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Jugement
de goût -
Jugement critique -
Phénoménologie
- Poésie -
Raison -
Souverainté
Jugement de goût
- Titre : Philosophie de la critique
- Auteur : Raphaël Goubet
- Source :
http://www.lumiere.org/esthetique/philo-critique-tdm.html
- Philosophes(s) cité(s) : Kant
Critique d'Art est un exercice difficile. C'est en fait
du funambulisme : le critique marche sur un fil étroit, toujours en danger
de tomber d'un côté ou de l'autre. Celui du dogmatisme, d'une part,
c'est-à-dire la prétention à la valeur absolue de son jugement, sur des
fondements objectifs qui devraient pouvoir s'imposer à tout esprit
rationnel. Celui du relativisme, d'autre part, l'affirmation restrictive
de la subjectivité, de l'impossibilité non seulement de prouver le
bien-fondé d'un jugement, mais aussi celle de ne pouvoir le faire
partager. Le critique habile est celui qui parvient à trouver la voie
entre ces deux excès, qui exprime un jugement personnel de telle manière
qu'il le partage aussi avec chacun.
Dans la pratique, la chose est épineuse. D'une part, l'impossibilité de
donner, pour un jugement, des raisons objectives s'impose à nous, de même
que la certitude que notre sentiment est personnel ; d'autre part, nous
sommes tenus, parfois même acculés, à justifier nos jugements, donc à
fournir des arguments dont la validité puisse être reconnue par tous.
C'est une situation inconfortable, car on se sent obligé de justifier ce
que nous tenons pour une expérience subjective. Un peu comme si nous
devions justifier la couleur de nos cheveux. On se trouve alors devant une
contradiction : un jugement objectif est impossible mais nécessaire.
Mais est-on vraiment tenu de justifier nos jugements ? Il semble plutôt
que nous ayons besoin. Situation étrange à nouveau, puisqu'il semble que
cette expérience personnelle ne nous satisfait pleinement que si elle
jouit de l'accord des autres. Devant un accord sur notre jugement, nous
éprouvons de la satisfaction à constater que ce jugement ne se limite pas
qu'à notre personne ; au contraire, face à un désaccord, nous cherchons à
défendre la légitimité de notre sentiment, à montrer à autrui que notre
jugement est universellement valable. Le jugement, en effet, ne devient
tel que lorsqu'il est communiqué.
Les textes qui suivront ne permettront pas de régler le problème. Ils le
reconnaîtront, et l'analyseront. Ils ne proposeront donc pas de guide
critique, de grille avec des cases à cocher pour procéder à l'évaluation
d'une oeuvre. Ils montreront que cela est impossible. On tâchera plutôt
d'éclaircir la question, de faire la part des choses, et montrer comment
une expérience subjective peut être l'occasion d'une communication
intersubjective. Pour ces articles, je me baserai sur diverses théories
contemporaines qui sont apparues en France ces dernières années. Il s'agit
de celles de Gérard Genette, Jean-Marie Schaeffer et Rainer Rochlitz. A
travers les débats auxquels ils se livrent, on voit très clairement
énoncées les problématiques évoquées et la tentative d'apporter des
solutions. S'il est impossible d'apporter un concept objectif d'un
jugement (ou même un concept d'une bonne oeuvre), on verra néanmoins ce
que c'est exactement qu'un jugement subjectif, et où peut se trouver cette
hypothétique objectivité. Ces textes portent sur l'art en général, et non
seulement sur le cinéma. Mais ils sont évidemment parfaitement valables
pour celui-ci.
Avant d'aborder le premier de ces auteurs, il nous faut retourner aux
racines. Toute l'esthétique actuelle est en effet un retour et un
prolongement perpétuel des théories du plus grand philosophe depuis
l'Antiquité : Emmanuel Kant (1724-1804). Il est donc nécessaire de
brièvement évoquer ces thèses capitales. >
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Jugement critique
- Titre : Sur : Claude Piché, Kant et ses épigones.
Le jugement critique en appel, Paris, 1995
- Auteur : Claude Veillette
- Source :
http://www.erudit.org/revue/philoso/1999/v26/n2/004995ar.html
- Philosophes(s) cité(s) : Kant
Est-ce une coïncidence si le
titre du livre de C. Piché fait écho à celui d'Otto Liebmann intitulé
Kant und die Epigonen publié en 1865? Quelle que soit la
réponse, il n'en demeure pas moins que l'auteur du présent ouvrage nous
convie, tout comme ce néo-kantien de la première heure, à une certaine
forme de retour à l'ensemble de l'entreprise critique de Kant.
L'intention de C. Piché dans cet ouvrage consiste en effet à montrer
combien le thème de la faculté de juger qu'abrite le criticisme offre un
point d'ancrage théorique solide pour aborder la discussion
contemporaine entourant le problème de la fondation du discours
philosophique. On peut repérer dans l'ouvrage trois moments par lesquels
l'enjeu de cette problématique est développé. Dans un premier temps,
l'auteur pose les points d'appui qui permettent une « relecture » de la
Critique de la raison pure à partir de la faculté de juger
définie comme l'instance critique par excellence. Dans un deuxième
temps, il expose le sort réservé à cette pièce maîtresse de la
Critique qu'est la faculté de juger chez les successeurs immédiats
de Kant, en particulier Reinhold et Fichte. En dernier lieu, l'auteur se
propose d'examiner combien l'héritage de la philosophie néo-kantienne a
orienté, dans une certaine mesure, la manière de poser le débat
philosophique contemporain, notamment en Allemagne, sur le rôle et la
tâche de la philosophie à l'ère post-métaphysique. À cet effet, la
philosophie de Habermas est considérée par l'auteur comme un témoignage
éloquent de cette situation. >
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Phénoménologie
- Titre : Nietzsche et Kant: Philosophie, Critique
et Morale
- Auteur : Saverio Ansaldi
- Source :
http://multitudes.samizdat.net/Adorno-critique-d-Husserl.html
- Philosophes(s) cité(s) : Adorno, Husserl, Kant...
-
- Cet article tente d’éclaircir, en s’appuyant sur des
auteurs tels qu’Adorno et Husserl, le rapport de différence/opposition
qui s’établit, au sein de la philosophie contemporaine, entre la
dialectique critique et la démarche phénoménologique, rapport qui permet
de définir en même temps le statut conceptuel des modèles sociologiques
axés sur un processus cognitif d’origine phénoménologique. Le schéma que
nous suivons est essentiellement celui fourni par un texte d’Adorno
publié en 1956, Metakritik der Erkenntnistheorie.
I. En écrivant la Metakritik, Adorno se propose de déterminer, à partir
d’un modèle concret, la phénoménologie de Husserl, la possibilité même
d’une gnoséologie philosophique, ayant comme but la constitution et
l’appréhension de la vérité. Le propos d’Adorno est tout à fait radical
: quels sont la forme et le contenu de la vérité philosophique encore
possibles dans la phase actuelle du capitalisme avancé ? S’il est clair,
pour Adorno, que ce qui est en jeu dans la philosophie, c’est toujours
la vérité, cette même vérité il faudra la mettre en oeuvre en s’appuyant
sur les conditions réelles qui sont données dans notre société et sur
les modèles de pensée que cette même société exprime dans son savoir.
Or, un des modèles centraux pour la pensée contemporaine se révèle être
la phénoménologie de Husserl parce que, dans la phénoménologie
husserlienne, nous pouvons en quelque sorte repérer les éléments et les
contradictions qui sont à la base des courants les plus importants de la
philosophie du XXe siècle.
En d’autres termes, la position d’Adorno vis-à-vis de la phénoménologie
de Husserl est la même que celle des post-kantiens, Herder en
particulier [1], vis-à-vis de la Critique de Kant, c’est-à-dire :
comment sortir d’un modèle philosophique pratiquement dépourvu de sa
fonction de renouvellement et désormais devenu l’organe d’une
connaissance totalement vide et abstraite dans sa démarche institutive ?
De même que la Critique de Kant, la phénoménologie de Husserl
nécessite, elle aussi, une « métacritique », une « critique de la
critique », qui établisse les conditions à partir desquelles la
philosophie puisse à nouveau opérer en tant que pratique de modification
du réel. >
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Poésie
- Titre : L'Absolu critique : sur Philippe Beck
- Auteur : Laurent Margantin
- Source :
http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=123
- Philosophes(s) cité(s) : Philippe Beck
-
- Une des scènes principales de la poésie moderne se
situe dans le dernier quart du dix-neuvième siècle, autour de Mallarmé.
Scène à laquelle beaucoup retournent constamment, comme à une matrice.
C’est là que se situe l’action du dernier livre de Philippe Beck. On
peut parler d’action en effet, car loin de vouloir reprendre l’effort
mallarméen (qui pour plusieurs auteurs contemporains aurait asséché
l’écriture poétique), Aux recensions interroge les
figures critiques elles-mêmes en agissant sur elles, en reprenant ou
contrant leurs énergies (vivifier, telle est la tâche). À partir du
livre de Bertrand Marchal, Mallarmé, Mémoire de la
critique, recueil des articles de l’époque consacrés au poète, une
écriture à la fois poétique et critique (critique à la puissance deux en
quelque sorte) surgit, fortement conditionnée par un climat de « crise
de vers ». (...) Etant donnés ces recours à Fichte et aux Romantiques,
la « crise de vers » beckienne a une envergure forcément philosophique,
ce qui, somme toute, pourrait paraître, dans le paysage de la poésie
moderne, assez banal. En l’occurrence la dimension « didactique » de
cette écriture inverse les positions : la poésie n’est pas de la « pré-philosophie »
qui demanderait à s’achever dans le philosophème. Au contraire, l’acte
didactique en poésie permet un mode de pensée poétique qui incorpore et
re-densifie la réflexion philosophique qui sombrerait vite dans le
discours jargonnant. La poésie en vers critique telle que la pratique
Beck se définit comme une pensée rythmée, avec une réelle profondeur et
une espèce de souplesse qui maintient l’esprit en éveil. Une extrême
attention aux mots s’exprime dans cette volonté d’éveiller, et dans un
mouvement paradoxal c’est par la torsion de certains mots que ceux-ci
révèlent un sens vivant, une énergie qui les avait quittés à force
d’être répétés et peu à peu effacés de la conscience. Suffixes et
préfixes rechargent les vocables, les rendent conducteurs d’une énergie
physique qui nous rend une expérience difficile et souvent complexe.
« L’amour c’est :/ apprends-moi comment / ne pas / oublier de penser ».
On saura lire Beck quand, comme dans l’amour et, dit l’auteur, « toutes
les activités fondamentales, criticales », on prendra sa poésie non
comme une poésie simplement excentrique, mais comme une réserve de sens
à déchiffrer, par la lecture et la relecture, accomplissant ainsi l’acte
critique qui est de se créer soi à partir de l’autre. >
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Raison
- Titre : Nietzsche et Kant: Philosophie, Critique
et Morale
- Auteur : Scarlett Marton
- Source :
http://www.bu.edu/wcp/Papers/Mode/ModeMart.htm
- Philosophes(s) cité(s) : Kant, Nietzsche
-
- Il s'agit d'examiner premièrement les conceptions de
la philosophie que Nietzsche et Kant embrassent. Tandis que Kant
considère que la philosophie et le système s'identificient, Nietzsche
envisage la philosophie surtout en tant que création des valeurs.
D'après Kant, Nietzsche ne serait peut-être qu'un dissipateur du savoir;
celui qui se propose de faire des essais avec la pensée et qui assume,
par conséquent, de différentes perspectives pour aborder la même
question ne pourrait se prendre en tant que philosophe. Selon Nietzsche,
Kant ne serait qu'un fonctionnaire du savoir; celui qui se limite à
fonder des valeurs déjà établies ne serait qu'un "ouvrier
philosophique." Pourtant, Nietzsche et Kant se mettent d'accord, quand
ils attribuent un rôle privilégié à la critique, mais bien vite
reapparaîssent les divergences entre eux. D'après Kant, la critique doit
être considérée comme une discipline philosophique, non pas dans le sens
d'un domaine du savoir, mais d'une "éducation" de la raison humaine,
puisqu'il faut que celle-ci reconnaisse ses limites pour bien opérer
dans ses différents usages. Selon Nietzsche, la critique entreprise par
Kant n'a aucune légitimité, dans la mesure où elle opère de façon à
accorder à la raison le double rôle de juge et d'accusé. Le but que nous
poursuivons dans notre texte est cului d'examiner, à partir de ces
résultats-là, la position prise par Nietzschhe vis-à-vis de la
philosophie kantienne. >
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Souveraineté
- Titre : Nietzsche et Kant: Philosophie, Critique
et Morale
- Auteur : Harold Bernat-Winter
- Source :
http://bernat.blog.lemonde.fr
- Philosophes(s) cité(s) : Kant, Nietzsche
-
- Reste toujours à interroger le glissement d’une
“souveraineté critique” à une “souveraineté purement négative”.
Qu’est-ce qui constitue la critique comme critique… “constructive” ?
C’est déjà un grand progrès d’ouvrir les fenêtres, le rappel de
Gottfried Keller est de taille (1). Mais que signifie l’expression
“critique constructive” ? « Le fait dominant de la période actuelle
réside précisément dans la dégradation de cette souveraineté critique,
qui participait de façon constructive de la vie conflictuelle de la
démocratie, en une souveraineté purement négative. » (2) Souveraineté
purement négative, c’est-à-dire souveraineté du rejet, de l’opposition,
de l’empêchement. Mais l’opposition entre “critique constructive” et
“souveraineté critique négative” résiste-t-elle à l’examen critique ?
Pesons le terme “constructive”, puisqu’il apparaît ici comme pivot.
S’agirait-il d’un néopositivisme, si l’on entend par “critique
constructive” une “critique positive”. Trouvé dans le cahier du maître,
celui-là même que Merleau-Ponty nous invite à refermer au moment de la
décision philosophique (pour moi “critique”). C’est Auguste Comte qui
fixe le concept. « Le mot positif offre, dans nos langues occidentales,
plusieurs acceptions distinctes. » (3) Comte en retient quatre, une de
trop pour assurer au tabouret philosophique une parfaite stabilité
(trois points sont forcément coplanaires, c’est au quatrième que ça
foire). Les amateurs de statique s’y retrouveront. Restons sur
l’essentiel : le positif, c’est
ce qui est réel par opposition
au chimérique, c’est ce qui est utile
et non oiseux, ce qui est certain
et non incertain, ce qui est précis
et non vague. A la règle graduée, Auguste réconcilie en un paragraphe
l’harmonie logique dans l’individu et la communion spirituelle de
l’espèce entière. On en oublierait presque la cinquième détermination,
sorte de quintessence, de précipité de la tétradécoction du paragraphe
32 du Discours sur l’esprit positif.
Paragraphe 33, le suivant : « Il faut enfin remarquer spécialement une
cinquième application, moins usitée que les autres, quoique pareillement
universelle, quand on emploie le mot positif comme le contraire de
négatif. Sous cet aspect, il indique l’une des plus éminentes propriétés
de la vraie philosophie moderne, en la montrant destinée surtout, par sa
nature, non à détruire, mais à organiser. » (4) A détruire et non à
organiser. En une phrase laconique, sobre, calibrée, comme il sait les
produire, jouant sur les adverbes de manière et le
quid juris en prose
philosophique, Comte formule là un des plus magistral problème de notre
auto-proclamée “modernité” quant à la question de la critique (pour ceux
qui l’interrogent). >
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19/09/2007
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