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Concepts - Enseignement - Herméneutique - Histoire - Information - Passion - Pensée politique - Philologie

 

 

Concepts

Titre : CREATION SPIRITUELLE ET PRODUCTION DE CONCEPTS EN HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE
Auteur : Pierre Macherey
Source : http://www.univ-lille3.fr/set
Philosophes(s) cité(s) : Victor Goldschmidt, Martial Gueroult, F. Alquié, Jules Vuillemin, Cassirer
 
En marge de la question retenue pour servir de thème principal au présent colloque, qui est de savoir si le clivage entre philosophie du sujet et philosophie du concept est encore pertinent en vue d’élaborer aujourd’hui une philosophie des sciences, on voudrait examiner un point subsidiaire : en quoi ce clivage concerne-t-il aussi les démarches propres à cette forme particulière et hautement problématique d’activité philosophique, ou du moins intéressée par la philosophie, qu’est l’histoire de la philosophie considérée en particulier dans ses rapports avec le savoir et avec l’histoire des savoirs, que ces rapports soient conçus comme étant de distance ou de proximité? En quoi en éclaire-t-il les enjeux? Et constitue-t-il pour cette activité une stimulation méritant d’être entretenue ou un obstacle à surmonter ? Qu’a pu représenter une histoire de la philosophie envisagée au point de vue d’une philosophie du concept, et en quoi se distingue-t-elle d’un histoire de la philosophie envisagée au point de vue d’une philosophie du sujet ? Est-il inévitable d’avoir à choisir entre ces deux attitudes, et, si cela se révèle être le cas, quels seraient les critères d’un tel choix ? > suite

 

Enseignement

Titre : L'histoire de la philosophie a-t-elle une place au Lycée ?
Auteur : Christophe Laudou
Source : http://antinomies.free.fr
Philosophes(s) cité(s) : Alain Renaut
 
La question de la place de l'histoire de la philosophie dans l'enseignement secondaire en France est au cœur des polémiques suscitées par l'actuelle réforme des programmes. Clarifier ses enjeux contribuera peut-être à sortir le débat de la guerre de tranchées dans laquelle il s'enlise.
Avant de se demander s'il convient d'introduire l'histoire de la philosophie en classe terminale, il faut établir si elle n'y est pas déjà présente et sur quel mode. Plusieurs aspects sont à distinguer :
1. L'histoire de la philosophie est présente dans les manuels : même si la majorité d'entre eux adopte un plan non chronologique, l'histoire est toujours là sous forme de notices biographiques, de tableaux synoptiques, d'encadrés sur les écoles ou les périodes etc…
2. L'histoire de la philosophie est présente chez le professeur : impossible de faire des études de philosophie sans apprendre quelque chose d'elle, même si parfois la formation reste sur ce point très lacunaire. La culture historique du professeur éclate au grand jour lorsqu'il corrige l'épreuve du commentaire de texte : alors il se demande comment évaluer des copies totalement ignorantes de l'histoire, quand sa propre compréhension du texte est inséparable des connaissances historiques qu'il possède sur l'auteur et son œuvre.
3. L'histoire de la philosophie est présente dans le cours lui-même : même si la problématique du cours n'est généralement pas historique, il est pratiquement impossible d'aborder certains problèmes (l'origine de la philosophie), certaines œuvres (la Critique de la raison pure) ou certaines notions (le travail et la technique) sans se référer à l'histoire. De plus, à défaut d'enseigner l'histoire de la philosophie, la plupart des professeurs ont soin de donner quelques repères historiques aux élèves (les grandes périodes etc.). > suite

 

Herméneutique

Titre : Entre philosophie et herméneutique: La leçon de l' historiographie philosophique du 20ème siècle
Auteur : Lutz Geldsetzer
Source : http://www.phil-fak.uni-duesseldorf.de
Philosophes(s) cité(s) : Lucien Braun, Martial Guéroult, Schleiermacher, Gadamer, etc.
 
1. L'histoire de la philosophie a fait des progrès considérables au 20ème siècle. J'en ai donné un récit sommaire dans mon article "Histoire de la Philosophie" dans le "Dictionnaire historique de la philosophie"1. D' ailleurs j'ai souligné l'insertion de la recherche et de l'enseignement de l'histoire de la philosophie dans le curriculum de la discipline "philosophie" dans les cadres de la faculté de philosophie et des autres facultés des universités. En fait je pense que plus que la moitié de la recherche et de l'enseignement philosophique concerne actuellement l'histoire de la philosophie dans ses divers aspects. La bibliographie des publications actuelles et surtout des journaux en témoigne visiblement. La recherche continue à se diriger vers les détails, soit en collaboration avec les spécialistes des langues et littératures anciennes et médiévales, soit que les chercheurs philosophiques sont euxmêmes des spécialistes. Les résultats se présentent en forme de contributions aux journaux spécialisés, aux livres collectifs, mais beaucoup moins en forme de monographie magistrale d'un seul auteur. Ce qui indique la spécialisation des chercheurs et la disparition d'une culture des grandes synthèses et des appréciations de grande envergure, de la "grande narration". De pair avec cette évolution va l'usage qu'on fait de l'histoire dans l'enseignement de la philosophie. Evidemment, le chercheur-enseignant enserre les résultats de ses recherches dans son enseignement. Mais en outre fleurissent les condensations de ces études ou les compilations de textes prises et légèrement variés des manuels sous le titre d'"histoire" d’une période, nation, école, discipline ou d’un problème, que l’on propose aux étudiants pour la lecture et desquelles aussi l'enseignant prend ses informations. > suite

 

Histoire

Titre : Sur l'Histoire de la philosophie (Entretien avec O. Koetlitz)
Auteur : Pierre Macherey
Source : http://www.univ-lille3.fr/set
Philosophes(s) cité(s) : divers
 
L’histoire de la philosophie, on en fait, on l’étudie, on l’enseigne, mais personne ne sait au juste ce que c’est, et, le plus souvent, on évite autant que possible de soulever cette embarrassante question. Est-ce simplement une recension précise et fidèle des positions défendues par les anciens philosophes, ramenées du même coup, en raison de leur multiplicité et de leur dispersion au statut d’opinions plus ou moins aléatoires ? Mais il est clair qu’on ne peut s’en tenir à une telle “histoire”, à laquelle est assignée une fonction purement informative, et qui revient finalement à raconter des histoires, que ces histoires soient des histoires de philosophes ou des histoires de philosophies. Pour présenter le contenu d’une doctrine philosophique, on ne peut se contenter de l’observer de l’extérieur, de façon neutre et désintéressée, en la réduisant à ses résultats ou à ses conclusions que l’on se fixerait seulement pour objectif de relater, c’est-à-dire de raconter ; il faut rentrer dans la logique de son système, faire fonctionner celui-ci au présent d’une pensée en acte, et donc, sans d’ailleurs que cela oblige automatiquement à adhérer aux thèses qu’elle défend, à l’égard desquelles il est non seulement loisible mais même recommandé de maintenir une vigilance critique, il faut se confronter soi-même à ses enjeux spéculatifs, ce qui est la condition requise pour tout simplement comprendre la doctrine en question : et cela suppose qu’on ait fait l’effort philosophique nécessaire en vue d’en pénétrer les raisons, et aussi qu’on expose la manière dont soi-même on les conçoit à la controverse philosophique, puisque, c’est un fait, les grandes pensées sont aussi celles qui peuvent se comprendre de façons différentes et ouvrent ainsi un champ à des débats interprétatifs qui ne portent pas seulement sur des points de détail susceptibles d’être traités isolément. Mais, lorsqu’on s’engage dans une telle entreprise, par exemple lorsqu’on se propose de se mettre au clair sur ce qu’a vraiment voulu dire Descartes lorsqu’il énonce la fameuse formule ego sum, ego existo, à partir de laquelle il prétend reconstruire tout l’édifice de la pensée humaine, science comprise, on ne voit plus où est passée l’histoire proprement dite, à moins qu’on ne s’interroge sur les “sources” de cette démarche, et qu’on n’aille en chercher une explication dans d’autres positions doctrinales, qui peuvent elles-mêmes être d’ordre ou non philosophique : et cette recherche, qui a pour objectif avoué d’ôter à la conception examinée son originalité singulière, risque d’être purement anecdotique, et de passer complètement à côté de sa signification de fond. C’est pourquoi, en vue de réinjecter dans la démarche de la philosophie une certaine dose d’historicité, on se voit contraint, ou on peut être tenté de la confronter à son “dehors”, c’est-à-dire au contexte culturel et social par rapport auquel elle constitue une réaction plus ou moins adéquate et efficace, ce qui ne veut cependant pas dire qu’elle soit mécaniquement produite à partir de lui: c’est de cette manière que les marxismes, car il y en plusieurs, se sont engagés dans l’entreprise d’expliquer les philosophies comme “reflets” de situations historiques déterminées, ce qui suppose qu’elles soient définies comme des “visions du monde” plus ou moins adaptées à leur époque ; et se trouve du même coup posée la question de savoir comment elle peuvent intéresser aussi d’autres époques. > suite
 
Titre : Qu'est-ce qui est historique ? (III- L'histoire de la philosophie comme modèle de l'historique)
Auteur : Mlle Desmerger
Source : http://www.eleves.ens.fr
Philosophes(s) cité(s) : Hegel
 
Quand la philosophie regarde son histoire, elle se découvre une et multiple : il y a des contradictions (Platon contre Aristote, Descartes contre Spinoza, Kant contre Leibniz). Pourtant c'est toujours la même philosophie qui se conserve elle-même, aucune philosophie ne s'établit sur la ruine de toutes les autres. Elles se réfutent come le fruit réfute la fleur. La pensée dépasse ce qu'il y a de fini dans chaque philosophie et conserve ce qu'il y a d'infini dans le moment de chaque philosophie. Dans l'éducation on apprend peu à peu, en corrigeant, en corrigeant et en dépassant.
L'histoire de la philosophie est de même nature, à l'échelle de la totalité de la pensée humaine. Le modèle pertinent pour penser l'historique c'est la pensée et non pas la vie. > suite

 

Information

Titre : La philosophie médiate : ou de l'information en philosophie. En hommage à Raymond KLIBANSKY
Auteur : Gilbert Varet
Source : http://biblio-fr.info.unicaen.fr
Philosophes(s) cité(s) : Raymond KLIBANSKY, Jean WAHL, etc.
 
La philosophie médiate est la partie de la philosophie qui s'occupe des problèmes de l'information en philosophie. D'ordinaire, cette section est considérée comme exclusivement pratique : ce sont par exemple les pages obligées à la fin d'un livre où sont réunis les notes, les références, l'apparat critique, la bibliographie.

On se propose, dans cet article, de montrer que le rapport de la philosophie à ce qui l'entoure, à ce qui la conditionne en matière d'information, à ce qu'on appelle aujourd'hui les média(s) etc., comporte aussi une dimension théorique, à la fois historique et fondamentale.

Qu'apporte à la philosophie l'information sur la philosophie ?

Cette question très directe est plus subtile qu'il n'y paraît. Elle recèle au minimum deux points d'ambiguïté majeure : - Qu'entend-on ici par information ? Mais aussi : - Que comprend-on exactement sous le nom de philosophie ? ... À ces interrogations, il ne sert à rien de chercher à répondre tout de suite, de façon dogmatique : chacune de son côté, elles sont lieux pour des discours interminables. Il est beaucoup plus intéressant de prendre telle quelle cette question rarement posée, et d'essayer d'en traiter ensemble les deux composantes. On en arrive alors à des interrogations comme celles-ci :

Quel est le rapport de la philosophie à son information ? Qu'est-ce qui distingue, dans la philosophie, une information philosophique de ce qui ne serait pas une information philosophique ? Toute information devient-elle philosophique du moment que, s'en emparant, le philosophe lui applique un certain traitement qui lui serait propre ? Le rapport " Information - Savoir " est-il identique ici, ou différent, de ce qu'il est dans les autres " sciences ", - ou au contraire cette différence n'est-elle pas de nature à montrer que la philosophie n'est aucune des autres disciplines connues ? Et à la limite : Qu'est-ce que la philosophie, sinon une manière d'informer les hommes en les faisant réfléchir, en sorte que la philosophie inclut en quelque façon sa fonction d'information directement en elle-même ?

Ou encore : La philosophie ne serait-elle pas, à tout prendre, un genre (comme le roman, la poésie, ou la musique) qui n'a rien à voir avec l'information, - de telle manière qu'il existe bien sans doute une information sur la philosophie, mais elle est " pour les autres " et ne concerne en rien le travail, - l'invention, - philosophique ? > suite

 

Passion

Titre : La passion de l'Histoire de la philosophie
Auteur : Marcelo Dascal
Source : http://www.tau.ac.il/humanities/philos/dascal
Philosophes(s) cité(s) : Buber, Gadamer, etc.
 
Dans mon livre La Sémiologie de Leibniz de 1978, j’avais justifié l’apparent anachronisme implicite dans son titre en disant que je ne me placais pas dans “une perspective strictement historique” et que mon choix d’une lecture partiellement analogique [avec cette science moderne qui est la sémiologie] dérivait “d’une attitude de ‘consommateur”, d’”utilisateur” des idées, que d’historien au sens propre”. Je disais aussi que cette attitude ne me dispensait pas du devoir et du besoin d’une lecture tres attentive des textes, puisqu’il ne s’agissait pas d’un “exercice en “pre-formisme” historique, dans le sens d’une recherche [superficielle] de “precurseurs” pour des doctrines actuelles” (p. 12).

Je voudrais ici elaborer cette idee, qui m’a guide dans mes travaux posterieurs et qui a prouvé – je crois – etre tres fructueuse. Car je veux prendre au serieux le terme “passion”, qui difficilement peut etre explique en termes utilitaristes comme ceux qui semblent definir etre cette attitude d’utilisateur ou consommateur. Je sens une vraie passion pour l’histoire des idees en general et pour celle de la philosophie en particulier. Tandis que l’utilitarisme d’un consommateur peut etre suffisant pour expliquer une partie de cette “passion”, celle qui a rapport avec un “desir de pertinence” naturel dans toutes nos activites, elle ne peut pas expliquer l’aspect vraiment “passionel” de ma propre attitude. Cette emotion profonde que provoque en moi la decouverte d’une idee ou d’une nuance non encore pressentie (par moi ou par d’autres) dans un texte plusieurs fois lu va bien au dela de la notion d’utilite. C’est l’emotion provoquee par la decouverte du nouveau dans le vieux, qui equivaut pour moi a l’emotion supreme de la vie intellectuelle: la decouverte ou l’invention du nouveau tout court. > suite

 

Pensée politique

Titre : Méthodes en histoire de la pensée politique
Auteur : Lucien Jaume
Source : http://www.bdic.fr
Philosophes(s) cité(s) : divers
 
Le moment paraît propice pour proposer en France, et dans le cadre d'accueil de la science politique, une rencontre sur l'histoire de la pensée politique considérée sous l'angle épistémologique ou méthodologique. Cette initiative prend acte de la richesse actuelle du débat international : on constate la recherche de nouvelles méthodes et de nouveaux objets dans des domaines aussi différents que l'histoire des concepts, l'histoire intellectuelle, l'histoire de la philosophie politique, ou encore la théorie juridique dans ses rapports avec l'histoire du droit. Les paradigmes qui étaient importants il y a une trentaine d'années (par exemple le contextualisme ou la Begriffsgechichte) sont maintenant discutés sur leur propre terrain et laissent apparaître des formulations concurrentes. La question de la dimension historique de la philosophie (philosophie en général ou philosophie politique), de sa spécificité ou de son intégration à l'histoire des idées, est de nouveau remise en chantier. > suite

 

Philologie

Titre : Philologie et histoire de la philosophie
Auteur : Denis Thouard
Source : http://www.cerphi.net
Philosophes(s) cité(s) : Schleiermacher, etc.
 
L'exposé s'appuiera essentiellement sur une présentation du travail mené depuis une trentaine d'années au Centre de recherche philologique de Lille, fondé par Jean Bollack, replacé dans la perspective théorique qui est la sienne. L'orientation y est celle d'un retour à la lettre des grands textes, contre la vulgate dont, en particulier, l'histoire de la philosophie se contente trop souvent. Mais cette attention critique à la lettre est liée à une problématisation de l'interprétation qui retrouve les exigences de l'herméneutique telle qu'elle est comprise chez Schleiermacher comme théorie philosophique des objets historiques. Elle s'accompagne d'une critique des traditions interprétatives, dont l'histoire de la philologie fait apparaître les conditionnements. > suite
 
 

 

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