













|
|
Discours -
Double sens - Freudo-marxisme -
Liberté - Lumières -
Réalité - Théorie -
Utopie
Discours
- Titre : La pensée devant l’idéologie
- Auteur : Claude Savary
- Source :
http://classiques.uqac.ca
- Philosophes(s) cité(s) : divers
-
- Les problèmes rattachés au terme « idéologie » et à
son usage sont tellement nombreux et désespérants qu'on en vient à se
demander pourquoi il y a encore des auteurs qui l'utilisent. Il n'est
pas rare d'en rencontrer qui refusent de l'employer. Par ailleurs, on se
dit souvent qu'il ne faut plus en parler mais, comme s'il y avait là
quelque nécessité, voilà qu'il en est toujours question. À cet égard, on
n'en a peut-être jamais autant discouru que depuis qu'on a prophétisé la
fin de l'idéologie. Il n'est pas étonnant que la chose soit aussi
déroutante. On peut le comprendre en jetant un coup d’œil sur l'histoire
de ses emplois. De Destutt de Tracy à Marx, le sens du terme subit un
renversement complet. Et que Napoléon Bonaparte et Chateaubriand
apparaissent comme des « précurseurs » de Marx ne facilite pas la
compréhension des choses . On pourrait croire qu'avec Marx un sens assez
définitif avait été donné au mot. On sait qu'il n'en est rien. Entre
Marx et les formulations contemporaines, par exemple, chez Claude Lefort
et Alvin W. Gouldner , on assiste à un nouveau renversement... >
lire la suite
Double sens
- Titre : L'idéologie chez Pareto et Marx
- Auteur : Denis Collin
- Source :
http://denis-collin.viabloga.com
- Philosophes(s) cité(s) : Pareto et Marx
-
- (Extrait) - 5. La signification du mot "idéologie",
prise en considération jusqu'ici, est la signification négative du
terme. Dans le langage courant, mais aussi dans le langage scientifique
le terme "idéologie" est utilisé maintenant de manière toujours plus
diffuse aussi dans un sens neutre. Dans ce second sens, "idéologie"
signifie, de façon plus générique, système de croyances et de valeurs,
utilisé dans la lutte politique pour influencer le comportement des
masses, pour les orienter dans une direction plutôt que dans une autre.,
pour obtenir le consensus, et, enfin, pour fonder la légitimité du
pouvoir; tout ceci sans aucune référence à sa fonction mystifiante. Dans
ce sens du terme "idéologie" n'importe quelle théorie politique peut
devenir une idéologie dès le moment où elle est assumée comme programme
d'action par un mouvement politique. On pourrait aussi parler d'une
signification "faible" du terme d'idéologie, par opposition à la
signification "forte" qui vient de la tradition marxiste. Alors que ce
second sens, pour mettre les choses au clair, le fort, est plus fréquent
dans la littérature européenne continentale, le sens faible est presque
exclusivement usité dans la littérature anglo-saxonne.
Les deux significations du terme courent en parallèle sans jamais se
rencontrer. Mais l'emploi de l'un ou de l'autre, sans conscience de la
distinction, engendre confusion, malentendus et faux problèmes. Par
exemple, le problème, tant discuté dans la philosophie contemporaine, de
savoir si la philosophie est une idéologie acquiert un sens complètement
différent selon qu'on entend "idéologie" dans le sens négatif ou dans le
sens neutre; si on accepte la première signification, l'affirmation que
la philosophie est une idéologie veut dire mettre l'accent sur son
aspect mystifiant, c'est-à-dire de doctrine qui prétend avoir une valeur
absolue et inconditionnée alors qu'elle n'a qu'une valeur relative et
historiquement conditionnée; si on accepte la seconde signification, la
même affirmation veut dire qu'on met l'accent plutôt sur la valeur
pratique de la philosophie par contraste avec ses prétentions à être une
théorie pure. >
lire le texte
Freudo-marxisme
- Titre : Idéologie et Psychanalyse
- Auteur : Jean Zin
- Source :
http://jeanzin.free.fr/
- Philosophes(s) cité(s) : Marx, Lacan
-
- ll s'agit bien de fonder un nouveau
Freudo-marxisme (malgré sa triste réputation, de Reich à Fromm)
autour de la dénonciation de l’objectivation Phallo-marchande
(qui s’unifient d’ailleurs dans le spectacle) et de
l’affrontement, au contraire, du manque de garantie de tout discours qui
fait la valeur du sujet à qui il s’adresse, de son accord. Il s’agit,
derrière l’énoncé objectivant et conforme, de sauver de l’oubli le
rapport social constituant, le rapport à l’Autre signifié par
l’énonciation, sa vérité effective, au-delà du contenu du discours. Ce
rapprochement du marxisme que nous devons à Lacan permet d'opposer la
psychanalyse aux pratiques normatives des psychothérapeutes qui ne font
que renforcer la contrainte sociale, la psychanalyse ne pouvant être
qu'une pratique subversive.
- L’idéologie, en tant que lien social matériel (École,
Famille, Religion, Politique, Droit, Médecine, [Médias, morale,
culture]), interpelle et constitue le sujet, l’assujettit et l’objective
(tu es cela !) en exigeant son consentement dans un discours de la
reconnaissance (par les autres et par soi-même) qui est aussi un
discours de la méconnaissance (du rapport social lui-même) sous le
couvert d’une garantie éternelle (dire la Vérité!) qui se ramène en fait
à une médiation spéculaire (Maître, Père, Dieu, Classe) justifiant une
pratique sociale (identificatoire donc). Cette dimension normative est
fondatrice de l'unité et de la communication sociale mais elle s'oppose
comme discours constitué (énoncé) à la parole constituante
(énonciation). Le marxisme est la contestation de cette objectivation (ni
Dieu, ni César, ni Tribun) renvoyée à la logique de la marchandise
alors que la promotion de l’éthique, de la morale et même des droits de
l’homme visent surtout à l’intériorisation de l’idéologie assurant la
reproduction de la marchandise sans violence extérieure ; sauf à en
faire le parti du négatif, le droit du plus faible et la liberté de
critique. >
lire le texte
Liberté
- Titre : Une remarque à propos de la "liberté"
subjective, du point de vue d’un psychanalyste
- Auteur : Gérard Pommier
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Freud, Lacan, Agamben, etc.
-
- Qu’il s’agisse de la formation de légendes efficaces,
d’idéaux, de religions, ou de la mise en forme d’une certaine structure
de la jouissance plutôt rigide, le concept d’idéologie reste le plus
pratique à qui voudrait subsumer sous un terme unique les appareillages
de pensées où une culture particulière se reconnaît. Si l’on enquêtait
pour reconnaître parmi les idéaux ainsi recollectés celui dont tout un
chacun se réclame ou s’est réclamé, sans doute est-ce celui de liberté
qui se montrerait le plus insistant. Selon des voies diverses, le
libéralisme et le marxisme s’en sont réclamés et la psychanalyse aussi.
Pourtant, le terme de liberté, s’il devait qualifier le bénéfice d’une
cure, réclamerait quelques précautions.
Ce n’est pas la découverte d’un déterminisme particulier (réductible à
une explication rationnelle) qui aura permis à un analysant de se
débarrasser de l’un de ses symptômes. L’analyste qui déclarerait tout de
go à une migraineuse qu’elle souffre de la tête à chaque fois qu’elle
rencontre tel homme parce qu’il serait si semblable à son père, peut
être certain qu’une telle mantique n’entraînera aucune sédation de la
douleur (alors même que le symptôme se déclenche en effet dans cet
ordre). Au contraire, il existera une bonne chance pour que la céphalée
se renforce, embellisse, se déclenche à l’heure même des séances, suite
à l’intervention d’un aussi paternel analyste. > lire la suite
Lumières
- Titre : La philosophie des Lumières
- Auteur : Anonyme
- Source :
http://www.memo.fr
- Philosophes(s) cité(s) : D'Alembert, Diderot,
Montesquieu, etc.
-
- (Extrait) - On confond fréquemment, en recourant à un
sens très lâche du mot «philosophie», idéologie des Lumières et
philosophie des Lumières. Si par idéologie on entend un système de
représentations et de valeurs, dominant dans une époque donnée, on
reconnaîtra sans peine une «idéologie des Lumières» au XVIII e siècle,
dont les thèmes les plus fréquents sont effectivement la confiance en la
raison, la dévalorisation du dogmatisme religieux, la croyance en un
avenir heureux de l'humanité sous la direction des sciences et des
techniques en progrès. De telles constantes idéologiques ne suffisent
pas à définir un horizon philosophique. Si l'on cherche le sens
philosophique de la notion de « philosophie des Lumières », il faut se
demander à quelle conjoncture philosophique, à quels problèmes
spécifiques, à quels concepts déterminés cette expression renvoie. >
lire le texte
Réalité
- Titre : I comme Idéologie
- Auteur : Denis Collin
- Source :
http://denis-collin.viabloga.com
- Philosophes(s) cité(s) : Marx, Hegel
-
- (Extrait) - Marx parle de « l’idéologie allemande »
parce que les philosophes post-hégéliens restent prisonniers de cette
conception selon laquelle il suffit de changer les idées, les
représentations du monde pour changer la réalité elle-même. C’est vrai
de la philosophie idéaliste, soumise aux représentations religieuses,
mais c’est aussi vrai du « hégélianisme de gauche », de la philosophie
critique, de la « critique critique » et même du matérialisme ancien
remis au goût du jour par Feuerbach. Toutes ces doctrines confuses et
contradictoires sont l’expression du « pourrissement de l’esprit absolu
». Bref, c’est toute la philosophie allemande qui est devenue purement
idéologique. Cela ne veut pas dire qu’il en a toujours été ainsi et que
la philosophie a toujours été idéologie. Marx ne cesse de reconnaître en
Hegel un « maître éminent ». Mais après Hegel, la philosophie faute
devenir pratique, faute d’être réalisée, dégénère en idéologie.
Il est impossible de sortir de l’idéologie sans en remettre en cause les
mécanismes fondamentaux, c'est-à-dire la réduction du réel à l’idée. La
critique théorique de l’idéologie doit céder la place à la critique de
la réalité socio-historique qui en constitue le fond ; il faut, dit
Marx, « s’interroger sur le lien de la philosophie allemande avec la
réalité allemande. » Comprendre la réalité sociale est en effet le seul
moyen de comprendre le caractère idéologique de certaines doctrines,
croyances ou représentations communes. « Les représentations que se font
ces individus sont des idées soit sur leurs rapports avec la nature,
soit sur leurs rapports entre eux, soit sur leur propre nature. Il est
évident que, dans tous ces cas, ces représentations sont l'expression
consciente réelle ou imaginaire de leurs rapports et de leur activité
réels, de leur production, de leur commerce, de leur organisation
politique et sociale. Il n'est possible d'émettre l'hypothèse inverse
que si l'on suppose en dehors de l'esprit des individus réels,
conditionnés matériellement, un autre esprit encore, un esprit
particulier. Si l'expression consciente des conditions de vie réelles de
ces individus est imaginaire, si, dans leurs représentations, ils
mettent la réalité la tête en bas, ce phénomène est encore une
conséquence de leur mode d'activité matériel borné et des rapports
sociaux étriqués qui en résultent. » >
lire le texte
Théorie
- Titre : Les idéologies dans l'Idéologie: Une
structure complexe dans la philosophie de Louis Althusser
- Auteur :
Ph.D. Luc Côté
- Source :
http://eprints2.uqam.ca
- Philosophes(s) cité(s) : Althusser, Marx
-
- (Résumé) - En 1969-1970, Louis Althusser a écrit un
texte d'une soixantaine de pages intitulé "Idéologie et appareils
idéologiques d'État". Celui-ci était l'ébauche d'une théorie des
idéologies inspirée principalement par L'idéologie allemande de Karl
Marx. Par ce texte, Althusser cherchait, vraisemblablement, à préciser
la position marxienne, devenue marxiste, concernant l'idéologie en
général. Mon essai vise essentiellement, par extrapolation sur les
données marxistes et althusseriennes, à reconstruire la théorie
d'Althusser, pour en faire une théorie des idéologies qui soit moins
générale, spécifiant les diverses formes qu'implique l'esquisse
d'Althusser.
Sous la plume de Louis Althusser, le mot idéologie semble souvent
référer, selon le contexte, à des concepts différents. Le but de mon
texte est, justement, de définir ces concepts. Il est certain que, comme
ébauche, le texte d'Althusser laisse une latitude appréciable lorsqu'il
s'agit de définition de l'idéologie. Il me semble, cependant, avoir
réussi à circonscrire l'idéologie à la Althusser dans des limites
raisonnables. Tout d'abord, il m'apparaît qu'il faille situer
l'Idéologie là où elle apparaît généralement, i.e. dans une conscience
idéelle d'origine matérielle. Après avoir situé l'Idéologie par rapport
à l'univers, je cherche à regrouper les idéologies sous des
dénominations représentant leurs portées sur les individus. De cette
démarche ressort trois étiquettes principales, soit celles que j'ai
baptisées l'idéologie atomique, l'idéologie langagière, et l'idéologie
partisane. Cette structure hiérarchique étant établie, je tente
d'inclure leur mode de fonctionnement respectif (et interdépendant) dans
un contexte réel, vrai... matériel, qui correspond à la vision, que j'ai
baptisée de suprématie idéologique, de Louis Althusser. Par la suite, je
propose une thèse personnelle qui me semble compléter celle d'Althusser.
Cette dernière, que j'appelle synarchie structurale, suppose une
fonction de l'idéologie qui ne se limite plus à la simple
persuasion/dissuasion, mais qui, plutôt, détourne l'attention d'une
classe sociale dite dominée des véritables causes de son asservissement
à une classe dite dominante. >
Télécharger la Thèse
Utopie
- Titre : Paul RICOEUR, "L’IDEOLOGIE ET L’UTOPIE"
(Fiche de lecture)
- Auteur : Anonyme
- Source :
http://www.cnam.fr
- Philosophes(s) cité(s) : Paul Ricoeur, divers
- (Extrait) - Dans ces leçons consacrées à l’idéologie
et à l’utopie, l’auteur réuni dans un même cadre conceptuel ces deux
notions, traitées habituellement séparément . L’hypothèse sous-jacente
est que la conjonction de deux aspects ainsi opposés, ou de deux
fonctions complémentaires, est un exemple de ce qu’il est possible
d’appeler une imagination sociale et culturelle. La conviction et
l’espoir de Paul Ricoeur, est que la dialectique entre Idéologie et
Utopie pourra apporter un nouvel éclairage à la question toujours en
suspens de l’imagination comme problème philosophique.
- Un premier examen de ces deux concepts révèle le
partage de deux traits essentiels.
- L ‘idéologie comme l’utopie sont des phénomènes
ambigus : chacun a un côté négatif et un côté positif, un côté
constructif et un côté destructeur, une dimension constitutive et une
dimension pathologique.
- Le deuxième point commun, est que l’aspect
pathologique apparaît, des deux côtés, le premier. Il est donc
nécessaire, pour bien comprendre ces deux phénomènes, de travailler de
manière régressive, en partant de la surface des choses, de ce qui est
visible, avant de travailler sur le fond. L’idéologie peut refléter la
situation de classe d’un individu, sans que cet individu en ait
conscience, et la dissimulation conforte tout en exprimant la
perspective de classe.
- Le concept d’utopie a également mauvaise réputation,
car il est souvent considéré comme représentant une espèce de rêve
social qui ne se souci guère des étapes réelles à la construction d'un’
nouvelle société.
- L'hypothèse de l’auteur, est qu’il existe un versant
positif de l’une et de l’autre notion, et que la polarité ou la tension
au cœur de chacune de ces deux notions, peuvent être révélées par
l’examen d’une polarité analogue en l’idéologie et l’utopie elles mêmes.
Pour Ricoeur, cette double polarité entre ces deux notions, et au sein
de chacune d’elles mêmes, peut être mise au compte de traits structurels
de ce qu’il appelle «imagination culturelle».
- La difficulté de relier idéologie et utopie se
comprend si l’on prête attention à la manière très différentes dont se
présentent ces deux notions . L’idéologie est toujours un concept
polémique, elle n’est jamais assumée à la première personne, c’est
toujours l’idéologie de quelqu’un d’autre. L’utopie, en revanche, est
toujours plaidée par son auteur, et constitue même un genre littéraire
spécifique . Les utopies sont assumées par leurs auteurs, alors que les
idéologies sont récusées par les leurs.
- Paul Ricoeur nous alerte sur le fait qu’apparemment
il ne semble pas avoir de passage possible de l’idéologie à l’utopie .
Seule une sociologie à prétention scientifique, comme celle de la
version marxiste orthodoxe, peut les réunir, en qualifiant d’idéologie
l’utopie. Cette réduction est atypique, et considérées
phénoménologiquement, d’un point de vue descriptif prenant en compte les
significations spécifiques de chacune d’elles, l’idéologie et l’utopie
relèvent de deux genres sémantiques distincts. L’auteur se demande donc
s’il n’est pas possible de structurer le problème de l’utopie comme
celui de l’idéologie. Il est possible de partir d’un concept de l’utopie
quasi pathologique, et en parcourir ensuite les fonctions, vers quelque
chose de comparable à la fonction intégratrice décelée pour l’idéologie.
Pour Ricoeur, cette fonction est remplie par la notion de nulle part,
structure fondamentale de réflexivité par laquelle nous pouvons saisir
nos rôles sociaux, que de pouvoir concevoir une place vide d’où nous
pouvons réfléchir à nous-mêmes.
- L’auteur propose l’hypothèse que la fonction la plus
radicale de l’idéologie est inséparable de la fonction la plus radicale
de l’utopie, et que toutes deux rencontrent le même point crucial, celui
de l’autorité.
- Si toute idéologie tend à légitimer un système
d’autorité, toute utopie, en fin de compte doit s’affronter au problème
du pouvoir. L’utopie est rendue possible parce qu’il existe un problème
de crédibilité dans tous les systèmes de légitimation et d’autorité.
- Ricoeur résume donc ainsi sa problématique : n’est-ce
pas la fonction excentrique de l’imagination qui implique tout les
paradoxes de l’utopie ? Cette excentricité de l’imagination utopique
n’est-elle pas le remède à la pathologie de la pensée idéologique, qui
se trouve précisément aveugle et étroite en raison de son incapacité à
concevoir un «nulle part» ? >
lire
le texte
-
19/09/2007
|