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Philosophie-en-france un site de Didier Moulinier |
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I - Lectures de Freud
Dans le cours des siècles, la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu’elle a montré que la terre, loin d’être au centre de l’univers, ne forme qu’une parcelle insignifiante du système solaire dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur… Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique, lorsqu’elle a réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s’est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, et Wallace et de leur prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours, qui se propose de montrer au moi qu’il n’est pas seulement maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe en dehors de sa conscience sans sa vie psychique. (Introduction à la psychanalyse) > Développez chacun de ces trois démentis.
La psychiatrie conteste à la vérité que ces phénomènes soient
le fait de mauvais esprits du dehors qui auraient fait effraction dans la
vie psychique, mais elle se contente alors de dire en haussant les épaules
dégénérescence, prédisposition héréditaire, infériorité constitutionnelle !
La psychanalyse entreprend d’élucider ces cas morbides inquiétants, elle
organise de longues et minutieuses recherches, elle se forge des notions de
secours et des constructions scientifiques, et, finalement, peut dire au moi
: « Il n’y a rien d’étranger qui se soit introduit en toi, c’est une part de
ta propre vie psychique qui s’est soustraite à ta connaissance et à la
maîtrise de ton vouloir. C’est d’ailleurs pourquoi tu es si faible dans ta
défense ; tu luttes avec une partie de ta force contre l’autre partie, tu ne
peux pas rassembler toute ta force ainsi que tu le ferais contre un ennemi
extérieur. Et ce n’est même pas la pire ou la plus insignifiante partie de
tes forces psychiques qui s’est ainsi opposée à toi et est devenue
indépendante de toi-même. La faute, je dois le dire, en revient à toi. Tu as
trop présumé de ta force lorsque tu as cru pouvoir disposer à ton gré de tes
pulsions sexuelles et n’être pas obligé de tenir compte le moins du monde de
leurs aspirations. Ils se sont alors révoltés et ont suivi leurs propres
voies obscures afin de se soustraire à la répression, ils ont conquis leur
droit d’une manière qui ne pouvait plus te convenir. Tu n’as pas su comment
ils s’y sont pris, quelles voies ils ont choisies ; seul, le résultat de ce
travail, le symptôme, qui se manifeste par la souffrance que tu éprouves,
est venu à ta connaissance. Tu ne le reconnais pas, alors, comme étant le
rejeton de tes pulsions repoussées et tu ignores qu’il en est la
satisfaction substitutive. 1. Comment Freud explique-t-il la formation des symptômes ? 2. Comparez la thèse de Freud avec celle de Descartes.
On nous conteste de tous côtés le droit d'admettre un psychique inconscient et de travailler scientifiquement avec cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l'hypothèse de l'inconscient est nécessaire et légitime, et que nous possédons de multiples preuves de l'existence de l'inconscient. Elle est nécessaire, parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires ; aussi bien chez l'homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d'autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l'homme sain, et tout ce qu'on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade ; notre expérience quotidienne la plus personnelle nous met en présence d'idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l'origine et de résultats de pensée dont l'élaboration nous est demeurée cachée. Tous ces actes conscients demeurent incohérents et incompréhensibles si nous nous obstinons à prétendre qu'il faut bien percevoir par la conscience tout ce qui se passe en nous en fait d'actes psychiques ; mais ils s'ordonnent dans un ensemble dont on peut montrer la cohérence, si nous interpolons les actes inconscients inférés. Or, nous trouvons dans ce gain de sens et de cohérence une raison, pleinement justifiée, d'aller au-delà de l'expérience immédiate. Et s'il s'avère de plus que nous pouvons fonder sur l'hypothèse de l'inconscient une pratique couronnée de succès, par laquelle nous influençons, conformément à un but donné, le cours des processus conscients, nous aurons acquis, avec ce succès, une preuve incontestable de l'existence de ce dont nous avons fait l'hypothèse. (Métapsychologie) 1. Pourquoi l'hypothèse de l'Inconscient est-elle nécessaire ? 2. Quelle est la "pratique couronnée de succès" dont parle l'auteur ? En quoi consiste-t-elle ?
L'homme n'est point cet être débonnaire, au coeur assoiffé d'amour, dont on dit qu'il se défend quand on l'attaque, mais un être, au contraire, qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d'agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n'est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L'homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d'agression aux dépens de son prochain, d'exploiter son travail sans dédommagements, de l'utiliser sexuellement sans son consentement, de s approprier ses biens, de l'humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous ces Enseignements de la vie et de l'histoire, de s'inscrire en faux contre cet adage ? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. Dans certaines circonstances favorables en revanche, quand par exemple les forces morales qui s'opposaient à ces manifestations et jusque-là les inhibaient, ont été mises hors d'action, l'agressivité se manifeste aussi de façon spontanée, démasque sous l'homme la bête sauvage qui perd alors tout égard pour sa propre espèce... Cette tendance à l'agression, que nous pouvons déceler en nous-mêmes et dont nous supposons à bon droit l'existence chez autrui, constitue le principal facteur de perturbation dans nos rapports avec notre prochain. C'est elle qui impose à la civilisation tant d'efforts. Par suite de cette hostilité primaire qui dresse les hommes les uns contre les autres, la société civilisée est constamment menacée de ruine. L'intérêt du travail solidaire ne suffirait pas à la maintenir : les passions instinctives sont plus fortes que les intérêts rationnels. La civilisation doit tout mettre en oeuvre pour limiter l'agressivité humaine et pour en réduire les manifestations à l'aide de réactions psychiques d'ordre éthique. De là, cette mobilisation de méthodes incitant les hommes à des identifications et à des relations d'amour inhibées quant au but ; de là cette restriction de la vie sexuelle ; de là aussi cet idéal imposé d'aimer son prochain comme soi-même, idéal dont la justification véritable est précisément que rien n'est plus contraire à la nature humaine primitive. (Malaise dans la civilisation) 1. Quelle conception de la nature humaine se dégage de ce texte ? 2. Quelle conception de la civilisation ? 3. Discutez : "les passions instinctives sont plus fortes que les intérêts rationnels".
II - Sujets d'exposés
recherche en CDI par groupes de 3-4
1. La vie et l'oeuvre de Freud (les grands moments) 2. Anna O. et la découverte de la psychanalyse 3. Le mythe et le complexe de d'oedipe 4. La méthode psychanalytique et le transfert 5. L'interprétation des rêves 6. La sexualité infantile 7. Les névroses et leur traitement psychanalytique 8. Folie et psychose (bref historique et définitions) 9. L'érotomanie
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