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Que veut Dracula ?
essai libre
A partir d'une analyse du film de F.F. Coppola, " DRACULA ", vous tenterez d'élucider le "désir de Dracula"...
Piste : vous distinguerez en particulier les plans du besoin (sanguinaire), de la pulsion et du désir (érotique), de l'Amour (romantique)... L'Amour, finalité et cause du désir ?
Analyse d'un Texte de Jean-Paul Sartre
questions
" Voici, par exemple, une femme qui s'est rendue à un premier
rendez-vous. Elle sait fort bien les intentions que l'homme qui lui parle
nourrit à son égard. Elle sait aussi qu'il lui faudra prendre tôt ou tard
une décision. Mais elle n'en veut pas sentir l'urgence : elle s'attache
seulement à ce qu'offre de respectueux et de discret l'attitude de son
partenaire. Elle ne saisit pas cette conduite comme une tentative pour
réaliser ce qu'on nomme « les premières approches », c'est-à-dire qu'elle ne
veut pas voir les possibilités de développement temporel que présente cette
conduite : elle borne ce comportement à ce qu'il est dans le présent, elle
ne veut pas lire dans les phrases qu'on lui adresse autre chose que leur
sens explicite, si on lui dit : « Je vous admire tant », elle désarme cette
phrase de son arrière-fond sexuel, elle attache aux discours et à la
conduite de son interlocuteur des significations immédiates qu'elle envisage
comme des qualités objectives. L'homme qui lui parle lui semble sincère et
respectueux comme la table est ronde ou carrée, comme la tenture murale est
bleue ou grise. Et les qualités ainsi attachées à la personne qu'elle écoute
se sont ainsi figées dans une permanence chosiste qui n'est autre que la
projection dans l'écoulement temporel de leur strict présent. C'est qu'elle
n'est pas au fait de ce qu'elle souhaite : elle est profondément sensible au
désir qu'elle inspire, mais le désir cru et nu l'humilierait et lui ferait
horreur. Pourtant, elle ne trouverait aucun charme à un respect qui serait
uniquement du respect. Il faut, pour la satisfaire, un sentiment qui
s'adresse tout entier à sa personne, c'est-à-dire à sa liberté plénière, et
qui soit une reconnaissance de sa liberté. Mais il faut en même temps que ce
sentiment soit tout entier désir, c'est-àdire qu'il s'adresse à son corps en
tant qu'objet. Cette fois donc, elle refuse de saisir le désir pour ce qu'il
est, elle ne lui donne même pas de nom, elle ne le reconnaît que dans la
mesure où il se transcende vers l'admiration, l'estime, le respect et où il
s'absorbe tout entier dans les formes plus élevées qu'il produit, au point
de n'y figurer plus que comme une sorte de chaleur et de densité. Mais voici
qu'on lui prend la main. Cet acte de son interlocuteur risque de changer la
situation en appelant une décision immédiate : abandonner cette main, c'est
consentir de soi-même au flirt, c'est s'engager. La retirer, c'est rompre
cette harmonie trouble et instable qui fait le charme de l'heure. Il s'agit
de reculer le plus loin possible l'instant de la décision. On sait ce qui se
produit alors : la jeune femme abandonne sa main, mais ne s'aperçoit pas
qu'elle l'abandonne. Elle ne s'en aperçoit pas parce qu'il se trouve par
hasard qu'elle est, à ce moment, tout esprit. Elle entraîne son
interlocuteur jusqu'aux régions les plus élevées de la spéculation
sentimentale, elle parle de la vie, de sa vie, elle se montre sous son
aspect essentiel : une personne, une conscience. Et pendant ce temps, le
divorce du corps et de l'âme est accompli ; la main repose inerte entre les
mains chaudes de son partenaire : ni consentante ni résistante - une chose.
"
1) Analysez ce que Sartre appelle la "conduite de mauvaise foi". 2) Ce texte est-il une illustration du Désir ou de son échec ?
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