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On esquisse dans ces textes une théorie « non-philosophique »
de l’amitié, en utilisant la tradition philosophique comme support,
occasion et matériau privilégiés. Celle-ci a construit une doctrine de
l’amitié en identifiant l’Ami tantôt à l’âme et à la belle âme, au
frère et à l’alter ego, au prochain et au lointain, à Dieu et à la
femme, bref en idéalisant et en confondant l’ami réel avec un concept
toujours mixte et problématique de l’amitié. « Il n’y a nul ami » :
tel est son leitmotiv et sa conclusion. De son côté, la psychanalyse
n’en a cure et tarde à livrer une « érotique de l’amitié » que, de
toute évidence, l’époque appelle de ses vœux. On dénonce cette
suffisance philosophique en général consistant à dénier le réel —
celui de l’Ami, nommément — au profit d’un questionnement ramenant,
comme toujours, l’amitié des hommes et des femmes à l’amour de la
philosophie (Eros et Philia confondus). On ne parle pas de l’ami
unique ou de l’ami idéal – concepts justement idéalistes – mais bien
de l’Ami Un, dans son immédiateté et son identité d’ami, sous quelque
forme qu’il apparaisse. |
Livres sur l'amitié...

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