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Philosophie-en-france un site de Didier Moulinier |
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I - Etudes de textes
" Comment n'être pas frappé du fait que l'homme est capable
d'apprendre n'importe quel exercice, de fabriquer n'importe quel objet,
enfin d'acquérir n'importe quelle habitude motrice, alors que la faculté de
combiner des mouvements nouveaux est strictement limitée chez l'animal le
mieux doué, même chez le singe ? La caractéristique cérébrale de l'homme est
là. Le cerveau humain est fait, comme tout cerveau, pour monter des
mécanismes moteurs et pour nous laisser choisir parmi eux, à un instant
quelconque, celui que nous mettrons en mouvement par un jeu de déclic. Mais
il diffère des autres cerveaux en ce que le nombre des mécanismes qu'il peut
monter, et par conséquent le nombre des déclics entre lesquels il donne le
choix, est indéfini. Or, du limité à l'illimité il y a toute la distance du
fermé à l'ouvert. Ce n'est pas une différence de degré, mais de nature.
Question : Quelle différence fondamentale l'auteur fait-il entre intelligence animale et le conscience humaine ?
*
" L'âme c'est ce qui refuse le
corps. Par exemple ce qui refuse de fuir quand le corps tremble, ce qui
refuse de frapper quand le corps s'irrite, ce qui refuse de boire quand le
corps a soif, ce qui refuse de prendre quand le corps désire, ce qui refuse
d'abandonner quand le corps a horreur. Ces refus sont des faits de l'homme.
Le total refus est la sainteté ; l'examen avant de suivre est la sagesse ;
et cette force de refus c'est l'âme. Le fou n'a aucune force de refus ; il
n'a plus d'âme. On dit aussi qu'il n'a plus conscience et c'est vrai. Qui
cède absolument à son corps soit pour frapper, soit pour fuir, soit
seulement pour parler, ne sait plus ce qu'il fait ni ce qu'il dit. On ne
prend conscience que par opposition de soi à soi. Exemple : Alexandre à la
traversée d'un désert reçoit un casque plein d'eau ; il remercie, et le
verse par terre devant toute l'armée. Magnanimité ; âme, c'est-à-dire grande
âme. Il n'y a point d'âme vile ; mais seulement on manque d'âme. Ce beau mot
ne désigne nullement un être, mais toujours une action. " - Alain
(20è)
Question : Comment comprendre et justifier l'affirmation de
l'auteur : "le fou n'a plus d'âme"
*
" Pensée fait la grandeur de l'homme.
La grandeur
de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable ; un arbre ne se
connaît pas misérable. C'est donc être misérable que de (se) connaître
misérable, mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable.
L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la
nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier
s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer.
Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce
qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur
lui, l'univers n'en sait rien.
Toute notre dignité consiste donc en la pensée.
C'est de là qu'il faut nous relever et non de l'espace et de la durée, que
nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe
de la morale.
Ce n'est point de l'espace que je dois chercher
ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée. Je n'aurai pas davantage
en possédant des terres : par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit
comme un point; par la pensée, je le comprends. " - Blaise Pascal (17è) 1) Quelle est la thèse du texte
? 2) Analysez l'équivoque du verbe
"comprendre" 3) Pourquoi grandeur et misère
sont-elles liées pour l'auteur ? *
" Le fait que l'homme puisse avoir le Je dans sa
représentation, l'élève infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivant
sur la terre. Par là, il est une personne et, grâce à l'unité de la
conscience dans tous les changements qui peuvent lui arriver, il est une
seule et même personne, c'est-à-dire un être entièrement différent, par le
rang et la dignité, de choses telles que les animaux sans raison, dont on
peut disposer à sa guise; et ceci, même lorsqu'il ne peut pas encore dire le
Je, car il l'a cependant dans sa pensée; ainsi toutes les langues,
lorsqu'elles parlent à la première personne, doivent penser le Je, même si
elles n'expriment pas cette relation au Moi par un mot particulier. Car
cette faculté (de penser) est l'entendement.
Mais il est remarquable que l'enfant, qui sait déjà
parler assez correctement, ne commence pourtant qu'assez tard (peut-être
bien un an après) à dire Je; jusque là, il parlait de lui à la troisième
personne (Karl veut manger, marcher, etc.); et il semble que pour lui ce
soit comme une lumière qui vient de se lever, quand il commence à dire Je; à
partir de ce jour, il ne revient jamais à l'autre manière de parler. -
Auparavant il ne faisait que se sentir, maintenant il se pense. " -
Emmanuel Kant (18è)
1) Dégagez la thèse du texte et les étapes de son argumentation
2) Expliquez
- "l'unité de la conscience dans tous ses changements"
- auparavant il ne faisait que se sentir : maintenant il se pense"
3) Discutez : Seuls les êtres pensants (et conscients) ont-ils droit au
respect ? II - Questions diverses
1) Soit la
phrase suivante, prêtée à un très jeune enfant : “j’ai trois frères :
Paul, Victor et moi”.
Commentez en vous appuyant sur le texte de Kant ci-dessus.
2) Trouvez et
analyser au moins 3 exemples d'événements (personnels ou collectifs) ayant
provoqué une "prise de conscience". Restituez à chaque fois la différence
entre Savoir et Vérité.
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