles ? Que de tels jugements existent, cela ne paraît pas
douteux à Kant : les propositions métaphysiques, d'une part, et les
propositions mathématiques, d'autre part, sont pour lui des jugements
synthétiques a priori. Mais il fait une grande différence entre ces deux
espèces de propositions au point de vue de leur valeur. Dans la
Méthodologie transcendantale, en effet, il distingue nettement la
métaphysique de la mathématique : la métaphysique est la connaissance
rationnelle par concepts, tandis que la mathématique est la connaissance
rationnelle par construction de concepts : elle construit ses concepts,
c'est-à-dire qu'elle les représente dans une intuition a priori ; or
nous n'avons pas d'autre intuition que l'intuition sensible, et pas
d'autre intuition a priori que celle de l'espace et du temps. L'espace
et le temps sont «les grandeurs originaires uniques», et c'est pourquoi
la mathématique ne peut s'appliquer qu'à la grandeur, et au nombre,
schème de la grandeur. Les jugements synthétiques a priori de la
mathématique sont donc possibles et légitimes, parce qu'ils reposent sur
des synthèses effectuées dans l'intuition a priori. Au contraire, la
métaphysique, étant une connaissance par concepts, ne peut, en spéculant
sur des concepts abstraits, qu'en tirer ce qui y est logiquement
contenu, et par suite ne peut formuler valablement que des jugements
analytiques. Les jugements synthétiques a priori de la métaphysique sont
donc possibles, mais illégitimes.
Ainsi Kant sépare et oppose radicalement la métaphysique et la
mathématique au point de vue de la méthode. Il va jusqu'à soutenir que
seule la mathématique peut avoir des axiomes et des démonstrations. Elle
seule a des axiomes, c'est-à-dire des principes synthétiques a priori,
parce que de tels principes ne peuvent être fondés que sur les
intuitions pures de l'espace et du temps.
>
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Représentation
- Titre : Les mathématiques à l'épreuve de la
représentation
- Auteur : David Rabouin
- Source :
http://ciepfc.rhapsodyk.net
De quoi parlent les mathématiques ? Que
nous donnent-elles à voir ? Les questions qui orientent l'enquête de
Lucien Vinciguerra pourront sembler bien générales. Elles trouvèrent
leur impulsion, nous est-il dit, dans une remarque qui ne portait
d'ailleurs pas sur les mathématiques, mais sur une vignette : le fameux
« canard-lapin » de Wittgenstein. Qu'y voit-on ? Un canard ? Un lapin ?
Un peu des deux ? Quel langage pourra donc échapper à cette indécision ?
Et de quel rêve fou les mathématiques ont-elles pu se nourrir pour
croire y parvenir ? Pour autant, il ne saurait s'agir d'investir le
champ des mathématiques à partir de cette question résolument naïve. Ce
serait poser le langage comme surface d'inscription miraculeusement
transparente où lire le jeu des différences. Ce serait privilégier sans
raison un des pôles du dispositif annoncé : Langage, visibilité,
différence. Or le discours lui-même a sa part d'obscurité, celle de
l'histoire, de la contingence irréductible qui nimbe chaque énoncé.
Ainsi se trouvent d'emblée mis à distance les deux points aveugles de la
plupart des « philosophies des mathématiques » : le postulat d'une
transparence du langage de la théorie à ce qu'elle donne à voir ; le
déni de la part irréductible de contingence que porte son inscription
dans une histoire. D'où le choix d'une suite de « tableaux historiques »
qui, de Viète à Felix Klein, exposeront les manières dont nos trois
protagonistes (Langage, Visibilité et Différence) ont joué leur histoire
et leurs indécisions. >
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Texte
- Titre : Texte, Mathématiques, Philosophie et Sujet
- Auteur : Jean-Michel Salanskis
- Source :
http://methodos.revues.org Le projet de
cet article est double :
Le projet de cet article est double :
- –d’une part, on voudrait proposer
quelques vues sur la textualité philosophique à partir d’une étude de la
textualité mathématique, en supposant que ce qui est dégagé comme
possibilité ou comme problème quant à la seconde apporte un enseignement
sur la première ;
–d’autre part, on voudrait méditer sur les rapports qui lient la figure
du texte et celle du sujet, en traitant d’un aspect à première vue tout
à fait particulier de la textualisation philosophique : celui de
l’admission en son sein des marqueurs de la première personne du
singulier.
Si ces deux approches, ces deux efforts théoriques ont quelque chose de
solidaire et de convergent, c’est ce que l’on avoue ignorer a priori.
Textualisation mathématique et philosophique.
On essaiera donc d’abord d’étudier la textualisation de la
mathématique, pour remonter de cette étude à une réflexion sur la
textualisation philosophique, en privilégiant successivement trois
questions.
1) La forme textuelle étant considérée comme l’élément dans lequel la
rigueur logique se laisse saisir et garantir, on interrogera le texte
mathématique (puis le texte philosophique) sur sa compatibilité, en tant
que texte, avec la norme de la déductivité.
2) La forme textuelle étant envisagée comme ce au titre de quoi la
mathématique devient objet de savoir anthropologique, on réfléchira sur
la possibilité et la légitimité d’une étude externaliste de la
mathématique (puis de la philosophie) via son texte.
3) L’inscription textuelle étant regardée comme ce qui est commun à
presque toutes les démarches de la culture (de l’esprit, si l’on veut),
on se demandera si, et comment, un texte peut être hybride, appartenir
au genre mathématique et au genre philosophique à la fois, en cherchant,
à nouveau, à poser cette question apparemment médiane à la fois du côté
de la mathématique et du côté de la philosophie. >
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Vérité
- Titre : Qu'est-ce que la vérité mathématique ?
- Auteur : Hilary PUTNAM
- Source :
http://peccatte.karefil.com
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- (...) Imaginons maintenant que nous ayons pris
contact avec une civilisation avancée sur la planète Mars. Nous
apprenons sans trop de difficultés le langage des Martiens et nous
commençons à lire leurs journaux, leurs magazines, leurs oeuvres
littéraires, leurs ouvrages et revues scientifiques, etc. Nous
rencontrons alors quelques surprises lorsque nous abordons leur
littérature mathématique.
La profondeur des résultats qu'ils prétendent avoir obtenu constitue la
première surprise. De nombreuses propositions que nos meilleurs
mathématiciens ont vainement essayé de démontrer - par exemple, le fait
que toute carte peut être coloriée avec quatre couleurs (*) , les zéros
non triviaux de la fonction zêta de Riemann situés dans la bande
comprise entre 0 et l'unité sont en fait situés sur la ligne ½ - sont
mentionnées comme des affirmations dans leurs manuels. Nous commençons à
lire avidement ces manuels afin d'apprendre les preuves de ces
merveilleux résultats. Il apparaît alors à notre plus grande surprise
que les Martiens se fient à des méthodes quasi-empiriques en
mathématiques !
J'entends par "méthodes quasi-empiriques" des méthodes analogues à
celles des sciences physiques, à l'exception du fait que les énoncés
singuliers "généralisés par induction" ou utilisés pour tester les
"théories" [etc.], sont eux-mêmes des produits de preuves ou de calculs
plutôt que des "rapports d'observation" au sens habituel. Si, par
exemple, nous décidons d'accepter l'hypothèse de Riemann (c'est-à-dire
la proposition que l'on vient de mentionner concernant les zéros de la
fonction zêta) parce que des recherches intensives effectuées à l'aide
d'ordinateurs n'ont pas réussi à trouver un contre-exemple [et également
parce que plusieurs "théorèmes" ont été prouvé avec son aide et aucun
d'entre eux n'a été invalidé; de plus, les conséquences de l'hypothèse -
qui sont importantes dans la théorie des nombres premiers, dans d'autres
branches de la théorie des nombres ainsi que dans la théorie algébrique
des nombres - sont plausibles et d'une portée considérable, etc.], alors
nous pouvons tout aussi bien dire, non que nous avons prouvé l'hypothèse
de Riemann, mais que nous l'avons "vérifié" par une méthode
quasi-empirique. A l'instar de la vérification empirique, la
vérification quasi-empirique est relative et non absolue; ce qui a été
"vérifié" à un moment donné peut se révéler ensuite erroné. Mais
existe-t-il une raison autre que sociologique pour que les méthodes
quasi-empiriques ne puissent pas être utilisées en mathématiques ? S'il
s'avère que les Martiens utilisent des méthodes quasi-empiriques et que
leur pratique mathématique soit extrêmement fructueuse, pouvons-nous
affirmer que ces méthodes soient irrationnelles ?
Une réponse ordinaire ("ordinaire" pour un philosophe d'une cuvée
récente quelconque) consisterait à affirmer que les Martiens sont
conceptuellement confus parce qu'"ils ne savent pas ce qu'est une
preuve". Et l'on pourrait poursuivre en indiquant que si l'on ne sait
pas ce qu'est une preuve, on ne sait pas ce que sont les mathématiques;
et même - de manière plus incertaine toutefois -, que si l'on ne sait
pas ce qu'est une preuve mathématique, alors on ne comprend pas les
assertions en question (l'hypothèse de Riemann ou une autre) comme des
assertions mathématiques. >
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- Titre : Evolution du concept de vérité en
mathématiques
- Auteur : Fabienne Bossy
- Source :
http://www.reunion.iufm.fr
Pendant de nombreux siècles, les mathématiques ont
incarné le domaine de la vérité par excellence et on s'est plu à opposer
leurs certitudes inébranlables aux discussions interminables des
philosophes. En effet, depuis les "éléments" d'Euclide qui est le premier
à avoir réellement formalisé la géométrie, les mathématiciens se sont
efforcés de construire leurs théories en respectant des règles de logiques
et de déductions admises par tous, leur conférant par là-même un statut de
vérité absolue. Les mathématiques apportent la preuve de ce qu'elles
avancent et la solution d'un problème est toujours unique et définitive
(même si elle peut-être complexe) alors que les philosophes semblent
s'opposer en débats sans fin sur tout problème abordé.
Les mathématiques représentaient ainsi jusqu'au 19ème siècle le domaine de
la vérité absolue, définitive et éternelle. Pourtant, Euclide avait laissé
avec son 5ème postulat le premier grain de sable qui allait déboucher des
siècles plus tard sur l'irruption des géométries non-euclidiennes et la
fin de cette belle certitude des mathématiques. On s'aperçoit dès lors que
les mathématiques peuvent être scindées en des théories multiples et
indépendantes et dont les résultats parfois contradictoires ne dépendent
que de l'axiomatique de départ et de la prise en compte de tel ou tel
axiome comme par exemple le 5ème postulat ou l'axiome du choix. Cette
crise des mathématiques atteindra son paroxysme lorsque le mathématicien
Gödel énoncera son fameux théorème d'incomplétude qui détruira tous les
espoirs de pouvoir formaliser un jour entièrement les mathématiques. Ce
théorème affirme que tout système formel consistant est incomplet,
c'est-à-dire qu'il possède toujours des propositions indécidables dont on
ne pourra jamais dire à l'intérieur de ce même système si elles sont
vraies ou fausses, et par suite, qu'on ne peut pas démontrer la
consistance d'un système formel sans faire appel à système extérieur.
La vérité en mathématiques n'est donc plus unique, absolue et totale mais
plurielle, relative et incomplète. >
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20/09/2007
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