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I - Introduction rédigée et plan de dissertation
Quand faut-il prendre la parole ?
I I - Texte de Jean-Jacques Rousseau
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)
Le premier langage de l'homme, le langage le plus universel,
le plus énergique, et le seul dont il eut besoin, avant qu'il fallût
persuader des hommes assemblés, est le cri de la nature, Comme ce cri
n'était arraché que par une sorte d'instinct dans les occasions pressantes,
pour implorer du secours dans les grands dangers, ou du soulagement dans les
maux violents, il n'était pas d'un grand usage dans le cours ordinaire de la
vie, où règnent des sentiments plus modérés. Quand les idées des hommes
commencèrent à s'étendre et à se multiplier, et qu'il s'établit entre eux
une communication plus étroite, ils cherchèrent des signes plus nombreux et
un langage plus étendu : ils multiplièrent des inflexions de la voix, et y
joignirent les gestes, qui, par leur nature, sont plus expressifs, et dont
le sens dépend moins d'une détermination antérieure. Ils exprimaient donc
les objets visibles et mobiles par des gestes, et ceux qui frappent l'ouïe,
par des sons imitatifs : mais comme le geste n'indique guère que les objets
présents, ou faciles à décrire, et les actions visibles; qu'il n'est pas
d'un usage universel, puisque l'obscurité, ou l'interposition d'un corps le
rendent inutile, et qu'il exige l'attention plutôt qu'il ne l'excite, on s'
avisa enfin de Iui substituer les articulations de la voix, qui, sans avoir
le même rapport avec certaines idées, sont plus propres à les représenter
toutes, comme signes institués ; substitution qui ne put se faire que d'un
commun consentement, et d'une manière assez difficile à pratiquer pour des
hommes dont les organes grossiers n'avaient encore aucun exercice, et plus
difficile encore à concevoir en elle-même, puisque cet accord unanime dut
être motivé, et que la parole paraît avoir été fort nécessaire, pour établir
l'usage de la parole.
1) Pourquoi le "premier langage de l'homme" peut-il être qualifié d'"universel" ? 2) Expliquez la phrase «on s'avisa enfin de lui substituer ... comme signes institués». À quelles caractéristiques du langage humain renvoie cette hypothèse de Rousseau sur l'origine des langues ?
III - Texte de Eric Weil
Logique de la philosophie, Vrin, 1967, p. 24-25
En vérité, le problème qui se pose à celui qui cherche la nature du dialogue
n'est nul autre que celui de la violence et de la négation de celle-ci. Car
que faut-il pour qu'il puisse y avoir dialogue ? La logique ne permet qu'une
chose, à savoir que le dialogue, une fois engagé, aboutisse, que l'on puisse
dire lequel des interlocuteurs a raison, plus exactement, lequel des deux a
tort : car s'il est certain que celui qui se contredit a tort, il n'est
nullement prouvé que celui qui l'a convaincu de ce seul crime contre la loi
du discours ne soit pas également fautif, avec ce seul avantage, tout
temporaire, qu'il n'en a pas encore été convaincu. La logique, dans le
dialogue, émonde le discours. Mais pourquoi l'homme accepte-t-il une
situation dans laquelle il peut être confondu ? 1) Quelle est l'alternative présentée par le texte ? 2) Opposez dans leur nature et dans leurs buts, la discussion et la dispute 3) En quoi le dialogue pourrait-il être un "jeu" ?
IV - Clinique de la parole...
Analysez d'un point de vue psycho-sociologique les phénomènes suivants liés à l'usage de la parole : Timidité - Bégaiement - Autisme - Bavardage - mensonge - Lapsus - Rumeur - (Etc.)
28/12/2007 |