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Animal-machine -
Anthropologie -
Cerveau -
Corps
- Ethique
- Epistémologie
- Evolutionnisme
- Modèles de
la pensée -
Mutation corporelle
- Naturalisme
- Organisme (1)
- Organisme (2)
- Sélection
naturelle -
Social -
Stratégie
d'analyse -
Techniques
- Transformisme
- Vitalisme
Animal-machine
- Titre : Actualité de l’animal-machine ?
- Auteur : Catherine Larrère
- Source :
http://www.ens-lsh.fr
- Philosophes(s) cité(s) : Descartes
-
-
On a pu croire que la théorie cartésienne de
l’animal-machine avait perdu toute vertu heuristique, et que l’animal
était, depuis lors, considéré comme un être sensible doté d’états
mentaux. Or, on assiste avec le développement des techno-sciences, à une
nouvelle réification de l’animal.
Déjà la zootechnie moderne considère l'animal comme une «machine vivante
à aptitude multiple». Certes, il ne s'agit plus de l'automate cartésien
: l'animal de la zootechnie est une machine thermodynamique dotée de
mécanismes d'autorégulation, un engin cybernétique. On tente d'en
améliorer le rendement énergétique, on tend à maximiser l'efficacité de
toutes ses fonctions (nutrition, croissance, reproduction).
En décomposant ses besoins (glucides, lipides, protides) en éléments
simples, appelant des rations alimentaires elles aussi décomposées en
éléments simples, on a obtenu une augmentation considérable de
productivité … et l’on a recyclé des prions. Si les vaches peuvent
devenir «folles» c’est peut-être que ce ne sont pas que des machines
thermodynamiques.
La génétique contemporaine travaille sur une autre analogie : l’animal
n’est plus une machine thermodynamique, mais un programme d’ordinateur,
que l’on peut à loisir enrichir d’informations nouvelles. Les
biotechnologies prétendent ainsi «fabriquer» des animaux «programmés»
pour développer des caractéristiques intéressantes, soit pour la
recherche médicale, soit pour la production. L’espoir est même de
parvenir à cloner ces animaux transgéniques, et donc de pouvoir les
dupliquer à volonté. Pourtant, jusqu’à maintenant, ces «constructions
génétiques» sont des bricolages mal maîtrisés, dont on ignore encore
largement les effets sur la physiologie et le comportement de l’animal.
Combien d’échecs et d’embryons non viables pour un résultat
spectaculaire ? S’il y a tant de casse, c’est peut-être que les animaux
(comme les végétaux d’ailleurs) ne sont pas réductibles à leur
«programme génétique».
Enfin, l’animal est en première ligne du programme de naturalisation de
l’esprit. L’analogie du cerveau et de l’ordinateur invite à analyser le
comportement des animaux comme le traitement, plus ou moins complexe,
des informations stockées dans certains lobes de leur cerveau, et de
celles qui leur parviennent du contexte dans lequel ils se trouvent.
D’une part, ces recherches tendent à établir une continuité entre le
fonctionnement du cerveau des mammifères et des hommes – et en ce sens
brouillent les frontières entre humain et non-humain. D’autre part,
elles ont aidé la robotique à «fabriquer» des automates se comportant
comme des animaux domestiques, et brouillent les frontières entre
l’animal et la machine.
Anthropologie
- Titre : La vie humaine. Anthropologie et biologie
chez Georges Canguilhem
- Auteur : Olivier Perru
- Source :
http://www.esprit-et-vie.com
- Philosophes(s) cité(s) : Georges Canguilhem,
Guillaume Le Blanc
-
- Après Canguilhem et les normes (Paris, P.U.F., 1998),
ce nouveau livre de Guillaume Le Blanc s'articule autour d'une des
lignes directrices de l'œuvre du philosophe français Georges Canguilhem
(1904-1995), qui est le désir de fonder une anthropologie dans une
biologie. Plus profondément, il s'agissait pour Canguilhem de découvrir
qu'à la source de toute anthropologie, il y avait la vie. Ainsi, « le
traitement de l'homme par l'homme est redevable à une connaissance du
vivant » (p. 54). Cet enracinement de toute vie humaine et donc de toute
anthropologie, dans la vie biologique, « n'implique pas pour autant une
perte de spécificité des activités humaines » (p. 60). Canguilhem
distingue soigneusement le fondement et la spécificité. Le fondement
peut très bien être le corps biologique, mais ce qui caractérise
l'homme, c'est un ordre humain qui comprend la vie. Le fondement
biologique donne une visée vitale qui sert de fondement à la visée
humaine, d'où « la construction d'une anthropologie biologique » (p.
60). Le vécu (la conscience) et le vivant « sont définitivement
distingués » (p. 60). Ce désir d'aller du biologique à l'anthropologique
est présent dans pratiquement toute la réflexion de Canguilhem. >
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Cerveau
- Titre : Le cerveau, âme matérielle ?
- Auteur : Alain Ehrenberg
- Source :
http://www.ens-lsh.fr
- Philosophes(s) cité(s) :
-
- Dans L’Homme sans qualités, Robert Musil écrivait
ceci : «Peut-on se figurer, par exemple, que l’homme aura encore une
âme, quand la biologie et la psychologie lui auront appris à la
comprendre, à la traiter dans son entier ? Néanmoins, nous aspirons à ce
moment !». La question de Musil est d’actualité si l’on en croit le ton
adopté non seulement par les plus prestigieux chercheurs de cet ensemble
de disciplines qu’on appelle les neurosciences (B. Edelman, E. Kandell,
etc.), mais également par les éditoriaux des grandes revues
psychiatriques internationales (American journal of psychiatry, Archives
of general psychiatry, British journal of psychiatry). Une intense
spéculation s’est développée depuis une bonne trentaine d’années à
propos de problèmes essentiels concernant la composition de l’être
humain. Cette spéculation semble offrir de nouvelles perspectives à une
explication de l’esprit sur des bases naturalistes. Convient-elle à la
nature des phénomènes regroupés sous le label «troubles mentaux» ?
La pathologie mentale a le grand intérêt d’être le terrain où la double
nature biologique et sociale de l’espèce humaine (l’homme a un corps et
il vit en société) s’entremêle. Cette double nature, dont la vie
psychique ou l’espace psychique est l’expression, soulève de multiples
difficultés pour distinguer et, surtout, hiérarchiser entre ce qui
relève des causes et des mécanismes et ce qui relève des raisons,
c’est-à-dire des significations portées par le langage. Les batailles
sont certes philosophiques, mais aussi pratiques (politiques de santé
mentale, de protection sociale, de prise en charge thérapeutiques,
etc.). >
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Corps
- Titre : Pour une philosophie hybridée de la biologie
- Auteur : Charles Wolfe
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Terry Eagleton
-
- La pensée post-moderne est obsédée par le corps et
terrifiée par la biologie : voilà un homme qui n’a pas froid aux yeux!
Nous laisserons de côté la pensée propre d’Eagleton, qui a récemment
découvert que son marxisme le menait vers le christianisme de son
enfance, et nous retiendrons la remarque suivante : dans toute une gamme
de pensées qui disent se soucier du corps, on n’a jamais constaté autant
de désintérêt pour le travail scientifique qui le prend comme objet,
disons la biologie, ou la réflexion sur le vivant. N’oublions pas que le
premier penseur de la multitude, Bento Spinoza, pour utiliser le prénom
portugais qu’il affectionnait, était fort préoccupé par ce corps dont
Eagleton déplore l’oubli, y compris au sens prisé par Deleuze où « nul
ne sait ce que peut un corps ». Un corps est aussi composé d’autre corps
plus petits, tout en composant lui-même des corps plus grands : ainsi
l’être humain qui se croit souverain dans l’univers est comme le « ver
dans le sang » qui croit tout connaître du corps dans lequel il vit
(lettre XXXII, à Oldenburg). Sans en faire un « père » de la philosophie
de la biologie et surtout de ses avatars passés en revue ici, espérons
qu’il aurait bien voulu lui servir de parrain. >
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Ethique
- Titre : Le contrôle des émotions (éthique et
biologie)
- Auteur : Jean Zin
- Source :
http://perso.wanadoo.fr/marxiens
- Philosophes(s) cité(s) : Damasio (Spinoza
avait raison, Antonio R. Damasio, Odile Jacob,
2003)
Ce livre témoigne de l'état étonnamment embryonnaire de
nos connaissances sur le cerveau et les émotions, c'est ce qui fait son
intérêt. Ses défauts sont ceux des pionniers qui ne disposent pas encore
des concepts adaptés à leur objet. Il apporte quelques éléments
intéressants sur les rapports entre émotion et sentiment mais on peut
penser qu'il en manque l'essentiel lié au concept d'information comme on
va essayer de le montrer. Surtout comme la plupart des neuro-biologistes
il est constamment entraîné à une confusion des niveaux entre l'amibe, le
cerveau primitif, la conscience humaine, le monde de la parole et de
l'éthique, en nous parlant de bien et mal, liberté et salut au niveau
biologique (!) même si c'est sans doute moins caricatural que Jean-Pierre
Changeux.
La dimension de la question dépasse largement la biologie et Damasio s'en
rend bien compte. C'est pour cela qu'il convoque les philosophes et semble
distribuer les bons points (Descartes avait tort, Spinoza avait raison !).
Il faut bien dire que le chapitre sur la vie de Spinoza est complètement
hors sujet. On peut se demander ce que cette hagiographie vient faire là,
sinon pour nous persuader d'une familiarité entre Damasio et Spinoza sans
trop faire référence aux thèses de l'Ethique, façon de s'excuser d'une
excursion hors de son domaine. En plusieurs occasions il avoue d'ailleurs
son incompétence en s'aventurant "bien au-delà de ma formation" 163 (ce
que je fais pour ma part en permanence, exigence de la transversalité...).
>
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-
Epistémologie
- Titre : L’épistémologue et la complexité du
vivant. Compte rendu de l’ouvrage de François Duchesneau, Philosophie de
la biologie
- Auteur : Timo Kaitaro
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : François Duchesneau
-
- Les progrès et les succès de la biologie moléculaire
paraissent donner raison à ceux qui croient que la biologie est
réductible aux sciences de la nature physique. L’analyse que fait
François Duchesneau de divers modèles et essais de réduction qui ont été
proposés pour éliminer la spécificité des phénomènes de la vie
organique, montre que les choses sont loin d’être si simples. Les
notions téléologiques paraissent irréductibles aux mécanismes causals
sous-jacents et les explications fonctionnelles sont apparemment
indispensables dans les sciences de la vie. Mais les discussions que
l’épistémologue analyse montrent qu’admettre l’irréductibilité et la
nécessité des analyses fonctionnelles dans les sciences de la vie
n’aboutit pas nécessairement à quelque vitalisme. Il s’agit simplement
d’analyser la structure et le profil épistémologique des théories
biologiques au lieu de les reconstruire rationnellement et conformément
aux préjugés positivistes selon lesquelles il fallait pouvoir déduire
les explications biologiques des lois naturelles concernant la nature
physique. Cela exige évidemment qu’on prête attention à la manière dont
les biologistes ont réellement construit leurs concepts et leurs
théories. Or, en analysant les développements récents de la philosophie
de la biologie anglo-saxonne, Duchesneau montre comment le rapprochement
de la philosophie et l’histoire des sciences qui a eu lieu dans cette
tradition est utile. Sur cet article ces discussions anglo-saxonnes
rejoignent la tradition française représentée par des auteurs comme
Georges Canguilhem ou Jacques Roger, bien qu’en France ces deux
disciplines semblent, selon l’observation de l’auteur canadien,
maintenant s’éloigner l’un et l’autre. Ce qui serait dommage, tellement
cette tradition parait féconde dans ses perspectives épistémologiques. >
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Evolutionnisme
- Titre : Darwin révolutionnaire ? Une lecture
politique de Dennett
- Auteur : Mathieu Aury
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Darwin, Dennett
-
- Qu’est-ce que la biologie évolutionniste peut nous
apprendre de la vie de l’homme ? Pour répondre à cette question,
contrairement à une attitude méfiante et certes légitime, nous pensons
que les deux traditions que sont le cognitivisme évolutionniste de
Daniel Dennett et l’approche archéologique de Foucault, ne sont pas
irréconciliables, mais complémentaires. L’originalité de Dennett, grâce
à son interprétation de l’effet Baldwin et sa thèse du Soi comme centre
de gravité narrative, est en effet de parvenir à présenter le monde de
l’être humain comme la réalisation vivante (donc globalement explicable
suivant les lois de l’évolution) d’un ensemble de produits historiques,
sans sacrifier pour autant à la dimension proprement créatrice de
l’individu (d’autant plus créateur qu’il est, hélas, manipulable).
Dispositifs de domination et processus de subjectivisation s’inscrivent
alors au sein du devenir plus large qu’est l’évolution du vivant sur
terre. En retour, la philosophie de Dennett, prudente (à juste titre)
lorsqu’il s’agit de prolonger le débat en direction du politique,
devrait pouvoir être augmentée d’une analyse critique. >
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Modèles de la pensée
- Titre : Sciences cognitives et modèles de la
pensée
- Auteur : Brigitte Chamak
- Source :
http://www.ens-lsh.fr
- Philosophes(s) cité(s) :
-
- Cette intervention a pour objet l’analyse des modèles
de la pensée proposés par les chercheurs en sciences cognitives. Ces
derniers expliquent qu'ils aspirent à regrouper diverses disciplines
pour analyser les processus impliqués dans la formation et
l'exploitation de la connaissance. Ils sont intéressés par l'étude du
fonctionnement de l’esprit et cherchent à décrire, expliquer, simuler
les fonctions cognitives telles que le langage, le raisonnement, la
perception, la compréhension, la mémoire ou l'apprentissage. Ce type
d'intérêt les conduit à proposer des théories de l'esprit qui ne sont
pas sans conséquence puisque, en un sens, elles tentent de définir ce
qui spécifie un être humain.
L'interdisciplinarité prônée par les chercheurs en sciences cognitives
est souvent mise à rude épreuve car, en fonction de leur discipline
d'origine, ils produisent des discours différents qui correspondent à
des conceptions concurrentes. Pour les uns, l'esprit étant un phénomène
fonctionnel, ses fonctions relèvent de processus cognitifs dont il
s'agit de caractériser les opérations en termes de modèles. Les modèles
fonctionnels de l'esprit sont généralement associés à la métaphore de
l'ordinateur et les conceptualisations des phénomènes cognitifs
s'organisent autour de l'intelligence artificielle et de ses
simulations. L'hypothèse de base est que la pensée opère par un travail
de traitement de l'information et les fonctions cognitives sont
assimilées à des opérations logiques. L'objectif consiste à obtenir de
la machine un comportement intelligent, ou plutôt qui serait jugé tel si
c'était un être humain qui le produisait.
Pour d'autres, l'esprit procédant du fonctionnement cérébral, son étude
relève principalement des neurosciences. Il s'agit alors de mettre en
évidence les mécanismes neurophysiologiques sousjacents aux fonctions
cognitives : détecter quelles molécules, quelles structures neurales
sont impliquées dans telle ou telle fonction. Aux recherches sur le
système nerveux central de caractère essentiellement biologique ou
physiologique sont associées parfois des simulations utilisant des
réseaux de neurones artificiels (connexionnisme). Alors que dans le
premier cas, l'étude du fonctionnement du cerveau n'est pas
nécessairement pertinent, dans le second, elle est centrale.
Les sciences cognitives constituent donc une nébuleuse complexe avec des
niveaux d'analyse différents et des modèles concurrents. Deux grandes
orientations coexistent : l’une qui rapporte les mécanismes de la pensée
à un niveau d'explication logique, l’autre à un niveau d’explication
neurologique (les neurosciences cognitives).
Ce travail porte, dans un premier temps, sur l'analyse des textes, des
discours, des références, des représentations, des images que se forgent
les acteurs les plus actifs dans la construction des sciences
cognitives. L'objectif est de comprendre dans quel univers culturel ils
évoluent, quelles positions philosophiques ils adoptent, quels types
d'idéologie ils développent et comment leurs pratiques et leur formation
influent sur leurs conceptions. Les enjeux disciplinaires étant de
première importance dans la compréhension de la construction des
sciences cognitives, il m’a paru intéressant, dans un deuxième temps,
d’analyser le processus d’institutionnalisation de ce domaine en France.
Mutation corporelle
- Titre : Somaphore et corps biosubjectif
- Auteur : Bernard Andrieu
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Baudrillard, Le Breton...
-
- La modification corporelle maintient l’être du corps
comme une substance que l’on ne peut qu’altérer sans en changer la
nature. Il faut un renversement de perspective pour penser la mutation
corporelle comme un mode de définition de l’être corporel. Il faut pour
cela qu’aucune intériorité ne soit suffisante pour respecter la
différence entre intérieur/extérieur, forme/matière. Ce modèle mental de
l’image corporelle n’est pas suffisamment internalisé pour que le sujet
se sente contenu dans son corps reçu. L’hypothèse internaliste ne
parvient pas à modéliser la mutation corporelle car le corps mutant ne
possède pas sa forme définitive avant la réalisation complète de sa
matière.
L’absence de structuration interne suffisamment contenante, comme le
schéma corporel et l’image du corps, précipite le sujet hors de lui.
L’externalisation du sujet par le corps a pu trouver dans la
contra-sexualité, de Beatriz Preciado, une « théorie du corps qui se
situe en dehors des oppositions mâle/femelle, masculin/féminin,
Hétérosexualité/homosexualité » ( [1]). Si le gode vient avant le pénis,
la technologie définit la sexualité et ses usages les éléments de
définition du corps existant. L’externalité biotechnologique devient une
dimension du corps propre du sujet : car la délimitation
intérieur/extérieur ne retient plus le sujet au dedans d’une
représentation mentale de son corps ; le sujet éprouve la nécessité
physique de s’externaliser pour réaliser dans la matière sa définition.
La mutation repose sur une temporalité chaotique. La forme finale ne
définit le sujet qu’après coup. Le mutant ne sait pas encore comme le
héros de « La Mouche » de D. Cronenberg, ce qu’il va devenir. Car son
être est devenir. La morphogenèse de la matière vivante définit le
mutant au fur et à mesure de la construction de son corps. >
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Naturalisme
- Titre : Entre darwinisme et biopolitique, le
naturalisme en chantier (entretien réalisé par Charles Wolfe)
- Auteur : John Symons
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Darwin, Rosenberg, etc.
-
- Multitudes : Qu’est-ce que la philosophie de
la biologie selon toi ?
John Symons : Plutôt que de répondre en renvoyant tout de suite à
la spécialisation qui naît des contraintes de la vie universitaire, je
préférerais qu’on se demande s’il existe une différence entre le
biologique et le non-biologique qui serait en quelque sorte « fondée
dans les choses » ; ainsi cette différence légitimerait l’existence de
la philosophie de la biologie en tant que discipline ou spécialité à
part entière. Si nous poursuivons dans cette dernière approche, nous
serons déjà alors en train de pratiquer le questionnement philosophique,
et ainsi nous serions déjà en train de faire de la « philosophie de la
biologie ». Nous sommes nombreux, je pense, à préférer la pratique de la
philosophie à celle d’un questionnement méta-philosophique dans lequel
on s’embrouille assez rapidement. Cela dit, je n’entends pas esquiver
par cette affirmation la question des méta-niveaux de la réflexion.
Simplement, dès que nous réfléchissons sur le statut de notre travail
d’une manière soutenue, nous faisons de la philosophie, et cela me
convient.
Même quand nous parlons de la philosophie en tant que profession, nous
pouvons revenir sur un terrain conceptuel intéressant. Par exemple,
admettons que la division du travail au sein de la vie universitaire,
qui engendre des spécialisations telles que la philosophie de la
biologie, est une chose mauvaise ; que les philosophes sont myopes ou
que nos vies professionnelles sont simplement des symptômes de
l’américanisation de la vie des chercheurs. Ce n’est pas faux, en tout
cas c’est possible, mais si les philosophes souhaitent s’exprimer sur la
nature du vivant, sur ce que c’est qu’un être vivant, ne sont-ils pas
obligés d’examiner et d’évaluer les résultats de la recherche en
biologie ? Bien que certains débats qui ont lieu dans la philosophie de
la biologie ne soient pas connus des chercheurs en laboratoire, je pense
qu’elle s’occupe en grande partie des vrais détails de la recherche
scientifique. Il est difficile ensuite de prétendre que ces philosophes
sont « trop près » ou « trop impliqués » dans ces détails sans défendre
par là même une espèce d’ignorance à l’égard cette recherche. >
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Organisme (1)
- Titre : La catégorie d’ « organisme » dans la
philosophie de la biologie. Retour sur les dangers du réductionnisme
- Auteur : Charles Wolfe
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Diderot, Kant, Ruyer, etc.
-
- La catégorie d’organisme a un statut ambigu :
scientifique ou philosophique ? Elle a longtemps en tout cas servi de «
caution » scientifique à une argumentation philosophique qui refuse la
tendance dite « mécaniste » ou « réductionniste » perçue comme dominante
depuis le dix-septième siècle, que ce soit au sein de l’animisme
stahlien, de la monadologie leibnizienne, du néo-vitalisme de Hans
Driesch, ou encore de la « phénoménologie du vivant » au vingtième
siècle chez des auteurs comme Goldstein, Straus, Weizsäcker, dont
l’influence sur Merleau-Ponty mais aussi Canguilhem est patente. Le but
de cet article est à la fois de mettre en lumière la sédimentation de
cette catégorie, pour en faire une évaluation critique, autrement dit,
pour voir en quoi elle peut demeurer utile une fois qu’on a refusé toute
dérive « organiciste ». On proposera une notion de l’organisme en tant
que fiction instrumentale. >
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Organisme (2)
- Titre : L’organisme : hétérogène mais réel
- Auteur : Thomas Pradeu
- Source :
http://thomas.pradeu.free.fr
- Philosophes(s) cité(s) : divers
-
- L’assimilation de l’identité d’un organisme à son
bagage génétique, la vision préformationniste du développement, la
définition du système immunitaire comme système de défense,
l’affirmation de l’auto-construction des êtres vivants (autopoïèse de
Maturana et Varela par exemple1) mais aussi certaines variantes de l’auto-organisation,
vont toutes dans le sens d’une endogénicité et d’une homogénéité de
l’organisme : ce dernier serait le résultat d’un dépliement, autrement
dit le produit d’une auto-réalisation, à partir de ses gènes en
particulier, et se caractériserait par une homogénéité génotypique et
phénotypique dont l’intégrité serait assurée par le système immunitaire.
Dans deux textes, pourtant, Richard Lewontin [2000a, p. 113-114 ; 2000b]
définit l’organisme comme « un système ouvert et hétérogène ». La
proposition selon laquelle les organismes sont des systèmes ouverts est
globalement admise dans la biologie contemporaine, bien qu’il n’y ait
probablement pas consensus quant à ce qu’il faut entendre par cette
expression. >
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Sélection naturelle
- Titre : La sélection naturelle à l’intérieur de
l’organisme
- Auteur : Jean-Jacques Kupiec
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Darwin
-
- Les mécanismes de la théorie darwinienne agissant à
l’échelle de la cellule permettent d’expliquer l’embryogenèse d’un
organisme. D’une part, l’ADN n’est pas porteur d’un programme fait
d’instructions rigides, dans lequel l’organisme adulte est écrit à
l’avance. Il s’agit d’un générateur de diversité dont le fonctionnement
probabiliste permet aux cellules de changer d’état sans être dirigées
par des signaux. D’autre part, l’environnement n’est pas seulement ce
qui est extérieur à l’organisme. Il se prolonge à l’intérieur de
l’embryon en constituant le micro-environnement de la cellule. Il
détermine les concentrations des métabolites auxquels elle a accès et
qui lui permettent de se multiplier. Dans une colonie de cellules il y a
de nombreuses variations dans la composition de ce micro-environnement.
Les cellules sont amenées à échanger les produits de leur métabolisme.
Elles utilisent ce qui leur est fourni par leurs voisines. Grâce à leur
fonctionnement probabiliste, elles s’adaptent à ces conditions de vie
changeantes en activant les protéines nécessaires. De là proviennent les
différenciations cellulaires à l’origine des tissus constituant un être
adulte. Dans cette théorie, l’embryon n’est pas l’objet passif soumis
aux déterminismes additionnés du génome et de l’environnement. Ceux-ci
sont intégrés en un mécanisme unique. La cellule est le niveau
fondamental qui construit l’être vivant par un processus actif de
sélection darwinienne. En unifiant dans un même modèle explicatif, la
phylogenèse et l’ontogenèse, le darwinisme cellulaire permet de se
débarrasser des vieux concepts de finalité et de cause formelle que la
génétique avait réhabilitées sous les habits neufs du « programme
génétique ». >
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Social
- Titre : Le vital et le social. L'histoire des
normes selon Canguilhem
- Auteur : Guillaume Le Blanc
- Source :
http://www.cerphi.net
- Philosophes(s) cité(s) : Canguilhem
-
- Notre travail cherche à interroger le rapport
philosophique construit par Canguilhem entre le vital et le social. Il
s'agit de comprendre comment une création interne à la vie, désignée par
Canguilhem sous le terme de "normativité" conduit à une certaine
élaboration des rapports du vital et du social par laquelle est pensée
l'histoire de l'homme à partir d'une analyse de l'individualisation
vitale et de la subjectivité humaine. La nouveauté de Canguilhem réside,
selon nous, dans sa tentative de rendre immanente la norme à la vie,
induisant une inscription de l'histoire humaine dans l'histoire de la
vie. Dès lors que la vie est définie comme création de normes, tout
vivant affirme ses propres normes, les crée le cas échéant, entre en
conflit avec les vivants créateurs d'autres normes. Il en résulte une
réforme de l'anthropologie à partir de la question de la vie. Selon
notre hypothèse, le sens de l'expérience anthropologique ne réside pas
tant dans une fermeture de l'homme sur ses propres caractéristiques que
dans une circulation des comportements qui conjoignent vitalité et
socialité, activité et subjectivité. La détermination des normes
humaines n'a de valeur que soutenue par des capacités normatives puisées
dans le registre de la vie. >
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Stratégie d'analyse
- Titre : L’organisation du vivant : émergence ou
survenance
- Auteur : François Duchesneau
- Source :
http://www.ens-lsh.fr
- Philosophes(s) cité(s) :
-
La question
traitée est celle de l’application de stratégies d’analyse et
d’explication différentes, voire divergentes, aux phénomènes qui
caractérisent l’organisation du vivant au plan élémentaire et au plan
global.
Le
réductionnisme caractérise une partie de ces stratégies d’analyse. La
tradition à cet égard est ancienne. La physiologie moderne a été en
effet modelée dès la fin du dix-septième siècle, par des méthodes
d’analyse qui visaient à rattacher à des microstructures et à des
microprocessus, sous-tendant et composant l’organisme complexe, la cause
des opérations et des fonctions intégrées du vivant. Les modèles que
l’on se forgeait pour rendre compte de ces conditions structurales et
fonctionnelles furent d’abord dictés par des représentations mécanistes
: à leur tour, celles-ci ont amené à concevoir les processus vitaux
comme réductibles par l’analyse à des équivalents physico-chimiques.
L’histoire des
sciences de la vie semble nous apprendre que ces conceptions
réductionnistes anciennes ont engendré leur contraire sous la forme de
théories plus ou moins spéculatives auxquelles leurs adversaires ont
accolé, pour des raisons essentiellement polémiques, le qualificatif de
«vitalistes». En fait, le recours à des principes vitaux et aux lois qui
en exprimeraient l’action recouvrait la plupart du temps des analyses
qui visaient à rendre compte des processus fonctionnels et des
structures intégrées par un déchiffrage empirique des caractéristiques
de l’organisme complexe considéré dans son ordre même. Plutôt que
d’antinomie des stratégies d’analyse, il conviendrait souvent, pour
traduire adéquatement la perspective historique, de parler de tensions,
d’alternances et en dernière ressort de complémentarité relative entre
les modes de représentations dits mécanistes et vitalistes, holistes et
réductionnistes. >
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Techniques
- Titre : Le déferlement des techniques
contemporaines : remarques sur la mobilisation générale des organismes
- Auteur : Michel Tibon-Cornillot
- Source :
http://www.ens-lsh.fr
- Philosophes(s) cité(s) :
-
- Les phénomènes techniques sont évalués en fonction de
leurs liens avec la rationalité des sciences modernes : les techniques
sont devenues des «techno-logies». L’extension du «logos» à des
pratiques si diverses et si anciennes n’a pas facilité l’apparition
d’analyses capables de rendre compte de la spécificité des savoir-faire
techniques. Les techniques-technologies furent réduites au statut
subalterne de servantes des sciences ; pire encore, elles devinrent des
sciences appliquées et disparurent en tant qu’activité autonome. Passées
dans le langage commun, ces approches dominent encore l’ensemble des
recherches sur les techniques.
Malgré l’étendue des désastres provoqués depuis quelques siècles par les
dérèglements urbains, sociaux et environnementaux liés à la mise en
œuvre des dispositifs de laboratoires et à leurs applications
industrielles, l’ensemble sciences, techniques et industries au sein des
états modernes a maintenu son projet de transformation du monde et des
hommes au nom de la rationalité moderne. Mais les difficultés
rencontrées ont rendu nécessaire le développement d’un versant
régulateur de la raison capable de stabiliser le caractère impétueux de
la rationalité instrumentale à l’œuvre dans les sociétés industrielles.
Dans ce contexte, s’enracinent les approches régulatrices et
administratives des risques inspirées par les kantismes, néo-kantismes,
par les idéologies anglo-saxonnes diverses, par Habermas, etc.
L’ensemble des analyses contemporaines des risques et des solutions
éventuelles s’enracine dans ce travail de lissage, de rationalisation
normative qui inspire la plupart des institutions administratives et
politiques. >
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Transformisme
- Titre : Qu'est-ce qu'un précurseur ? ou La
querelle du transformisme
- Auteur : Charles Wolfe
- Source :
http://www.cerphi.net
- Philosophes(s) cité(s) : Diderot
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- Il y a un thème que je souhaitais traiter depuis
longtemps, et qui s'inscrit naturellement dans l'optique du présent
groupe de recherches : un retour sur cette question du "transformisme"
de Diderot, qu'on lui avait attribué jadis, dans le contexte d'une
histoire des idées plus proprement "idéaliste". Ensuite, des auteurs
soucieux de montrer leur intelligence critique, comme Jacques Roger et
Foucault, dans leurs domaines respectifs, ont attaqué une telle
attribution naïve à Diderot d'une thématique "proto-évolutionniste". Il
y a une angoisse contemporaine qui va de part avec une certaine pratique
de l'érudition : on se méfie de l'anachronisme, on précise que l'auteur
qu'on étudie n'a pas utilisé le terme 'x', et surtout on n'aime pas
maintenant faire des auteurs que nous chérissons, des "précurseurs".
Il y a déjà là les matériaux d'une étude sur l'histoire de la critique,
ce qui pourrait en soi être intéréssant (qu'est-ce qui a fait qu'un
critique lui attribue des idées transformistes alors qu'un autre les lui
refuse?) -- mais j'aimerais aller un peu plus loin. L'histoire et la
philosophie de la biologie telle qu'on la pratique aujourd'hui est
fortement dominée par Darwin, et a fortiori par ce que l'on nomme la
"synthèse moderne", c.a.d. l'adjonction de la génétique à un programme
évolutionniste darwinien qui obtient par là les mécanismes de l'hérédité
qui lui avaient échappé jusqu'alors. >
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Vitalisme
- Titre : 1064332 atomes et un cercle de vie.
Quelques réflexions à peine philosophiques
- Auteur : Alexandre Métraux
- Source :
http://multitudes.samizdat.net
- Philosophes(s) cité(s) : Leibniz, Claude Bernard
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Cet article pose la vieille question du vitalisme à
partir d’un exemple concret, très récent : la fabrication en
laboratoire, pour la première fois, d’un virus (de la poliomyélite).
Face à cet exemple, l’auteur rappelle deux exemples d’argumentation
sur la nature du vivant : celle de Leibniz et celle de Claude Bernard.
Si le propre du vivant, selon les biologistes ayant fabriqué le virus
eux-mêmes, est de se répliquer, que dire de la position dominante en
philosophie de la biologie aujourd’hui qui refuse l’attribution
substantielle de propriétés ? On lira en conclusion une nouvelle
manière de reconnaître une spécificité au vivant sans en faire une
propriété métaphysique, qui souligne l’intérêt même de la philosophie
de la biologie. >
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15/12/05
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