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Philosophie-en-france un site de Didier Moulinier |
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Explication d'un texte de Jean Hyppolite (sur Hegel)
" L'objet individuel du désir, ce fruit que je vais cueillir,
n'est pas un objet posé dans son indépendance, on peut aussi bien dire qu'en
tant qu'objet du désir, il est et il n'est pas; il est, mais bientôt il ne
sera plus; sa vérité est d'être consommé, nié, pour que la conscience de soi
à travers cette négation de l'autre se rassemble avec elle-même. De là le
caractère ambigu de l'objet du désir, ou mieux encore la dualité de ce terme
visé par le désir. «Désormais la conscience, comme conscience de soi, a un
double objet, l'un immédiat, l'objet de la certitude sensible et de la
perception, mais qui, pour elle, est marqué du caractère du négatif
(c'est-à-dire que cet objet n'est que phénomène, son essence étant sa
disparition) et le second elle-même précisément, objet qui est l'essence
vraie, et qui, initialement, est présent seulement dans son opposition au
premier objet.» Le terme du désir n'est donc pas, comme on pourrait le
croire superficiellement, l'objet sensible - il n'est qu'un moyen mais
l'unité du Moi avec lui-même. La conscience de soi est désir; mais ce
qu'elle désire, sans le savoir encore explicitement, c'est elle-même, c'est
son propre désir et c'est bien pourquoi elle ne pourra s'atteindre elle-même
qu'en trouvant un autre désir, une autre conscience de soi. La dialectique
téléologique de la Phénoménologie explicite progressivement tous les
horizons de ce désir qui est l'essence de la conscience de soi. Le désir
porte sur les objets du monde, puis sur un objet déjà plus proche de
lui-même, la Vie enfin
sur une autre conscience de soi, c'est le désir qui se cherche lui-même dans
l'autre, le désir de la reconnaissance de l'homme par l'homme ... "
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